Dr. Aboubacar Oumar Bangoura, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Est-il possible pour la centaine de lauréats guinéens (boursiers d’Etat) de rallier le Maroc pour y faire leurs études supérieures ? C’est la question qui taraude les esprits des bacheliers, surtout depuis la publication par les autorités guinéennes des résultats de l’orientation des nouveaux étudiants dans les différentes institutions d’enseignement supérieur du pays. Aujourd’hui, les « boursiers d’Etat » disent être confus, d’autant plus que l’ONABE (office national des bourses extérieures) de Guinée ne communique pas sur cette situation.

Rencontrés par un reporter de Guneematin.com, certains de ces jeunes boursiers d’Etats -qui ont mouillé le maillot pour décrocher haut les mains le baccalauréat session 2020 en Guinée- n’ont pas caché leur inquiétude. Et, pour éviter des représailles de la part des autorités éducatives, ces jeunes ont exprimé leur désenchantement sous le couvert de l’anonymat.

 

« Vous même vous le savez, après avoir passé des années de travail et qu’on nous récompense comme ça (annuler les bourses), cela va nous faire mal. Au moins, si le Maroc en a décidé ainsi, l’État guinéen doit se battre autrement pour nous. Le Maroc ne doit pas être la seule opportunité pour nous. Il y aura d’autres pays qui, malgré la COVID-19, seront prêts à nous accueillir. Vouloir faire mes études supérieures ici (en Guinée) sera une contrainte pour moi. Suivre les cours en ligne est une chose étrange pour moi. J’entends seulement les gens dire cours en ligne, cours en ligne, moi je n’ai jamais fait ça. Il est préférable qu’ils nous trouvent où aller au lieu de suivre les cours en ligne. D’ailleurs, c’était ça l’objectif. On n’a fourni des efforts pour être là-bas (au Maroc) et non pas ici (en Guinée). Sinon, les élèves seront paresseux dans le futur. Parce que nos amis diront désormais : me voilà assis dans le premier de la république, pendant que moi j’ai été classé dans les mille. Cela ne pourrait que démotiver les apprenants. Normalement, nous nous (les lauréats) devons servir d’exemple », a confié un lauréat qui s’est qui quasiment fracassé la tête l’année dernière pour mériter une bourse d’étude pour l’étranger.

A l’allure où vont les choses, l’espoir d’aller au Maroc devient chaque jour un mirage pour ces jeunes guinéens. Mais, la peur d’affronter les regards de leurs camarades qui ont à peine eu le BAC est encore plus grande que la frustration de n’avoir pas pu fouler son pied sur le sol du royaume chérifien.

« Officiellement, je n’ai pas encore appris l’annulation de notre bourse au Maroc. Mais, jusqu’à date, quand nous partons à l’ONABE, on nous dit que la liste des boursiers sélectionnés n’est pas encore sortie de la part du Maroc. Qu’ils sont en train d’examiner nos dossiers d’abord. Quand même on comprend un peu la raison avancée par le pays hôte. Quand ils nous ont dit de suivre les cours en ligne, on n’avait eu un peu d’espoir. Mais même ça aussi, rien n’a filtré du côté de l’ONABE. Comment ça va se passer quand il s’agira de suivre les cours en ligne ? On ne sait rien. En fait, ils (l’ONABE) ne nous rassurent de rien. Et pourtant, ça fait très mal de travailler de la sorte et rester dans la même classe parmi les amis qui ont a peine décroché le BAC. Pour nous aider, ils (l’Etat guinéen) peuvent organiser un test de dépistage au coronavirus, comme ça se fait pour tout voyageur à l’extérieur actuellement. À défaut, suivre les cours à distance aussi pourrait nous soulager. Mais, l’État ne dit rien par rapport à notre situation ; et, quand nous partons à l’ONABE, ils ne nous rassurent en rien. C’est surtout là que trouve le problème », a indiqué cet autre lauréat issu d’une préfecture périphérique de Conakry.

À préciser que malgré l’instance de notre reporter, aucun des responsables trouvés le mercredi, 06 janvier 2021, à l’Office National des Bourses Extérieures (ONABE) n’a accepté de faire le moindre commentaire.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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