La nouvelle vient de parvenir à la rédaction de Guineematin.com dans la ville carrefour. Le parti au pouvoir en Guinée, le RPG Arc-en-ciel a déposé une plainte contre la principale formation politique d’opposition du pays, l’UFDG, auprès du tribunal de première instance de Mamou.

Dans une plainte de quatre (4) pages, adressée au président de cette institution judiciaire chargée de trancher sur le contentieux électoral pour les élections communales, le RPG Arc-en-ciel égraine un chapelet de « faits » qu’il accuse certains partisans et responsables de l’UFDG d’avoir commis avant, pendant et après le scrutin du 04 Février 2018, dans plusieurs circonscriptions électorales de la préfecture, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

« Le RPG Arc-en-ciel, par la voix de son comité directeur, porte plainte et réserves auprès de votre haute institution judiciaire pour les faits ci-après commis par certains partisans et responsables du parti UFDG de Mamou pendant, avant et après le scrutin du 04 Février 2018 », lit-on dans ce document signé depuis le 07 Février dernier par quatre (4) responsables du RPG Arc-en-ciel.

Tout d’abord, le RPG Arc-en-ciel parle l’orientation des électeurs au cours du vote et dans l’enceinte des bureaux de vote et met en cause le chef du quartier Koumi, dans la commune urbaine de Mamou et les assesseurs de Téguereyah centre, dans la commune rurale de Téguereyah. En faveur de l’UFDG, explique le parti au pouvoir dans sa plainte, le chef du quartier Koumi s’est positionné comme rabatteur devant les bureaux de vote, tandis que les assesseurs de Tégueyah-centre et de Finalah brandissaient des spécimens de vote. « Une orientation constante des électeurs dans les bureaux de vote sur comment voter pour l’UFDG. Ceux-là leur remettaient même des enveloppes chargées », accuse-t-on.

Autre personne indexée par le RPG Arc-en-ciel, c’est le président de la délégation spéciale de la commune rurale de Dounet et tête de liste de l’UFDG dans cette localité. Il est reproché à ce dernier d’avoir procédé « à une récupération et à la distribution des cartes d’électeurs pendant le scrutin.

Ensuite, le RPG Arc-en-ciel accuse des responsables de l’UFDG (présidents de bureaux de vote, vice-présidents et rapporteurs) de complicité de bourrages d’urnes, par exemple à Téguereyah (Finalah-centre). « Quelques documents officiels ont été remplis sous les arbres, loin des bureaux de vote », accuse le RPG Arc-en-ciel.

Ce n’est pas tout ! Le parti du président Alpha Condé pointe un doigt accusateur sur le vice-président du quartier Abattoir (dans la commune urbaine de Mamou) qui aurait été appréhendé avec un important lot de cartes d’électeurs par les forces de sécurité…

Par ailleurs, le RPG Arc-en-ciel dénonce des « bulletins irréguliers (écritures arabes ou croix sur les photos et bulletins sans enveloppes » qui auraient été « validés » au moment du dépouillement. Le parti relève également un « refus » de montrer le bulletin voté aux représentants du RPG Arc-en-ciel pendant le dépouillement à Dounet, à Niagra, à Gongoret et à Porédaka.

Selon le RPG Arc-en-ciel, une incohérence totale existe entre le suffrage valablement exprimé et le total de voix attribuées aux différents candidats, dans la plus part des bureaux de vote. « Centre de santé de Sèrè, salle 2 ; Petel 2, secteur 3, salle 2 ; Boulbinet, salle 1 ; Almamyah Résidence, centre 1, salle 1 ; Horé Mamou, N’Dantary, salle 2 ; Telico, BV2… » sont entre autres bureaux de vote cités par le RPG arc-en-ciel pour illustrer ses accusations.

Le parti au pouvoir dénonce aussi des « agressions verbales ou physiques », des « provocations et intimidations » de ses militants, par ceux de l’UFDG. « C’est le cas de Oumou Barry (Loppet) qui a été agressée physiquement », dénonce le RPG Arc-en-ciel qui présente Abdoulaye Barry, dit Bilizo comme récidiviste et principal meneur de cette agression.

Présentée aussi comme menaçante et agressive, l’honorable députée Djessira Traoré est accusée par le RPG Arc-en-ciel de s’être rendue dans la plupart des bureaux de vote de la commune urbaine et ceux de quelques communes rurales qu’elle supposait être favorables au RPG Arc-en-ciel.

Le parti RPG Arc-en-ciel demande enfin l’arbitrage du président du tribunal de première instance de Mamou pour trancher sur ces faits et comportements qui sont « contraires aux articles et lois qui définissent les modalités électorales ».

A noter que les résultats provisoires rendus public par la commission administrative de centralisations des votes à Mamou donnent l’UFDG largement en tête avec 25 sièges, contre 4 sièges pour le RPG Arc-en-ciel.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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