Keamou Bogola HABA, président d’honneur de l’UGDD

Face aux ambitions exprimées par certains partis politiques d’opposition et le FNDC (Front national pour la défense de la constitution) de battre le pavé le jour de l’investiture du président Alpha Condé pour son troisième mandat à la tête de la Guinée, le gouvernement vient de sortir ses griffes.

A travers un communiqué publié hier, vendredi 11 décembre 2020, par le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le gouvernement a officiellement interdit toute manifestation (de joie et de colère) le 15 décembre prochain. Mais, pour Kéamou Bogola Haba, le président d’honneur de l’UGDD, cette interdiction est un coup de fouet dans l’eau. Pour ce membre de l’ANAD (Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie), ce communiqué du gouvernement est un non évènement.

« Le droit constitutionnel du guinéen à marcher, à se rassembler et à manifester est consacré tout comme le sont la sauvegarde de l’ordre public et la sécurité des citoyens et de leurs biens. En tout état de cause, les services de maintien d’ordre sont réquisitionnés partout où besoin sera de veiller avec les moyens conventionnels mis à leur disposition, au respect de la tranquillité des citoyens et au maintien de la paix dans nos cités. Pas une seule tentative de trouble à l’ordre public ne sera permise », a martelé le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation dans son communiqué.

Mais, apparemment, ces propos ne font ni chaud ni froid au président d’honneur de l’UGDD. Dans un entretien ce samedi, Kéamou Bogola Haba a analysé avec ironie cette communication du gouvernement.

« Pour nous, c’est un non évènement ; parce que c’est une réquisition de la réquisition. L’armée est déjà réquisitionnée depuis longtemps ; et donc, ce n’est pas un fait nouveau, c’est une interdiction de l’interdiction. Nous nous maintenons notre appel à manifester pour que le peuple de Guinée désapprouve par des mécontentements ce coup d’Etat de trop. Nous sommes pratiquement majoritaires dans le pays et la première des choses, ce que nous continuons avec les messages de sensibilisation. Malgré la fermeture du siège de l’UFDG qui nous empêche de faire des meetings, nous avons des assemblées éclatées dans toutes les communes de Conakry au près de nos sections et de nos structures de base pour qu’ensemble, chaque comité de base, chaque section puisse préparer ce qu’il a à préparer pour la réussite de nos manifestations », a dit Kéamou Bogola Haba.

A en croire ce membre de l’ANAD, la réussite des manifestations de l’opposition et du FNDC dépendra de l’engagement des populations à refuser de cautionner la dictature dans notre pays.

« Vous savez que ce sont des manifestations éclatées que nous organisons et la démocratie c’est une question de nombre. Dans tous les pays qui se disent démocratiques, ces évènements comme l’investiture du Président de la République, on autorise aux gens d’aller au niveau du palais où se déroule l’évènement avec des pancartes et des panneaux pour exprimer leurs désaccords ; mais, tu le vois déjà, ils ont interdit tout. Le communiqué lui-même interdit aux populations d’aller sans autorisation. Ils ont décidé de donner des cartes d’invitations uniquement pour accéder au palais Mohamed V. On n’a aucun autre moyen d’aller exprimer notre désaccord sinon c’est ce qu’on aurait fait. Dans ce cas, comme nous n’avons pas la possibilité d’aller au près du palais pour exprimer notre désaccord à la face du monde pour que les invités comprennent que monsieur Alpha Condé n’est pas légitime, alors les populations vont s’exprimer comme elles peuvent, chacun dans son quartier, son secteur ou bien là où il se trouve », demande Bogola Haba.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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