Honorable Dembo Sylla, vice-président de l’UDG

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce vendredi, 19 février 2021, le vice-président de l’UDG (Union Démocratique de Guinée), honorable Dembo Sylla, a tenté de justifier le brusque changement de cap de Bah Oury (président de l’UDRG) et Dr Faya Millimouno (président BL) pour rejoindre le cabinet de chef de file de l’opposition guinéenne sous la conduite de Mamadou Sylla le président de l’UDG. Et, à en croire ce parlementaire, ces leaders politiques ont été comptées en raison de « leurs compétences scientifiques, techniques et politiques ».

Ce parlementaire a aussi invité les détracteurs de l’actuel chef de file de l’opposition d’aller revoir les dispositions de la loi en la matière et a accepter pleine, à moins d’être d’une mauvaise foi, ce qui y est dit par le législateur.

« C’est vraiment une ignorance qu’il faut mettre entre guillemets. Mais, cette ignorance-là est de mauvaise foi. Il faut le dire et il faut écrire, parce que c’est la loi qui consacre le statut de chef de file. Et, nos compatriotes doivent accepter de respecter la loi… Je demande à ceux qui le disent de relire ce que la loi dit. Prenez le paragraphe de la loi pour savoir qu’est-ce qu’elle dit et qu’est-ce qu’elle ne dit pas. La loi n’a pas dit qu’il faut que le deuxième qui vient ait 10 députés ou plus. La loi dit : celui qui arrive en deuxième position. Même s’il n’a que 2 députés, ça veut dire que derrière, on aura que un, un.  C’est automatique », a indiqué Honorable Dembo Sylla.

Décryptage !

Guineematin.com : nous avons vu Elhadj Mamadou Sylla multiplier les démarches ces derniers temps pour essayer de marquer des points en tant que chef de file de l’opposition guinéenne. Dites-nous quelle sera sa nouvelle stratégie pour gagner son pari ?

Honorable Dembo Sylla : le chef de file, il faut le comprendre et le prendre en compte avec tout son cabinet ; un cabinet dont certainement vous avez pu prendre connaissance de la composition. Vous avez vu que les gens ont été le plus généralement acceptés selon leurs compétences scientifiques, techniques ou politiques. Et, la première phase trimestrielle qui vient de s’achever va être couronnée par un mémorandum qui est très avancée dans la rédaction. Je crois qu’on est même à la phase finale. Hier, un comité de synthèse a été mis en place, composé de l’honorable Elhadj Dembo Sylla, honorable Fodé Mohamed Soumah, le président Faya Millimouno et le président Bah Oury. Donc, la réunion d’hier soir a été consacrée au comité de synthèse du document ; et, nous sommes dessus. Ce rapport, quand il sera validé complètement, on va l’amplifier officiellement au président de la République. Il contiendra tout ce que nous avons recueilli de préoccupations des partis politiques et des syndicats visités. A côté de cela, selon les domaines d’actions, les gens vont suivre la vie politique, sociale et économique. Chacun dans son domaine, avec l’observation sur terrain, va concocter des réflexions ou des suggestions qu’il va remonter à chaque fois au comité de synthèse. Ainsi, on verra ce qui est important comme réclamations, comme plaintes ou comme dysfonctionnements au niveau national et dans tous les domaines. Notre rôle fondamental sera de faire des rapports qui seront adressés au président de la République en priorité et au Premier ministre selon les cas. Ils vont tirer de ça les conséquences qui sont de leurs domaines.

Guineematin.com : vous venez de parler de Bah Oury et de Faya Millimono qui viennent d’être coptés dans le cabinet du chef de file de l’opposition. Mais, qu’est-ce qui a pesé sur la balance pour que subitement ces deux leaders politiques qui avaient boycotté le double scrutin du 22 mars dernier se retrouvent aujourd’hui aux côtés du chef de file de l’opposition qui est pourtant le fruit du scrutin qu’ils ont vomis dessus ?

Honorable Dembo Sylla : Je veux faire savoir aux gens que ce n’est pas parce qu’on a participé ou pas aux élections législatives. Au départ, nous sommes tous des acteurs de la vie politique de la nation. Maintenant, on peut participer aux élections législatives sans avoir même un député comme on peut avoir. On peut ne pas aussi participer. Voilà les trois positions qu’on peut prendre par rapport aux élections législatives. Maintenant, ceux qui auront un député et plus vont rester à l’Assemblée nationale pour constituer l’opposition parlementaire. Et, ceux qui n’ont pas participé ou qui ont participé mais qui n’ont pas eu, ils restent de l’autre côté de la barrière. C’est eux qu’on appelle l’opposition extraparlementaire. Mais, les deux c’est la même chose. Il n’y a pas un cloisonnement étanche, comme je viens de vous le décrire. Certains ont eu la chance d’être là-bas et d’autres sont restés sur le terrain fondamental. Le terrain fondamental, c’est l’addition des deux en termes d’actions et de collaboration. Tous ceux qui comprennent de la même manière la vie politique guinéenne et qui pensent que les solutions qui pourraient être adoptées sont vraiment les solutions qui sont les leurs, c’est tous ceux-ci qui se sont retrouvés au niveau du programme du chef de file. Donc, voilà comment comprendre les choses ; et, je pense qu’à mon humble avis que tous ceux qui sont dans ce cabinet, je suis très fier de chacun d’eux, parce que nous connaissons leurs parcours et je crois qu’on peut s’attendre à de très bonnes choses avec la contribution de chacun d’entre eux. Ils vont sortir des réflexions qui vont être à l’avantage de la consolidation de la paix et du vivre en commun en Guinée.

Guineematin.com : revenons sur ce statut de chef de file de l’opposition. Que répondez-vous aux autres députés issus de l’opposition qui, malgré tout, ne reconnaissent pas ce statut à Elhadj Mamadou Sylla qu’ils accusent d’ailleurs d’être imposé par Amadou Damaro Camara (le président de l’assemblée nationale), sans concertation avec les autres députés ?

Honorable Dembo Sylla : c’est vraiment une ignorance qu’il faut mettre entre guillemets. Mais, cette ignorance-là est de mauvaise foi. Il faut le dire et il faut écrire, parce que c’est la loi qui consacre le statut de chef de file. Et, nos compatriotes doivent accepter de respecter la loi. La loi, c’est ce qui a été prise par l’Assemblée nationale ; et, la loi qui consacre le chef de file n’a pas été votée par cette 9ème législature. Elle a été prise il y a longtemps et cette loi dit que le parti qui arrive en deuxième position après la majorité, que le président de ce parti ou le secrétaire général de ce parti, selon l’organisation, devient le chef de file. Mais, c’est dans la loi. Si donc c’est Yansané ou Zaoro qui est arrivé en deuxième position avec son parti c’est lui le chef de file. Il ne faut pas que les gens regardent de façon subjective, c’est-à-dire la personne humaine. C’est la loi et parce que la loi dispose de l’avenir. Les élections législatives prochaines, si l’UDG n’est pas deuxième, je ne le souhaite pas, parce que je veux même qu’on soit premier, et qu’il y a un autre parti, c’est le président de ce parti qui sera le chef de file automatiquement. Personne ne peut l’en empêcher, parce qu’aussi longtemps que la loi sera en vigueur, il sera là. Maintenant, dans la mise en œuvre de cette loi, c’est l’Assemblée nationale qui peut consacrer la reconnaissance officielle de cette personne-là dans le statut de chef de file de l’opposition. S’opposer à ça, si la personne est analphabète, on peut dire d’accord c’est parce qu’il ne comprend rien. Mais, si la personne est intellectuelle, on dira que c’est une mauvaise foi, parce que quand la loi dispose d’une certaine chose, il ne faut voir parce que tu n’aimes pas la personne physiquement ou  bien tu n’aimes son parti ou son groupe, tu lui dénie ce que la loi lui donne de façon légale. Je souhaite que les guinéens dépassent vraiment leurs considérations subjectives et personnelles pour respecter les lois que nous avons librement votées. Quand l’Assemblée nationale vote quelque chose, même si vous n’êtes pas dans cette Assemblée ou vous ne cautionnez pas cette Assemblée ; mais, la loi s’impose à tous.

Guineematin.com : pourtant, ces députés protestataires disent qu’avec trois députés et le président du groupe, on ne peut prétendre être chef de file de l’opposition. Qu’en dites-vous ?

Honorable Dembo Sylla : je demande à ceux qui le disent de relire ce que la loi dit. Prenez le paragraphe de la loi pour savoir qu’est-ce qu’elle dit et qu’est-ce qu’elle ne dit pas. La loi n’a pas dit qu’il faut que le deuxième qui vient ait 10 députés ou plus. La loi dit : celui qui arrive en deuxième position. Même s’il n’a que 2 députés, ça veut dire que derrière, on aura que un, un.  C’est automatique.

Guineematin.com : l’autre sujet dont on va aborder dans cet entretien, c’est l’incarcération de plusieurs responsables de l’opposition à la maison centrale Conakry. Certains membres du cabinet du chef file de l’opposition parlent déjà de démarches en cours pour obtenir la libération de ces détenus politiques. Mais, concrètement, quelles sont ces démarches qui sont menées sur le terrain pour cette cause ?

Honorable Dembo Sylla : Nous ne démarchons pour obtenir la libération ni des détenus politiques, ni des détenus de droit commun. Ce que nous démarchons et qui est logique à mon humble avis, ce que tous les individus de par la loi, qu’on mette en œuvre de façon diligente l’instruction de leur dossier dans les règles de l’art et que la loi se prononce pour ne pas qu’on leur retienne au-delà de la procédure légale qui est indiquée. Si la personne est reconnue coupable de ce pourquoi on l’a poursuivi, on applique la loi. Mais, si elle n’est pas coupable, il ne faut pas qu’elle reste là au-delà du temps que le Code de procédure pénale indique en termes de détention, surtout d’un prévenu. Donc, c’est ça notre démarche, parce que nulle n’est au-dessus de la loi. Elle s’applique à tout le monde, mais tout le monde doit aussi être protégé par cette loi. Alors, quand on prive un citoyen de sa liberté, la loi  indique dans le Code de procédure pénale le temps qu’il faut. La première démarche que nous avons employée de manière diverse, c’est que l’instruction se fasse vite et que les gens comparaissent et qu’ils se défendent avec leurs avocats. Ceux qui seront retenus dans les liens de la culpabilité, ils vont subir le courroux de la loi. Mais, ceux qui n’en sont pas,  c’est regrettable qu’on les retienne depuis des mois et qu’on les relâche après. En ce moment, on aura violé leur droit fondamental qui est cette liberté de partir et de revenir librement dans le pays. Dans ce cas, on leur doit des dommages et intérêts. Mais, lorsque des gens, surtout des politiques sont reconnus coupables de quelques délits ou crimes que ce soit, en ce moment nous allons continuer crescendo à plaider auprès du président de la République pour qu’il les gracie pour qu’ils reviennent sur terrain politique.

Entretien réalisé par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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