Dans une longue interview qu’il vient d’accorder à Guinematin.com, le candidat de l’UFDG à la mairie Matam, Soria Bangoura, s’est exprimé sur le retard de l’installation des conseils communaux élus à l’issue du scrutin du 04 février dernier, sa priorité s’il est élu maire de Matam, et bien sûr sur le débat autour d’un éventuel 3ème mandat pour le président Alpha Condé.

Décryptage !

Guineematin.com : quatre mois et une semaine après la tenue  des élections locales du 04 février 2018, la Guinée attend encore l’installation des conseils communaux élus. Une installation retardée par la crise post-électorale née de l’annulation de plusieurs résultats favorables à l’opposition. Dites-nous où en sommes-nous à l’heure actuelle ?

Soria Bangoura : Au jour d’aujourd’hui, je pense que rien n’a été fait. La situation est plus grave que ce que l’on peut imaginer. C’est le seul pays de la sous-région qui n’arrive pas à finir une transition en 10 ans, alors qu’il y a eu un président qui a été démocratiquement élu, même s’il a été mal élu. Dans l’ensemble, on pensait qu’Alpha était une référence. Aujourd’hui, nous savons que cette transition continue et va continuer même après lui. Je l’ai dit une fois, que réellement, si les civils ne peuvent pas finir une transition, il faudrait bien que la plus grande armée de la Guinée, qui est composée de 12 millions de soldats en attente reprenne sa souveraineté. C’est aussi simple que ça, car c’est le peuple qui est souverain. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation socioéconomique assez grave, inimaginable et impensable. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de cadres guinéens, je dirais tout simplement que nous ne pourrons plus continuer à rester dans cette situation. Il faut que nous réagissions pour la mémoire de tous ceux qui sont partis pour des bonnes causes : défendre la souveraineté, la justice, la démocratie. Il ne faut pas que tout cela tombe à l’eau. Donc, à l’heure où nous sommes, il n’y a rien qui bouge.

Guineematin.com : Vous dites que rien ne bouge. Vous êtes le candidat de l’UFDG pour la mairie de Matam où vous réclamez 14 sièges alors que selon les résultats officiels publiés par la CENI vous avez 9 sièges. Concrètement, est-ce que votre parti, l’UFDG était sortie vainqueur de ces élections à Matam ?

Soria Bangoura : Absolument. Je suis réconforté en le disant. Je le dis avec aisance. Les gens n’ont pas voté pour un parti dans ces élections. Ils ont voté pour les candidats qui sont proches d’eux. Alors, il n’y a pas une ou deux tours là-dessus. Ils savent aujourd’hui, même si nous partons par exemple pour faire une élection pour installer les maires, que le RPG ne gagnera pas. Parce que c’est la déception totale. L’UFDG a gagné ces élections, je l’affirme, je le signe et je persiste là-dessus. Il n’y a nul doute sur ça. Pourquoi on n’est pas encore installé si le RPG avait gagné ? On aurait déjà été installé. Nous continuons dans cette transition, le peuple en a marre, la population en a marre. Alpha Condé souffre de quelque chose. Il ne peut pas le dire publiquement, c’est un chef d’Etat, je le respect pour ça ; mais, il est incompétent. Ce ne sont pas les cadres qui l’entourent. Lansana conté a eu les mêmes cadres, ils ont fait des élections à temps et à date. Ils ne se sont pas dédits. Quand on nomme quelqu’un, on ne revient pas dessus. Lansana Conté avait le caractère d’un grand intellectuel, d’un paysan, d’un chef d’Etat et aussi d’un patriote. Mais, aujourd’hui, nous avons des gens qui ont dit qu’ils sont des patriotes, il faudrait qu’ils viennent aux affaires pour régler les problèmes de tous les guinéens ; mais, c’est la désolation totale. C’est le pillage, le vol, animé d’injustice.

J’ai parlé tantôt de la justice parce que cette élection a été émaillée, pas seulement que de la fraude, de l’injustice aussi. Les CACV, dès au départ ont violé la loi. Le président de la CENI a dit clairement : ‘’écoutez, vous n’avez pas le droit d’invalider les résultats des bureaux de vote, ni retirer les PV, cela a été fait. A partir de ce moment, une poursuite devrait être attentée par le procureur de la République. On n’a pas  à attendre. C’est de leur juridiction, de leur compétence. Et, quand j’entends un ministre de la République dire : ‘’Je veux arrêter les opposants, ceux qui sortirons dans la rue, désormais c’est fini, il n’est jamais fini. Des manutentionnaires intellectuels qui gagnent tout simplement trois mille euros ; mais, qui s’emmouflent aujourd’hui cent ou deux cents mille euros et même un million d’euro se disent qu’ils connaissaient. Qu’est-ce qu’ils connaissent de la Guinée ou des guinéens ? Est-ce qu’ils se sont préoccupés une fois de ce dont les guinéens souffrent ? Ils ne se préoccupent pas. La souffrance est là. Nous sommes à 9 kilomètres du point zéro, du centre-ville. Aujourd’hui, regardez l’état de nos routes, de nos écoles et je vais un peu plus loin pour rappeler la mémoire du général Lansana Conté. Il avait une priorité, un calendrier. Il savait qu’on avait besoin de centres de santé, il en a fait en inondant toute la Guinée jusqu’aux petits villages. Il a fait des écoles. C’est ces écoles qui continuent. Nous avons aujourd’hui un professeur. Le militaire a donné, le professeur reprend. On nous a parlé de tablettes, de machines à coudre, de l’autosuffisance alimentaire. Mais, allez-y au Sénégal, on a pitié du cadre guinéen. Aujourd’hui, les enseignants ne demandent que huit millions alors que nous avons des directeurs qui se payent à 25 millions de francs guinéens de primes, qui détournent des milliards, on ne dit rien. Le chef d’Etat qui vol parce que quand on ne respecte pas ses engagements, c’est du vol. Je suis vraiment désolé parce quand on dit aujourd’hui qu’on est guinéen, on ne dit pas la Guinée de Sékou Touré, de Lansana Condé on dit la Guinée d’Alpha Condé, pauvre de vous ! On a même oublié les Dadis et Sékouba Konaté. Pour l’adduction d’eau, le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire et même les Burkinabés venaient se former ici parce qu’on avait eu une bonne politique au départ du général Lansana Conté. Aujourd’hui, c’est les guinéens qui vont au Burkina et même on a failli perdre notre société, la SEG, au profit des Burkinabés qui venaient pour nous gérer cela. Quelle incompétence ? Nous parlons de Kaléta, de ceci et de cela ; mais où est Kaléta ? Nous avons des générateurs qui sont en train de tourner au profit des qui ? Des Mauritaniens qui gèrent nos groupes électrogènes.

Au de-là des élections, Alpha Condé a mis aujourd’hui la Guinée dans la merde. On était dans un trou ; mais aujourd’hui, on est dans les failles du magma. C’est volcanique ce qui se passe en Guinée, c’est grave cette injustice. On a dit qu’après le ramadan, nous allons nous mettre dans la rue. Il y a des guinéens qui vont mourir pour des bonnes causes parce qu’ils y a des guinéens qui sont là à tuer parce qu’ils ne sont pas justes, ils sont incompétents. Ils ne veulent pas qu’on parle de leur incompétence, de leur mauvaise gestion. Ils tireront sur les manifestants. Je demande à l’armée guinéenne, aux forces de défense et de sécurité de réfléchir. Ils sont guinéens, de laisser, comme les togolais sont en train de faire. On dégagera Alpha et son équipe. Il y a des bons guinéens qui sont avec lui ; mais, il ne les laisse pas travailler. Le chef de l’Etat est sur tous les fronts, il veut tout faire, tout seul, il ne peut pas. Il a voulu soigner son image en disant je vais faire ça, il fait des promesses alors qu’il n’a pas demandé aux techniciens. Aujourd’hui, nous sommes dans cette désolation, les familles sont en train de pleurer, elles sont indignées, malades de savoir que celui qui a passé 40 ans avec tous les éléments de comparaison du monde : l’Europe et les Etats-Unis, la Chine, partout il a vu le monde extérieur, est venu nous foutre dans la merde. Il y a un Macky Sall à côté qui, certes, n’a pas beaucoup bougé comme Alpha, qui n’a pas résidé en France. Nous avons Ouattara qui a passé une partie de sa vie en prison, dans l’humiliation. Voilà ce qu’il a fait. Quand on demande trois choses, il faut avoir bien fait les deux choses. Quand on n’a pas bien fait, on ne peut pas demander, et je vais faire une mise en garde : tous ceux qui sont animés de cette mentalité machiavélique de demander trois, s’ils le font, qu’ils sachent que les 12 millions de soldats qui sont armés jusqu’aux dents, c’est-à-dire le peuple de Guinée va les humilier un a un. Ils perdront tous parce que c’est eux qui ont à perdre. Le peuple n’a rien à perdre, celui qui pleure n’a rien à perdre. Il faut savoir pourquoi il pleure. Ceux qui ont tout, qui regarde les autres pleurer ont tout à perdre parce qu’on s’occupera d’eux, un à un. Donc, je m’adresse au peuple de Guinée en disant que je suis révolté, écœuré de savoir que nous avons démissionné. Nous  devrons nous battre pour relever le défi de ce millénaire. Tous les peuples sont dans la révolution économique, nous, nous avons nos enfants qui sont en train de mourir dans la méditerranée. Alpha, pourquoi tu n’as pas regardé Mandela qui n’a fait qu’un seul mandat ? Pourquoi tu n’as pas regardé Elen Johson, et aujourd’hui Weah qui est en train de chercher et qui va dans la boue ? Et toi, même le gazon n’arrive pas à pousser à Sékhoutouréya, pourquoi ? Pose-toi la question, pourquoi quand tu passes, les gens se ne te regardent plus ? Parce qu’ils savent qu’il n’y a plus personne qui gère ce pays, il n’y a plus d’administration. Nous allons reprendre le défi, mettre les bases avec Elhadj Cellou Dalein Diallo et avec tous les démocrates de la Guinée. Nous n’exclurons personne. Cellou ne viendra pas au pouvoir pour se venger et nous ne le permettrons même pas. Il y a des bons guinéens. Tous les cadres qui ont travaillé avec Lansana Conté ont fait leurs études ici. Ils ont fait beaucoup de merveilles ici, on était content et fier et on continue à être fier d’eux. Ils ont voulu travailler avec Alpha Condé, il a refusé. Il a pris comme instrument, la mentalité ethnique et comme argument, la division, l’injustice en opposant les gens. Il pense qu’il est en train de régner ; mais, il n’est pas en train de régner, il est en train de vivoter.  Vivoter pour un chef d’Etat veut dire qu’il n’est plus crédible parce que quand quelqu’un ment, surtout quand on a atteint le sommet de l’Etat où on te confie le sceau de la République. Le sceau, c’est la dignité, l’honneur ; mais aussi le sentiment de pitié et être résolu à aider son peuple à avancer. Mais, quand on perd sa dignité, on tire sa révérence pendant qu’on est vivant. Alpha tu n’es même plus vivant, il faut le reconnaitre parce que les guinéens ne te voient même plus comme un président. Le petit mendiant qui passe et qui souffre est mieux dans sa gestion parce qu’il est honnête, il ne vole pas. Nous avons pitié de nous-mêmes. Il y en a un qui disait, c’était un grand chef, il disait : ‘’Les gens ne m’écoutent plus parce qu’ils ont le poisson, alors je vais tarir la mer’’. Il a commencé à prendre des sceaux pour aller puiser pendant des jours, des années, les gens ont continué à s’enrichir jusqu’à ce qu’on est venu le trouver avec son haillon en lui disant ‘’monsieur, vous n’êtes plus chef. Il y a très longtemps que nous sommes en train de travailler pour autre chose, on a un président’’. C’est ce qui est arrivé à Alpha. Il a dit les mines, je peux les finir en 10 ans, comme ça, celui qui viendra trouvera qu’il n’y a plus rien. Ce qui est sous terre, ni lui, ni celui qui est semblable à lui, méchant comme lui, ne pourra le finir. Ça, c’est la grâce de Dieu, il ne peut pas le tarir. C’est lui qui l’a dit, le progrès ne s’invente pas, c’est la dignité. Quand on est un chef digne, il ne faut pas se dédire. Quand on est chef, on est au-dessus de la mamaya, on est le plus respectueux de la dignité. On respecte son peuple parce que le chef de l’Etat n’a pas de dignité, c’est la dignité du peuple et sa souveraineté qui l’accompagnent. Tu ne peux pas le bafouer, tu es tout seul. Le mandat est terminé, n’en demandez plus, monsieur le Président.

Guineematin.com : Même si les travaux du comité de suivi sont au point mort, les négociations se poursuivent quand même de façon informelle pour tenter de trouver solution à la crise politique actuelle. Au cas où on demanderait par exemple à l’UFDG de renoncer à la mairie de Matam au profit d’autres communes, est-ce que vous serez prêts à l’accepter ?

Soria Bangoura : Ce n’est pas une élection présidentielle. Je crois que le président Cellou sait lire entre les lignes. C’est pour cela d’ailleurs que  nous sommes avec lui parce que j’ai beaucoup de respect pour lui et pour beaucoup de raisons. Mais, ça c’est une élection de proximité. Les populations de Matam ont voté pour leur candidat Soria Bangoura, nul ne peut décider autrement. Ni Alpha Condé, ni Cellou. Ils peuvent faire un consensus pour qu’Alpha termine son mandat. Ça, ça leur appartient ; mais pas cette élection. Et, il n’y aura plus une autre élection tant qu’on n’a pas les résultats de ces élections. Ils n’ont même pas besoin de revérifier le fichier, non ! Le peuple n’acceptera pas et nous ne l’accepterons pas. Nous, c’est la base qui commande, ce n’est pas Elhadj Cellou.

Guineematin.com : Vous allez le refuser en quoi faisant ?

Soria Bangoura : Vous savez que le 07 avril dernier, la manifestation qui s’est passée en Guinée, on n’a pas dit au peuple de se lever. Personne n’a passé un message sur les médias pour dire aux gens de sortir, les gens sont révoltés, ils attendent seulement qu’il y ait un déclin. Alpha ne commettra pas cette erreur, je pense qu’il a envie de garder ce qu’il a volé. S’il a cette envie, alors qu’il ne commette pas l’erreur. Ceux qui sont autour de lui sont de très bons conseillers, ils ont envie de garder leurs privilèges ; mais, ce qu’ils ont volé, je crois qu’Elhadj Cellou saura réparer certaines choses. C’est vrai, il y a des choses qu’il ne peut pas réparer, ce qui appartient au peuple, appartient au peuple.

Guineematin.com : Au cas où vous êtes élu maire de Matam, quelles seront vos priorités et qu’est-ce qui pourrait changer dans cette commune ?

Soria Bangoura : D’abord, la première des choses, c’est l’état de lieux. Expliquer, parce que la communication pour moi est essentielle. M’adresser aux populations pour qu’elles voient qu’est-ce qui leur appartient, qu’est-ce qui leur appartenait, qu’est-ce qui a été volé, les gens vont le savoir. Après ça, nous allons commencer le travail par l’assainissement qui commencera par la sensibilisation et la collecte ; mais aussi le pollueur-payeur. En ce qui concerne les sachets plastiques, c’est l’Assemblée nationale qui votera une loi ; mais, si je suis maire de Matam, ce qui va se passer, c’est que les bordures de mer seront nettoyées. Tous ceux qui savent qu’ils sont vendeurs ou fabricants de sachets plastiques payeront pour le nettoyage dans ma commune. Nous ferons de la santé des populations une priorité ; mais, également l’éducation des enfants parce que nous n’avons aujourd’hui pratiquement pas d’écoles primaires à Matam, nous n’avons pas de crèches. Tout ce qui nous arrive est dû au manque d’éducation, et un regard absolu sera porté sur la formation puisque nous sommes dans un monde de compétition et de compétiteurs. Nous ne pourrons pas tout faire ; mais, nous ferons aussi en sorte que les personnes âgées soient au minimum prises en charge par la communauté, la commune le fera. La police de proximité sera sous ma responsabilité, je ferai en sorte que les citoyens ne soient pas bafoués. Je veillerai également à ce que les promesses que nous allons tenir soient strictement appliquées. Les domaines publics de l’Etat seront valorisés. Nous ferons en sorte que les femmes soient à l’abri de certains besoins parce qu’elles peuvent faire le commerce, valoriser leurs produits dans des conditions requises.  Ça sera une gestion de proximité. On va me demander d’où est-ce que les moyens vont venir. Il y a de l’argent dans cette commune parce que les déchets toxiques, les gens continuent à les utiliser. Les batteries par exemple, nous ferons en sorte que ceux qui les revendent puissent les collecter. Tu ne peux pas acheter une nouvelle batterie si tu ne ramènes pas l’ancienne. Nous chercherons aussi à avoir un domaine en dehors de Conakry pour valoriser les déchets de ma commune et même aider d’autres communes. Nous trouverons des partenaires pour ça, et ça existe. Il y a beaucoup de fonds qui disparaissent aujourd’hui en Guinée parce qu’ils ne sont pas utilisés et tout simplement parce que les gens se remplissent les poches. La perception directe sera interdite dans ma commune, les retraités seront valorisés et seront respectés parce qu’ils ne feront plus la queue pour avoir leur dû. On mettra un système en place qui leur permettra de l’avoir. On recensera toutes les personnes  qui se sont enrichies dedans. Que cela soit clair au moins.

Guineematin.com : il y aura donc une purge ?

Soria Bangoura : Mais, il faut assainir. Je ne cherche pas une maison. Je suis né à Matam, j’ai grandi ici et je suis chez moi. J’ai mes domaines sur lesquels j’ai construit en tant qu’ouvrier. Donc, aujourd’hui, je ne peux pas admettre que quelque chose qui appartient aux retraités soit pillé par des individus qui vont aller se faire des immeubles. Il faut travailler pour gagner quelque chose. On ne peut pas bouffer l’argent de ceux travaillent.

Guineematin.com : est-ce que vous n’annoncez pas déjà des règlements de compte ?

Soria Bangoura : Ça sera un règlement de compte entre ceux qui ont volé le dû des autres et ceux qui n’ont pas volé. Vous savez que la gestion, c’est d’éviter de perdre, faire des recettes mais en travaillant. Nous parlons de l’assainissement, vous avez vu les égouts à Matam, il n’y a pas de voiries, l’Etat ne s’en occupe pas. Le budget que l’Etat envoie passe où ? Personne ne sait. Donc, on aura un journal de la commune où tout sera passé au peigne-fin. Que les gens soient contents ou pas, il y a un mandat renouvelable, si vous voulez, ne me remettez pas. Je ne suis pas quelqu’un qui est venu pour s’accrocher ; mais, pour laisser une bonne étiquette. Que mon nom soit inscrit pour dire : il a bien fait, on aurait aimé qu’il continue.

Guineematin.com : Au-delà des élections locales, il y a aussi les législatives en vue. Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que monsieur Soria Bangoura soit candidat à ces élections ?

Soria Bangoura : Je suis déjà maire, alors je me contenterai de mon mandat. Je vous ai dit déjà qu’il n’y aura pas une autre élection tant qu’on n’aura pas fini cette transition. Il ne faut pas que les gens rêvent d’aller à l’Assemblée nationale. Nous sommes en transition, c’est Alpha qui dégagera avec toute son équipe, sinon, on fera en sorte qu’il y ait un gouvernement d’union nationale qui finira la transition.

Guineematin.com : Vous dites qu’il n’y aura pas une autre élection alors que le temps est en train de filer. Est-ce que cela ne risque pas aussi de créer un glissement dans le calendrier électoral et entraîner un prolongement du mandat présidentiel ?

Soria Bangoura : Vous parlez de temps mais, le temps c’est nous qui l’avons mentionné. Mais, puisque celui qui est garant de la gestion de ce temps n’a pas respecté la loi, d’ailleurs on n’aurait pas à le garder jusque-là. Alpha a plusieurs fois violé la loi, son serment, on aurait pu le dégager ; mais, les guinéens sont trop tolérants et trop gentils. Mais, je vais dire fermement que nous avons atteint la limite de cette tolérance, de cette injustice envers nous-mêmes. Il a dit que la recréation est terminée ; mais, ça sera terminé aussi pour le chef de l’Etat et ceux qui l’entourent. Et, ce qu’ils ont volé, reviendra dans les caisses de l’Etat. Qu’ils le veuillent ou pas, ça reviendra. Ceux qui ont géré avec Alpha, il faudrait qu’ils puissent regarder les autres en face et qu’ils puissent monter dans l’ascenseur et dire que ça, ça m’appartient. Si tel n’est pas le cas, je vous dis que ce n’est pas un règlement de compte.

 Guineematin.com : un dernier mot ?

Soria Bangoura : Je demande au peuple de Guinée, au 12 millions de guinéens qui sont là en attente, de reprendre leur souveraineté. Les 24 ou 30 ministres et les directeurs qui sont là, ne sont que des serviteurs. Notre souveraineté, nous pouvons la reprendre,  même demain. Soyez tous prêts ; le jour où l’opposition républicaine demandera de sortir après le mois de Ramadan, on sortira tous dans la rue pour demander à ce qu’Alpha dégage, il ne faut pas demander plus. Il ne faut même pas demander un consensus, on n’en veut pas. Il n’y a pas de consensus avec des menteurs, des voleurs. Même pendant ce mois saint, on continue à nous mentir. On nous a menti pour l’électricité et on continue à nous arnaquer, nous refusons. La montre s’est arrêtée, monsieur Alpha Condé, au revoir !

Interview réalisée et décryptée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Facebook Comments

Guineematin