Chérif Bah, tué le 04 novembre 2019 à Bomboli, en marge des funérailles de 11 autres jeunes, tués les 14, 15 et 16 octobre, lors des premières manifestations contre un 3ème mandat d’Alpha Condé

La marche funèbre organisée par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a été attaquée par des agents des forces de l’ordre hier lundi, 04 novembre 2019, faisant trois morts à Conakry. Parmi les victimes, figure Chérif Bah, ce collégien tué par balle à Bomboly, dans la commune de Ratoma, était l’unique garçon de sa maman.

Dans sa famille à Koloma, l’émotion est vive ce mardi suite à cette perte brutale d’un garçon à la fleur de l’âge, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Mamadou Moundjirou Bah, neveu de feu Chérif Bah

Selon Mamadou Moundjirou Bah, neveu du défunt, le jeune Cherif Bah, orphelin de père, devait être scolarisé dans une école publique cette année puisque sa maman n’a plus les moyens de payer ses frais de scolarité. C’est en allant prendre des informations sur sa nouvelle école que le jeune de 15 ans a été tué par balle par un homme habillé en camouflage. « Mon oncle Cherif Bah fréquentait à l’école privée Humanisme. Mais, sa maman n’ayant pas assez de moyens, puisque mon oncle est orphelin de père, a décidé de l’envoyer dans une école publique, Africof de Koloma. C’est dans les démarches en vue de son transfèrement dans cette école qu’il a été tué par balle par un homme en uniforme à Bomboly. Selon nos informations, c’est au retour de cette école que l’agent qui portait une tenue de camouflage a sorti son kalachnikov et a tiré sur lui au niveau de sa poitrine. C’est ainsi qu’on m’a appelé au téléphone, m’informant cette triste nouvelle, parce que moi aussi je travaille dans une clinique à Wanindara. Je suis venu aux nouvelles, on m’a dit qu’il a été admis pour un premier temps chez Dr Bissiriou. Quand je suis allé là-bas, Dr Bissiriou m’a dit qu’il a été transféré à l’hôpital Ignace Deen par la Croix Rouge. Et à 19 heures, on nous a appelés pour nous informer qu’il a rendu l’âme », a-t-il expliqué.

Très attristé par ce décès, notre interlocuteur espère que justice sera rendue dans cet autre cas d’assassinat. « Ce décès nous a beaucoup attristé. La justice a pris les choses en main. On a voulu récupérer le corps, mais le procureur a dit que puisque c’est un jeune qui a été tué par balle, il leur faut faire une autopsie. Nous sommes donc à l’écoute. Mais d’ici là, nous les exhortons à mener des enquêtes sérieuses pour que justice soit rendue ».

Mariama Dalanda Bah, mère de feu Chérif Bah

Quant à Madame Mariama Dalanda Bah, mère de Chérif Bah, elle n’arrive pas à retenir ses larmes. « J’étais sur le point de l’enlever de l’école privée pour une école publique, car actuellement je n’ai pas assez de moyens. J’avais même acheté ses fournitures scolaires. C’est dans ces démarches que mon enfant a été tué par balle. Je pardonne à mon fils, mais je ne pardonne pas à celui qui a décidé de mettre fin à sa vie. Cherif Bah était un enfant très éduqué. Tout le quartier en parle. Mon fils n’a jamais eu de problèmes avec le voisinage. Tout le monde le sait. Il n’avait pas de problème, les gens le savent. Donc, je ne pardonne pas à son bourreau. Si justice ne m’est pas rendue ici-bas, je sais que Dieu me rendra la justice », a-t-elle soupiré.

A noter que le défunt Cherif Bah, en classe de 8ème année, était originaire de Bomboly, relevant de la préfecture de Pita.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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