Le président Alpha Condé a procédé samedi dernier, 10 octobre 2020, à la pose de la première pierre des travaux d’expansion et de modernisation de l’aéroport international de Conakry-Gbessia. Un gigantesque projet, fruit d’un partenariat public-privé, qui vise à changer complètement le visage de cet aéroport. La cérémonie de lancement des travaux a connu la présence de toutes les parties prenantes du projet ainsi que le corps diplomatique et consulaire accrédité en Guinée, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Ce projet est le résultat de plusieurs discussions entre le gouvernement guinéen et ses partenaires, dont l’aéroport de Paris et Africa50, en vue de moderniser et d’augmenter considérablement la capacité d’accueil de l’aéroport de Conakry. Et, selon le ministre des Transports, Aboubacar Sylla, ce projet a plusieurs particularités.

Aboubacar Sylla, ministre des Transports

« La première particularité, c’est que du point de vue gestion, ça sera confié à une entité qui n’est pas 100% privée. C’est une société mixte dont l’État guinéen est le principal actionnaire. C’est pourquoi l’État guinéen désigne le directeur général et le président du conseil d’administration de la SOGEAG. Encore l’État guinéen ne paie aucun franc dans ce projet et ne garantit aucun franc. Tout sera financé grâce à un partenariat public-privé par les différents actionnaires, notamment l’ADP et la BAD à travers Africa50 qui est une plateforme d’investissement de la BAD qui est une initiative des chefs d’État africains », a indiqué le ministre.

A en croire Kader Hassane, le directeur général de la société de gestion et de l’exploitation de l’aéroport de Gbessia Conakry (SOGEAG), ce projet vise à faire de l’aéroport de Conakry-Gbéssia une référence en Afrique.

Kader Hassane, directeur général de la SOGEAG

« Nous posons la première pierre des nouveaux édifices qui vont constituer le nouvel aéroport de Conakry. Cet ouvrage fera la fierté et de la Guinée et ouvrira un nouveau chapitre dans ses liens avec l’international. Cette étape cruciale que nous célébrons aujourd’hui est l’aboutissement d’un travail acharné sur un délai relativement court, en dépit de la pandémie du COVID-19. Nous avions pour objectif de faire de l’aéroport de Conakry-Gbéssia une référence en Afrique ; et, pas seulement du point technique, mais également de sa structuration », a dit le DG de la SOGEAG.

Ce projet la construction et l’aménagement d’un nouveau terminal aéroportuaire, un nouveau terminal cargo pour le fret, un nouveau pavillon présidentiel, un nouveau siège administratif de la SOGEAG. Il permettra de tripler la capacité d’accueil de la plateforme aéroportuaire de notre pays, avec des retombées importantes attendues.

Koffi Klousseh, directeur du fonds Africa 50

« Au-delà des emplois qui seront créés pendant la construction du projet, l’augmentation des capacités d’accueil des passagers et de traitement du fret permettra d’accroître les recettes de l’État, qui pourront ensuite être investies dans d’autres projets pour le développement économique de la Guinée. Par ailleurs, les nouvelles voies d’accès routier qui seront aménagées côté ville, conduiront à une amélioration de la mobilité et le cadre de la vie urbain. Les nouveaux aménagements au sein de l’aéroport seront aussi plus respectueux de l’environnement. Ainsi, conformément au mandat donné à Africa50 par les plus hautes autorités de la Guinée, ce projet offrira une harmonie unique entre un impact social et écologique significatif et un fort rendement économique. C’est donc une grande fierté pour notre institution d’être associée à cet ouvrage majeur pour le développement de la Guinée, qui est l’un de nos Etats actionnaires », a déclaré Koffi Klousseh, directeur du fonds Africa50, l’un des partenaires de ce projet.

Alpha Condé, président de la République

C’est avec beaucoup de joie et d’assurance que le président de la République a procédé à la pose de la première pierre de ces travaux. Alpha Condé soutient qu’à l’issue du projet, l’aéroport de Conakry sera parmi les meilleurs de la sous-région ouest-africaine. « Il est grand temps que la Guinée se dote d’un aéroport de référence. D’aucuns ont voulu qu’on fasse la concession, mais je n’ai pas accepté. Finalement, au cours des négociations, on a décidé que le projet soit financé par la BAD et l’ADP. Vous verrez dans trois années, notre aéroport va changer de visage. Au terme du projet, aucun aéroport de la sous-région ne nous dépassera. Plus la Guinée se développe, plus on aura des passagers. Si Dieu le veut bien, la Guinée avancera ces six prochaines années plus qu’elle l’a fait lors des 10 ans passés », a-t-il laissé entendre.

A noter que le coût estimatif de l’ensemble de ces travaux s’élève entre cent vingt millions d’euros (120.000.000€) et cent cinquante millions d’euros (150 000 000€). Le délai prévisionnel de la réalisation du projet est de trois années, à compter de la date du lancement des travaux. Au terme du projet, les recettes de l’aéroport international de Conakry-Gbessia seront réparties comme suit : 34% pour l’État guinéen, 33% pour le Groupe ADP et 33% pour Africa50 pendant les 25 ans que vont durer la convention.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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