Appel à Manifestation d’Intérêt (PUEG)

21 octobre 2019 à 17 05 16 101610

Le projet urbain eau de Guinée (PUEG) qui relève du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement lance un Appel à Manifestation d’Intérêt. L’objectif est de faire une étude sur la modélisation de l’aquifère de la péninsule de Conakry et développement d’une base de données des utilisateurs de la ressource en eaux et des niveaux de prélèvement.

Guineematin.com vous propose de cliquer sur le lien suivant pour visionner l’intégralité de cet Appel :

Avis publication Modélisation de l’Aquifère

DETAIL DES RESULTATS DE L’EVALUATION.

  • CONSULTANT / CABINET RETENU: 

Nom du Consultant/Cabinet retenu

Score Technique Pondéré (80%)

Score financier pondéré (20%)

Scores Globaux

Prix de l’offre négocié en Euros (Hors Taxes)

1

SCET Tunisie/SBECG

75,5

20,00

96,40

575 350

  • AUTRES CONSULTANTS / CABINETS EVALUES :

Nom des Consultants/Cabinets évalués

Score Technique Pondéré (80%)

Score financier pondéré (20%)

Scores Globaux

Montant de l’offre en Hors Taxes

1

Groupement EGIS Eau/Cabinet EDE

77,2

16,22

93,42

297 950 EUR et 460 918 USD soit un total de : 709 374 EUR

2

Groupement STUDI / SACI / ISADES

67,6

17,39

84,99

661 700 EUR  

Conversion des Montants en une seule monnaie (aux taux du 17 mai 2019) : 1 EUR = 10 223,8577 GNF et 1 USD = 9 126,00 GNF.

Référence Marché : DP N°02/MVAT/PUEG/UGP/2019
Méthode de sélection : Sélection Basée sur la Qualité et le Coût (SBQC).
Mode de passation : Appel d’offres ouvert – Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI)
Date de publication de l’AMI : 19 juillet 2018
Délai d’exécution : huit (8) mois.

NB : tout consultant/cabinet qui souhaite connaitre les raisons pour lesquelles sa proposition n’a pas été retenue, doit en faire la demande à l’adresse suivante : b.s.dokore@gmail.com ou aboubasivory@gmail.com dans un délai de deux (2) semaines à compter de la date de publication de ce résultat.

Fait à Conakry, le 21 Octobre 2019
Le Coordonnateur
Souleymane Dokoré BAH

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Procès de « manifestants du FNDC » à Mamou : 24 citoyens condamnés à un an de prison avec sursis

21 octobre 2019 à 16 04 53 105310

Le procès de 42 personnes interpellées la semaine dernière à Mamou, en marge des manifestations du front national pour la défense de la constitution (FNDC), a connu son épilogue ce lundi, 21 octobre 2019, au tribunal de première instance de Mamou.

Après requalification des faits de « participation délictueuse à un attroupement » en délit de « participation directe à un attroupement non armé », le tribunal a condamné une vingtaine de prévenus à un an de prison assortie de sursis et au payement d’une amende de 500 mille francs guinéens, chacun, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Poursuivis pour « participation délictueuse à un attroupement, entrave à la libre circulation sur la voie publique, destruction de biens publics et privés, coups et blessures, violences volontaires et voie de fait », les 42 « manifestants du FNDC » viennent d’être situés sur leurs sorts. Siégeant en matière correctionnelle et en premier ressort ce lundi, le tribunal de première instance de Mamou a rendu son verdict dans cette affaire « politico-judiciaire ». Finalement, 18 prévenus ont été renvoyés des fins de la poursuite. Les 24 autres ont été reconnus coupables de provocation directe à un attroupement non armé ; et, condamnés à un an d’emprisonnement assortie sursis et 500 mille francs guinéens d’amande, chacun.

« Le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement (…) sur l’action publique, dit que les délits de coups et blessures, violences volontaires et voie de fait ne sont pas établies ; que le délit de destruction de biens publics et privés n’est pas imputable aux prévenus. Requalifie en délit de provocation directe à un attroupement non armé les faits poursuivis sous la qualification de délit de participation délictueuse à un attroupement ; dit que la contravention d’entrave à la livre circulation sur la voie publique est établie ; dit que les faits de provocation directe à un attroupement non armé et d’entrave à la livre circulation sur la voie publique ne sont pas imputable à Alseny Barry, Mandjou Baldé, Sidy Mohamed Bah, Mamadou Aliou Barry, Alseny Keïta, Mamadou Timbo Diallo, Mariame Gallé Bah, Mariame Sow, Ibrahima Sory Diallo, Abdoulaye Diallo, Ibrahima 2 Barrry, Alpha Saliou Diallo, Amadou Sadio Diallo, Alpha Oumar Diallo, Sadou Bah, Boubacar Diakité, Ibrahima Sylla et Abdourahamane Diallo. Déclare Abdoulaye Keïta et Mamadou Sow coupables de provocation directe à un attroupement non armé ; déclare Mamadou Kana Diallo, Alseny Seck, Mariame Tchéougol Bah, Mamadou Falilou Barry, Ibrahima 1 Barry, Alpha Saliou Bah, Oumaou Hawa Barry, Penda Seck, Fatoumata Binta Sow, Aïssatou Sow, Mohamed Diallo, Mamadou Moussa Camara, Alhassane Seck, Mamadou Lamarana Barry, Mamoudou Camara, Ousmane Barry, Alseny Sow, Mamadou Djouldé Barry, Bademba Barry, Thierno Baïlo Barry, Yaya Barry, Alpha Saliou Sow, Mamadou Diallo et Mohamed Diallo coupables de provocation directe à un attroupement non armé et d’entrave à la libre circulation sur la voie publique. En conséquence, renvoie Alseny Barry, Mandjou Baldé, Sidy Mohamed Bah, Mamadou Aliou Barry, Alseny Keïta, Mamadou Timbo Diallo, Mariame Gallé Bah, Mariame Sow, Ibrahima Sory Diallo, Abdoulaye Diallo, Ibrahima 2 Barrry, Alpha Saliou Diallo, Amadou Sadio Diallo, Alpha Oumar Diallo, Sadou Bah, Boubacar Diakité, Ibrahima Sylla et Abdourahamane Diallo des fins de la poursuite. Condamne Mamadou Kana Diallo, Alseny Seck, Mariame Tchéougol Bah, Mamadou Falilou Barry, Ibrahima 1 Barry, Alpha Saliou Bah, Oumaou Hawa Barry, Penda Seck, Fatoumata Binta Sow, Aïssatou Sow, Mohamed Diallo, Mamadou Moussa Camara, Alhassane Seck, Mamadou Lamarana Barry, Mamoudou Camara, Ousmane Barry, Alseny Sow, Mamadou Djouldé Barry, Bademba Barry, Thierno Baïlo Barry, Yaya Barry, Abdoulaye Keïta, Mamadou Sow Alpha Saliou Sow, Mamadou Diallo et Mohamed Diallo à un an d’emprisonnement assorti de sursis et au payement d’une amande de 500 mille francs guinéens chacun. Ordonne la confiscation du mégaphone saisie sur Abdoulaye Keïta », a lu le juge Abdoulaye Conté.

Sur l’action civile, le tribunal a renvoyé Issiaga Camara, Samuel Téliano et Elhadj Mamady Kaba à mieux se pourvoir, tout en condamnant Mamadou Kana Diallo, Alseny Seck, Mariame Tchéougol Bah, Mamadou Falilou Barry, Ibrahima 1 Barry, Alpha Saliou Bah, Oumaou Hawa Barry, Penda Seck, Fatoumata Binta Sow, Aïssatou Sow, Mohamed Diallo, Mamadou Moussa Camara, Alhassane Seck, Mamadou Lamarana Barry, Mamoudou Camara, Ousmane Barry, Alseny Sow, Mamadou Djouldé Barry, Bademba Barry, Thierno Baïlo Barry, Yaya Barry, Abdoulaye Keïta, Mamadou Sow Alpha Saliou Sow, Mamadou Diallo et Mohamed Diallo « au dépens ».

A noter que l’avocat de la défense, Me Paul Lazard Joachim Gbilimou a immédiatement relevé appel de cette décision, tout en accusant le tribunal d’avoir dit le droit en partie. « Nous estimons que le bon droit n’a pas été dit », a lâché Me Paul Lazard dans la foulée.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Affaire 3ème mandat en Guinée : le verdict reporté à demain pour Badra Koné et Cie

21 octobre 2019 à 16 04 32 103210

Comme au tribunal de première instance de Dixinn, le TPI de Mafanco a reporté à demain, mardi 22 octobre 2019, le verdict du procès contre les opposants à un troisième mandat du président Alpha Condé en Guinée.

Badra Koné, le vice-maire de Matam et secrétaire général de la jeunesse de l’UFR et ses compagnons d’infortune seront reconduits à la Maison centrale de Coronthie en attendant cette décision qui impactera sans doute la suite du débat politique en République de Guinée. Ainsi a décidé le tribunal après la réquisition du procureur et les plaidoiries des avocats.

A rappeler que ce responsable de l’UFR et plusieurs autres membres du FNDC ont été interpellés les samedi et dimanche qui ont précédé la première manifestation de rue en Guinée contre un troisième mandat du président Alpha Condé. Ces arrestations qui terniront pour toujours l’image de ce régime ont peut-être permis d’atténuer la mobilisation du lundi, 14 octobre 2019, dans la commune de Matam.

Finalement, Badra Koné sera fixé sur son sort le même jour que les premiers responsables du Front national pour la défense de la Constitution (Abdourahmane Sanoh, Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno, Bill de Sam, Abdoulaye Oumou Sow, Baïlo Barry…) qui attendent le verdict du tribunal de première instance de Dixinn demain mardi.

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Manifs contre un 3ème mandat en Guinée : réquisition contre deux jeunes à Conakry

21 octobre 2019 à 15 03 34 103410

Le tribunal de première instance de Mafanco a condamné ce lundi, 21 octobre 2019, deux jeunes accusés d’avoir participé aux manifestations organisées la semaine dernière à Conakry contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Le procureur a requis la condamnation des sieurs Aboubacar Sylla et Abdoulaye Bangoura à 6 mois d’emprisonnement et au payement d’une amende d’un millions de francs, chacun, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pourtant, à la barre, les deux jeunes ont expliqué avoir été arrêtés le dimanche, 13 octobre 2019, c’est-à-dire la veille du début des manifestations auxquelles ils sont accusés d’avoir participé. L’un d’entre eux dit avoir été arrêté dans la cour de Badra Koné, responsable de la jeunesse de l’UFR et 2ème vice-maire de la commune de Matam, et l’autre assure avoir été interpellé à son domicile contigu à celui de l’opposant.

Mais malgré tout, le procureur veut que le tribunal retienne Aboubacar Sylla et Abdoulaye Bangoura dans les liens de la culpabilité pour « participation délictueuse à un attroupement ». Il a alors requis une condamnation à 6 mois de prison ferme et au payement d’une amende d’un million de francs guinéens, chacun. Les deux jeunes vont devoir retourner donc à la maison centrale de Conakry où ils sont détenus depuis plusieurs jours.

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo est au tribunal de Mafanco pour Guineematin.com

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Manifestants contre un 3ème mandat au tribunal : un avocat guinéen invoque les révolutions au Burkina, Soudan…

21 octobre 2019 à 15 03 07 100710
Maître Alsény Aïssata Diallo

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, le procès des cadres du Front national pour la défense de la Constitution dont le vice-maire de Matam et premier responsable de l’UFR sont actuellement jugés au tribunal de première instance de Mafanco. Ils sont poursuivis pour les manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé.

Dans sa plaidoirie, Me Alseny Aïssata Diallo, un des avocats de la défense du vice-maire de Matam et premier responsable de la jeunesse de l’UFR, a demandé à la présidente du tribunal de se souvenir des révolutions enregistrées au Burkina Faso, au Soudan et ailleurs pour élargir ces combattants de la démocratie et se mettre elle-même du bon côté de l’histoire.

Ci-dessous, l’essentiel de la plaidoirie de maître Alsény Aïssata Diallo :

Nos clients ont été arrêtés dans la cour, monsieur Badra a été arrêté dans sa cour par plus de 20 pick-up de policiers et de gendarmes. Mais ça, c’est la voie publique ça. Ils sont allés jusqu’à arrêter son grand frère qui avait des documents médicaux sur lui. Je suis désolé. J’ai vu des forces de l’ordre détruire tout sur leur passage pour interpeller monsieur Badra Koné.
Madame la présidente, les faits ne sont pas du tout établis. La concession de monsieur Badra n’est pas sur une voie publique, je n’ai vu aucune route traverser sa concession. Il a été interpellé à domicile, c’est cela des troubles à l’ordre public ? Je ne sais pas où nous allons.

De toutes les façons, madame la présidente, vous n’êtes pas liée aux réquisitions du ministère public. Tout laisse à croire que ce sont des réquisitions d’un ministère public pour le 3ème mandat. Mais ça, ça ne va pas prospérer.

Vous avez vu ce qui se passe actuellement au Soudan, c’est tout le monde qui se lève. On a vu ce qui s’est passé au Burkina Faso, on a parlé de sécurité présidentielle ; mais, quand tout le monde s’est levé, le président Blaise Compaoré a pris sa jambe au coup. Le peuple est plus fort que les réquisitions du ministère public.

Je vous prie, madame la présidente, de vous conformer aux dispositions des articles 497, 544 et 539 du code de procédure pénale. Ces articles disent que le juge ne peut fonder son jugement que sur des preuves apportées et discutées contradictoires devant lui à la barre. Aujourd’hui, quel a été le seul élément de preuve que le ministère public a réussi à apporter afin qu’il soit discuté contradictoirement devant votre tribunal ? Aucun élément. Il n’a pas pu envoyer aucune preuve que monsieur le maire a été interpellé dans la circulation, dans la voie publique…

A suivre !

Du TPI de Mafanco, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Affaire 3ème mandat en Guinée : le procureur réclame 5 ans de prison contre Badra Koné

21 octobre 2019 à 14 02 42 104210
Badra Koné, secrétaire général du bureau national de la jeunesse de l’UFR

Comme annoncé précédemment, le procès de Cheickna Aly Badra Koné, responsable de la jeunesse de l’UFR et 2ème vice maire de la commune de Matam, s’est ouvert ce lundi, 21 octobre 2019, au tribunal de première instance de Mafanco. Après les débats, le procureur a requis 5 ans d’emprisonnement contre l’opposant, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Arrêté pour avoir appelé les Guinéens à sortir massivement dans la rue pour manifester leur opposition au projet de troisième mandat du président Alpha Condé, Badra Koné et ses avocats ont tenté pendant les débats de prouver au tribunal qu’il n’a commis aucune infraction à la loi. Mais de son côté, le procureur assure que le responsable de la jeunesse de l’UFR s’est rendu coupable d’usurpation de titre et de fonctions, et participation délictueuse à un attroupement.

C’est pourquoi, dans ses réquisitions, le représentant du ministère public a demandé au tribunal de retenir le 2ème vice maire de Matam dans les liens de la culpabilité en le condamnant à 5 ans d’emprisonnement et au payement d’une amende de 2 millions de francs. Au moment où nous mettons cet article en ligne, ce sont les avocats de la défense qui font leurs plaidoiries.

Ibrahima Sory Diallo est au tribunal de Mafanco pour Guineematin.com

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Manifestations contre un 3ème mandat en Guinée : ce que Badra Koné de l’UFR a dit au tribunal

21 octobre 2019 à 14 02 20 102010

Le procès du vice-maire de la commune de Matam et premier responsable de la jeunesse de l’UFR, Aly Badra Cheickna Koné, s’est ouvert ce lundi, 21 octobre 2019, au tribunal de première instance de Mafanco. Poursuivi « pour usurpation de titre et de fonction et participation à un attroupement interdit », l’opposant a plaidé non coupable et expliqué n’avoir commis aucune infraction à la loi, a constaté un reporter de Guineematin.com qui est sur place.

A l’image des leaders du FNDC jugés la semaine dernière au tribunal de Dixinn, et de l’artiste et homme politique, Elie Kamano, jugé à Mafanco, Badra Koné est a comparu serein et déterminé à défendre son combat contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Le responsable de la jeunesse du parti de Sidya Touré a démenti ceux qui l’accusent d’avoir porté une tenue militaire et d’avoir tenu des propos graves dans une vidéo qu’il a publiée sur les réseaux sociaux à la veille de son interpellation.

« Madame la présidente (du tribunal, ndlr), j’ai vu débarquer chez moi plus de 20 pick-up de la gendarmerie et de la police venus casser tout chez moi. On m’aurait appelé au téléphone, je serais venu tout de suite car je suis le 2ème vice maire de la commune de Matam. Je suis un homme politique, les gens sont toujours chez moi. Je portais une tenue dédouanée à la douane guinéenne. C’est un accoutrement vendu à Madina. Je ne peux pas dire que ça c’est une tenue militaire. Je suis le président de la jeunesse de l’UFR, je réagis toujours à l’actualité politique de mon pays au siège du parti.

C’était à l’assemblée générale du parti. C’est le lieu et le moment indiqué. J’ai tenu un discours pour dire que l’intimidation est terminée, j’ai dit que s’il le faut, ils n’ont qu’à sortir toute l’armée mais on va sortir lundi. Je n’ai pas insulté le président, j’ai juste dit que la Constitution mous donne le droit de manifester et qu’il faut cesser d’arrêter les gens arbitrairement. J’ai aussi dit qu’Alpha Condé est un employé des Guinéens comme moi. Je lui ai dit de respecter la volonté du peuple », a notamment dit le 2ème vive maire de Matam.

Après l’audition du prévenu à la barre, un débat houleux s’est engagé entre le procureur et les nombreux avocats de la défense dont maîtres Mohamed Traoré, Salifou Béavogui, Antoine Pépé Lamah, Alsény Aïssata Diallo, Thierno Oumar Barry entre autres. Le procureur a décidé de montrer à la présidente du tribunal une vidéo postée le samedi, 12 octobre dernier, par Aly Badra Koné sur les réseaux sociaux. Une preuve, selon lui, qui incrimine l’opposant.

Mais, les avocats de la défense ont désapprouvé et dénoncé avec véhémence cette démarche du représentant du ministère public, estimant qu’il devait verser tout ce qu’il a comme preuves contre le prévenu dans le dossier d’accusation. Ce qui a amené le procureur à demander le renvoi de l’audience à demain pour lui permettre de mieux se préparer. Mais, cette demande ne passe pas aussi chez les conseils du prévenu qui rappellent qu’il s’agit là d’un cas de flagrant délit et qu’on ne peut pas retarder le procès tout en gardant leur client en détention.

Faute d’entente entre les parties au procès, les avocats ont conseillé à leur client de ne plus répondre à aucune question. Ils exigent du tribunal de passer à la phase des réquisitions et plaidoiries ou alors de remettre l’opposant en liberté provisoire s’il faut reporter le procès. Face à cette situation visiblement compliquée pour elle, la présidente du tribunal a décidé de suspendre l’audience pour un moment.

En attendant, les militants de l’UFR présents dans la salle et le responsable de la jeunesse du parti font le show sur les lieux. Les uns appellent Badra Koné en disant « Général » et lui répond en disant « Amoulanfé ». A noter aussi la présence de la députée et membre du bureau exécutif de l’UFR, Hadja Aïssata Daffé dans la salle. Elle est venue soutenir Aly Badra Koné.

Ibrahima Sory Diallo est au tribunal de Mafanco pour Guineematin.com

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Impossibilité de tenir les législatives en 2019 : l’OIF demande « un nouvel agenda » à la CENI

21 octobre 2019 à 14 02 13 101310

L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) annonce que les élections législatives n’auront pas lieu en fin d’année en Guinée. C’est à travers une conférence de presse organisée à Conakry ce lundi, 21 octobre 2019, que la structure a fait cette déclaration en présence du président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). L’OIF invoque des raisons d’ordre technique pour expliquer cet état de fait, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En lieu et place de la CENI, c’est l’OIF qui annonce l’impossibilité pour notre pays d’honorer la date du 28 décembre 2019 pour la tenue des élections législatives. C’est le diplomate malien Tiéman Koulibaly, envoyé spécial de la secrétaire générale de l’OIF pour la Guinée qui a fait cette annonce.

Selon monsieur Koulibaly, un certain nombre de contraintes doivent être levées avant d’aller aux élections. « La Guinée a décidé de se doter d’outils modernes, sur le plan technologique, de conduite d’opérations électorales. Un nouveau logiciel très performant et à la pointe des technologies a été acquis par CENI et est en cours de mise en œuvre. Cette avancée technologique qu’il faut saluer nécessite un travail très important. Des partenaires sont en train de travailler pour que le logiciel soit installé sur les kits d’enrôlement qui ont été acquis avant d’être déployés sur le terrain pour le début, non seulement, de l’enrôlement, mais aussi du nettoyage du fichier électoral, parce que cela fait partie des recommandations de l’audit du fichier. Tout ce travail est en cours et nous avons procédé à une évaluation qui nous a amené à établir que le chronogramme qui était annoncé, qui avait été proposé par la CENI était difficile à mettre en œuvre », a-t-il fait savoir.

Devant cet état de fait, l’envoyé spécial de la secrétaire générale de l’OIF pour la Guinée a dit qu’à l’issue des actions en cours sur le terrain, une autre date sera proposée en tenant de l’évolution du processus. « Nous avons procédé à un certain nombre de suggestions dont le gouvernement a pris acte. Aujourd’hui, je suis en mesure de vous dire que la date qui a été proposée par la CENI, celle du 28 décembre, pour la tenue des élections législatives est à reconsidérer. Cette date sera difficile à mettre en œuvre même si la CENI elle-même travaillera à non seulement approfondir les diligences qui sont en cours pour le déploiement des équipes pour la collecte et le traitement des données, leur centralisation ; et de la même manière, continuera sa réflexion afin de déterminer un nouvel agenda concernant les consultations électorales pour l’élection des députés », a laissé entendre l’ancien chef de la diplomatie malienne.

En outre, Tiéman Koulibaly a fait savoir que pour faire baisser la tension et renouer le fil du dialogue entre les acteurs politiques, le comité de suivi du dialogue politique va être relancé. « Nous avons convenu qu’il était nécessaire de réactiver le comité de suivi parce que ce travail préparatoire est en cours et ce travail doit être fait de manière collective afin que chaque partie puisse participer pour que les résultats, de la même manière que cela avait été fait pour le rapport d’audit, soient acceptés par tout le monde ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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Sommet Russie-Afrique à Sotchi : Vladimir POUTINE à l’agence TASS (interview)

21 octobre 2019 à 13 01 50 105010
Vladimir POUTINE, Président de la Fédération de Russie

A la veille du sommet Russie-Afrique, prévu les 23 et 24 octobre 2019 à Sotchi (en Russie), Monsieur Vladimir POUTINE, Président de la Fédération de Russie, a accordé une interview à l’agence d’information publique TASS. Au cours de cet entretien, le numéro 1 russe a expliqué les grandes lignes de ce sommet.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de cette interview :

Agence TASS : Le sommet de Sotchi est appelé à ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre la Fédération de Russie et les pays d’Afrique. Les participants amèneront à Sotchi leurs idées concernant le développement de la coopération. Et la Russie, qu’est-ce qu’elle est prête à proposer aux États du continent ? Quel est l’atout principal de la Russie que vous présenterez aux chefs des délégations lors du sommet ? Quel est le volume des investissements russes dans l’économie des pays africains que vous espérez atteindre, disons, dans les cinq ans à venir ?

Vladimir Poutine : La Russie et les pays africains sont liés par des relations traditionnellement amicales, éprouvées par le temps. Notre pays a joué un rôle significatif dans la libération du continent en aidant la lutte des peuples d’Afrique contre le colonialisme, le racisme et l’apartheid.

Plus tard, nous avons aidé les Africains à protéger leur indépendance et leur souveraineté, à établir les États, à mettre en place les fondements des économies nationales, à créer des forces armées aptes au combat. Les spécialistes soviétiques et puis russes ont construit d’importants sites de l’infrastructure, des centrales hydroélectriques, des routes, des entreprises industrielles. Des milliers d’Africains ont reçu une formation professionnelle de qualité dans nos grandes écoles. De nombreux leaders actuels des pays africains s’en souviennent bien et apprécient notre soutien. Nous n’oublions pas ces pages de l’histoire non plus.

Aujourd’hui, le développement et le renforcement des relations mutuellement avantageuses avec les pays africains et leurs groupements d’intégration font partie des priorités de la politique extérieure russe. Très bientôt, nous serons témoins d’un événement historique, sans précédents : le 24 octobre Sotchi accueillera le sommet Russie – Afrique. C’est le premier sommet à part entière qui rassemblera les leaders des pays africains et les dirigeants des groupements régionaux majeurs. L’idée d’organiser un tel événement a surgi il y a longtemps, mais il a fallu du temps et de grands travaux préparatoires pour que le Sommet devient le point de départ pour des relations de partenariat équitables, basées sur l’égalité en droit et l’intérêt pratique mutuel.

Nous attendons que nos collègues africains, représentants du milieu d’affaires, amènent à Sotchi un portefeuille important de propositions visant à élargir les relations bilatérales. Et que les dirigeants des organisations régionales africaines nous fassent part de leurs considérations comment développer ensemble la coopération multilatérale. Nous allons examiner ces idées avec intérêt et réfléchir sur ce qui peut être réalisé dès maintenant et ce qui demandera une étude supplémentaire.

La Russie a aussi des projets concernant la croissance future des relations avec le continent africain. Nous visons à discuter ces idées avec nos partenaires, les systématiser et fixer de manière la plus concrète possible dans la déclaration finale. En plus, il est important de définir les mécanismes pour réaliser les accords qui seront atteints lors du sommet à Sotchi.

Je suis persuadé que le sommet sera une réussite car nous avons toutes les conditions préalables nécessaires. Aujourd’hui, les relations russo-africaines sont en plein essor. Un dialogue politique intense est en cours, y compris sur les questions de sécurité globale et régionale. Les liaisons interparlementaires s’élargissent. Le commerce mutuel augmente et se diversifie progressivement.

Ensemble avec la communauté mondiale, la Russie prête une assistance intégrée à l’Afrique, y compris pour réduire le fardeau de la dette des États de la région. Nous réalisons avec de nombreux pays les programmes « dette en échange du développement ». Nous aidons à lutter contre la propagation de maladies transmissibles (y compris la fièvre hémorragique Ebola), à surmonter les séquelles des catastrophes naturelles, à régler les conflits existants et à prévenir de nouvelles crises. Nous assurons la formation des cadres nationaux africains dans les universités russes à titre gratuit et commercial. Nous établissons l’interaction dans le cadre des institutions de défense et des forces de l’ordre.

Mais l’ordre du jour de notre coopération est loin de s’y limiter. Nos partenaires africains voient et apprécient que la politique extérieure de la Russie, y compris en ce qui concerne le continent, est constructive. Que notre pays qui est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies se prononce pour la démocratisation de la vie internationale, soutient l’aspiration bien fondée des États africains de mener une politique indépendante et autonome et de définir leur avenir eux-mêmes, sans recommandations imposées. Avec ceci nous ne soumettons pas notre soutien et les projets de développement proposés à des conditions politiques ou autres, aux préférences économiques et commerciales soi-disant « exclusives » qui sont en réalité léonines, nous n’imposons pas notre position – au lieu de cela nous respectons le principe proposé par les Africains eux mêmes « solutions africaines aux problèmes africains ».

En ce qui concerne le volume éventuel des investissements en Afrique dans les cinq ans à venir, ils sont bien considérables – aujourd’hui nous sommes en train de préparer et de mettre en œuvre des projets d’investissements avec la participation russe mesurée en milliards de dollars. Les ressources dont disposent la Russie et les entreprises russes sont importants. À notre tour, nous attendons que nos partenaires créent des conditions stables et prévisibles et les mécanismes de protection des investissements qui sont indispensables pour le business, qu’ils assurent un climat d’investissements favorable.

Agence TASS : Le monde moderne se distingue par une concurrence particulièrement élevée. La Russie est-elle prête à une compétition rude en Afrique, par exemple, avec la Chine ou les États-Unis ? Voyez-vous des risques de protectionnisme, de conflits commerciaux ou de concurrence malhonnête envers la Russie ? Quelles sont les méthodes de lutte ? Cette compétition ne nuira t elle pas aux partenaires africains ?

Vladimir Poutine : Oui, effectivement, ce ne sont pas seulement les pays de l’Europe occidentale, les États-Unis et la République populaire de Chine qui sont intéressés par le développement des relations avec les pays d’Afrique, mais aussi l’Inde, la Turquie, les États du Golfe, le Japon, la République de Corée, l’Israël, le Brésil. Et ce n’est pas par hasard. L’Afrique devient de plus en plus un continent d’opportunités. Elle dispose d’énormes ressources et d’une potentielle attractivité économique. Ses besoins d’infrastructure augmentent, la population s’accroît rapidement et les demandes de cette dernière augmentent aussi. Donc, le marché intérieur et la consommation s’élargissent. Et là où il y a des perspectives considérables pour les investissements, pour le profit, il y a aussi la concurrence qui, malheureusement, dépasse parfois les bornes de la décence.

Nous voyons de nombreux États occidentaux recourir à la pression, à l’intimidation et au chantage des gouvernements des pays souverains africains. Par de telles méthodes, ils essaient de restituer l’influence et les positions dominantes perdues dans les anciennes colonies et – déjà sous un « nouvel emballage » – de pomper des surprofits, d’exploiter le continent sans tenir compte ni des gens qui habitent ici, ni des risques environnementaux ou autres. Et, peut-être, afin que personne ne s’oppose à cette politique, ils entravent l’établissement des relations plus étroites entre la Russie et l’Afrique.

Bien sûr, nous tenons compte de ces réalités et nous en tirons des conclusions appropriées. Et nous sommes prêts, non à une « répartition » des richesses du continent, mais à une concurrence pour la coopération avec l’Afrique. L’essentiel est qu’elle soit civilisée et se développe dans un cadre légal. Nous avons bien quelque chose à offrir à nos amis africains. C’est de cela, entre autres, qu’il s’agira lors du futur Sommet.

Et, bien sûr, nous visons avec nos partenaires africains à défendre les intérêts économiques communs, à les protéger des sanctions unilatérales, y compris par la diminution de la part du dollar et le passage aux autres monnaies dans les règlements mutuels.

Je suis persuadé que les Africains ne sont pas intéressés par l’escalade de la confrontation des grands pouvoirs sur le continent. Au contraire, ils préféreraient que la rivalité se remplace par la coopération dans la lutte contre les défis tellement aigus pour l’Afrique comme le terrorisme, la criminalité, le trafic des stupéfiants, la migration incontrôlée, la pauvreté, les maladies transmissibles dangereuses. Je le répète, c’est à ce travail que la Russie est prête.

Notre agenda africain a un caractère positif, orienté vers l’avenir. Nous ne nous faisons pas des amis contre qui que ce soit et rejetons résolument les « jeux » géopolitiques quelconques autour de l’Afrique.

Agence TASS : Le modèle soviétique de la coopération avec les pays d’Afrique prévoyait souvent l’octroi de crédits. Cette politique s’est elle justifiée ? Est ce que la Russie prévoit continuer la pratique d’octroi de crédits aux pays africains ? Quels sont les autres mécanismes de soutien aux pays africains que vous êtes prêt à discuter ?

Vladimir Poutine : Sans aucun doute, le modèle soviétique, avec ses avantages et ses inconvénients, s’est avéré suffisamment efficace à l’étape de l’établissement des États africains. Aujourd’hui nous continuons à prêter une aide financière aux États d’Afrique. Cependant, si avant ces décisions étaient prises surtout pour des raisons politiques, aujourd’hui c’est fait dans le cadre d’assistance humanitaire.

Quant à l’octroi des crédits, aujourd’hui ils portent un caractère de marché. Par exemple, la décision est prise sur l’octroi à l’Égypte d’un crédit de 25 milliards de dollars pour la construction de quatre exemplaires de la centrale nucléaire à El-Dabaa. Il s’agit justement d’un crédit de marché.

Je veux également noter qu’à l’époque post-soviétique, à la fin du XXe siècle, la Russie a annulé les dettes soviétiques des pays africains d’un montant de 20 milliards de dollars. C’était non seulement un acte de générosité, mais un geste pragmatique car beaucoup d’États africains étaient incapables de régler les intérêts pour ces crédits. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il était optimal pour tous de prendre un nouveau départ pour la coopération.

Aujourd’hui, d’autres schémas s’appliquent à une partie de la dette restante. Par exemple, des accords intergouvernementaux sont réalisés selon le programme « dette en échange du développement » avec le Madagascar, le Mozambique et la Tanzanie. Par analogie avec ces pays, nous prévoyons régler le reste de la dette de l’Éthiopie (163,6 millions de dollars) auprès de la Russie – le projet d’un accord en question est en train d’être coordonné.

Je voudrais aussi rappeler que la Russie apporte des contributions aux programmes internationaux de l’assistance à l’Afrique dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement, de l’Organisation mondiale de la santé, du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’Organisation internationale de protection civile. Parfois, l’aide est prêtée en nature. Ainsi, depuis 2011, nous avons fourni aux représentations du PAM en Afrique 258 camions KAMAZ. Une autre partie de 75 camions vient d’être expédiée.

Avec ceci, le recours aux nouveaux mécanismes financiers ne signifie aucunement le renoncement aux crédits, au contraire, il élargit et enrichit la palette des instruments pour l’aide au développement. Il favorise l’établissement de la coopération mutuellement avantageuse entre la Russie et les pays d’Afrique.

Tous ces problèmes seront examinés au forum économique du 23 24 octobre. Nous sommes prêts à écouter les propositions de nos partenaires africains et à faire part de nos propres considérations.

Agence TASS : La coopération militaire et technique a été précédemment une des sphères de coopération de Moscou avec les pays d’Afrique. Y a t il des projets visant à élargir l’interaction dans ce domaine ? Préparez-vous des projets ou contrats concrets pour les discuter avec les participants au sommet ?

Vladimir Poutine : Oui, effectivement, les traditions de notre coopération militaire et technique ont des racines profondes. Elle s’est formée aux toutes premières étapes de l’établissement des États africains et a joué son rôle dans la lutte des peuples du continent pour l’indépendance. Et nos partenaires africains l’apprécient hautement.

Aujourd’hui, des accords sur la coopération militaire et technique sont en vigueur avec plus de 30 pays africains auxquels nous expédions une large nomenclature d’armes et de matériel. Bien sûr, elle est expédiée en partie à titre gratuit. Mais c’est une pratique habituelle suivie par tous les pays majeurs du monde.

Il est encourageant de voir que le partenariat militaire et technique continue à évoluer énergiquement. Et souvent ses initiateurs sont les pays africains eux-mêmes qui sont conscients qu’il faut savoir protéger son indépendance et sa souveraineté. Y compris face aux groupes extrémistes et terroristes. De là, une motivation de plus pour l’interaction avec la Russie qui possède une expérience riche de la lutte contre le terrorisme, y compris en Syrie.

Nos partenaires africains participent activement aux forums et manœuvres militaires et techniques, organisés par la Russie où ils prennent connaissance des modèles prometteurs des armes et du matériel militaires russes, de l’expérience de leur emploi. De notre part, nous allons contribuer à la préparation des cadres militaires des États africains et participer à la formation des soldats de la paix africains.

Agence TASS : La coopération sociale et humanitaire est nommée parmi les sujets du sommet. Pourquoi la Russie vient elle en aide à l’Afrique si les questions sociales sont loin d’être résolues à l’intérieur de la Fédération de Russie elle même ?

Vladimir Poutine : L’aide humanitaire à l’Afrique est prêtée par de nombreux États du monde. Et dans chacun d’entre eux – que ce soient les États-Unis, la France, la Chine ou d’autres pays – les problèmes du secteur social, c’est-à-dire de la santé, de l’éducation, de la culture, sont loin d’être résolus.

La Russie octroie aussi de l’aide humanitaire aux États africains, mais sans réduire le financement de ses propres programmes. En plus, les bonnes qualités de l’humanisme, de la charité, du soutien au moment difficile sont inhérentes à notre peuple.

Je vais vous citer un exemple récent. La Russie, comme beaucoup d’autres États, a prêté son aide aux pays africains frappés du cyclone tropical Idai en avril 2019. Des convois humanitaires russes ont été expédiés au Zimbabwe, Malawi et Mozambique – des tentes multiplace, des couvertures et des produits alimentaires d’un poids de 30 tonnes pour chaque pays.

Nous continuons à participer activement à l’assistance intégrée à l’Afrique. Ainsi, depuis octobre 2017, la partie russe participe à la mise en œuvre au Mozambique du projet du Programme alimentaire mondial des Nations Unies pour la création d’un système d’alimentation scolaire, d’un montant de 40 millions de dollars. Et à Madagascar, un projet est mis en œuvre pour l’introduction des technologies modernes et des équipements de désinfection, d’un montant allant jusqu’à 15 millions de dollars.

Nous aidons aussi nos amis africains dans le développement de la santé publique. Car les maladies transmissibles dangereuses ne connaissent pas de frontières. Ainsi, la Russie a été parmi les premiers à réagir à l’épidémie de la fièvre hémorragique Ebola en assignant 60 millions de dollars à la lutte contre la maladie. Aujourd’hui, le « Centre de recherche microbiologique et de traitement des maladies épidémiologiques » fonctionne en Guinée. La Russie a fait une contribution de 20 millions de dollars au programme de la Banque mondiale pour la réalisation de l’Initiative mondiale de la lutte contre le paludisme.

Et ces exemples sont nombreux. Je veux souligner : la participation de la Russie à la lutte contre la pauvreté, les maladies dangereuses, d’autres menaces de caractère global, la prévention des risques potentiels, comme on dit, « à distance » – correspond entièrement à nos intérêts nationaux.

Agence TASS : Les questions de sécurité sont très aigües dans de nombreux pays d’Afrique. Cela empêche le travail des entreprises russes là bas. Allez-vous aborder des questions de sécurité lors du sommet et proposer des mesures pour son renforcement ? Par quoi la Russie est-elle prête à aider à surmonter les conflits sur le continent ?

Vladimir Poutine : L’interaction dans le domaine de la sécurité régionale reste une composante importante dans les relations de la Russie avec les pays du continent africain. Ce n’est pas par hasard que le slogan de notre sommet est « Pour la paix, la sécurité et le développement ». Sans résoudre ces problèmes aucune avancée progressive n’est possible.

La situation dans de nombreuses régions de l’Afrique reste instable : des conflits nationaux et ethniques ne sont pas réglés, des crises aigües sociales et économiques ne s’arrêtent pas. Une activité intense est menée au nord de l’Afrique, dans la région de Sahara-Sahel, du Tchad et de la Corne de l’Afrique par de nombreuses organisations terroristes, y compris Daech, Al Qaïda, « Boko Haram », « Al Shabab ». Les forces armées et de l’ordre de nombreux pays africains ne sont pas capables de s’opposer seuls aux combattants et ont besoin d’une aide importante.

Nous allons tenir le cap de l’élargissement des contacts entre les services spéciaux et les forces de l’ordre de la Russie et des pays d’Afrique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, la propagation de drogues, le blanchiment d’argent, la migration illégale, la piraterie.

La pratique de formation des cadres militaires nationaux et des agents des forces de l’ordre africaines dans les grandes écoles du Ministère de la défense de la Russie et du Ministère de l’Intérieur de la Russie, y compris à des conditions préférentielles ou gratuitement, est bien recherchée. Par exemple, au cour des cinq dernières années seulement plus de 2 500 militaires des pays d’Afrique ont suivi des cours dans les établissements de formation militaire du Ministère de la défense de Russie.

Nos partenaires africains participent activement aux évènements organisés par la Russie comme le Forum militaire et technique international et les rencontres des hauts représentants en charge des questions de sécurité. Onze pays africains ont participé aux Jeux internationaux de l’armée « ArMI 2019 ». Et le nombre de ceux qui voudraient s’y joindre augmente toujours.

Finalement, tous ces programmes poursuivent le même objectif – aider les Africains à résoudre eux-mêmes les problèmes existants de la sécurité, ce qui permettra de renforcer les États africains eux-mêmes, leur souveraineté et leur indépendance. Ce qui veut dire que la situation dans le monde entier deviendra plus stable et prévisible.

Fin

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Manifestations contre un 3ème mandat en Guinée : la lettre du FNDC à la mairie de Kindia

21 octobre 2019 à 13 01 17 101710

Comme indiqué dans nos dépêches du samedi dernier, les responsables de la société civile et des partis politiques, réunis au sein du Front national pour la défense de la Constitution, annoncent des manifestations de rue le jeudi prochain, 24 octobre 2019.

Comme celles des trois premiers jours, les lundi, mardi et mercredi, les manifestations de ce jeudi, précédées de la marche des femmes du FNDC à Conakry (entre le rond point Hamdallaye et l’Esplanade du stade du 28 septembre) visent à contraindre le président Alpha Condé à respecter la constitution guinéenne (sur laquelle il a prêté serment deux fois, en 2010 et 2015) et qu’il veut changer dans l’unique but de continuer à diriger la République de Guinée.

Déjà, à Kindia, les opposants à une nouvelle constitution, synonyme d’un troisième mandat, ont écrit à la mairie pour l’informer de la tenue de cette importante manifestation le jeudi prochain.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la lettre de l’antenne FNDC à la mairie de la commune urbaine de Kindia :

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Tueries de manifestants en Guinée : voici ce que dit la Coalition pour la Cour Pénale Internationale

21 octobre 2019 à 12 12 21 102110
Maître Elhadj Hamidou Barry, avocat à la Cour et président de la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale

« La priorité pour les guinéens, ce n’est pas une nouvelle constitution, encore moins un troisième mandat pour l’actuel Président de la République. Les priorités pour les guinéens, c’est comment avoir des routes, comment assurer la sécurité des populations et de leurs biens, comment faire en sorte que les élèves et étudiants poursuivent paisiblement leurs études, comment examiner tous les cas de violations des droits de l’homme commises en Guinée depuis 1958, comment achever les élections locales organisées depuis février 2018, comment préparer les élections législatives et présidentielle qui s’approchent… ».

La Coalition Guinéenne Pour la Cour Pénale Internationale (CGCPI) suit de près la situation socio-politique qui prévaut en Guinée et exprime ses vives préoccupations suites aux violations des droits de l’Homme enregistrées pendant les journées de manifestations organisées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), le lundi 14 Octobre 2019 et les jours qui ont suivi, sur l’ensemble du territoire national.

Pour rappel, le lundi 7 Octobre 2019, le Front National Pour la Défense de la Constitution, composé d’organisations de la société civile, de partis politiques, d’activistes et de citoyens engagés, a lancé un appel à manifestations pour protester, conformément à l’article 10 de la Constitution du 07 mai 2010, contre le projet de nouvelle constitution initié et soutenu par le Président de la République, son Gouvernement et le Parti au pouvoir.

En effet cet article dispose : « Tous les citoyens ont le droit de manifestation et de cortège. Le droit de pétition est reconnu à tout groupe de citoyens. Tous les citoyens ont le droit de former des associations et des sociétés pour exercer collectivement leurs droits et leurs activités politiques, économiques, sociales ou culturelles. Tous les citoyens ont le droit de s’établir et de circuler sur le territoire de la République, d’y entrer et d’en sortir librement ».

Comme à l’accoutumé, le Gouvernement guinéen a, aux moyens de discours teintés de menaces et d’intimidations, opté pour la répression et l’entrave au droit de manifestation. Résultats, une dizaine de morts, des blessés graves, des arrestations et détentions arbitraires, de destructions de biens publics et privés, des exactions et agressions dans les domiciles des paisibles citoyens.

Il est important de rappeler que la Constitution du 23 décembre 1990 avait fixé l’âge maximum à soixante-dix (70) ans pour être candidat à l’élection présidentielle. Cette disposition a été supprimée à cause de certains candidats qui étaient frappés par la limite d’âge. Pour toutes ces raisons, le peuple doit refuser à ce que les constitutions soient taillées sur mesure afin de servir des intérêts d’une personne ou d’une minorité de guinéens.

La Coalition Guinéenne Pour la Cour Pénale Internationale affirme solennellement que la priorité pour les guinéens, ce n’est pas une nouvelle constitution, encore moins un troisième mandat pour l’actuel Président de la République.

Les priorités pour les guinéens, c’est comment avoir des routes, comment assurer la sécurité des populations et de leurs biens, comment faire en sorte que les élèves et étudiants poursuivent paisiblement leurs études, comment examiner tous les cas de violations des droits de l’homme commises en Guinée depuis 1958, comment achever les élections locales organisées depuis février 2018, comment préparer les élections législatives et présidentielle qui s’approchent à grand pas, enfin comment éradiquer le GRAND SYSTEME de corruption, de détournements des deniers publics, de pillage de nos ressources financières et naturelles, d’injustice, d’insécurité, d’inégalités sociales, de pauvreté et autres.

En tant qu’Organisation de défense des droits de l’Homme, la CGCPI rappelle son attachement au respect des fondements de l’Etat de droit, au respect des libertés individuelles et collectives, aux valeurs et principes de la démocratie et que le FNDC agit sur la base des articles 10 et 22 de la Constitution du 07 mai 2010 qui disposent respectivement que : « Tous les citoyens ont le droit de manifestation et de cortège. Le droit de pétition est reconnu à tout groupe de citoyens. Tous les citoyens ont le droit de former des associations et des sociétés pour exercer collectivement leurs droits et leurs activités politiques, économiques, sociales ou culturelles. Tous les citoyens ont le droit de s’établir et de circuler sur le territoire de la République, d’y entrer et d’en sortir librement » (article 10).

« Chaque citoyen a le devoir de respecter la personne humaine et les opinions des autres. Chaque citoyen doit contribuer, dans la mesure de ses moyens, à l’impôt et doit remplir ses obligations sociales pour le bien commun dans les conditions que la loi détermine. Chaque citoyen a le devoir sacré de défendre la Patrie. Les biens publics sont sacrés et inviolables. Toute personne doit les respecter scrupuleusement et les protéger. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de détournement, de dilapidation ou d’enrichissement illicite est réprimé́ par la loi. (article 22). La Coalition Guinéenne Pour la Cour Pénale Internationale réaffirme son attachement et au respect des instruments juridiques nationaux et internationaux de promotion et de protection des droits de l’Homme, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, la Charte Africaine de la Démocratie, les élections et la bonne gouvernance, le principe de base des Nations-Unies sur le Maintien d’Ordre…

La CGCPI réitère son adhésion à toutes les dynamiques nationales et internationales qui visent à s’opposer contre le tripatouillage de la Constitution du 7 Mai 2010.

Notre Coalition invite le Gouvernement guinéen à respecter les libertés publiques et individuelles contenues dans la Constitution, notamment la liberté de manifestation, de réunion et d’association.

La CGCPI rappelle également au peuple de Guinée qu’il a le droit le plus absolu de résister contre l’oppression en se fondant sur l’article 21 de la Constitution qui prévoit que : «Le Peuple de Guinée détermine librement et souverainement ses Institutions et l’organisation économique et sociale de la Nation. Il a un droit imprescriptible sur ses richesses. Celles-ci doivent profiter de manière équitable à tous les Guinéens. Il a droit à la préservation de son patrimoine, de sa culture et de son environnement. Il a le droit de résister à l’oppression ».

Il est important de relever que toutes les crises graves que la Guinée a connues ont pour origine l’accession et ou au maintien au pouvoir politique. A titre purement illustratif, on peut citer les événements de janvier et février 2007 et les douloureux massacres du 28 septembre 2009.
Notre organisation estime que la solution de sortie de crise réside dans le respect strict de la Constitution du 07 mai 2010, notamment en ses articles 27 et 154

« Le Président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non » (article 27 ), « La forme républicaine de l’Etat, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’Etat, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision» (article 154 ).

Eu égard aux différentes violations des droits de l’homme commises à Conakry et à l’intérieur du pays, la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale :

  • Condamne avec la dernière énergie l’usage excessif de la force pendant les opérations de maintien d’ordre.
  • Exige que des enquêtes soient diligentées contre les auteurs des crimes perpétrées contre les citoyens guinéens.
  • Invite le Président de la République à renoncer à son projet de changement de l’actuelle Constitution sur laquelle repose les fondements de son pouvoir.
  • Exprime sa solidarité et compassion aux familles endeuillées et blessées.
  • Réclame la libération immédiate et sans condition des membres du Front National pour la Défense de la Constitution et de toutes les personnes arrêtés suite aux manifestations en cours dans le pays.

Conakry, le 21 octobre 2019
Pour le Bureau Exécutif National
Le Président
Maître Elhadj Hamidou Barry

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Lamarana Bah tué par balle à Sonfonia : sa famille veut porter plainte

21 octobre 2019 à 11 11 43 104310
Tely Oury Baïlo Bah, père du défunt Mamadou Lamarana Bah

Mamadou Lamarana Bah, 17 ans, élève en classe de 9ème année, est l’une des victimes des manifestations contre un troisième mandat d’Alpha Condé enregistrées ces derniers jours à Conakry. Selon les parents du défunt, rencontrés par un reporter de Guineematin.com, il a reçu une balle des forces de l’ordre le lundi dernier, 14 octobre 2019, au quartier Sonfonia, alors qu’il partait acheter du pain pour le petit-déjeuner.

Son père, Monsieur Tély Oury Baïlo, n’en revient toujours pas. « C’est aux environs de 10 heures que sa maman lui a donné l’argent pour qu’il aille acheter du pain pour le petit-déjeuner. En cours de route, il a croisé un pick-up des forces de l’ordre qui ont ouvert le feu sur lui. Il en est décédé sur place. J’ai seulement vu un groupe de gens transportant un enfant vers mon domicile, je leur ai demandé qui c’était, ils ont répondu que c’est Lamarana, qu’il a reçu une balle à la poitrine. J’ai dit oh, il est mort. Mais, les secouristes m’ont dit qu’il n’est pas mort. Je dis non, mon fils est mort. C’est ainsi qu’il a transporté dans une clinique à côté de chez nous. Les médecins ont dit que c’est un dépôt de corps qui a été fait. Quelques temps après, la Croix-Rouge est venue chercher son corps », a expliqué le père du défunt.

Madame Adama Diariou Bah, la mère du jeune homme, est toujours en larmes. Elle ne pouvait pas imaginer un tel scénario. « Il m’aidait comme d’habitude dans les travaux ménagers, on faisait le linge ensemble. Vers 10 heures, je lui ai donné de l’argent pour aller acheter du pain avec du haricot pour prendre le petit-déjeuner. Quelques minutes après son départ, j’ai entendu des cris. J’ai demandé qu’est-ce qui se passe, on me dit que mon fils a reçu une balle à la poitrine. Son décès m’a vraiment surpris. Je ne savais pas que quelqu’un qui part acheter à manger pouvait être tué ainsi. Mon cœur saigne », a-t-elle laissé entendre.

Adama Diariou Bah, mère du défunt

Affligés par la mort de leur fils, les parents de Mamadou Lamarana Bah annoncent qu’ils vont porter plainte. « Nous allons porter plainte. Je ne peux pas comprendre que des gens qui sont censés assurer notre sécurité veuillent agir de la sorte. Ils sont payés par nous, et au lieu qu’ils assurent notre sécurité, c’est de venir nous tuer comme des gibiers. Je souhaite que justice soit rendue pour la mort de mon fils. Le petit, je ne retiens que de bon de lui, il m’a toujours obéi. Je réclame justice », a lancé Tély Oury Baïlo Bah.

Feu Mamadou Lamarana Bah

A noter que la victime est originaire de la sous-préfecture de Santou, dans préfecture de Télimélé. En plus de Mamadou Lamarana Bah, 9 autres jeunes dont un gendarme ont perdu la vie dans les manifestations des trois derniers jours contre le projet de changement de la Constitution visant à octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé. Environ 70 autres blessés ont été recensés par l’équipe d’assistance médicale du FNDC et de nombreux autres sont en détention.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Tueries des manifestants en Guinée : le doyen Nafiou Diallo interpelle Alpha Condé et le FNDC

21 octobre 2019 à 11 11 28 102810

La crise qui mine la Guinée suite à la volonté du camp présidentiel d’octroyer un 3ème mandat à Alpha Condé a fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. Cette situation inquiète de nombreux compatriotes à l’image du Doyen Nafiou Diallo, journaliste et directeur du journal Focus Magazine. Il exhorte la classe politique dans sa globalité à revenir autour de la table pour que la Guinée puisse sortir de l’impasse. Il l’a dit dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier, dimanche 20 octobre 2019.

Beaucoup de familles ont été endeuillées la semaine écoulée à l’occasion des manifestations appelées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Cette situation révolte les consciences. Le doyen Nafiou Diallo est très inquiet face aux dérives enregistrées ces derniers jours à Conakry et à l’intérieur du pays.

Doyen Nafiou Diallo, journaliste et directeur du journal Focus Magazine

Selon monsieur Diallo, les Guinéens ne méritent pas ce qui leur arrive en ce moment. « Je suis vraiment navré de voir mon pays dans de cet état. Avant le déclenchement de cette grève, je m’étais attendu à la réaction des bonnes volontés, soit des religieux ou à la société civile ou les institutions nationales ou internationales, s’interposer pour faire une médiation entre les deux parties : le camp qui dit OUI et le camp qui dit NON à la nouvelle constitution. Mais voilà que nous sommes arrivés à des tueries, nous sommes arrivés à une pagaille infernale. Je suis vraiment navré. (…) Ma Guinée m’est chère, je ne suis pas d’accord qu’il y ait cela. On doit arrêter tout ce qui est guerre d’égo pour s’entendre. On doit pouvoir s’asseoir autour d’une table, ronde ou ovale, pour parler. Au lieu de s’entretuer, au lieu de gâter les biens des gens, je demande aux deux parties, c’est-à-dire le FNDC et la mouvance, d’accepter de mettre la balle à terre et d’aller au tour de la table », a-t-il laissé entendre.

Poursuivant, ce doyen de la presse invite le chef de l’Etat à se prononcer clairement sur ce contesté projet de 3ème mandat. Selon lui, toutes les bonnes volontés doivent s’impliquer aujourd’hui pour sortir la Guinée de cette impasse. « L’opposition, regroupée au sein du FNDC, n’a pas refusé d’aller au dialogue, elle a juste posé des conditions et ce sont des conditions qui ne sont pas de la mer à boire. Elle demande au président de la République de renoncer à son projet de nouvelle constitution. Je demande au président de la République d’accepter la requête de ses enfants. Parce que quand un fils demande à son papa qu’il souhaite qu’on fasse comme ça, le papa doit pouvoir accepter. La langue de sourd n’est pas normale entre les deux parties. J’interpelle toutes les personnes de bonne volonté à s’impliquer pour demander à ce que le président de la République accepte de recevoir les membres du FNDC. Je demande à ce que chacun mette la balle à terre. Que l’opposition accepte de venir vers le monsieur le président de la République pour lui dire, monsieur le président nous souhaitons que vous soyez le premier président qui a accepté l’alternance », conseille Nafiou Diallo.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Report attendu des législatives : l’UFR tacle le président de la CENI

21 octobre 2019 à 11 11 04 100410
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'UFR
Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Prévues pour le 28 décembre 2019, les élections législatives ne se tiendront pas en Guinée à cette date, comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches. La non-prise du décret présidentiel convoquant le corps électoral à 70 jours de cette date, conformément à la loi électoral, a ouvert la voie à tous les commentaires.

L’opposition soutient qu’elle le savait, cette date était intenable. Tel est l’avis exprimé ce lundi, 21 octobre 2019, par Saïkou Yaya Barry de l’Union des Forces Républicaines qui dénonce la subordination dont fait preuve le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) vis-à-vis du président Alpha Condé.

« J’avais déjà dit que cette date n’était pas tenable, que ça ne se ferait pas. Pour organiser une élection, il y a des procédures à respecter. Et je ne sais pas quelle idée farfelue que le président de la CENI a eu pour se conformer à la volonté tout court d’Alpha Condé sans même lui dire qu’il y a des trucs que je ne peux pas faire », entame Saïkou Yaya Barry.

Selon le secrétaire exécutif de l’UFR, la date du 28 décembre n’était pas tenable pour diverses raisons. « On avait un problème d’appareillage qui était posé, un problème de formation des agents de saisi, il y a un problème de sous-traitance, tout cela se posait. Les délais légaux pour le recensement n’ont pas été suivis. Il a voulu avoir un truc bâclé de la façon soviétique pour nous faire consommer cela en République de Guinée et ce n’est pas possible ».

Par ailleurs, Le député de l’UFR accuse le président Alpha Condé d’être à la baguette dans le seul but de créer un glissement en 2020 pour se maintenir illégalement au pouvoir. « Le seul but d’Alpha Condé aujourd’hui, ce n’est pas les élections, c’est comment s’éterniser au pouvoir. Si son 3ème mandat ne passe pas, son objectif c’est le glissement du calendrier électoral. Les gens s’interrogent pour quelles raisons il n’y a pas d’élections aujourd’hui. Il n’y en pas eu parce qu’Alpha n’a jamais voulu libérer les fonds pour organiser une bonne élection. On dépense des milliards pour mobiliser les gens pour un 3ème mandat, et on refuse de faire en sorte qu’une élection normale se tienne dans le pays pour que la Guinée soit un pays fréquentable. C’est vraiment déplorable », regrette-t-il.

Parlant du président de la CENI, Saikou Yaya n’a pas mâché ses mots. « On se rend compte que Salifou Kébé est un valet d’Alpha Condé parce que tout simplement, il ne fait que celui-ci veut. Si non, certains commissaires avaient dit très clairement que ce n’était pas possible. Et lui, il fait une déclaration, un effet d’annonce. Il a juste annoncé cette date pour se conformer à la volonté d’Alpha. J’ai fait une mission au Ghana avec Maitre Salifou Kébé, on ne peut dire qu’il n’a pas une expérience avérée. Mais, il y a un problème de caractère chez les guinéens. Ils ont beau avoir une formation, acquérir des connaissances, mais nous avons des problèmes de caractère. Je crois que c’est le caractère qui lui manque », a-t-il lancé.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Vers un report des législatives : « ça ne nous surprend pas », dit Fodé Oussou

21 octobre 2019 à 10 10 34 103410
Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, les élections législatives ne pourront pas se tenir le 28 décembre 2019, date proposée par le président de la CENI. Cette date, on le sait, était contestée par l’opposition et ses représentants au sein de l’institution électorale, qui la jugeaient irréaliste. Les opposants semblent avoir eu raison puisque le président de la République n’a pas convoqué le corps électoral à la date indiquée par la loi (70 jours avant la date du scrutin).

Ce qui laisse présager un report de la date des législatives. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com sur cette situation, Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, a dit ne pas être surpris par la non-convocation du corps électoral.

« Le fait que le président de la République n’ait pas convoqué le corps électoral, ça ne nous surprend pas du tout. On savait qu’ils étaient en train d’amuser la galerie. Je pense qu’il fallait être inintelligent pour imaginer qu’on pouvait organiser des élections le 28 décembre 2019. Me Salif Kébé (le président de la CENI, ndlr) a choisi cette date juste pour être dans le délai voulu par le président de la République, qui a dit qu’il veut que les élections soient organisées avant la fin de l’année.

Il l’a fait sans étudier la situation, sans consulter ses collègues, on dirait qu’il n’a jamais organisé une élection. Mais il a juste voulu faire plaisir à Alpha Condé parce qu’il était lui-même convaincu qu’il n’y avait aucun moyen d’organiser ces élections à cette date. Maintenant je pense qu’il va revenir sur terre et se rappeler qu’on n’organise pas des élections comme ça », estime l’opposant.

Pour le vice-président du principal parti d’opposition du pays, « l’intention du pouvoir c’était de bâcler les élections, donner les 2/3 des sièges à l’Assemblée nationale au RPG Arc-en-ciel pour que s’ils ne parviennent pas à organiser le référendum pour changer la Constitution, qu’ils puissent passer par l’Assemblée nationale pour adopter la nouvelle Constitution. Mais, ajoute-t-il, le président de la République et le président de la CENI se sont rendu à l’évidence que la date du 28 décembre n’était pas du tout tenable.

« Vous savez, il y a un minimum aussi pour pouvoir tricher. Ils ont lancé l’opération de révision du fichier électoral, mais l’opération n’a pas eu lieu. A moins que Kébé ait recensé les chèvres, les moutons et les poules, il n’y a pas eu de révision. Maintenant, est-ce qu’on peut organiser des élections avec un tel fichier ? Le fichier électoral c’est la base d’une élection. Et tout le monde sait que le fichier que nous avons actuellement est un fichier complètement corrompu. De toutes les façons, on avait prévenu qu’on n’irait pas à une élection avec ce fichier et qu’il n’y aura pas aussi d’élection sans nous », a dit Dr Fodé Oussou Fofana.

Selon nos informations, les machines qui devaient servir à faire la révision du fichier électoral ne sont pas encore arrivées sur le terrain. Ce qui a empêché le déroulement des travaux. Le président de la CENI anime une conférence de presse ce lundi, 21 octobre 2019, à 11 heures. Il devrait s’expliquer sur cette situation et peut-être annoncer officiellement le report de la date des élections législatives.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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Katala 224 : Cellcom Guinée à la célébration des talents qui ont fait bouger le pays

21 octobre 2019 à 10 10 24 102410
Mme Haba Elise Koïvogui, Directrice Générale de More and More

Engagé à accompagner le développement socio-économique de la Guinée, avec un appui essentiel dans la promotion du secteur culturel, la société de téléphonie mobile, Cellcom-Guinée, a sponsorisé la campagne de KATALA 224 ou plus simplement, la détection des 24 talents guinéens qui ont fait bouger le pays en 2019. Cette campagne qui a duré plusieurs mois a connu son épilogue avant-hier, samedi 19 octobre 2019, à travers une cérémonie organisée dans un réceptif hôtelier de la place a constaté Guineematin.com, qui a pris part à l’évènement.

Des 24 nominés, finalement, huit lauréats ont été couronnés et la liste rendue publique au terme d’une sélection soigneusement exécutée par un jury désigné pour l’occasion. Ces huit personnalités qui se sont distinguées parmi les 24 NOMINES sont issues de huit secteurs socioprofessionnels différents.

Il s’agit de Malick Sankhon, directeur général de la caisse nationale de la sécurité sociale, pour le compte du secteur public ; Mohamed Kléït, directeur administratif et financier de la société de négoce international SONIT, pour la catégorie management ; madame Hawa Saïdou, restauratrice de renommée au marché de Boulbinet de Kaloum, pour le compte du secteur informel ; N’Faly Mara, fondateur des écoles privées Titi Camara et Roi Mohamed VI, pour la catégorie investissement ; Fatou Diarra, patronne de Pay Card, pour le compte du secteur privé ; Mountaga Keïta, directeur général de Tulip industrie, pour la catégorie innovation ; Aya Diawara, animatrice culturelle à la RTG, pour le compte du secteur culturel ; Foromo Guilavogui, directeur général de Plan International Guinée, pour la catégorie entreprise.

Les huit personnes qui ont raflé les prix bénéficieront d’un certain nombre d’avantages. Il s’agit du réseautage, des facilités de crédits auprès de certaines banques pour ceux qui le désirent et la reconnaissance nationale. Présent à la rencontre, Mamadou Baïlo Danso, responsable médias et relations publiques à Cellcom-Guinee, au nom de sa hiérarchie, a exprimé toute la satisfaction de la société d’accompagner une telle initiative.

Mamadou Baïlo Danso, responsable médias et relations publiques à Cellcom-Guinée

« Nous avons décidé d’accompagner cet événement qui cadre avec nos objectifs pour participer au développement de la Guinée à travers un concept qui nous est cher. Il s’agit du concept « Le Guinéen est fier ». Dans ce cadre, Cellcom-Guinee met en avant tout ce qui est valeur en Guinée, notamment la culture, la musique et aussi les talents guinéens. Actuellement, il y a beaucoup de jeunes qui se livrent à l’aventure en disant qu’il n’y a plus d’espoir dans ce pays. Mais aujourd’hui, une structure comme KATALA 224 à travers More and More, essaie de faire la lumière et apporter la visibilité sur des jeunes talents de toutes les catégories (hommes/femmes) qui ont réussi en Guinée et dans divers domaines de la vie », a expliqué M. Danso.

Selon lui, « Cellcom-Guinée est une société de téléphonie qui s’investit dans le cadre de la mise en valeur de tout ce qui est talent en Guinée, notamment les jeunes. Nous associons nos images soit en communication, soit en argent pour permettre aux organisateurs de réussir à participer et à faire participer activement les Guinéens au développement de la Guinée à travers ces activités très salutaires qu’ils mènent sur le terrain. Nous saluons madame Elise et toute sa structure KATALA 224 et nous réitérons la volonté de Cellcom-Guinée à faire toujours mieux pour le bien de la Guinée ».

De son côté, la directrice générale de la structure de communication More and More et présidente du comité d’organisation de KATALA 224, madame Haba Elise Koïvogui, se félicite de la réussite de cette 3ème édition. « Cette 3ème édition, est une réussite pour nous. On avait des craintes par rapport à la situation sociopolitique du pays, mais l’envie de réussite qui anime le Guinéen a fini par prendre le dessus. Pour nous, l’objectif est atteint. Depuis 4 mois, les Guinéens nous suivent à travers les médias et les réseaux sociaux sur le parcours de ces prototypes de réussite. Les invités sont là et la salle est pleine à craquer », s’est-elle réjouie.

A la différence des précédentes éditions, cette année, KATALA 224 a innové. « Nous sommes sortis de Conakry pour aller dans les régions de Labé et de Kankan. Mieux, nous sommes passés de sept secteurs à huit. Et l’année prochaine, nous comptons atteindre les Guinéens dans tout le pays. Nous irons jusqu’à N’Zérékoré, Yomou, pour dénicher les Guinéens qui font bouger le pays. Nous savons qu’il y en a et nous sommes engagés à faire le travail », a promis Elise Koïvogui.

Nominé dans le secteur informel, Mounir Nasser, PDG de IP SARL SECURITE, un jeune diplômé en management des affaires à Groningen au Pays Bas, a dédié son satisfecit à la culture africaine. « Pour arriver là où je suis, c’est la solidarité de toute une ville, Kissidoudou, de tout un quartier, Gbangban qui m’a permis d’être ici ».

Mounir Nasser demande aux jeunes de ne pas hésiter en s’engageant dans l’entreprenariat. « Je dois dire aux jeunes de ne pas hésiter, de ne pas se laisser absorber par les défis. Il faut toujours chercher et pouvoir les surmonter. Il ne faut surtout pas croire que parce qu’on n’a pas étudié on ne peut pas y arriver ou parce qu’on n’a pas un soutien, c’est impossible d’y arriver. Non. La Guinée est un pays béni et les Guinéens sont bénis. Je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas réussir leur rêve », a-t-il dit.

Pour Oumar Saïd Koulibaly, le directeur général du Guilab, être nominé est une grande fierté pour tout guinéen si cela peut inspirer d’autres compatriotes. Il en a profité pour lancer un message surtout à la classe dirigeante. « Notre responsabilité est d’apporter un environnement propice au développement et favorable aux investissements dans notre pays. C’est un message qui s’adresse à l’ensemble des cadres et des hauts commis de l’Etat. Fort heureusement, l’institution que je dirige est la seule institution parapublique à être certifiée… J’aimerais que tout le monde s’inscrive dans cette logique. Un pays où les richesses vont bénéficier à l’ensemble des couches sociales et à tous les Guinéens. En tant que commis de l’Etat, nous avons une lourde responsabilité vis-à-vis du Chef de l’Etat qui nous a porté confiance et des populations guinéennes au nom desquelles et pour lesquelles nous exerçons ce travail », a estimé cet expert en communication, visiblement comblé.

Le prochain rendez-vous est donné pour l’année prochaine.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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Niger : inculpation de jeunes qui appelaient à un 3ème mandat pour le président

21 octobre 2019 à 10 10 01 100110
Mahamadou Issoufou, lors d’une conférence de presse à Niamey à l’occasion de la visite du président Macron, le 23 décembre 2018

Pendant qu’on arrête, emprisonne et réprime les manifestants contre un troisième mandat du président Alpha Condé en République de Guinée et on encourage les manifestations de soutien à ce projet, voici comment le Niger, autre pays d’Afrique de l’Ouest, a définitivement réglé la question par la bonne volonté du chef de l’Etat, Mahamadou Issoufou.

Voici un article de RFI du 31 mai 2018

Lu pour vous : Pour avoir appelé le président Mahamadou Issoufou à briguer un troisième mandat à la tête du Niger, deux acteurs de la société civile de Zinder dans l’est du pays ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt. Ils seront jugés demain jeudi par le tribunal de grande instance de Zinder.

C’est en flagrant délit que les deux acteurs de la société civile de Zinder seront jugés ce matin dans leur ville natale. En appelant leur président Issoufou Mahamadou à briguer un troisième mandat en 2021, Salissou Ibrahim et Issoufou Brah n’ont pas mesuré la gravité de leurs propos qui ont vite fait le tour des réseaux sociaux.

A la question de savoir pourquoi avoir tenu ces propos, le président de l’Union des jeunes nigériens pour le développement a répondu aux enquêteurs : « Nous sommes des jeunes citoyens qui ont apprécié pendant huit ans les actions de développement du président Issoufou Mahamadou ».

Après quatre jours de garde à vue, ils sont inculpés, selon le procureur du tribunal de grande instance de Zinder, pour avoir fait des propositions non agréées de former un complot pour détruire ou changer le régime constitutionnel.

Cette déclaration d’appel à un troisième mandat a été diversement appréciée au Niger. Mais pour Mohamed Bazoum, le président du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) : « Un troisième mandat au Niger signifie un coup d’Etat. Nous sommes un parti qui a comme ambition de stabiliser le pays pour progresser ».

Lors d’un de ces messages à la nation et devant le président français, Emmanuel Macron, à Niamey, le président Issoufou Mahamadou l’a dit et répété : en 2021, il organisera des élections libres et transparentes, et passera le témoin.

Lire sur RFI

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Conakry : immersion dans l’univers difficile des cireurs de chaussures

21 octobre 2019 à 9 09 52 105210

De nombreux jeunes gens sont visibles dans les rues de Conakry, exerçant le métier de cireur. Ambulants ou pas, ces jeunes sont exposés aux intempéries et se battent avec les moyens du bord pour tirer leur épingle du jeu dans une conjoncture pour le moins compliquée.

Dans l’exercice de ce métier, les difficultés ne manquent pas, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ils sont nombreux à occuper les abords des grands carrefours ou à arpenter les rues de Conakry, munis d’une caisse et de tout le matériel nécessaire au cirage et à la réparation des chaussures. Ils se battent contre vents et marrées pour tirer leur épingle du jeu. C’est ce qu’on appelle le système D.

Thierno Oumar Sall, rencontré au marché d’ENCO 5, dans la commune de Ratoma, fait partie de ce lot de jeunes qui pratiquent cette activité pour joindre les deux bouts. Interrogé par notre reporter, ce cireur et vendeur d’outils de cirage est revenu sur ses difficultés quotidiennes. « Dans notre métier, on rencontre des difficultés avec les clients. Certains viennent nous dire qu’ils veulent réparer des chaussures, ils déposent sans revenir chercher les chaussures et la place ne nous appartient pas. On vend le cirage et on fait le cirage parce que c’est deux choses inséparables ça. On ne fait pas ce métier parce qu’il y a beaucoup d’argent. Parfois, on est obligé d’arranger les chaussures de nos clients sans qu’ils donnent quelque chose ».

Parlant des relations avec les clients, Thierno Oumar Sall explique que des malentendus se produisent quelques fois. « La perte des chaussures de nos clients nous cause des problèmes, parce qu’il y a des chaussures qui vont faire avec nous deux (2) à trois (3) mois. Puis, ils viennent réclamer ça à un temps inattendu. Donc, ça devient difficile de retrouver ça, parce qu’on n’a pas des places pour stocker les chaussures. Nous sommes conscients qu’on va payer et certains profitent de l’occasion pour nous demander une somme d’argent qui ne vaut même pas la paire de chaussures perdu. Les enfants qui sont sous le chaud soleil pour exercer le métier pour arriver à leurs fins, j’ai beaucoup de compassion pour eux. Ils rencontrent certaines personnes qui les font travailler avec indication où toucher et où frotter, sans même les payer le prix que les enfants demandent. Donc tout ça, ça fait partie de notre métier ».

Pour sa part, Alpha Oumar Diallo, rencontré à Lambanyi, dans la commune de Ratoma, parle de manque d’emploi pour se livrer à cette activité. « Je suis cireur depuis longtemps. J’exerce ce métier pour gagner ma vie et subvenir à mes besoins sans demander l’aide de quelqu’un. D’ailleurs, je n’ai personne pour m’aider parce que je n’ai pas eu la chance de faire les études. C’est un problème dû au manque de moyens. Donc, je travaille toute la journée sous le soleil et je partage ça pour payer mes matériels de travail et mon manger. Je peux gagner jusqu’à 30.000 milles par jour », a-t-il fait savoir.

Abdoul Karim Barry, qui pratique le tronçon Nongo-Lambanyi, explique avoir abandonné les études pour se livrer à cette activité. « Je fais ce métier parce que je n’ai pas pu continuer mes études. Après chaque journée de travail, j’enlève le prix du cirage pour espérer que lendemain matin encore je vais travailler pour satisfaire mes besoins. C’est un métier qui n’est pas du tout facile, mais on n’a pas le choix que de le faire », a laissé entendre le jeune homme.

Amadou Mouctar Baldé pour Guineematin.com

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Conakry : pourquoi de nombreux jeunes deviennent-ils des rabatteurs ?

21 octobre 2019 à 9 09 42 104210

Rabattre des passagers pour les taximen, c’est l’activité qu’exercent aujourd’hui de nombreux jeunes à Conakry. Ils le font dans les grands ronds-points de la capitale dans l’objectif d’avoir 500 ou 1000 francs pour chaque voiture remplie. Une activité difficile, mais qui ne cesse d’attirer des jeunes. Pourquoi ont-ils choisi d’être rabatteurs ? Parviennent-ils à vivre de ce travail ?

Un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de certains jeunes qui pratiquent cette activité.

Leur âge varie entre 10 et 30 ans. Ils passent leurs journées dans les grands ronds-points de la ville. Leur travail consiste à rabattre des clients pour les chauffeurs de taxis. Pour chaque voiture remplie, le rabatteur perçoit 500 ou 1000 francs, selon l’humeur du chauffeur.

Mamadou Alpha BAH

Mamadou Alpha Bah fait cette activité au rond-point de Bambeto. « Je fais cette activité pour avoir quelque chose, c’est-à-dire me nourrir et acheter des habits. Moi, je n’ai pas été à l’école. C’est mon métier ça. Je me débrouille là jusqu’à ce que trouve un bon travail », explique le jeune homme. Pour chaque journée travaillée, Mamadou Alpha Bah indique qu’il peut gagner entre 40 000 et 50 000 francs. Un montant loin d’être colossal, mais qui lui permet au moins de vivre.

Aboubacar Bangoura

« On est nombreux ici mais chacun de nous vient chercher son quotidien. Certains d’entre nous n’ont pas de parents ici, et d’autres ont des parents ici mais ils sont pauvres. C’est la pauvreté et le manque de travail dans le pays qui font tout ça », explique de son côté Aboubacar Bangoura, le chef de ligne des rabatteurs de Kipé.

Même s’ils gagnent un peu d’argent chaque jour, la vie des rabatteurs est loin d’être facile. D’abord, ils font une activité assez dure : s’arrêter toute la journée durant dans un carrefour, disputer des clients avec ses concurrents, s’exposer au soleil et à la pluie, il faut vraiment être solide pour le faire. En plus, leurs maigres revenus journaliers ne leur permettent pas de bien se nourrir et de faire face à tous leurs besoins. Ce qui fait que certains d’entre eux (qui n’ont pas familles à Conakry) passent la nuit d’ailleurs à la belle étoile.

Alpha Issiaga Bah

Et puis, les rabatteurs de passagers ont aujourd’hui une mauvaise réputation. Ils sont accusés, à tort parfois et souvent à raison, d’être des voleurs. « Nous avons des difficultés ici parce que notre image est sali à cause de certains d’entre nous. Si les gens disent que nous sommes des voleurs, ils ont raison. Mais, ce qu’il faut savoir, c’est que ce n’est pas tout le monde parmi nous qui vole. Il y en a qui sont là pour chercher légalement leur vie », se défend Alpha Issiaga Bah, rabatteur au rond-point de Bambeto.

Mamadou Gandho

C’est aussi la position de Mamadou Gandho, rabatteur à Hamdalaye. « Il y a certains clients qui nous traitent de voleurs et de bandits. Oui, ils ont raison d’une part parce qu’il y a certains parmi nous qui volent. Mais, moi je ne suis pas voleur, j’ai quitté le village pour venir faire ce métier. J’ai arrêté les cours en 6ème année parce que mes parents n’avaient pas les moyens », a-t-il laissé entendre.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Péchés : voici ce que Dieu réserve à celui qui fait du tort à son semblable, selon l’imam de Tata (Labé)

21 octobre 2019 à 9 09 15 101510
Elhadj Mamadou Oury Seguin Diallo, imam de Tata I (Labé)

Selon, Elhadj Mamadou Oury Seguin Diallo, imam de Tata I, quartier relevant de la commune urbaine de Labé, « le Coran a insisté sur la gravité de faire du tort à son prochain. Le pécheur recevra toujours la récompense dûe à son péché : destruction de leurs concessions qui tomberont en ruine, malédiction à leurs descendances et la pauvreté sera leur finalité. Ce sont là des signes que Dieu envoie aux gens doués de sens », rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée, à travers la vidéo ci-dessous.

Dans la première partie de ce sermon, Elhadj Mamadou Oury Diallo, imam de Tata I, dans la commune urbaine de Labé, a indiqué que le Tout Puissant Allah recommande au Prophète (PSL) d’attirer l’attention des fidèles sur le danger que constitue « faire du tort à son prochain » et que le jour du jugement dernier chacun rendra compte. Celui qui fait du tort à quelqu’un se retrouvera dans les ténèbres le jour du jugement dernier.

Les gens doivent savoir que celui qui confisque ou fait retirer sans raisons l’argent d’autrui est du nombre de ceux qui font du tort. Ils commettent un péché. Sont aussi du nombre des pécheurs les calomniateurs, ceux qui s’accaparent des parcelles de terre ou qui en dépassent les limites, ceux qui nient la vérité aux préjudices d’autrui.

Commettent également de graves péchés, ceux qui refusent de payer le salaire de quelqu’un qui lui a rendu un service conformément à leur convention de départ, le magistrat qui ne rend pas correctement justice.

En somme, celui qui fait le moindre tort à son prochain est considéré comme un grand pécheur. Citant un hadith, le chef religieux a expliqué que Dieu condamne avec rigueur le péché et le pécheur.

Dans la seconde partie de son sermon, l’imam de Tata I, exhorte de persévérer dans la foi et en la crainte de Dieu. « Le Coran a insisté sur la gravité de faire du tort à son prochain. Le pécheur recevra toujours la récompense dûe à son péché : destruction de leurs concessions qui tomberont en ruine, malédiction à leurs descendances et la pauvreté sera leur finalité. Ce sont là des signes que Dieu envoie aux gens doués de sens. Ô serviteur de Dieu ! Sachez que le pécheur qui ne s’en repent pas n’échappera à la sanction divine. Se serait la plus grande perte pour lui. Le Prophète (PSL) a dit dans un hadith ce qu’est un perdant : celui qui aura, ici-bas, respecté intégralement les 5 piliers de l’islam mais qui, le jour du jugement dernier, sera reconnu coupable d’avoir insulté quelqu’un, d’avoir menti sur quelqu’un, d’avoir tué quelqu’un. Alors le jour du jugement, c’est parmi ces biens faits qu’on prélèvera pour rétablir les injustices commises à ces différentes victimes. Si ses biens faits sont épuisés alors qu’il n’a pas fini de dédommager ses victimes alors les péchés commis par celles-là seront mis à son compte. C’est dans ces conditions qu’il sera jeté dans l’enfer. Voilà comment se fera la justice de Dieu.

Pour conclure, le Prophète (PSL) a dit : celui d’entre vous qui sait qu’il a commis un tort vis-à-vis de ses semblables doit se préparer pour le jugement dernier. Là-bas, les biens matériels (or, argent, ustensiles) n’ont aucune utilité pour dédommager une victime. Ils ne seront questions que des biens faits et des péchés. Rappelez-vous le jour où celui qui a fait du tort et la victime vont se retrouver. Le jour où le regret ne servira à rien. Le jour où celui qui a fait du tort à son semblable va se mordre ses mains, ses doigts face à ses péchés. Persévérez dans la foi et en la crainte de Dieu qui connait ce que vous cachez ».

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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