Jacques Gbonimy, président de l’UPG

Un peu plus d’une année après les graves violences enregistrées en mars 2020 à N’Zérékoré, les vieux démons refont surface dans la capitale de la Guinée forestière. En l’espace de deux semaines, deux affrontements intercommunautaires ont été enregistrés dans cette ville. Le dernier cas a eu lieu le samedi 24 avril 2021, au quartier Nyen, et s’est soldé par un mort et deux blessés. Qu’est-ce qui explique cette recrudescence de la violence entre les deux ethnies majoritaires dans cette ville. Guineematin.com a posé la question à l’opposant Jacques Gbonimy dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction hier, lundi 26 avril 2021.

« N’Zérékoré est une ville de tension. Même ce qui ne doit pas créer des problèmes oppose les gens et ça crée la violence. Pour ce cas spécifique, nous devons nous rappeler que la Guinée est un pays laïque et que les libertés religieuses doivent s’exercer que ce soit chez les musulmans, chez chrétiens, chez païens ou bien chez les animistes. Mais, ce que nous vivons dans cette ville, c’est que les violences politiques souvent enregistrées dans la région ont des répercussions ethniques ou religieuses. Cela fait que chaque petit dérapage amène à la violence et les gens s’entretuent », a estimé le président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG).

Il pointe du doigt aussi le manque de dialogue entre les communautés pour résoudre les différends qui les opposent. « Ce que je condamne, c’est le fait qu’on ne cherche plus à dialoguer. Il n’y a pas plus de plainte chez une autorité, qu’elle soit administrative ou coutumière pour régler les problèmes. Donc il n’y a plus de dialogue et de tolérance entre les populations. Je condamne cette situation de la part de tout le monde. Tout est devenu violence et règlement de compte dans la vie quotidienne à N’Zérékoré. Ce n’est pas du tout bon », a dit Jacques Gbonimy, qui apprécie par contre l’intervention rapide de l’armée pour calmer la situation.

« Le conseil que je peux donner, c’est de permettre à chacun d’exercer sa foi religieuse et d’éviter la violence dans cette ville. La violence n’apportera rien dans notre vie quotidienne. Il ne faut pas qu’on transpose les différends politiques sur les cas sociaux ou sur les cas religieux. Il ne faut pas que les gens pensent qu’étant opposés sur le plan politique, ils sont opposés même sur le plan religieux ou sur le plan social.

Au niveau de l’Union pour le Progrès de la Guinée, après cet événement, nous avons échangé avec nos structures basées à N’Zérékoré pour essayer d’exercer le pardon et aller sur la base des règlements sociaux des différents problèmes. C’est-à-dire que quand il y a des telles situations, il faut aller voir les autorités coutumières et les autorités religieuses au lieu de répondre au coup par coup », conseille l’opposant.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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