Âgé de 56 ans, marié à 4 femmes et père de 16 enfants, Elhadj Boubacar Diallo croupit en prison depuis 14 mois. Avec huit autres personnes, il est accusé « d’association de malfaiteurs et d’escroquerie en bande » portant sur la somme de deux millions cent quatre-vingt mille dollars (2 180 000 USD), au préjudice des sociétés « Inversonnes DD&C SA » et « VP7 USA CORP », représentées par Denis Rafael Perez Perozo, et Carlos Vegas Parada. Et, sans une grande avancée, son procès (ouvert il y a près de six mois maintenant) s’est poursuivi le mercredi dernier, 27 novembre 2019, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au tribunal correctionnel de Dixinn.

Dans cette affaire, Elhadj Boubacar Diallo est poursuivi à cause d’un contrat mal exécuté entre lui et ses partenaires vénézuéliens. Un contrat de vente et d’exportation de 550 kilogrammes d’or qui se chiffre à près de 17 millions de dollars. Son exécution a souffert de manquements de la part des contractants qui ne se sont pas acquittés de leurs obligations contractuelles. Les vénézuéliens accusent notre compatriote de ne leur avoir pas livré l’or comme prévu et Elhadj Boubacar Diallo reproche à ses partenaires de n’avoir pas viré l’argent comme promis dans le contrat.

Selon Elhadj Boubacar Diallo, ses partenaires devaient virer le prix des 550 kilogrammes d’or (16 millions 960 mille dollars) à un compte qui leur avait été indiqué en Guinée par les fournisseurs (la société SOKAMI). Et, ceci, dans un délai de 12 à 15 jours après la signature du contrat. Seulement, au bout de 5 mois de contrat, ses partenaires d’affaires n’ont pas envoyé plus d’un million huit cent mille (1 800 000) dollars. « C’est par tranche qu’ils ont envoyé ça aussi. Et, comme mes fournisseurs d’or (des orpailleurs qui sont un peu partout en Guinée) me harcelaient pour entrer en possession de leur argent, j’ai décaissé le montant que la société (Inversonnes DD&C SA) avait viré à un compte domicilié à la banque centrale. Un compte qui appartient à Mohamed Lamine, avec qui je collaborais », avait expliqué Elhadj Boubacar Diallo à l’audience du 12 juin dernier, tout en précisant qu’il n’a jamais fourni la quantité d’or qui équivaut au montant qui lui a été viré et qu’il a décaissé.

Pour sa défense, le prévenu avait alors expliqué que le montant qui a été viré par « Inversonnes DD&C SA » était un début de payement. « J’attendais le virement total des 16 millions 960 mille dollars pour livrer les 550 kilogrammes d’or. Parce que, dans le contrat, c’est ce qui était prévu. Si mon partenaire avait rencontré des difficultés de payement, il pouvait me le dire. Et, peut-être solliciter qu’on fasse les choses progressivement. Mais, il n’a rien dit. Et, dans le contrat que nous avons signé, il est dit que c’est après le virement de l’argent que je dois livrer la commande. Donc, un million huit cent mille dollars était un début de payement. J’attendais la suite ; et, c’est dans ça qu’on m’a arrêté », avait précisé Elhadj Boubacar Diallo.

A l’audience de ce mercredi, Elhadj Boubacar Diallo est resté fidèle à sa logique, tout en déclarant avoir reçu un million sept cent mille dollars (1 700 000 USD) de la part de la société Inversiones DD&C (appartenant à Denis Raphaël Perrozo) et quatre cent quatre-vingt mille dollars de la part de la société VP7 USA CORP (appartenant à Carlos Vegas Parada). Mais, il admet sans détour qu’il n’a pas livré la quantité d’or correspondant aux montants qu’il a reçus de ses partenaires.

Après plusieurs heures de débat autour de cette affaire, l’avocat de la défense, Me Dina Sampil, a demandé au tribunal d’accorder une liberté provisoire à son client. « Monsieur le président, mon client est en prison depuis un peu plus d’un ans. Là où il est aujourd’hui, il a 4 femmes. Chacune est dans une concession à elle. Il a 16 enfants, il a du travail. Je ne pense pas que Elhadj Boubacar Diallo puisse retourner aujourd’hui à son âge à des comportements lui permettant de fuir sa famille et son boulot pour disparaître. En plus de ça, monsieur Saloum Cissé s’est porté garant pour mon client. Je pense que tout cela peut constituer une garantie pouvant lui permettre de bénéficier d’une liberté provisoire, puisque c’est un droit pour lui. Monsieur le président, je plaide auprès de votre auguste tribunal, qu’il vous plaise d’ordonner la libéré provisoire de mon client », a indiqué Me Dina Sampil.

Une demande qui a été rejetée par le conseil de la partie civile. Me Pépé Koulemou soutient que le prévenu ne présente aucune garantie. « Monsieur le président, le prévenu a reconnu devant votre tribunal avoir reçu d’une part : un million sept cent mille dollars ; et, d’autre part : quatre cent quatre-vingt mille dollars. Ces montants ont été reçus de la part de mes clients et cela à travers une société qui a son compte à la Banque Centrale. Elhadj Boubacar Diallo, cerveau de cette affaire, n’a pas voulu donner la quantité d’or qui correspond aux montants. Elhadj Boubacar Diallo, ne présente aucune garantie qui assure qu’il ne va pas fuir et vous laisser ce problème dans les mains. Donc, nous vous demandons de maintenir Elhadj Boubacar Diallo en détention ; et, décerner un mandat de comparution contre les autres prévenus non détenus, dont certains sont des travailleurs de la Banque Centrale, afin que cette affaire soit plus claire », a dit Me Pépé Koulemou.

Comme la partie civile, le ministère public s’est aussi opposé à la demande de liberté provisoire formulée par la défense. « Le ministère public rejette la demande de l’avocat de la défense. Et, si nous allons accéder à cette demande, il faudra que le prévenu dépose une caution équivalente à la valeur des biens incriminés. Puisque rien ne nous assure qu’à la sortie d’ici il ne va pas fuir. En payant l’intégralité des montants incriminés, il aura sa liberté provisoire. Monsieur le président, le ministère public demande qu’il vous plaise de décerner un mandat de comparution contre les autres coaccusés de Elhadj Boubacar Diallo, dont les travailleurs de la Banque Centrale impliqués dans cette opération de vente et d’exportation de l’or », a déclaré le procureur audiencier, Daouda Djomandé.

Finalement, le tribunal a rejeté la demande de la défense avant de renvoyer le dossier pour la comparution des autres prévenus dans cette affaire.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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