Alpha Condé, président de la République

Selon plusieurs médias français, Jean-Yves Le Drian, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a interrogé Alpha Condé, le président guinéen, sur le cas des prisonniers arrêtés et détenus après son élection contestée à un troisième mandat, le 8 octobre 2020. 

Le ministre français des Affaires étrangères a demandé au président Condé de « faire toute la lumière » sur les opposants en prison. Jean-Yves Le Drian aurait même agité, dans le cas contraire, la menace de « mesures » à l’encontre du régime de Conakry, apprend-on.

Quelques heures seulement après cet échange de haut niveau, le chef de l’État guinéen a décrété la création d’un « cadre permanent de dialogue politique et social » chargé d’organiser le dialogue entre les acteurs institutionnels et ceux sociaux en République de Guinée.

Placé sous la présidence du Premier ministre, chef du Gouvernement, ce « cadre permanent de dialogue politique et social » sera une plateforme permanente de concertation et d’échanges entre les partis politiques, les organisations sociales, les collectivités et le gouvernement autour des questions d’intérêt national, a indiqué le décret signé et publié hier, mercredi 27 janvier 2021.

Comme on le sait, tous les acteurs politiques et sociaux- ou presque- ont été surpris par la vague d’arrestation d’opposants suite à la contestation de l’élection présidentielle. Mais, jusque-là, Alpha Condé était resté sourd aux multiples appels à la libération des centaines de partisans de l’UFDG et du FNDC dont plus de trois cent sont emprisonnés sans jugement depuis trois mois. Parmi eux, de nombreux proches collaborateurs de Cellou Dalein Diallo, qui jure avoir gagné la dernière élection présidentielle dès le premier tour et qui dénonce une confiscation de sa victoire par le président sortant. 

Aujourd’hui, tout porte à croire que le « cadre permanent de dialogue politique et social » créé par Alpha Condé aura comme toute première recommandation la libération des opposants aux troisième mandat et éventuellement la reprise des élections législatives pour faire participer l’opposition et apaiser la vie politique. Une manière pour Alpha Condé de satisfaire à la demande du ministre français.

A rappeler que le capitaine Moussa Dadis Camara (qui disait que la Guinée n’était pas une sous-préfecture de la France) et tous les dirigeants qui ont essayé de tenir tête aux français en continuant à faire subir aux Guinéens leur dictature ont été surpris par la rapidité de leur chute ! Un test que le champion du RPG ne semble pas vouloir essayer… 

Vivement la libération des prisonniers et l’apaisement politique et social en Guinée !

Mariam Sylla pour Guineematin.com

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