La préfecture de Siguiri est densément peuplée avec une population estimée à plus de 244 000 habitants, d’après les chiffres du dernier recensement de 2010. De nombreux citoyens pratiquent le métier de conducteur de mototaxi dans cette ville. Mais, au delà de l’occupation anarchique des emprises des rues par les commerçants, les motards ruraux se plaident de la tracasserie de la police routière de Siguiri, a appris sur place Guineematin.com, à travers son correspondant local.

La police routière de Siguiri est accusée par la plupart des usagers de rendre la circulation très difficile. Au lieu de la réglementer, les agents de la police routière se livrent à une fouille sur des villageois venus pour leurs affaires en ville.

Selon le citoyen Kaba Traoré, venu du village de Könkoroman, situé à cinq (5) kilomètres du centre-ville, « chaque deux jours, je viens à Siguiri pour acheter mes marchandises. Je possède tous les documents pour ma moto. Mais, la police me fatigue à chaque fois qu’on se rencontre. C’est vingt mille (20 000) francs guinéens qu’on me soustrait comme laissez-passer. Si je ne donne pas cette somme, je risque de passer la journée avec eux ».

Un autre marchand, répondant au nom de Sékou Sylla, domicilié au village de Toguioulen, à six (6) kilomètres du centre vile, dénonce l’avidité des agents de la police routière. « La police de Siguiri vit sur le dos des villageois. Leur contrôle, c’est contre nous les villageois. Elle ne contrôle pas les papiers, mais elle nous demande de l’argent seulement. Quand elle voit un citadin, elle le laisse passer. Mais, dès qu’un villageois se présente, on l’arrêté », accuse notre interlocuteur.

Abondant dans le même sens, le conducteur de taxi, Ousmane Camara flingue les agents de la police routière. « La police fatigue trop les usagers. Quand les agents commencent le contrôle, ils créent de l’embouteillage partout. Aucun ordre à Siguiri, c’est la loi du plus fort. Les accidents se passent sous le nez de la police et les citoyens se rendent justice sans aucune réaction », lance monsieur Camara.

Le capitaine Jean marie Doumbouya, le commissaire spécial de la police routière de Siguiri rejette toutes les accusations portées contre ses agents. Pour lui, le contrôle ne vise pas seulement les villageois, mais tous les citoyens. « Je m’inscris en faux contre ces accusations de certains citoyens qui disent que la police ne contre que les villageois. Nous contrôlons tous les usagers. Mais, les villageois n’ont aucune considération pour les papiers. Siguiri est très difficile aujourd’hui, les gens amènent des véhicules, enlèvent les plaques, ils roulent sans plaque. Nulle part en Guinée ce genre de comportement ne se voit. C’est seulement à Siguiri qu’on le constate. Les villageois n’ont qu’à se mettre dans les règles », suggère l’officier de police.

De Siguiri, Bérété Lancei Condé pour Guineematin.com

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