Aboubacar Biro Soumah, président du PPC

Alors que Mamadou Sylla multiplie les rencontres depuis qu’il a été déclaré officiellement chef de file de l’opposition guinéenne, le débat se poursuit au sein de la classe politique et de la société civile autour de sa légitimité. Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) s’est prononcé sur cette question dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com cette semaine. Aboubacar Bio Soumah a laissé entendre qu’il n’y a pas pour le moment, un chef de file de l’opposition en Guinée.

« Nous sommes des républicains, nous voudrions que le pays puisse s’asseoir sur la base des principes édictés par la Constitution. Donc nous, nous disons que pour le moment, il n’y a pas de chef de file de l’opposition en République de Guinée. Compte tenu du fait que toutes les institutions issues du référendum du 22 mars et de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 ne sont pas reconnues par la majorité des Guinéens. La personne même qui prétend être président de la République, nous ne la reconnaissons pas.

Le peuple de Guinée a élu Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo comme président de la République de Guinée, sa victoire a été confisquée par la force devant tout le monde. Mais nous, nous restons là, nous ne bougeons pas, et nous ne défendons que le droit et la vérité », a indiqué l’opposant, qui est membre fondateur de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD).

Récemment Mamadou Sylla et les membres de son cabinet ont remis un mémorandum contenant plusieurs propositions de sortie de crise au président Alpha Condé. Ils ont ensuite rendu visite cette semaine aux opposants détenus à la Maison centrale de Conakry pour s’enquérir de leurs conditions carcérales. Mais ces actions sont loin de séduire le leader du PPC. Cet allié de Cellou Dalein Diallo estime que le président de l’UDG et les membres de son groupe cherchent juste à survivre sur la scène politique.

« Nous savons ce que visent Elhadj Mamadou Sylla et les membres de son cabinet. C’est un problème de survie. Et nous leur souhaitons bon vent dans leur recherche de survie. Mais nous rappelons juste que quand on est leader, on ne doit pas trahir la nation. Aujourd’hui, tout est bloqué dans le pays. Même avoir à manger, c’est un véritable problème, parce que tout est devenu très cher. Le sac de riz est vendu jusqu’à 400 mille francs guinéens.

La liberté de circuler est confisquée, les mosquées et les églises sont rattachées à la présidence pour contrôler tous ceux qui parlent. Des arrestations sont enregistrées même dans les médias. Toutes les libertés sont confisquées. Ça c’est une forme de garde à vue. Le peuple de Guinée vit aujourd’hui en garde à vue. Et c’est ce qui doit être la préoccupation fondamentale de tout leader politique », a dit Aboubacar Biro Soumah.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/654416922

 

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