Casimir Diaora

Comme nous l’annoncions dans un précédent article, la DPE de Siguiri a accordé un congé technique aux élèves et enseignants de toutes les écoles de la préfecture, allant ainsi à contre-courant de la position du Gouvernement qui, à travers Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, a appelé les élèves et les enseignants à reprendre le chemin des classes lundi prochain. Interrogé par Guineematin.com sur cette cacophonie, mon Casimir Diaora, Secrétaire Général du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation a tenté de relativiser les choses.

« Je crois que quand un Capitaine ordonne et que l’Adjudant ordonne, c’est le mot d’ordre du Capitaine qui passe », a introduit Casimir Diaora, secrétaire général du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation. Il avoue que le département n’était pas au courant de la décision de la Direction Préfectorale de l’Education de Siguiri, d’accorder un congé aux écoles publiques et privées de la préfecture à compter du lundi 26 février prochain, mais tente de comprendre cette décision : « Tenant compte peut-être de certaines circonstances particulières qui seraient de nature à dégrader ou à aggraver la situation, le DPE (Directeur préfectoral de l’éducation) a dû décider. Et maintenant que nous, nous avons appelé à ce que les cours reprennent lundi, et que vous nous ayez informés, je vais tout de suite prendre le téléphone, prendre langue avec lui pour savoir les raisons de sa décision. Kankan l’avait fait en tout cas, j’ai demandé un rapport, il m’a donné les raisons et c’est des raisons qui étaient valables, mais qui ne maintiennent pas la fermeture des classes », a déclaré l’ancien monsieur Diaora.

Pour certains, le communiqué du Ministère en charge de l’Education publié vendredi soir, est une sorte de recul face à l’ampleur de la crise entraîné par la grève des enseignants en cours. Car, ce communiqué annonce l’augmentation des salaires des enseignants à hauteur de 10% à compter de ce mois de février, alors que la semaine dernière, un autre communiqué du Gouvernement avait menacé de ne pas payer le salaire de février aux enseignants qui refuseraient de reprendre immédiatement le chemin des classes.

Casimir Diaora

Mais, pour Casimir Diaora, il ne s’agit nullement d’un recul : « Cela a été décidé dans le protocole du 09 octobre 2017. Donc ce n’est pas du tout un recul, le Gouvernement ne fait que respecter ses engagements », a précisé le secrétaire général du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation. Il ajoute que la menace de couper les salaires des enseignants qui refuseront de reprendre le travail reste maintenue, tout en indiquant qu’ « il y aura certainement une atténuation à cela pour ceux qui ne vont pas persister. C’est quelque chose de valable, mais on applique toujours intelligemment les décisions qui sont prises. Parce que nous ne voulons pas une aggravation de la crise, nous, nous voulons réduire la crise ».

Selon le numéro 2 du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, la crise qui secoue actuellement le secteur éducatif guinéen ne peut pas être appelée une grève, il s’agit plutôt de perturbations créées par une dissidence : « Il ne faut pas prostituer le mot grève. La grève est un arrêt légal du travail, demandé par une organisation légalement constituée. Mais là ce n’est pas le cas, c’est un arrêt de travail, qui pour des raisons ou d’autres, a entrainé une masse mal informée, et aujourd’hui les gens se refusent de travailler alors que c’est le travail que l’on paye », a estimé l’ancien syndicaliste.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél.: 628124362

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