Suite aux manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), des affrontements ont opposé des citoyens au quartier Ansoumanya Plateau, relevant de la préfecture de Dubréka, entre hier et aujourd’hui, samedi 29 février 2020. De nombreux dégâts matériels ont été enregistrés. L’intervention des forces de l’ordre a permis de limiter les dégâts.

Selon les informations recueillies par un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place, ce sont les manifestations appelées par le FNDC contre un troisième mandat du président Alpha Condé qui sont à l’origine de ces affrontements à Ansoumanya Plateau. Sur place, on constate au moins deux véhicules totalement calcinés, des kiosques attaqués et pillés, etc.

Mamady Sidibé, étudiant en Géographie à l’université de Sonfonia et témoin des affrontements

Interrogé par le reporter de Guineematin.com, Mamady Sidibé, étudiant en Géographie à l’université de Sonfonia et témoin de ces évènements, ces affrontements ont commencé lorsque des jeunes se réclamant du FNDC ont érigé des barricades au niveau d’Ansoumanya. « En marge des manifestations appelées par le FNDC, des jeunes ont barricadé la route. Donc, des habitants de Fofoméré, en majorité issus d’une communauté, pour se rendre vers Cimenterie, sont obligés de passer par Ansoumanya. Donc, puisque eux n’étaient pas concernés par les manifestations, ils ont voulu passer le matin. Mais, c’était barré. Après plusieurs négociations, les manifestants n’ont pas accepté de libérer la route. C’est alors que les bagarres ont commencé entre eux et d’autres issus d’une autre communauté. Il y a eu des actes de pillages. Après un moment d’accalmie, des jeunes sont venus s’attaquer à un kiosque appelé café Manding. Un autre groupe est venu répliquer en s’attaquant au kiosque appelé café Touba. Ils se sont aussi attaqués à des magasins. Les affrontements ont commencé hier, vendredi, à 6 heures et se sont poursuivis jusqu’à 22 heures. Moi-même qui suis venu pour faire la médiation, pour sensibiliser les gens pour ne pas qu’ils cassent les boutiques, j’ai reçu un projectile au visage », a expliqué Mamady Sidibé.

Sambou Oularé, gérant d’un kiosque, une des victimes des affrontements d’Ansoumanya

Sambou Oularé, gérant du kiosque Manding, est l’une des victimes de ces affrontements. Egalement interrogé par Guineematin.com, monsieur Oularé a exhorté les citoyens à ne pas se laisser manipuler par les politiques jusqu’à s’affronter entre eux. « Mon kiosque a été attaqué et pillé. Nos concitoyens doivent savoir que nous sommes tous des frères et sœurs. Ils ne doivent pas oublier que nous vivons ici depuis plus de 20 ans. C’est Alpha qui est au pouvoir aujourd’hui, il va quitter ; mais, la Guinée va demeurer. Donc, nous devons cultiver l’amour, le pardon entre nous », a rappelé Sambou Oularé.

Nantenin Keïta, étudiante en Licence 1 à l’université de Sonfonia

Nantenin Keïta, étudiante à l’université de Sonfonia, domiciliée à Ansoumanya Plateau, a dit n’avoir pas pu fermer les yeux cette nuit. « Après les affrontements qui ont eu lieu avant-hier, tout semblait revenir à la normale. Mais, hier soir, quand les forces de l’ordre qui étaient déployées ici sont parties, le quartier a été envahi par une communauté. On n’a pas pu fermer les yeux. Ils sont venus, ils ont encerclé le quartier pour prendre les boutiques en otage. Heureusement, ils n’ont pas pu défoncer les portes. Ce matin encore, ils se sont mis face-à-face. Mais, grâce à l’intervention des forces de l’ordre, on a évité le pire. Nous ne voulons plus de ça ici. Nous souhaitons qu’il y ait la paix », a indiqué l’étudiante.

Elhadj Mamadou Sow, victime des affrontements d’Ansoumanya

Les manifestants ont vainement essayé de défoncer les portes des magasins appartenant à Elhadj Mamadou Sow. « L’attaque de mes magasins fait suite à réunion qu’un groupe a organisé hier. Après leur réunion, ils ont décidé de venir s’attaquer à nos boutiques et les incendier. Comme vous le constatez, ils y ont versé de l’essence et du gasoil, ils ont allumé le feu ; heureusement, l’intervention des gendarmes a aidé à minimiser les dégâts. Mais, je vous dis, n’eut été l’intervention des gendarmes la nuit, on n’en serait pas là ce matin ; car, tous ces magasins allaient partir en fumée. Nous les appelons à cesser ces violences. Nous sommes ici chez nous, personne ne peut chasser quelqu’un d’ici » a indiqué Elhadj Mamadou Sow.

Finalement, le calme est revenu dans l’après-midi de ce samedi, 29 février 2020, alors que les forces de l’ordre, en nombre important sur place, veillent aux grains.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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