Les accusations d’attaques de domiciles privés, d’incendies, de pillages et de vol se multiplient contre les services de sécurité à l’occasion des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Selon nos informations, des agents de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) policiers ont attaqué la clinique Sainte Marie de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Les faits se sont produits dans la nuit d’hier mercredi, 19 février 2020, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon Dr Boubacar Diallo, médecin traumatologue et responsable de la clinique en question, c’est aux environs de 20 heures qu’il a été alerté par l’équipe de garde de l’attaque de sa clinique par des agents de la CMIS. « Vous savez, ma clinique est située à quelques mètres de la mosquée. Donc hier nuit, après la prière de 20 heures, les agents de la CMIS postés au niveau du carrefour Garage Berlier sont venus pourchasser les fidèles musulmans qui sortaient de la mosquée. Ils sont venus garer leur véhicule au niveau du grand portail et foncer directement dans la clinique. Puisque la porte du bâtiment principal était fermée, ils ont cassé les vitres et sont rentrés. Ils ne se sont pas limités là. Ils ont défoncé la porte d’une cabine où était un des patients. Les policiers ont ensuite menacé le malade qui avait les deux pieds cassés avant de prendre son téléphone et partir avec. Avant de sortir ils ont encore intimidé les autres malades. Malgré l’intervention de l’équipe de garde, les policiers n’ont pas obtempéré », a expliqué le médecin.

Dr Boubacar Diallo déplore cette insécurité grandissante, surtout quand c’est les forces de l’ordre qui en sont responsables. « Les agents qui ont attaqué ma clinique et volé le téléphone du patient ne sont pas cachés. C’est eux qui sont postés au carrefour, au niveau de garage Berlier. Ils y sont toujours. C’est déplorable. Les gens qu’on pensait pouvoir appeler si on a un problème, si c’est eux qui se rendent coupables de telles exactions, ça nous étonne à plus d’un titre. Sinon, nous faisons beaucoup pour ces policiers. La dernière fois, un d’entre eux avait un problème, on l’a aidé. Il y a un policier qui était évanoui là-bas, nous lui avons porté secours en lui donnant des soins adéquats. Aujourd’hui, c’est eux qui nous attaquent et volent le téléphone de notre patient. C’est dommage, c’est regrettable… »

C’est le même sentiment qu’éprouve Mamadou Bobo Diallo, grand frère du jeune dont le téléphone a été volé par les policiers. « Après la prière, je suis revenu m’asseoir au chevet de mon frère. Quelque temps après, j’ai entendu du bruit dans la cour. J’ai donc fermé la porte de la fenêtre de la chambre où nous sommes dans la clinique ici. Cela, pour que si les agents arrivaient à lancer du gaz lacrymogène pour ne pas que ça rentre. Mais entre-temps, j’ai entendu un grand bruit au niveau du portail. Quelques minutes après, les policiers sont venus frapper de force la porte et sont rentrés. Ils ont bousculé mon frère qui est alité. Ensuite, l’un d’entre eux est venu débrancher le téléphone de mon petit frère pour partir avec. J’ai trouvé cela inconcevable. De toute ma vie, je n’avais jamais vu ce que j’ai vécu hier », a-t-il fait savoir.

Ce n’est pas la première fois que des agents de maintien d’ordre s’attaquent à des hôpitaux. Récemment, des policiers avaient attaqué la clinique Dogomet appartenant au Dr Taïbata Baldé à Cosa. Là, en plus du gaz lacrymogène, ils avaient fait usage d’armes à feu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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