Alpha Boubacar Bah, conseiller de Cellou Dalein, chargé des relations publiques et extérieures

Depuis quelques jours, des rumeurs font état d’un probable retour de Bah Oury à l’UFDG, après avoir été exclu, le 04 février 2016, des rangs du principal parti de l’opposition guinéenne. Même si rien n’est officiel, des voix s’élèvent déjà pour s’opposer à une telle éventualité. C’est le cas du conseiller de Cellou Dalein, chargé des relations publiques et extérieures,
Alpha Boubacar Bah, farouchement opposé au retour de l’ancien vice-président du parti.

Selon lui, « à l’UFDG, Bah Oury, c’est  du has been, c’est du passé, un passé douloureux ! On s’est séparé de lui, on l’a exclu de nos rangs et il n’est plus question qu’il revienne », a-t-il juré. Il était invité de la rédaction de Guineematin.com hier, jeudi 24 janvier 2019.

Guineematin.com : l’actualité au sein de l’UFDG, c’est cette rumeur qui court depuis quelques jours, qui parle du retour de Bah Oury au sein de la formation politique. Est-ce que c’est quelque chose qui est à l’ordre du jour aujourd’hui ?

Alpha Boubacar Bah : je dis honnêtement que c’est non ! C’est un buzz, une stratégie de communication et de propagande bien organisée par Bah Oury pour faire asseoir à l’opinion peut-être une possibilité de son retour au sein de l’UFDG. Je dis tout de suite qu’il n’a jamais été question d’un retour éventuel de ce type dans nos rangs. Aucune procédure, aucune médiation n’est vraiment en cours et on n’en a pas besoin. A l’UFDG, pour nous, Bah Oury c’est du has been, c’est du passé, un passé douloureux. On s’est séparé de lui, on l’a exclu de nos rangs et il n’est plus question qu’il revienne. Et, je dis vraiment qu’il faut que ça soit clair pour Bah Oury et pour les deux ou trois personnes qui le suivent, qui font du buzz, qu’il n’est pas question qu’il retourne au sein de l’UFDG.

Guineematin.com : êtes-vous sûr qu’il n’y a pas de négociations, peut-être à votre insu, avec le président du parti ?

Alpha Boubacar Bah : Il n’y a aucune négociation, aucune démarche. Vraiment, il n’a jamais été question lors d’une réunion quelconque, à quelque niveau que ça soit au sein de l’UFDG parlant de Bah Oury. On ne l’évoque pas. Il n’est pas un adversaire, il n’est pas un acteur politique majeur de notre pays et il ne représente absolument rien. Vraiment, il n’y a aucun intérêt de s’asseoir pour discuter de ce type au sein de l’UFDG.

Guineematin.com : Il était quand même vice-président de l’UFDG ?

Alpha Boubacar Bah : Il l’était et on l’a exclu depuis longtemps, pour des raisons bien connues. Mais, ce que je dois rappeler, il y a eu mort d’homme et je le maintiens, par la faute de Bah Oury. Il a été exclu, il a forcé la situation et il est venu au siège de l’UFDG avec intention de faire du mal, de blesser ou de tuer. Le journaliste, Mohamed Koula (paix à son âme) a été tué là-bas. Les circonstances de ce meurtre n’ont pas encore été élucidées malheureusement. Et, à cause de ce meurtre malheureux, il y a eu des agents du maintien d’ordre de l’UFDG qui ont été arrêtés, incarcérés, détenus pendant longtemps, jugés et relaxés. Parmi eux, il y a eu Mamadou Saidou Bah qui a trouvé la mort dans des circonstances inhumaines. Je dis bien, par la faute de ce type. Après cette mascarade de procès qui nous a été servie autour du meurtre de Mohamed Koula, la justice guinéenne, qui est inféodée, n’a pas trouvé l’assassin de Mohamed Koula, parce que tout simplement, ils connaissent exactement là où se trouve l’assassin. Ils l’ont cherché ailleurs, parce que pour eux, il fallait trouver le coupable au sein de l’UFDG, aux côtés de Cellou Dalein Diallo. Et, c’est pour cette raison ils ont condamné injustement un autre innocent.  Souleymane Thianguel Bah aujourd’hui paye le plus fort de cette forfaiture de monsieur Bah Oury.

Guineematin.com : vous voulez dire que c’est Bah Oury qui est l’assassin du journaliste Koula Diallo ?

Alpha Boubacar Bah

Alpha Boubacar Bah : c’est par sa faute que ces deux là ont été tués, c’est par sa faute que Thianguel n’est pas là aujourd’hui, il est en exil, loin de sa famille, loin de sa maman, de son papa, qu’il est obligé d’éduquer ses enfants en exil, qu’il est obligé de se cacher, de vivre un exil très difficile, loin de ses étudiants. Combien d’étudiants, combien de jeunes guinéens aujourd’hui perdent depuis, parce que Thianguel n’est pas là ? Juste pour respecter ces gens-là, on ne peut pas parler du type qui a créé toute cette forfaiture au sein de l’UFDG et en Guinée. Donc, pour nous, il n’est pas question que ce mec retourne au sein de l’UFDG. Il y a eu beaucoup de nos compatriotes, beaucoup de militants, y compris des plus proches avant de Bah Oury, qui ont appelé, qui ont écrit et qui ont exprimé leurs inquiétudes quant à un probable retour de ce type dans nos rangs. Non ! Je les rassure tout de suite, il ne sera jamais question que ce monsieur revienne. Est-ce qu’on pourra faire revenir Mohamed Koula ? Est-ce qu’on pourra faire revenir Mamadou Saidou Bah ? Qu’est-ce qu’on dira à la femme et à l’enfant de Mohamed Koula ? Aux enfants de Mamadou Saidou ? Qu’est-ce qu’on dira à Thianguel et à ses parents qui aujourd’hui , sont obligés de vivre loin de leur fils bien aimé ?  Bah Oury, on ne peut pas travailler avec lui et vraiment nous, on ne voulait pas rentrer dans des causeries encore autour de ce type. Malheureusement, le buzz a réussi et il l’a bien prémédité. C’est bien préparé ; mais, je rassure les militants qu’il n’est pas question de Bah Oury au niveau de l’UFDG. Je vais vous dire pourquoi cette démarche…

Guineemation.com : qui mène des démarches ?

Alpha Boubacar Bah : c’est Bah Oury. Pourquoi il s’agite ? Parce qu’il pense qu’il a une opportunité. Le vice-président, Bano Sow, est parti à la CENI et il y a un vide qui va être comblé par la direction nationale sûrement. Il pense qu’il peut revenir et occuper un poste de vice-président. Il se trompe. Deuxièmement, après qu’il soit parti, il s’est essayé, il a créé un mouvement dont il voulait faire un parti politique puissant, parce qu’il était très populaire et il se voyait très puissant et qu’il pouvait remobiliser. Il s’est essayé sur le terrain et lors des élections  communales, il s’est bombé le torse pour dire « je vais présenter des listes sur toute l’étendue du territoire national ». Il n’a pas réussi à présenter plus de 5 listes. Il a présenté des candidats et grâce à la règle le plus fort reste, il a eu 3 conseillers sur 7.000 que compte l’étendue du territoire. Après la publication de ces résultats, ses conseillers ayant compris qu’ils n’étaient pas dans quelque chose de sérieux l’ont quitté. Tous les jeunes qui étaient auprès de lui l’ont quitté. Tous sont revenus à la maison, à l’UFDG. Il est perdu complètement et il a attendu vainement un décret venant de l’exécutif, il n’en a pas. Les législatives approchent et il est inquiet. Il cherche donc à faire bouger les choses pour que, peut-être, quelqu’un, de quelque part, se lève pour dire il faut… Il n’est pas question.

Guineematin.com : il était déjà vice-président de l’UFDG avant son exclusion. Mais, il y a eu des problèmes, et il estime lui que c’est maintenant la présidence du parti qu’il veut. Vous pensez vraiment qu’il va accepter d’être encore vice-président ?

Alpha Boubacar Bah : il a déjà créé un mouvement et il en est le président, le super président. Il n’a qu’à s’occuper de ça. S’il est vraiment aussi populaire, qu’il le dise, qu’il construise son mouvement. Mais, au sein de l’UFDG, il faut qu’il le comprenne.

Guineematin.com : vous êtes catégorique…

Alpha Boubacar Bah : Bah Oury n’a plus sa place, il n’a plus d’avenir au sein de l’UFDG, c’est fini.

Guineematin.com : on vous voit insister sur la question, sauf que le directeur de la communication de l’UFDG (Ousmane Gaoual), qui a récemment parlé chez nos confrères d’Espace, s’est montré quelque peu favorable au retour de Bah Oury…

Alpha Boubacar Bah : le directeur de communication du parti a heureusement dit exprimer son opinion personnelle, et non la position officielle du parti.

Guineematin.com : mais, dans l’optique de mobiliser davantage autour de Cellou Dalein, est-ce que vous ne pensez pas que c’était bien qu’on fasse retourner Bah Oury ?

Alpha Boubacar Bah : on n’a pas besoin de Bah Oury pour se mobiliser. On est fortement mobilisé. Nous, nous allons continuer à convaincre les guinéens à se mobiliser davantage. Nous allons continuer à convaincre ceux qui ne sont pas convaincus à se mobiliser. S’il aime l’UFDG, dans l’urne, il votera pour l’UFDG. C’est le seul rôle qu’il pourra jouer désormais pour l’UFDG. Son retour, vraiment, nous souhaiterions de ne plus parler de lui. Mais, comme il y a des militants qui s’inquiètent, nous les rassurons qu’il n’est pas question de son retour et moi, à sa place, après tout ce qu’il a fait, tout ce qu’il a dit contre l’UFDG et Cellou Dalein d’un manque d’organisation et un parti que tu as dit non organisé, qui a perdu, tu t’essayes et tu n’a eu que 3 conseillers sur 7000 recherchés, face à un leader du parti qui caracole à 2 500 conseillers, franchement, qu’il fasse quelque chose d’autre.

Guineematin.com : il y a certains qui nous suivent sur la page Facebook et qui pensent que vous êtes haineux à l’endroit de Bah Oury en disant qu’il n’est pas possible qu’il revienne. Il vous rappelle à l’ordre en disant que dans la politique, ce n’est pas la haine…

Alpha Boubacar Bah : je ne suis pas haineux. Ceux qui me fréquentent, ceux qui me connaissent et lui-même Oury, il sait combien de fois je lui ai dit de choisir la bonne voie. Je ne suis pas haineux et je n’ai aucune raison d’être haineux contre quelqu’un comme Bah Oury. Simplement, nous sommes en politique, je suis au sein de l’UFDG et lui il ne l’est pas. Je dis que pour Bah Oury, on n’a plus besoin de lui. Donc, ce n’est pas une affaire de haine ou d’émotion, c’est une affaire de logique. Il a été exclu pour des raisons évidentes. Il n’a pas changé cette position. A cause de lui, des innocentes personnes ont été tuées. Il a trimballé l’UFDG à la justice et la justice a tranché. A cause de lui, quelqu’un est en exil, il a perdu tous ses droits civiques, un innocent. A cause de lui, il y a eu tout ce qu’il y a eu. Mais, attendez, c’est une question de logique. Lui-même a dit qu’à l’UFDG, ça ne va pas. Il voit bien que ça va sans lui ; mais pourquoi il insiste ? Pourquoi les autres disent que c’est haineux ? Ce n’est pas haineux. C’est une décision et voilà.

Guineematin.com : on voudrait juste savoir au cas où, parce que vous êtes sûr qu’il n’y pas eu de négociations ; mais, au cas où Cellou Dalein serait en négociation avec d’autres personnes sans vous. Et si Bah Oury revenait ? Est-ce que vous allez vous plier à une telle décision ?

Alpha Boubacar Bah : vous savez, le président du parti, il rencontre tout le monde, il est ouvert au dialogue, aux opinions des uns et des autres. Chacun peut venir exprimer son opinion, il n’y a pas de problèmes. Mais, le président du parti ne prendra jamais une décision qui n’est pas discutée au sein de la direction nationale et mon avis va compter. L’avis des membres de la direction nationale va compter.

Guineematin.com : mais, on a cité déjà quelqu’un qui est quand même Ousmane Gaoual, responsable de la communication qui a un avis contraire. Et si vous étiez mis en minorité ?

Alpha Boubacar Bah : justement, je suis sûr que nous ne sommes pas minoritaires. D’ailleurs, je vous dis que…

Guineematin.com : est-ce qu’on peut avoir une idée de vous, au cas où on vous mettrait en minorité, quelle serait votre position, vous Alpha Boubacar ?

Alpha Boubacar Bah : je suis dans une structure bien organisée. Je suis même de la direction nationale de ce parti.

Guineematin.com : vous allez vous plier ?

Alpha Boubacar Bah : lorsque la direction nationale va décider, j’exprimerais ma position.

Guineematin.com : justement, pour le cas Bah Oury, quel est le procès qui est en instance ?

Alpha Boubacar Bah : il n’y a pas de procès en instance. Masi, je dis encore une fois, qu’ils ont refusé toutes les plaintes.

Guineematin.com : qui a refusé ?

Alpha Boubacar Bah : mais, la justice guinéenne.

Guineematin.com : Donc, pas Bah Oury…

Alpha Boubacar Bah : il était en connivence avec l’exécutif pour faire tomber l’UFDG et son leader  et au cas échéant, trouver le coupable du meurtre de votre confrère, Mohamed Koula, dans le cercle restreint de Cellou Dalein Diallo. Le verdict, vous l’avez entendu. On dit qu’on condamne Thianguel parce qu’il est complice de quelqu’un. Ce quelqu’un là n’a pas été trouvé, il est où ? Je dis que si la justice avait bien fait son travail, celui-là qui a tué allait être trouvé très proche de Bah Oury, si ce n’est pas lui.

Guineematin.com : le débat, nous pensons que ce n’est pas à ce niveau. Déjà, même le motif pour lequel on accuse Thianguel, on raconte que c’est parce qu’il a demandé aux journalistes de ne pas filmer. Mais, on voudrait savoir est-ce que ce n’est pas vous, personnellement, monsieur Boubacar Bah qui avez peur d’un retour de Bah Oury ?

Alpha Boubacar Bah : je n’ai pas peur de Bah Oury. Il doit le savoir. Il a voulu m’intimider, il a envoyé des émissaires, il m’a fait convoquer. Je dis encore une fois, il le sait, ce n’est pas personnel ; mais, c’est par principe. Moi, je n’ai pas peur de son retour. Et d’ailleurs, je reviens en profondeur pour répondre à votre précédente question pour savoir s’il revenait quelle serait ma position. Je n’ai pas voulu aller aussi vite ; mais, je vous dis qu’un retour éventuel, je ne pense même pas à ça, d’un Bah Oury au sein de l’UFDG, je crois que je ne pourrais pas cohabiter avec lui et je crois que ce serait une bonne raison pour moi de prendre congé du parti.

Guineematin.com : vous pensez être prêt à démissionner et à quitter ?

Alpha Boubacar Bah : croyez-moi que c’est l’opinion de la grande majorité des militants de l’UFDG.

Guineematin.com : mais pas celle de votre responsable de communication ?

Alpha Boubacar Bah : je dis bien la grande majorité. Il peut y avoir une petite minorité qui peut, peut-être, accepter de collaborer avec Bah Oury ; mais nous, on ne peut pas.

Guineematin.com : on raconte que vous êtes l’un de ceux qui ont les oreilles du président, vous pouvez peut-être influencer ses décisions. Est-ce que vous n’avez plutôt pas un rôle d’anti-évolution ? On raconte que Bah Oury a quand même des stratégies, il a des idées ; mais peut-être, que vous ne pouvez pas cohabiter avec quelqu’un qui a envie de faire évoluer autrement le parti ?

Alpha Boubacar Bah : d’abord, il faut dire à ceux qui ne le savent pas, j’ai été très proche de Bah Oury. Pour dire évolutif ou pas, ceux qui pensent que quelqu’un peut influencer Cellou Dalein Diallo, se trompent lourdement sur la personne, croyez-moi. Personne ne peut influencer Cellou Dalein. Tu peux donner ton avis, tu peux apporter des arguments, tout dire, argument contre argument ; mais, tu ne peux pas l’influencer. Il peut être convaincu de tes idées et prendre une décision allant dans ce sens. Lorsqu’il est convaincu par les arguments des uns et des autres, même si ce n’était pas sa position initiale, il peut accepter de prendre la décision, même s’il est mis en minorité. C’est ça aussi sa force au sein du parti ; mais, personne ne peut l’influencer. Encore une fois, pour revenir sur monsieur Bah, évolutif ou pas, il a créé un mouvement après l’UFDG. Qu’est-ce qu’il a fait de ce mouvement ?  Combien de gens sont avec lui ? Combien de conseillers il a eu ? A Ratoma, il n’a pas eu plus de 1.000 personnes qui ont voté pour lui et d’autres disaient qu’ils s’étaient même trompés. Il y en a qui ont voté pour le jeune Koundara qui était tête de liste du mouvement. Et, lui-même, il a compris qu’il ne peut absolument rien. Il a compris que son mouvement est mort-né, il n’a plus personne derrière lui.

Guineematin.com : vous n’avez pas peur de Bah Oury aux législatives ?

Alpha Boubacar Bah : bon Dieu ! Je n’ai pas eu peur de lui à Pita, dans son propre village lors des élections communales où il a perdu dans son propre secteur…

Guineematin.com : sérieux ?

Alpha Boubacar Bah : Il a perdu dans son propre secteur. Il ne représente rien. S’il avait pu faire quelque chose pendant ces deux ans, quelque chose qui pouvait impressionner, qu’on pouvait aller le chercher parce qu’il a eu un grand mouvement. Masi, on n’en a rien vu, parce qu’il ne peut pas. Et d’ailleurs, ceux qui disent qu’on est contre tel ou tel ; mais, on n’est contre personne. Lui-même il s’est autodétruit. Franchement, encore une fois, je dis que pour moi, l’essentiel est qu’à l’UFDG, il n’a jamais été question d’un retour éventuel de ce type dans nos rangs. Il n’en sera pas question. Que les militants et sympathisants de l’UFDG se rassurent. On a d’autres chats à fouetter, telles que les législatives, le fichier électoral…

La rédaction de Guineematin.com

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