Dans la matinée de ce mercredi, 14 février 2018, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, a officiellement lancé les subventions du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose, le Paludisme et le renforcement du système de santé en Guinée. La cérémonie a eu lieu dans un complexe hôtelier de la place en présence du ministre de la Santé, Dr Abdourahmane Diallo, du ministre d’Etat chargé des Transports, Oyé Guilavogui, des représentants de l’OMS, de l’ONUSIDA, du CRS, de l’ICN, ainsi que de plusieurs autres personnalités, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Dans son discours de bienvenue, le ministre de la Santé, Docteur Abdourahamane Diallo, a indiqué que la République de Guinée a bénéficié, pour la période 2018-2020, d’un financement en faveur de la lutte contre le Sida, la Tuberculose, le paludisme et le renforcement du système de santé.

Selon le ministre, la mise en œuvre de ces subventions interpelle tous les acteurs nationaux, les partenaires et membres de la société civile. Louant les efforts fournis par les uns et les autres, Dr. Abdourahmane Diallo a rassuré le Fonds mondial et les autres partenaires que « le gouvernement respectera les clauses de l’accord de subvention, notamment celles relatives au paiement de la contrepartie guinéenne », a-t-il rassuré.

De son côté, madame Paula Hacopian, gestionnaire de portefeuille du Fonds mondial pour la Guinée a rappelé que ce fonds a permis de sauver plus de 22 millions de vies. « C’est un honneur d’être parmi vous aujourd’hui à l’occasion du lancement officiel des nouvelles subventions Paludisme, VIH et Tuberculose du Fonds Mondial en Guinée pour la période 2018-2020. Comme vous le savez, le Fonds mondial est une institution financière internationale qui finance des programmes de lutte contre les trois maladies dans plus de 140 pays. Son investissement a, depuis son établissement en 2002, permis de sauver plus de 22 millions de vies. Notre partenariat avec la République de Guinée date aussi depuis 2002 », a rappelé madame Paula Hacopian.

Parmi les acquis, la gestionnaire de portefeuille du Fonds mondial pour la Guinée a précisé que dans le cadre de la lutte contre le paludisme par exemple, en 5 ans, le taux de prévalence est passé de 44% à 15% en 2016, soit une diminution de presque 30%. « En 2016, la Guinée a été parmi les pays récompensés par l’Alliance des Dirigeants Africains Contre le Paludisme (ALMA) avec un prix d’excellence. En ce qui concerne la lutte contre la Tuberculose, pour la première fois en plus de 5 ans, la notation de la subvention du Fonds Mondial était très favorable suite aux efforts fournis dans le détection et traitement de la tuberculose. Par exemple, pendant la première partie de 2017, 81% des cas détectés de Tuberculose ont été traités avec succès. Le réseau laboratoire a aussi été renforcé pour l’amélioration de la détection de la Tuberculose», a-t-elle expliqué.

Selon madame Paula Hacopian, tout système de santé a besoin d’un système d’information en temps réel, afin de permettre la programmation et la réorientation des interventions. « Nous pouvons être fiers d’avoir ensemble mis en place de bonnes bases d’un système d’information sanitaire qu’on aurait du mal à imaginer il y a trois ans, pendant que l’épidémie d’Ebola ravageait le pays. Certes, le système a toujours un long chemin à parcourir ; mais, les acquis sont indéniables », a-t-elle estimé, tout en remerciant les bailleurs et les pays donateurs qui permettent de soutenir les programmes de santé en Guinée.

S’agissant de l’apport guinéen dans ce processus, madame Paula a formulé son souhait que ces apports augmentent considérablement surtout en matière d’achats des intrants pour les trois maladies. « Le Fonds mondial prend en charge 80% des personnes séropositives sous traitement. D’ici fin 2020, avec les efforts conjugués du Fonds mondial et de l’Etat, nous ne réussirons de mettre sous traitement que 2 sur 5 personnes vivants avec le VIH. Or, sans une meilleure visibilité sur les délais, les quantités, la qualité et les produits sur les engagements de l’Etat, nous mettons à risque la continuité du traitement et la possibilité d’augmenter le pourcentage des personnes bénéficiant d’une prise en charge. Nous sommes face aux mêmes pour la tuberculose où des fréquentes ruptures mettent en danger la réussite thérapeutique et favorise le développement de la résistance. Pour le paludisme, les gaps en moustiquaires pour la campagne de distribution de masse des MILDAS programmée pour 2019, met en péril le maintien des acquis enregistrés et leur amélioration », a précisé la gestionnaire de portefeuille du Fonds mondial pour la Guinée.

Président la rencontre, le ministre d’Etat en charge du Transport, Oyé Guilavogui a, au nom du Premier ministre, salué l’initiative ainsi que les efforts fournis par les uns et les autres. « Je me réjouis du lancement et du renforcement de la coopération entre le Fonds mondial et la Guinée qui, après bientôt 15 ans, se concrétise à nouveau par la signature de quatre conventions d’un montant total d’environs 107 millions de dollars américains et dont la mise en œuvre s’étendra sur les trois prochaines années », a dit le ministre.

Pour Oyé Guilavogui, ces subventions contribueront à faire reculer les trois maladies ; mais également, à aider au renforcement des capacités du système de santé en Guinée. « Ces subventions de 2018-2020 viennent renforcer les acquis et améliorer la qualité des services fournis dans le domaine de la santé en République de Guinée », a-t-il annoncé, rajoutant que le Fonds mondial est devenu un des principaux bailleurs contribuant à faire reculer le VIH, le paludisme et la tuberculose en Guinée.

Alpha Assia Baldé pour Guinematin.com

Tél : 622 68 00 41

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