À l’appelle des forces sociales (société civile et syndicat) de la ville carrefour, plusieurs citoyens de la commune urbaine de Mamou ont battu le pavé hier, lundi 16 Juillet 2018, pour exprimer leur ras-le-bol et protester contre l’augmentation du prix du carburant à la pompe, a constaté un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

Avec les slogans « 8000 c’est bon, 10000 c’est trop » ou encore « 8000 ou rien », plusieurs centaines de personnes (en majorité des jeunes) sont partis à 9 heures du siège de l’antenne locale du CNOSCG (conseil national des organisations de la société civile guinéenne) à Boulbinet, un quartier situé à l’Est de la commune urbaine de Mamou. Ils se sont dirigés vers le  »carrefour gendarmerie », avant de rallier la Conserverie (où des échauffourées ont éclaté très tôt le matin entre des jeunes qui barricadaient la route et les forces de l’ordre). Puis, les marcheurs ont rebroussé chemin conformément à leur itinéraire autorisé. Ainsi, ils sont revenus sur leurs pas jusqu’au carrefour dit Gendarmerie. De là, ils ont arpenté la route commerciale pour aboutir derrière la maison des jeunes, point de chute de la marche.

Tout au long de ce trajet, on pouvait constater des boutiques fermées et des motos de particulier (garé par endroit sur le trottoir). Même les banques qui travaillaient depuis le début de la grève déclenchée par l’inter-centrale syndicale CNTG-USTG ont momentanément fermé les portes à leurs clients.

Mamadou Saliou Sigon Baldé

À la maison des jeunes, des activistes de la société civile et des syndicalistes se sont relayés au micro pour dénoncer la décision du gouvernement portant sur l’augmentation du prix des produits pétroliers de 8 000 GNF à 10 000 GNF le litre à la pompe. Une augmentation de 25% qui est entrée en vigueur depuis le 1er Juillet 2018.

« Nous ne sommes plus d’accord de payer la facture de la mauvaise gouvernance. Nous n’allons plus accepter cela. Nous voulons que le prix du carburant revienne à huit mille francs. Nous allons continuer la grève tant qu’ils ne ramènent pas le prix à huit mille. Et, s’ils ne ramènent pas à huit mille francs guinéens avant la semaine prochaine, nous allons durcir la grève. Il faut que le prix du carburant revienne à huit mille francs. Et, il va revenir à huit mille francs », a dit Mamadou Saliou Sigon Baldé, le secrétaire général de l’Union locale des travailleurs de Mamou.

Nouhou Diogo Bah

De son côté, Nouhou Diogo Bah, un jeune activiste de la société civile a enfoncé le clou. « On nous demande d’attacher la ceinture alors qu’on n’a plus de hanche. Ce n’est pas à la population de payer leurs déboires. Nous avons des ressources. Mais, qu’est-ce qu’ils font de ces choses-là ? Est-ce qu’ils vont continuer à étrangler la population, à la traîner dans la boue, à la rendre plus pauvre et plus démunie ? On ne va plus accepter cela. Leurs forfaitures, leurs déboires sont à leur charge. On ne peut plus nous imposer les déboires de quelqu’un d’autres. Les lourds fardeaux qu’ils se sont faits avec leur mauvaise gérance, c’est à eux de les payer. On va continuer à manifester jusqu’à la satisfaction de notre exigence… », a indiqué Nouhou Diogo Bah avec un ton ferme.

Après les discours qui ont clôturé cette marche verte dans la ville carrefour, les organisateurs de ce mouvement de protestation sont allés serrer la main aux agents des forces de l’ordre qui ont encadré la marche « avec professionnalisme ».

À noter que l’itinéraire initialement prévu par les organisateurs de la marche (Siège local du CNOSCG, carrefour gendarmerie, conserverie, marché Pépé Kalé, Mairie, route commerciale, maison des jeunes) avait été modifié par les autorités de la place.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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