Placé sous mandat de dépôt depuis le 09 janvier dernier, monsieur Ousmane Diallo a comparu pour la première fois ce mercredi, 16 mai 2018, au tribunal de première instance de Mamou où il est poursuivi pour viol et pédophilie sur sa propre fille et la copine de cette dernière, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

Les victimes (DD et OHS) sont toutes âgées de 12 ans. A la barre, ce boulanger de profession a reconnu avoir couché avec la copine de sa fille ; mais, pour ce qui est de sa propre fille, il a nié en bloc les charges articulées à son encontre : « je n’ai jamais couché avec ma fille. C’est avec sa copine que j’ai eu quelques… », a laissé entendre Ousmane Diallo.

Sur les circonstances dans lesquelles il a couché avec la copine de sa fille, l’accusé explique qu’il a profité de l’absence de sa femme, de sa fille et de ses voisins pour assouvir sa pulsion sexuelle. « Ma femme ne sort presque pas de la maison ; mais, ce jour-là, elle était allée en ville. Ma fille était à l’école coranique. Mes voisins aussi étaient absents. J’ai profité de ce moment pour coucher avec la copine de ma fille. Et, c’est la seule fois aussi que j’ai fais ça avec elle », a-t-il dit, précisant que l’acte sexuel s’est produit peut avant 16 heures.

Après cet acte impudique, l’accusé explique qu’il est sorti de chez lui à 17 heures pour ne revenir que le lendemain à 14 heures. « J’étais à mon lieu de travail (à la boulangerie) », s’est-il justifié.

Pour ce qui est des accusations portées contre lui par sa propre fille, l’accusé s’est inscrit en faux : « Jamais je ne ferai ça avec ma propre fille », a-t-il confié.

Intrigué, le ministère public demande à l’accusé : est-ce qu’on peut amener votre fille ici (devant le tribunal) pour vous confronter ? Ousmane Diallo a répondu par le Oui ! « Même si vous me confrontez avec ma fille, je n’aurai pas honte. Je ne l’ai pas touchée », insiste-t-il.

« Votre fille a-t-elle l’habitude de vous désobéir ? Y-a-t-il un antécédent entre vous ? Avez-vous l’habitude de battre votre femme devant votre fille ? », demande pour sa part l’avocat de la défense.

A toutes ces questions, Ousmane Diallo répond par la négative. « Non ! Il n’y a jamais eu tout cela. Seulement, ma fille n’accepte pas de m’acheter de la cigarette. Une fois, je l’ai commissionnée pour ça, elle est allée passer un long moment derrière notre cour pour ensuite revenir me dire qu’elle n’a pas eu de la cigarette. Ce jour-là, c’est son amie (OHS) qui est allée m’acheter les cigarettes », a expliqué l’accusé.

De son côté, la partie civile, représentée par Hadja Oumou Sow (la grand-mère de OHS) est largement revenue sur les circonstances qui ont favorisé l’éclatement de cette affaire au grand jour.

« J’étais allée au baobab (à Petel) pour chercher un fourneau. A mon retour, j’ai trouvé des enfants massés derrière notre cour. Ma fille m’a dit que OHS (ma petite fille) et sa copine DD (la fille de mon locataire Ousmane Diallo) se sont bagarrées. J’ai demandé pourquoi, mon garçon qui était à côté a répondu qu’ils ne peuvent pas expliquer cela ; mais, que je peux demander à DD. J’ai alors interrogé cette dernière. Elle n’a rien voulu me dire. Elle nous a laissé là-bas pour aller chez elle. Quand j’ai interrogé ma petite fille, celle-ci a dit que c’est à cause de ce que Baben (Ousmane Diallo) fait avec elle et sa copine. Elle a tout expliqué. Quand elle a fini, j’ai appelé DD et une de mes voisines. Nous avons demandé à DD, elle a confirmé tout ce ma petite fille nous avait dit. Les deux fillettes ont dit qu’elles ne nous en avaient pas parler parce que Baben avait menacé de les frapper à mort si elles disaient un seul mot à quelqu’un. C’était un vendredi. Quand la mère de DD est venue, nous sommes allées (ma voisine et moi) avec les fillettes. Ces dernières se sont encore expliquées devant la femme de Ousmane. Elles nous ont dit qu’elles ont couché trois (3) fois avec Baben (Ousmane Diallo). A l’arrivée de ce dernier, nous avons tenu une assise en famille. Mais, Baben n’a rien voulu reconnaître. C’est ce qui nous a conduits ici (à la justice) », a indiqué Hadja Oumou Diallo.

Citant toujours les propos des victimes, Hadja Oumou Diallo a confié : « un jour, Ousmane a couché avec ma petite fille. Celle-ci criait ; mais, Ousmane détenait un fouet. Entre temps, quelqu’un est venu frapper à la porte de la cour. Il voulait puiser de l’eau. Dès que Ousmane est allé pour ouvrir la porte, la fillette s’est enfuie pour aller se réfugier dans notre maison. Elle avait très mal, elle pleurait et son slip était imbibé de sang », a-t-elle ajouté.

Le tribunal a renvoyé l’affaire au 30 mai prochain pour la comparution des victimes (OHS et DD) et de leurs parents.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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