Me Zézé Kalivogui, avocat à la cour et avocat du collectif des victimes

Souvent présentée comme la pierre angulaire de cette fameuse affaire de faux matricules à la fonction publique guinéenne, Juliette Titi Kamano, directrice nationale du concours et examens (précédemment directrice nationale des gestions de carrière à la fonction publique), était devant le tribunal correctionnel de Kaloum hier, lundi 12 juillet 2021. Et, devant cette juridiction de première instance, cette prévenue est poursuivie, aux côtés de 50 autres, pour « faux en écriture publiques et faux commis dans certains actes administratifs et complicité ». Des faits qu’elle nie en bloc et que son avocat qualifie de « calomnie et d’affabulation », rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

La comparution de madame Juliette Titi Kamano ce lundi devant le tribunal correctionnel de Kaloum fait suite à un « mandat d’amener » décerné à son encontre à l’audience du 21 juin dernier. Et, comme on pouvait s’attendre elle n’a pas manqué d’arguments pour tenter de se tirer d’affaire. « Ma signature a été scanné ou imité », a-t-elle martelé entre autres pour dégager sa responsabilité dans les documents incriminés et dont on lui colle à la peau.

Cependant, pour les avocats de la défense et de la partie civile, la gymnastique verbale (déposition) de Titi Kamano à la barre les met en confiance dans cette procédure. Me Antoine Pépé Lama, membre du collectif des avocats de la défense estime d’ailleurs que dame Titi Kamano devait être sur le box des poursuivants dans cette affaire où elle a été fortement calomniée par la partie civile.

« Cinq (5) ans d’affabulation, d’accusation gratuite, de dénonciation calomnieuse, de nuisance contre l’honneur et la considération des honnêtes citoyens. C’est à cet exercice que monsieur Koly et sa bande se sont livrés pendant toute cette période. Aujourd’hui, les débats ont été largement édifiants et la conduite des choses nous a permis de comprendre dans quel camp se trouve le faux. Il a été prouvé dans les débats que c’est Koly et sa bande qui sont bénéficiaires de faux documents et qu’ils veulent à tout prix en jouir. Vous avez suivi madame Juliette Titi Kamano expliqué avec clarté, sincérité le début et la fin de ce dossier. Elle a indiqué les arrêtés qui sont faux. Il se trouve que les documents déclarés faux sont ceux qui se trouvent avec Koly et sa suite ; et, c’est avec ces arrêtés là qu’ils veulent à tout prix induire la justice dans les erreurs. Je vous donne un seul exemple relatif à l’arrêté n°4716 du 18 juin 2017. Vous remarquerez qu’à la page 3 notamment au numéro 174, c’est le nom de Koly Geopogui qui apparait et quand on a fait le comparatif avec l’arrêt original, il a été constaté que c’est par altération que Koly a introduit le nom de son fils dans un arrêt faux. Donc, en espèce c’est monsieur Koly qui devrait être à la place des prévenus et non l’inverse. Nous sommes vraiment désolés que son message soit relayé vigoureusement dans la presse et que l’opinion publique soit souillée par des propos qui ne se reposent sur aucun élément probant. Nous avons confiance que cette procédure va aboutir indubitablement à des décisions de relaxe et que Koly et sa bande se retrouverons à la place des prévenus », a indiqué Me Pépé Antoine Lama.

De son côté, Me Zézé Kalivogui, membre du collectif des avocats de la partie civile, estime que cette journée est une satisfaction même si la déposition de Titi Kamano lui laissent encore sur sa faim.

« Cette journée a été marquée par la comparution de certains prévenus notamment certains cadres de la fonction publique qui sont cités dans cette affaire. C’est une nouveauté qui nous satisfait à plus d’un titre. Le deuxième aspect de cette journée qui nous satisfait, c’est que ces prévenus ont comparu à leurs côtés leurs avocats. Ce qui équilibre un peu le débat. Maintenant, c’est tout à fait normal qu’elle (Titi Kamano) comparaisse dans la mesure où elle est renvoyée par le juge d’instruction à l’effet de donner sa version des faits relativement à ces cas. Il y a eu des signatures à elle pour savoir si elle les reconnaît. Pour le moment nous sommes sur notre faim dans la mesure où ces signatures qui sont compromises. Tant tôt elle dit que c’est imité ou scanner.  Nous allons poursuivre, ces débats iront jusqu’au bout pour qu’on sache qui a fait quoi dans cette affaire… Dans un débat comme celui-ci, il y a des éléments que nous retenons et le moment venu ça va être déballé. D’abord, c’est le tour des prévenus, vous n’avez pas encore écouté la partie civile ; et, ce débat ira jusqu’au bout », a promis Me Zézé.

A noter que le tribunal a finalement renvoyé l’audience au 20 septembre prochain pour la suite des débats.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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