70 cadres guinéens exécutés en octobre 1971 en Guinée : « On leur a demandé de creuser leurs tombes », dit Dr Fodé Maréga

19 octobre 2021 à 9 09 36 103610

Comme annoncé précédemment, l’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) a commémoré hier, lundi 18 octobre 2021, les fusillades du 18 octobre 1971 où 70 cadres guinéens qui étaient incarcérés au camp Boiro ont été exécutés sous le régime de feu président Ahmed Sékou Touré. A cette douloureuse occasion qui ravive la douleur de ces tueries en masse sous la première république en Guinée, Dr Fodé Maréga, membre de l’AVCB, a pointé du doigt la cruauté et le caractère sanguinaire du régime Sékou Touré, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Devant les victimes et familles de victimes qui étaient présents ce lundi au Camp Boiro (actuellement Camp Camayenne), Dr Fodé Maréga a laissé entendre que c’est une « ignominie » qui a été commis en Guinée en 1971. Il a également rappelé la manière par laquelle des cadres guinéens ont été tués et jetés dans une fosse commune qu’on leur a forcé à creuser.

« Vous savez, c’est une ignominie qui a été perpétré sur le territoire guinéen en 1971. Et, donc, nous avons aujourd’hui 50 ans de commémoration. C’est cette nuit que nous avions des hauts cadres qui ont servi ce pays, des ministres, des gouverneurs, tous, exécutés le soir de manière atroce. Parce que ces gens ont été réveillés la nuit, ils ont été accompagnés dans les différents charnus, on leur a demandé de creuser leurs tombes, ils ont creusé leurs tombes et ensuite on les a exécutés. Et, ils sont dans une fosse commune sans jugement. Le caractère massif de ce qui s’est passé après le 25 janvier, où il y a eu des pendaisons à Conakry, plus de 22 pendaisons dans toutes les préfectures de la Guinée. C’était sous le régime sanguinaire qui n’a plus lieu d’être », a expliqué Dr Fodé Maréga.

Par ailleurs, Dr Fodé Maréga a demandé au CNRD (la junte militaire actuellement au pouvoir en Guinée) de clôturer les différents charnus pour permettre aux familles des victimes de s’y recueillir.

« Avant-hier, le CNRD s’est recueilli sur la tombe de Kaman Diaby qui a été exécuté dans une fosse commune avec d’autres personnes en 1969. Je voudrais vous dire que nous allons commémorer et nous pensons que nous allons avoir enfin un nouveau souffle pour que cette situation soit réglée. Nous demandons tout simplement aux nouvelles autorités la clôture des différents charnus et que l’endroit soit bien entretenu pour qu’on puisse se recueillir sur la tombe de nos parents », a dit Dr Maréga.

Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

Lire

Entrée scolaire 2021/2022 : le groupe scolaire Van Vanholloven fin prêt

19 octobre 2021 à 9 09 25 102510
Mamadou Pathé Bah, Directeur du primaire au groupe Groupe scolaire privé Van Vanholloven

La rentrée scolaire 2021/2022 est officiellement programmée en Guinée pour le 21 octobre. Dans les différents établissements publics et privés, les préparatifs vont bon train. C’est le cas du Groupe scolaire privé Van Vanholloven, situé à Hamdallaye dans la commune de Ratoma, où Guineematin.com a été reçu ce lundi 18 octobre par Mamadou Pathé Bah, Directeur du primaire.

« Notre Groupe scolaire est créé depuis 2004. Il comprend plusieurs groupes pédagogiques. Nous avons le préscolaire qui comprend la petite, moyenne et grande section qui font trois groupes pédagogiques. Le Primaire comprend neuf groupes pédagogiques. Ce qui fait en tout 12 groupes pédagogiques. Ils sont tous tenus par des enseignants qualifiés et expérimentés. Au secondaire, notre groupe comprend un collège et un lycée. Nous avons de la 7ème année en terminale. Au lycée, il y a deux options, les sciences sociales et les sciences mathématiques. Tous les enseignants sont au complet. Nous avons eu des réunions préparatoires et toutes les dispositions sont prises pour une bonne reprise des cours. Au niveau de l’école, les salles de classes, les tables-bancs, la cour de l’école, tout a été revu et remis dans les normes. Les inscriptions et réinscriptions sont entre 60 et 65% des effectifs. Même si c’est aujourd’hui, on peut démarrer les cours sans problème », rassure M. Bah.

Dans ce Groupe scolaire, la rigueur est de mise, insiste le Directeur qui rappelle les résultats recueillis aux examens nationaux.

« Ici, nous suivons chaque enfant. Nous faisons de la formation de chaque élève, une préoccupation particulière. C’est pourquoi notre Groupe scolaire est habitué à avoir des lauréats au niveau national, régional et communal. Pour l’année 2020/2021, nous avons présenté 61 candidats en 6ème année et 53 ont été admis avec 30 mentions. Au BEPC et au Baccalauréat unique également, nous avons fait de succès. Et cette année, nous comptons redoubler voire tripler nos efforts pour faire 100% de succès à l’entrée en 7ème et un pourcentage remarquable aussi bien au BEPC et qu’au BAC unique », a promis cet encadreur qui rassurer les parents d’élèves quant à sa disponibilité à honorer de ses engagements.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Kounsitel : des militaires accusés de favoriser l’exploitation clandestine d’or

19 octobre 2021 à 9 09 05 100510

Depuis la découverte de l’or à Kounsitel, en juin 2021, les populations de cette collectivité de Gaoual n’ont plus la paix du cœur, ne vivent plus dans la quiétude et leur environnement est continuellement détruit avec toutes les conséquences pour le bétail et les pratiques agricoles.

Joint au téléphone par un journaliste de Guineematin.com hier, lundi 18 octobre 2021, Abdoulaye Samaké, un des jeunes leaders de la localité, qui préside actuellement le Comité de protection de l’environnement de Gaoual accuse les agents en uniforme d’être à la base de cette pagaille.

Abdoulaye Samaké, jeune leader de Gaoual

 « La situation à Kounsitel est bizarre. C’est la pagaille totale et partout. L’exploitation anarchique se fait nuit et jour et sans arrêt. L’autorité locale ne gagne rien comme taxe. Les militaires sont les seuls bénéficiaires. On creuse partout. Avant même le coup d’Etat, les gens ont réinvesti les lieux. Ils viennent creuser les terrains des gens et ce sont les militaires qui cherchent parfois les orpailleurs pour venir creuser. Les militaires prennent 200 000 francs guinéens, 300 000 francs ou 500 000 francs guinéens. Ils prennent leurs machines avant de les taxer… Ça dépend de la tête du client », dénonce Abdoulaye Samaké. 

Contrairement à la commune urbaine de Gaoual où les orpailleurs ont été vidés des lieux, poursuit-il, la mairie de Kounsitel se voit totalement impuissante face à la ruée vers l’or. « Vous savez, depuis les orpailleurs se sont attaqués aux populations, incendiés la maison des jeunes avant de s’en prendre au responsable des jeunes de la localité qui a vu son domicile réduit en cendre, les populations locales ont peur. Actuellement, les militaires sont les seuls responsables de la situation », déplore-t-il.

Selon Moussa Kéïta, président de la société civile de Gaoual, par ailleurs correspondant de l’agence guinéenne de presse, il y a plus de 300 comptoirs d’achat d’or installés à Kounsitel. Et malgré cette exploitation à outrance du sous-sol de Kounsitel, la communauté et l’Etat ne perçoivent aucun franc.

Egalement joint au téléphone par Guineematin.com, le Gouverneur de Boké, le Colonel Sékou Trésor Camara, se dit très préoccupé par la situation.

Colonel Sekouba Trésor Camara, gouverneur de Boké

« Nous sommes informés de cette arrivée massive de Guinéens à Gaoual. Le préfet m’en a parlé. C’est vrai que l’exploitation est interdite mais la population est plus nombreuse… Par rapport aux accusations portées contre les agents, bon, vous savez, parfois, il y a des détracteurs. Doncc il faut faire attention à ce qu’ils disent. Et par rapport à la gestion de cette situation, vous savez que militairement, la zone relève de Labé et administrativement, elle est de Boké », rappelle le Gouverneur, qui promet d’appeler le Préfet de Gaoual afin de lui demander de normaliser la situation sur le terrain.

Toutefois, selon un orpailleur évoluant à Kounsitel et qui exige l’anonymat, le drame environnement est imparable.

« Tout est détruit sur le plan environnemental. Les gens ne font que venir grossir les rangs des orpailleurs clandestins. Actuellement, aucun site n’est épargné. Mais le plus grand mal, c’est que la localité ne tire aucun profit de cette exploitation alors que c’est chez eux qui est détruit. Ailleurs, il y a des tomboloma (des groupes d’intérêts locaux règlementant l’exploitation artisanale de l’or) comme à Dinguiraye, Kouroussa, Kankan, Siguiri, Mandiana et Kérouné. Dans ces préfectures, partout où tu viens pour exploiter, tu t’adresses forcément à un tomboloma. Tu achètes un ticket d’accès et tu y verses 10 % de tes gains. Et les agents interviennent seulement lorsqu’il y a des problèmes de vol et autres infractions mais ils n’interviennent pas ni dans l’accès, ni dans l’exploitation. Mais à Kounsitel, il n’y a rien de tout cela », dénonce cet orpailleur.

Curieusement, à Kounsitel, le Comité de défense de l’environnement qui regroupait plus de 300 jeunes, a fini par se disloquer. Démoralisés et faute de soutien, les jeunes se sont dispersés dans la nature, laissant le terrain libre et à la merci des orpailleurs clandestins.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Orientations des bacheliers : « nous sommes à près de 85% »

19 octobre 2021 à 9 09 01 100110

Lancées le 12 octobre dernier, les orientations des bacheliers avancent à grands pas. A quatre jours de la fin de l’opération, 85% de ceux qui doivent être orientés ont validé leur inscription sur la plateforme Gupol, a annoncé un responsable qui s’est confié à Guineematin.com, ce lundi 18 octobre 2021. Une avancée obtenue grâce notamment au centre de support technique mis en place à l’Institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée (ISSEG), situé au quartier Lambanyi, en banlieue de Conakry. Ce centre apporte une assistance technique aux candidats qui ont des difficultés à faire leurs choix sur le site. 

Isiaka Camara, responsable technique adjoint de l’orientation des bachelier

Issiaka Camara, responsable technique adjoint des orientations des bacheliers en ligne, revient sur le fonctionnement de ce centre. « Depuis le 12 octobre 2021, nous avons mis en place deux équipes d’assistance aux bacheliers ici, à l’ISSEG. Le premier groupe est une équipe technique qui assiste gratuitement tous les bacheliers qui sont à Conakry et environnants, qui n’arrivent pas à s’en sortir à la maison. Ils s’occupent des gens qui viennent ici et qui ont du mal à créer leur compte. Le deuxième groupe est le centre d’appel. 

Ils sont munis de téléphones pour recevoir les préoccupations des bacheliers, où qu’ils soient. Dès que vous avez des difficultés à vous orienter, vous verrez des numéros s’afficher en bas de l’écran. Dès que vous les appelez, on vous demande de vous identifier à travers vos PV, option et session. Parce que c’est à partir de ça que nous, nous avons tout ce qu’il nous faut. Ils sont assis par deux, parce que quand l’un est au téléphone avec un requérant, l’autre, assis devant une machine, note et introduit les informations dans le système », a-t-il expliqué.

Jusque-là, ajoute notre interlocuteur, les agents n’ont pas rencontré un problème qu’ils n’ont pas réussi à résoudre. « Pour le moment, tout se passe bien. On n’a pas encore rencontré de situation à laquelle on n’a pas pu trouver de solution. Les cas qui prennent une journée de traitement avec nous, ce sont les cas d’échec de paiement des frais d’orientation. Il arrive que certains candidats, quand ils finissent de payer et qu’ils voient la confirmation de leur paiement, ils se limitent là-bas. Or, il y a un lien sur lequel il faut cliquer pour rediriger le candidat sur la plateforme pour continuer le processus. 

Quand l’intéressé se limite là, le temps que la société Orange a donné va expirer pendant que lui, il est en train de regarder son reçu de paiement. Automatiquement, ça va apparaître chez nous qu’il a payé mais lui, il n’arrive pas à avancer dans le processus. Quand il nous contacte, on traite et on le débloque. Mais ça peut prendre toute la journée. Parce que ce qu’on était censé faire automatiquement, on le fait maintenant manuellement. S’il vous arrive de payer deux fois les frais, on le saura et à la fin de l’opération, on vous restituera votre argent », a dit Issiaka Camara.

« Comme vous le constatez, il n’y a pas assez de monde ici aujourd’hui. Cela veut dire aussi que les gens comprennent le processus. Avec un simple coup de fil, on peut résoudre votre problème. Officiellement, les candidats admis cette année sont au nombre de 19.669 personnes. Mais nous, nous attendons à orienter plus de 20.000 bacheliers, vu qu’il y a certains des années précédentes qui n’étaient pas orientés. Compte tenu de l’évolution, nous sommes à peu près 85% de candidats orientés. Et d’ici le 22 octobre, nous serons à 100% », a assuré le responsable technique adjoint des orientations des bacheliers en ligne.

Mamadi Kanté, opérateur de GUPOL

Mamady Kanté, est opérateur au niveau du service GUPOL. Depuis le début des orientations, il dit avoir reçu plusieurs types de problèmes. « Les requêtes sont diverses : il y a certains qui ont des problèmes au niveau de leur nom ou prénoms, d’autres c’est au niveau de leur INE, d’autres c’est au niveau de l’orthographe de leur école d’origine ou centre, etc. Nous, notre rôle principal, c’est de les aider à avoir de bonnes informations sur les erreurs d’orthographe. Par exemple, quand vous n’introduisez pas correctement l’orthographe de votre nom ou celui de votre école, le système qui est mis en place considère que c’est une erreur. 

Donc, vous devez écrire conformément à ce qui est mentionné sur votre carte. Il y a également des gens qui se sont trompés sur leur numéro de téléphone. Quand ils appellent, on vérifie leurs informations à travers leur carte. Si on constate un problème, on leur suggère de rectifier l’erreur commise et la plupart sont satisfaits. Au cas où on n’arrive pas à satisfaire l’intéressé à partir du téléphone, on lui demande de venir à l’ISSEG pour se faire assister par une équipe technique », a indiqué cet assistant au centre d’appel.  

Oscar Gamy, frère d’un bachelier

Oscar Gamy est venu au niveau de ce centre pour accompagner son jeune frère, qui avait des difficultés au niveau de la plateforme Gupol. Il rentre satisfait. « Depuis le premier jour, nous avons tenté sur le site, ça n’a pas marché. On a pensé que c’était le réseau qui était trop chargé. Le deuxième jour, on a tenté encore et on a eu les mêmes difficultés. Lorsqu’on cherchait à entrer dans le processus, on nous disait qu’il y avait une erreur de prénoms. Après trois à quatre jours dans cette situation, on a appelé le service examen qui, à son tour, nous a orientés dans ce centre d’appui. 

Ce matin, je suis venu avec mon jeune frère ici. Quand nous sommes arrivés, l’équipe en place nous a bien accueillis. Nous sommes passés devant eux pour d’abord expliquer les problèmes auxquels nous nous sommes heurtés à la maison. Après, les agents qui sont là ont aussi tenté. Effectivement, au départ, il y a eu les mêmes soucis, mais on a fini par y arriver. Dieu merci, ça s’est bien passé. Le processus est simple et rapide. En 20 minutes, on a pu faire l’orientation », s’est-il réjoui.

Le processus d’orientation des bacheliers se poursuivra jusqu’au 22 octobre 2021, sur la plateforme Gupol. 

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Lire

Rentrée des classes 2021 : « nous sommes en manque de 10 enseignants », école primaire ‘’les Dabadins »

19 octobre 2021 à 8 08 33 103310

A moins d’une semaine de l’ouverture des classes au compte de l’année scolaire 2021-2022 en Guinée, l’heure est aux derniers réglages dans les écoles de l’enseignement pré-universitaire (le primaire et le secondaire) du pays. Mais, dans certains établissements scolaires de Conakry, quelques difficultés persistent encore. C’est le cas à l’école primaire ‘’Les Dabadins’’ où le nombre de groupes pédagogiques est largement supérieur au nombre d’enseignants disponibles. Cet établissement scolaire présente actuellement un déficit de dix (10) enseignants, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans cette école située à Donka (dans la commune de Dixinn), tout est quasiment prêt pour une rentrée des classes réussie. Mais, une préoccupation majeure trouble actuellement le sommeil des responsables de cet établissement scolaire. Il s’agit du manque d’enseignants pour dispenser les cours. En tout cas, selon Nouha Kourouma, le directeur adjoint de cette école publique, son établissement ne dispose que de 17 enseignants pour 23 groupes pédagogiques.

Nouha Kourouma, directeur adjoint de l’école primaire les Dabadins

« L’école est nettoyée. Les salles de classes, les toilettes, tout est nettoyé. Les enseignants sont informés, puis répartis dans les différentes classes. Ils ont tous reçu les documents pédagogiques et administratifs. Donc, nous attendons le coup d’envoi. La rigueur est notre spécificité. Tout ce que nous demandons à la nouvelle autorité c’est de nous recruter des enseignants. Nous sommes en manque de 10 enseignants, à peu près. Nous avons 23 groupes pédagogiques pour 17 enseignants. Donc, au moins 10 enseignants nous manquent pour compléter l’effectif », a déploré Nouha Kourouma hier, lundi 18 octobre 2021, lors d’un entretien.

Contrairement à l’école primaire ‘’Les Dabadins’’, l’école primaire du Centre1 (dans la commune de Dixinn) n’attend que le coup d’envoi pour démarrer les cours. En tout cas, selon madame Boya Camara, la directrice de cet établissement scolaire, tout est déjà mis en place pour recevoir les élèves et commencer les cours.

Mme Bangoura Boya Camara, directrice de l’école primaire centre 1 de Dixinn

« Vous avez vu la Cour de l’école, tout est nickel. Les salles de classe sont propres, la liste des élèves est affichée, les groupes pédagogiques identifiés devant les salles de classes, les enseignants pourvus en cahiers de préparation, certains même m’ont déposé le cahier de préparation pour la signature. Depuis le 16 août, chaque enseignant sait quelle classe il doit prendre. Avec les 28 groupes pédagogiques, chacun a reçu son cahier de préparation. Bref, tout est fin prêt et j’attends le jour (J) pour recevoir les enfants », a indiqué madame Boya Camara.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

Lire

États-Unis : le premier noir secrétaire d’État américain emporte par le Covid-19 : Retour sur la vie de Colin Powell

19 octobre 2021 à 8 08 28 102810
Colin Powell, premier noir secrétaire d’État américain

Colin Powell, le premier noir secrétaire d’État américain dont le leadership dans plusieurs administrations républicaines a contribué à façonner la politique étrangère américaine au cours des dernières années du 20e siècle et des premières années du 21e, est décédé de suite des complications de Covid-19 à l’âge de 84 ans.

« Le général Colin L. Powell, ancien secrétaire d’État américain et président des chefs d’état-major interarmées, est décédé ce matin en raison de complications liées à Covid 19 », a écrit la famille Powell sur Facebook, notant qu’il était pourtant complètement vacciné.

Powell était un soldat professionnel distingué le premier conseiller noir à la sécurité nationale à la fin de la présidence de Ronald Reagan et le plus jeune et premier président afro-américain des chefs d’état-major interarmées sous le président George H.W. Buisson. Sa popularité nationale a grimpé en flèche au lendemain de la victoire de la coalition dirigée par les États-Unis pendant la guerre du Golfe, et pendant un certain temps au milieu des années 90, il a été considéré comme l’un des principaux candidats pour devenir le premier président noir des États-Unis. Mais sa réputation sera entachée à jamais lorsque, en tant que premier secrétaire d’État de George W. Bush, il poussera des renseignements erronés devant les Nations Unies à plaider en faveur de la guerre en Irak, qu’il qualifiera plus tard de « tache » sur son dossier.

Powell désillusionné, du Parti républicain, utilisait son capital politique pour aider à élire des démocrates à la Maison Blanche, notamment Barack Obama, le premier président noir que Powell a approuvé dans les dernières semaines de campagne en 2008. Annonce qui a été considérée comme un coup de pouce significatif pour la candidature d’Obama en raison de l’attrait populaire généralisé de Powell et de sa stature comme l’un des Noirs américains les plus en vue et les plus réussis dans la vie publique.

Powell a ensuite voté pour Hillary Clinton en 2016 contre Donald Trump, qu’il avait fermement condamné comme « une honte nationale et un paria international ».

Dans un geste extraordinaire cette année-là, trois électeurs présidentiels de l’État de Washington ont voté pour Powell plutôt que Clinton, ce qui a entraîné des amendes d’État qui ont ensuite été confirmées par la Cour suprême.

Il a de nouveau snobé Trump en 2020 lors de la deuxième campagne du président, annonçant son soutien à Joe Biden en juin de la même année tout en dénigrant la présidence de Trump. « Nous avons une Constitution. Et nous devons suivre cette Constitution. Et le président s’en est éloigné ». Le général à la retraite a ensuite prononcé un discours en faveur de Biden lors de la Convention nationale démocrate.

Et après que Trump a incité une insurrection meurtrière au Capitole des États-Unis au début de janvier 2021, Powell a déclaré à CNN qu’il ne se considérait plus comme un républicain, le grand de longue date du GOP affirmant qu’il regardait maintenant simplement les événements se dérouler dans un pays qu’il a longtemps servi.

Powell laisse derrière lui une femme et trois enfants. Colin Luther Powell est né le 5 avril 1937 à Harlem, New York, d’immigrants jamaïcains. Après avoir grandi dans le South Bronx, Powell a fréquenté l’école du City College de New York, où il a participé au ROTC, dirigeant l’équipe de forage de précision et atteignant le grade le plus élevé offert par le corps, colonel cadet.

Il est entré dans l’armée américaine après avoir obtenu son diplôme en 1958 et a ensuite effectué deux missions au Sud-Vietnam dans les années 1960, où il a été blessé à deux reprises, notamment lors d’un accident d’hélicoptère au cours duquel il a secouru deux soldats. Il est resté dans l’armée après son retour chez lui, a fréquenté le National War College et a gravi les échelons. Il a été promu brigadier général en 1979, nommé dernier conseiller de Reagan à la sécurité nationale en 1987 et a été engagé par Bush père en 1989 pour diriger les chefs d’état-major interarmées.

Le mandat de Powell dans l’administration Bush a été marqué par son implication dans certaines des actions militaires américaines les plus notables de la fin du 20e siècle, y compris l’opération au Panama de 1989, la guerre du Golfe de 1991 et l’intervention humanitaire américaine en Somalie.

Bien que Powell ait d’abord été réticent à engager des troupes américaines lorsque l’Irak a envahi le Koweït en 1990, il est devenu l’un des porte-parole les plus fiables de l’administration lorsque l’assaut contre l’armée de Saddam Hussein est finalement arrivé.

Après l’assaut, Powell est devenu une sorte de héros national, bénéficiant d’un taux de faveur de 71% au cours des premières années après la guerre. Ses efforts pendant la guerre lui ont également valu deux récompenses importantes : une médaille d’or du Congrès en mars 1991 « en reconnaissance de sa performance exemplaire dans la planification et la coordination » de la réponse américaine à l’invasion de l’Irak, et une médaille présidentielle de la liberté.

Pendant le temps de Powell dans l’armée, qui a duré jusqu’en 1993, il a également reçu un certain nombre d’autres prix notables, dont la Bronze Star et deux Purple Hearts. Il a reçu sa quatrième étoile en 1989, devenant le deuxième Afro-Américain à atteindre ce rang.

En plus des récompenses militaires, Powell a également reçu la Médaille des citoyens du président, la Médaille du secrétaire d’État pour services distingués et la Médaille du secrétaire à l’Énergie pour services distingués, ainsi qu’une deuxième Médaille présidentielle de la liberté, décernée avec distinction, du président Bill Clinton.

Haut diplomate en période de turbulences

Avec un profil national de premier plan, Powell a été présenté comme un candidat potentiel à la présidentielle aux élections de 1996. Mais dans une décision très attendue, il a refusé de participer à la course, invoquant un manque de passion pour la politique électorale.

Powell a de nouveau été encouragé à se présenter à l’élection présidentielle de 2000, mais a rejeté les appels pour qu’il présente une offre. Il a plutôt soutenu George W. Bush, prononçant un discours à la Convention nationale républicaine dans lequel il a fait valoir que le gouverneur du Texas de l’époque « aiderait à combler les divisions raciales ».

Il était la première sélection du Cabinet de Bush lorsqu’il a été annoncé comme 43e président au poste de secrétaire d’État, et avec son expertise en politique étrangère et sa popularité généralisée, il a été confirmé à l’unanimité par le Sénat.

Il partageait la réticence de Bush à projeter une force militaire à travers le monde, une opinion qui a été rapidement déplacée par les attaques terroristes du 11 septembre 2001. En tant que plus haut diplomate de Bush, il a été chargé de renforcer le soutien international à la guerre contre le terrorisme, y compris la guerre en Afghanistan. 

En février 2003, Powell a prononcé un discours devant les Nations Unies dans lequel il a présenté des preuves que la communauté du renseignement américain a déclaré que l’Irak avait induit les inspecteurs en erreur et caché des armes de destruction massive.

« Il ne fait aucun doute », a averti Powell, « que Saddam Hussein a des armes biologiques et la capacité d’en produire rapidement plus, beaucoup plus. »

Les inspecteurs, cependant, n’ont plus tard trouvé aucune arme de ce type en Irak, et deux ans après le discours de Powell à l’ONU, un rapport du gouvernement a déclaré que la communauté du renseignement s’était entièrement trompée dans ses évaluations des capacités d’armes de destruction massive de l’Irak avant l’invasion américaine.

Mais le mal était déjà fait à la fois à l’Irak, avec lequel les États-Unis sont entrés en guerre six semaines seulement après le discours de Powell, et à la réputation de l’homme d’État autrefois très populaire, qui aurait été informé par le vice-président de l’époque Dick Cheney avant le Discours de l’ONU : « Vous avez des notes élevées dans les sondages, vous pouvez vous permettre de perdre quelques points.

Powell, qui a quitté le Département d’État au début de 2005 après avoir présenté sa démission à Bush l’année précédente, a par la suite qualifié son discours à l’ONU de « tache » qui restera à jamais dans son dossier.

Dans ses mémoires de 2012, « ça a fonctionné pour moi », Powell a de nouveau reconnu le discours, écrivant que son récit dans le livre serait probablement le dernier qu’il aurait fait publiquement. « Je suis surtout en colère contre moi-même pour ne pas avoir senti le problème. Mon instinct m’a fait défaut », a-t-il écrit, se référant au rapport qu’il a utilisé qui contenait des preuves erronées de prétendues armes de destruction massive irakiennes. « Ce n’était en aucun cas mon premier, mais c’était l’un de mes échecs les plus importants, celui avec le plus grand impact ».

Des Etats-Unis, Mamadou Diouma Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 1 646-591-2659

Lire

Halimatou Dalein sur les exécutions de 1971 : « nous demandons aux autorités de réhabiliter nos parents »

18 octobre 2021 à 19 07 50 105010

Hadja Halimatou Dalein Diallo est l’une des nombreuses personnes qui étaient rassemblées ce lundi, 18 octobre 2021, dans l’enceinte du camp Camayenne (ex-camp Boiro), à Conakry, pour commémorer le 50èmeanniversaire des fusillades de 18 octobre 1971, qui avaient coûté la vie à 70 personnes. 

Une cérémonie organisée par l’association des victimes du camp Boiro (AVCB) pour rendre hommage à ces nombreuses victimes du régime de Sékou Touré et réclamer justice pour eux. A cette occasion, l’épouse de Cellou Dalein Diallo, fille de l’une des victimes de ces exactions, a exhorté les nouvelles autorités guinéennes à réhabiliter leurs parents.

Hadja Halimatou Dalein Diallo, épouse de Cellou Dalein Diallo de l’UFDG

« C’est la énième fois que nous venons ici, prier pour nos parents et souhaiter la réhabilitation de nos parents qui ont été tués ici, qui ont été torturés. Ils ont contribué à la construction de cet État, ils ont contribué à l’indépendance de la Guinée, donc, ils méritent mieux que ça. Aujourd’hui, la Guinée a changé, nous demandons aux nouvelles autorités de réhabiliter nos parents. 

C’est ce que nous souhaitons, parce qu’ils le méritent. C’est des gens qui ont laissé leur vie, qui ont souffert, et comme je l’ai dit, qui ont construit ce pays. Donc, nous lançons un appel aux nouvelles autorités pour réhabiliter nos parents. Nous en avons besoin.

Il y a beaucoup de moyens : il y a la justice, il y a le pardon, parce que nous sommes des humains, il y a la réconciliation. D’ailleurs, si vous voyez que tous ces enfants se retrouvent ici, c’est que nous sommes déjà réconciliés, nous sommes unis entre nous. Mais nous voulons la justice, nous voulons le pardon, qu’on reconnaisse que des gens ont été traités à tort, ils ont été torturés et tués à tort. C’est ce que nous souhaitons », a lancé Hadja Halimatou Dalein Diallo.

A noter que cette cérémonie a connu la présence du Premier ministre de la transition. En compagnie du colonel Amara Camara (ministre secrétaire général à la présidence de la République) et Djiba Diakité (directeur de cabinet de la présidence de la République), Mohamed Béavogui est venu apporter le soutien des autorités aux victimes du camp Boiro et les rassurer de la volonté du CNRD de promouvoir la justice et la réconciliation.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com 

Tel: +224 622 07 93 59 

Lire

Elhadj Boubacar Barry sur les tueries d’octobre 1971 en Guinée : « ce sont les pères fondateurs de ce pays qui ont été assassinés »

18 octobre 2021 à 19 07 47 104710

Ancien ministre de la république et fils de victime du Camp Boiro, Elhadj Boubacar Barry a pris part ce lundi, 18 octobre 2021, à la commémoration du 50ème anniversaire des massacres du 18 octobre 1971 en Guinée, où 70 cadres guinéens qui étaient incarcérés ont été fusillés et enterrés dans une fosse commune. Et, à cette douloureuse occasion qui rappelle les êtres chers que la machine répressive du régime Sékou Touré a broyés, Elhadj Boubacar Barry a déploré le fait que l’Etat n’arrive toujours pas à traiter cette question, ne serait-ce que sur l’angle moral et religieux.

Elhadj Boubacar Barry, ancien ministre, enfant de victime du Camp Boiro

« C’est toujours avec beaucoup d’émotion qu’on commémore ces événements qui constituent une sorte de rappel à la mémoire collective sur ce qui s’est passé dans notre pays. Ce qui s’est passé est tellement grave, tellement malheureux, que cela a contribué à hypothéquer l’avenir de notre pays. Parce que ce sont les pères fondateurs de ce pays qui ont été assassinés et qui, malheureusement, jusqu’à date, sont encore ensevelis dans des fosses communes. Quand vous imaginez que les premiers grands diplomates, les premiers grands officiers supérieurs, les premiers ministres des affaires étrangères, de l’information, les premiers jeunes cadres qui ont fondé la RTG, tous ces gens ont été assassinés simplement pour des raisons politiques de manière fallacieuse. Nous sommes quand-même des croyants, nous savons qu’après la mort, quelque soit ce qui se passe, on fait quand-même un cérémonial pour la dépouille mortelle. On l’enseveli dans de bonne conditions. Mais, jusqu’aujourd’hui, vous avez des parents comme le mien, comme celui de Fodé Maréga, comme celui de Baba Hady Maréga, comme celui d’Alfred Mathos, comme la famille de Barry Dian Wadou, de Barry 3 qui ont été de grandes personnalités dans ce pays, qui sont jusqu’aujourd’hui dans les fosses. Et, la République n’arrive toujours pas à traiter cette question ne serait-ce que sur l’angle moral et religieux. Ce qui fait qu’on est obligé chaque année de nous rappeler à la mémoire collective à tous nos dirigeants pour que définitivement, ils essayent d’ouvrir et de clôturer définitivement cette page », a indiqué Elhadj Boubacar Barry. 

Mohamed Guéasso pour Guineematin.com

Tel:+224 622 07 93 59

Lire

Daniel Philippe de Sainte Marie : « je suis né au Camp Boiro, je suis resté là jusqu’à l’âge de 6 ans »

18 octobre 2021 à 19 07 45 104510
Daniel Philippe de Sainte Marie, victime collatérale du Camp Boiro

Comme annoncé précédemment, l’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) a commémoré ce lundi, 18 octobre 2021, le 50èmeanniversaire de la fusillade du 18 octobre 1971 où 70 cadres guinéens qui étaient incarcérés au camp Boiro ont été exécutés sous le régime de feu président Ahmed Sékou Touré. A cette occasion, plusieurs victimes et des familles de victimes de ces tueries en masse ont pris la parole pour témoigner de la cruauté de la première république en Guinée. C’est le cas de Daniel Philippe de Sainte Marie qui a vécu ses six (6) premières années de vie sur terre au Camp Boiro. Ce qui fait de lui le plus jeune prisonnier du Camp Boiro.

« Je dois dire que moi-même je suis super ému. Parce que c’est la première fois que je vienne ici. En effet, je suis né le 3 février 1972 au Camp Boiro dans les liens de la captivité de ma mère qui a été arrêtée en 1971 alors qu’elle était enceinte de moi. Ma mère s’appelle, Diariou Kassé, communément appelée Néné Kassé. Après m’avoir mis au monde à Donka, on nous a ramené ici. Je suis resté là jusqu’à l’âge de 6 ans. Je suis considéré comme le plus jeune prisonnier du Camp Boiro. Mais, je dois dire une chose, je me suis toujours considéré comme une victime collatérale. Parce que celle qui a le plus souffert, c’est ma mère. Et, je sais qu’il y en a qui ont le plus souffert que moi, parce qu’il y a des gens qui ont perdu leurs femmes, leurs maris, leurs frères. Nous, au moins, on a eu la chance de s’en sortir vivants. Néanmoins, ça beaucoup joué sur notre vie. Ça, c’est un fait et ça va rester coller à la peau. Parce qu’on a subi beaucoup de dommages… En tout cas, aujourd’hui c’est un grand jour, c’est le commencement de la réhabilitation ; parce que c’est tout ce qu’on demande en fait. Il y en a beaucoup qui ont souffert plus que moi et continuent de souffrir. On espère qu’il n’y aura jamais plus ça. Jamais plus jamais ! Ma maman vie, mais elle n’aime pas trop parler de ça. Elle en souffre encore beaucoup. Donc, elle n’est pas prête à témoigner facilement. Ça risque de la perturber. Sinon, elle vit et elle est là », a expliqué Daniel Philippe de Sainte Marie.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

Lire

Mohamed Béavogui aux victimes du Camp Boiro : « tout ce qui doit être fait, sera fait »

18 octobre 2021 à 18 06 36 103610

Le Premier ministre de la transition, à la tête d’une délégation du CNRD, a pris part ce lundi, 18 octobre 2021, à la commémoration du 50ème anniversaire des exécutions de 1971. Une cérémonie organisée dans l’enceinte du camp Camayenne (ex-camp Boiro) pour rendre hommage aux nombreux Guinéens qui ont été fusillés il y a cinquante ans par le régime de Sékou Touré et réclamer justice pour eux.

En compagnie du colonel Amara Camara (ministre secrétaire général à la présidence de la République) et Djiba Diakité (directeur de cabinet de la présidence de la République), Mohamed Béavogui est venu répondre à l’invitation de l’association des victimes du camp Boiro (AVCB), organisatrice de cet événement. A cette occasion, il a réitéré la volonté des nouvelles autorités guinéennes de mettre fin à l’injustice, tout en prônant la réconciliation entre les Guinéens.

« Vous avez vu que le CNRD est venu avec la justice, avec l’apaisement et avec un comportement humain. Vous avez vu comment nous essayons de nous comporter avec ceux qui ont offensé et ceux qui n’ont pas offensé. Parce qu’on ne paie pas l’injustice par l’injustice. On paie l’injustice par la justice. On paie l’injustice par le comportement humain, un comportement sur la foi. Et c’est ce que vous avez vu jusqu’à présent. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est simplement qu’on doit respecter l’être humain. 

Aujourd’hui, vous êtes là, c’est difficile, nous venons partager avec vous ces moments difficiles. Mais, le plus important, c’est qu’on veut une Guinée nouvelle. Et cette Guinée nouvelle sera basée sur une seule chose, c’est la réconciliation. La Guinée se fera avec tous les Guinéens ou elle ne se fera pas. C’est pourquoi, je vous exhorte chacun à travailler pour cette réconciliation. Tout ce qui doit être fait, sera fait. La justice est la boussole du CNRD. Le reste, c’est à chacun d’entre nous de jouer son rôle pour qu’on ait la Guinée que nous voulons, un pays normal », a dit le Premier ministre.

Mohamed Guéasso Doré pour Guineematin.com 

Tel: +224 622 07 93 59 

Lire

Kaloum : un jeune homme broyé par un train minéralier de la société Rusal/Friguia

18 octobre 2021 à 16 04 02 100210

Le drame s’est produit dans la nuit du dimanche, 17 octobre 2021, dans la commune de Kaloum (Conakry). Un train minéralier de la société Rusal/Friguia a marché sur un jeune homme d’une trentaine d’années, broyant complètement son corps. Ibrahima Sory Touré, la victime, était enseignant dans une école privée. Mais récemment, il a eu une dépression mentale, a appris Guineematin.om à travers un de ses journalistes.

Aboubacar Kaba, cousin de la victime

Selon Aboubacar Kaba, cousin de la victime, l’accident s’est produit vers 23 heures. « Je suis venu sur le terrain, j’ai constaté que son corps était complètement déchiqueté et éparpillé sur les rails. On a marché sur une distance d’un kilomètre pour ramasser les morceaux sur les rails. Les membres inférieurs et supérieurs, la tête, ont été retrouvés à des endroits différents. Le train l’a traîné sur plusieurs mètres », a expliqué ce proche de la victime.

Pour l’heure, les circonstances de l’accident ne sont pas élucidées, car il n’y a pas de témoin oculaire. Mais, selon les agents qui assurent la sécurité des rails, ce n’est pas le train qui a tué le jeune homme, c’est plutôt un corps sans vie qu’il aurait trouvé sur les rails. Une version que rejette le cousin de la victime.

« C’est le train qui l’a tué. S’ils disent qu’il a été tué et déposé au niveau des rails, c’est faux. Même sur le train et au niveau des rails, il y a des morceaux de viandes de son corps, nous en avons toutes les preuves. Nous avons appelé la gendarmerie, la DPJ ainsi que les pompiers. Au début, ils pensaient que la victime n’avait pas de parents, ils pensaient que c’est un délinquant, mais ils ont compris qu’il a des parents », a dit Aboubacar Kaba.

Le corps de la victime, Ibrahima Sory Touré, a été déposé à la morgue de l’hôpital Ignace Deen de Conakry. Des enquêtes sont ouvertes pour en savoir plus sur les circonstances de sa mort.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tel. 669681561

Lire

Guinée : nécessité de vite rendre justice aux nombreuses victimes du 3ème mandat

18 octobre 2021 à 15 03 29 102910
Saikou Yaya Diallo, Juriste consultant, responsable juridique et social du FDNC

Par Saïkou Yaya Diallo, ancien prisonnier d’Alpha Condé : Attention ! Ne tombons pas vite dans l’oubli ou l’indifférence face aux crimes commis par le régime Alpha Condé. Le 14 Octobre 2019, commençaient la résistance contre les velléités d’un troisième mandat en Guinée, avec toutes les conséquences qui en ont résulté. Certes, les attentes des guinéens pour la mise en place d’un nouveau gouvernement et des nouvelles institutions pour une meilleure conduite de la transition, se font de plus en plus pressantes à l’endroit des nouvelles autorités du pays. Il y a lieu de rappeler la nécessité d’inscrire parmi les priorités, la tenue d’un procès pour ces milliers de victimes de lutte contre le troisième mandat, pour les rétablir dans leurs droits. Une telle démarche aura le mérite d’annoncer le début de la mise en place des fondements d’un véritable Etat de droit en Guinée.

Il faut rappeler que l’opposition à tout projet de troisième mandat pour l’ex-président Alpha Condé, a vite acquis l’adhésion de la majorité des guinéens de l’intérieur et de la diaspora. Une opposition qui s’est formalisée sous les auspices du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) qui, tout en attirant l’attention du chef de l’Etat d’alors, sur les graves conséquences socio-économiques et politiques d’un tel projet pour le pays, a aussi interpellé la communauté internationale pour qu’elle oblige ce dernier à respecter la constitution de 2010 et les conventions internationales sur la gouvernance démocratique auxquelles la Guinée a souscrit. Mais en réponse à ces multiples interpellations et mises en garde, l’ex-président de la république a mis en place une politique de répression systématique de toute forme de manifestation citoyenne contre son projet de troisième mandat. Cette répression, dira-t-on ‘’sauvage’’ qui dépasse tout entendement humain, a fait : plus de 99 personnes tuées par les forces de maintien d’ordres ; des milliers de personnes kidnappées et séquestrées dans toutes les prisons du pays pendant des mois voire des années, sans aucun jugement préalable ou avec des condamnations expéditives orchestrées par des magistrats acquis au pouvoir en place ; des portées disparus ; des personnes contraintes de quitter leurs familles et leur pays pour sauver leur vie. Bref, une tyrannie qui a fini par réduire le peuple à l’impuissance et au silence, avec une restriction systématique des libertés individuelles. Ainsi, en adoptant une nouvelle constitution avec tous les dégâts qui en ont résulté, Alpha Condé a défié le peuple de Guinée et la communauté internationale en se maintenant au pouvoir et en gouvernant le pays avec une main de fer. N’ayant aucune once de sympathie pour le peuple, en plus des mesures économiques et financières drastiques qu’il a prises (augmentation du prix du carburant et ponction de 5% dans le salaire des fonctionnaires) et qui ont davantage appauvri les pauvres citoyens. Il disait à qui veut l’entendre qu’il, je cite ‘’ je couperais la queue de celui qui va la faire sortir ‘’, une façon de montrer jusqu’où l’homme avait poussé son arrogance et son mépris pour le peuple de Guinée.

Cette déplorable situation qui a été dénoncé par toutes les ONG des droits humains et les organisations internationales, a profondément secoué les fondements de la nation guinéenne et plongé le pays dans une crise sans précédent, marquée par d’énormes pertes en vie humaine ; les  graves atteintes physiques et morales des personnes, causant ainsi des handicapés à vie ;  la destruction des biens publiques et privées ; une ethnicisations à outrance de l’administration publique ; une paupérisation des citoyens ; la corruption et un enrichissement illicite à outrance de l’élite dirigeante. En écartant toute possibilité de dialogue avec ses opposants, il a plongé le pays dans une incertitude totale. Ainsi, il a fallu un coup de force pour l’enlever au pouvoir, d’ailleurs il faut noter que ‘’ c’était la seule et unique alternative qui restait pour sauver le peuple ‘’. 

Alors la question qu’il faille se pose est de savoir, allons nous tourner cette page douloureuse de l’histoire récente de la Guinée, comme c’est le cas des nombreuses violations graves des droits de l’homme que le pays a connu ces vingt dernières années ? 

Ne dit-on pas que la non répression d’une infraction (crime ou délit) engendra forcément la commission d’une autre ? 

Comme le disait l’écrivain Amadou Kourouma dans son célèbre ouvrage intitulé ‘’ le Vote des bêtes sauvages ‘’ je cite, « l’impunité, c’est comme une braise qu’on jette dans la savane en pleine saison sèche, on sait où commence le feu, mais on ne sait pas où il va s’arrêter ».

En outre, tout en saluant l’esprit de rassemblement de toutes les filles et les fils du pays, prôné par les autorités de la transition pour bâtir une nouvelle Guinée. Un appel qui s’est d’ailleurs traduit par des actes hautement humains que le chef de l’Etat a pris, comme le fait de : libérer les leaders du FNDC, les acteurs politiques et des nombreux citoyens kidnappés et séquestrés à la maison centrale de Conakry pour leur opposition au troisième mandat (plus de 1000 personnes selon les chiffres officiels) ; reconnaître les bavures commises par le régime Alpha Condé à l’endroit du peuple ; aller prier au cimetière de Bambeto pour le repos des âmes des victimes tuées lors des manifestations contre le troisième mandat. Mais aussi, envoyer une délégation lors de la lecture du saint coran organisée ce Vendredi 15 Octobre 2021 en la mémoire des victimes tombées sous les balles des forces de l’ordre, afin de demander pardon au nom de l’Etat, aux quatre coordinations régionales et aux familles des victimes. 

Cependant, toutes ces bonnes actions ne doivent nullement se substituer à une action judiciaire, qui reste et demeure le meilleur moyen de rétablir les victimes dans leurs droits, de lutter contre l’impunité et de s’assurer que des telles bavures n’arriveront pas dans le futur. Comme on aime à le dire souvent, ‘’si nous voulons bâtir une société égalitaire, la justice doit précéder le pardon ’’. D’ailleurs, pour dépeindre ce tableau très sombre de la situation actuelle de notre pays et de renouer avec les valeurs morales et démocratiques, ‘’ seule la justice doit être notre boussole ‘’, comme l’a mentionné le chef de l’Etat colonel Mamadi Doumbouya, lors de son premier discours à la suite de la prise du pouvoir par l’armée.

La nécessité de faire de la justice l’un des piliers fondamentaux de cette transition est d’autant plus importante qu’elle permettra à coup sûr de :

Moraliser et crédibiliser l’administration publique guinéenne ;

Restaurer la confiance entre les citoyens et l’Etat ;

Réformer la justice en la rendant indépendante, tout en se débarrassant de tout magistrat indélicat ;

Garantir l’exercice des libertés individuelles et collectives ;

Faire de la loi la seule référence dans l’action étatique ;

C’est pourquoi, pour le respect de la mémoire de toutes ces victimes et de la réussite d’un processus de réconciliation nationale.  Bref, pour l’intérêt supérieur de la nation, ‘’ les autorités de la transition devraient prendre des mesures préventives, pour que les personnes (civile ou militaire) qui sont de près ou de loin associées à ces crimes (de sang et économiques), s’abstiennent de toutes forme de manifestations ou de mouvement en attendant que la justice n’établit leur culpabilité ou leur innocence ‘’.  Cela est d’autant plus important, qu’il va dissuader les actuels et les futurs dirigeants pendant et après cette transition de commettre les mêmes bavures, au risque de se voir sanctionner comme leurs prédécesseurs. 

Donc, ‘’ l’idée de la libération d’Alpha Condé ou de la possibilité de certains caciques de son régime de reprendre librement leurs activités et de tenir des réunions comme si de rien n’était, est un mauvais signal à l’endroit de l’opinion publique voire même de la conscience humaine, alors que les plaies ne se sont pas encore cicatrisées ‘’. Une chose qui risque de semer et de renforcer le doute dans la tête du citoyen sur la réelle volonté des nouvelles autorités, à restaurer la justice et à jeter les bases de la construction d’un véritable Etat de droit. ‘’ Raison de plus, que le procès des auteurs de ces crimes odieux et leurs complices ne doit pas attendre. Il doit être la priorité des priorités pendant cette transition, pour apaiser les douleurs de ces victimes et de leurs familles, qui sont profondément touchées dans leurs âmes et dans leurs chairs ».

Pour finir, il faut rappeler que la Guinée a ratifié la plupart des conventions internationales relatives aux droits de l’homme. Mieux, elle participe à tous les mécanismes internationaux de promotion et de protection des droits de l’homme. Donc, elle est tenue de respecter et de faire respecter sur son territoire national, les dispositions de ces conventions et les recommandations issues de ces mécanismes. 

Nous devons garder à l’esprit que, la pleine jouissance par les citoyens de leurs droits civils et politiques, ainsi que ceux économiques, sociaux et culturels dans un pays, leur permet à coup sûr d’avoir une bonne éducation, une bonne santé et de s’épanouir. Ce qui va faire d’eux des véritables acteurs du développement et de l’émergence de leur nation. 

« C’est la voie que toutes les nations développées ont suivi, pour se développer la Guinée ne pourra pas faire autrement ».

Saïkou Yaya Diallo, ancien prisonnier d’Alpha Condé

Saikou Yaya Diallo, Juriste consultant, responsable juridique et social du FDNC

Lire

Relance économique en Guinée : le président du GOHA attendu à Sangaredi ce lundi

18 octobre 2021 à 15 03 19 101910
Mohamed Abdallah Chérif Haidara, président du GOHA

Rentré en Guinée après la prise du pouvoir par le CNRD (la junte militaire qui a renversé Alpha Condé le 05 septembre dernier par un coup d’Etat), le président du groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA), Mohamed Chérif Abdallah, a initié une tournée de prise de contact avec les opérateurs du pays. La démarche vise à explorer les voies et moyens pouvant permettre la relance des activités économique en Guinée. Et, dans cette optique, il est attendu ce lundi, 18 octobre 2021, dans la sous-préfecture de Sangaredi, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la région de Boké.

A la tête d’une forte délégation, Mohamed Chérif Abdallah compte conférer avec les commerçants, les transporteurs et les agriculteurs de Sangaredi sur les problèmes qui les assaillent actuellement, afin d’explorer ensemble des pistes de solution au bénéfice de tous. Egalement, Chérif Abdallah mettra à profit cette occasion pour sensibiliser les membres du GOHA et les citoyens de cette zone minière sur la nécessité de vivre dans l’harmonie et la paix. Le président du GOHA compte aussi mettre en exergue cette rencontre pour lancer un message de soutien au CNRD pour une transition apaisée et une relance économique réussie en Guinée.

Nous y reviendrons ! 

De Boké, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tel: 628 98 49 38

Lire

Femme violée par des médecins à Conakry : L’ordre national des médecins condamne

18 octobre 2021 à 15 03 13 101310
Professeur Hassane Bah, président de l’ordre national des médecins de Guinée

Dans une déclaration lue dans la matinée de ce lundi, 18 octobre 2021, à l’hôpital national Ignace Deen, l’ordre national des médecins de Guinée condamne fermement le comportement « indigne » et « contraire à toutes les valeurs morales, éthiques et déontologiques qui régissent l’exercice de la profession » de deux médecins, accusés d’avoir violé une jeune fille à Entag, dans la banlieue de Conakry.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de cette déclaration du Professeur Hassane Bah, président de l’ordre national des médecins de Guinée :

Réf/ N° 0028/ CNOMG    

Conakry, le 1 8/ 10/ 2021

Déclaration de l’Ordre National des Médecins de Guinée

Professeur Hassane Bah, président de l’ordre national des médecins de Guinée

Chers Compatriotes,

Mesdames et Messieurs

C’est avec une grande consternation que nous avons appris par voie de presse l’agression sexuelle commise sur une patiente dans un cabinet médical par des soi-disant médecins dans la banlieue de Conakry.

L’Ordre National des Médecins de Guinée condamne fermement ce comportement indigne contraire à toutes les valeurs morales, éthiques et  déontologiques qui régissent l’exercice de la profession.

Chers compatriotes

L’exercice de la profession médicale requiert une formation continue de sept    ans sanctionnée par un diplôme et une inscription au conseil de l’ordre des médecins, celle-ci est précédée d’une enquête de moralité.

Après vérification, nous avons constaté que les mis en causes ne sont pas répertoriés au niveau de notre institution.

S’agit-il de médecins ?

S’agit-il d’infirmiers, de garçons de salle, de tradipraticiens ou autres ?

A notre avis la réponse est claire : ii s’agit de délinquants sexuels ayant commis 

 un viol collectif dans l’exercice illégal de la profession médicale.

Le viol est un crime imprescriptible. Lorsqu’il est commis par un agent de santé, qui profite de sa position ascendante et de la vulnérabilité de la victime, cela constitue une circonstance aggravante.

Nous ne devons pas nous tromper de cible, ii ne s’agit nullement d’un procès de médecins mais celui de délinquants sexuels.

II faut rappeler l’instar des autres pays que l’exercice de la prestigieuse fonction médicale est encadré et contrôlé par des mécanismes étatiques règlementés et transparents, assortis d’un suivi et évaluation constants.

Au-delà du diplôme, l’exercice de la médecine requiert de l’éthique et de la discipline et ne saurait être l’apanage de simples associations de médecins.

C’est pourquoi, nous invitons le ministère de la santé à prendre toutes ses responsabilités es pour garantir à tous les guinéens des soins de qualité dispenses par un personnel qualifié et équipé.

A la justice nous demandons une application stricte de la loi dans toute sa rigueur en matière de responsabilité médicale en général, et la responsabilité répressive en particulier.

A la lumière de ce qui précède, le conseil national de l’ordre des médecins de Guinée décide :

  • – De se constituer partie civile a cote de la victime pour défendre l’honneur de la profession médicale et protéger les intérêts de la patiente
  • – D’interdire l’exercice de la profession médicale sur toute l’étendue du territoire aux personnes qui seront inculpées.

Nous ne saurions terminer sans nous incliner pieusement devant les nombreuses victimes connues et anonymes des fautes et erreurs médicales commises par le corps médical aux préjudices des populations guinéennes et nous invitons les médecins au respect du serment d’Hippocrate, gage certain d’une bonne conduite professionnelle.

Pour l’ordre national des médecins de Guinée

Le Président

Professeur Hassane Bah

Lire

Axe Kankan-Kissidougou : la route de tous les calvaires

18 octobre 2021 à 14 02 05 100510

L’espoir suscité il y a quelques années par le lancement des travaux de réhabilitation de la route nationale Kankan-Kissidougou s’est transformé aujourd’hui en une véritable désillusion. En effet, le projet, dont l’exécution était confiée à Ebomaf, a été un échec total. Au lieu de donner du sourire aux usagers de cette route, il a plutôt aggravé leur souffrance, a constaté le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

La réhabilitation de la route nationale Kankan-Kissidougou était l’une des promesses de campagne du président Alpha Condé. L’ancien chef de l’Etat guinéen avait confié l’exécution du projet à Ebomaf, une entreprise appartenant à l’homme d’affaires burkinabè Mahamadou Bonkoungou, avec qui il entretenait de bonnes relations. En 2014, Ebomaf lance le projet pour un délai d’exécution de 24 mois (deux ans). Mais, sept années plus tard, le constat sur le terrain est alarmant : les seuls travaux réalisés ont consisté au terrassement de 35 kilomètres de route.

Les usagers de cet axe routier, qui avaient vivement salué le lancement de ces travaux, n’ont pas tardé à déchanter. Car, au lieu de sortir de la souffrance, leur calvaire s’est plutôt aggravé. C’est le cas de Balla Condé, un chauffeur qui pratique régulièrement cette route. « Cela fait maintenant dix ans que cette route est quasiment impraticable, on l’emprunte parce qu’on n’a pas le choix, il faut travailler pour nourrir la famille. 

Quand il pleut, on peut passer deux à trois entre Kankan et Kissidougou, à cause du mauvais état de la route. Quand Ebomaf a lancé les travaux de reconstruction de cette route, en 2014, on était très contents, on avait eu un grand espoir. Malheureusement, cette entreprise n’a rien fait, même les trois ponts qu’elle avait commencé à construire n’ont pas été achevés », a déploré ce transporteur.

Kemo Dramé, chauffeur

Même son de cloche chez Kémo Dramé, un autre chauffeur qui pratique cet axe. Il indique que le mauvais état de la route cause beaucoup de dommages aux transporteurs. « Chaque fois que je fais deux ou trois voyages, l’amortisseur de mon véhicule ne tiendra plus, je suis obligé de le changer. A cause de ces pannes récurrentes, on souffre beaucoup, on travaille pour survivre. Je demande aux nouvelles autorités guinéennes de nous aider à reconstruire cette route. Car, si elle est en bon état, ça va beaucoup nous soulager », a-t-il lancé.

Tidiane Sow, chauffeur

Depuis 1985, Tidjane Sow, un Guinéen vivant à Cotonou, au Bénin, n’a pas mis pied sur le tronçon Kankan-Kissidougou. Aujourd’hui, il est surpris de voir l’état de dégradation poussée de cette route. « Cette route est un calvaire total pour les usagers. Lorsque je quittais ici, en 1985, elle n’était pas comme ça. Je quittais Kissidougou à 8 heures, à moto, et 10 heures me trouvait à Kankan. Je règle toutes mes affaires et je retourne à Kissidougou. Mais, aujourd’hui, on peut passer toute une journée entre Kankan-Kissidougou, 194 Km. Je n’ai jamais vu une route comme ça dans n’importe quel pays », a dit ce citoyen.

Qu’est-ce qui a empêché la réhabilitation de cette route ? Où est parti l’argent débloqué par l’Etat pour l’exécution des travaux ? Ce sont là des questions qui restent aujourd’hui en suspens et que les nouvelles autorités guinéennes devraient chercher à éclaircir. 

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Lire

Réhabilitation des victimes des camps de torture : ce que l’AVCB demande au CNRD

18 octobre 2021 à 13 01 53 105310

Dans la matinée de ce lundi, 18 octobre 2021, les membres et sympathisants de l’association des victimes du Camp Boiro ont réuni du monde au Camp Boiro (actuellement camp Camayenne). C’était à l’occasion du 50ème anniversaire de la fusillade de 70 cadres guinéens par le Régime de Sékou Touré, le 18 octobre 1971.

Les responsables de cette association ont profité de cette occasion pour exprimer leurs préoccupations aux nouvelles autorités guinéennes. L’AVCB demande notamment au CNRD de favoriser la réhabilitation des victimes des différents camps de torture, la sécurisation (clôture) des charniers où sont ensevelis nos parents, restitution par un acte officiel à l’AVCB de la partie carcérale du Camp Boiro, la déclassification des archives officielles de l’Etat concernant les camps de torture, la restitution des biens saisis par le régime de Sékou Touré sont parmi les préoccupations majeures de l’association des victimes du Camp Boiro…

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité du discours que le secrétaire exécutif de l’AVCB a adressé au Colonel Mamadi Doumbouya, président de la Transition et du CNRD :

Abdoulaye Conté, Secrétaire Exécutif de l’Association des victimes du camp Boiro

Excellence M. le Président du CNRD, Président de la République, Colonel Mamady Doumbouya

Depuis l’avènement du CNRD le 05 septembre 2021, vous avez montré un intérêt particulier au respect des droits humains en général, et au respect de la mémoire de toutes les victimes des violences d’État subies en GUINEE de 1958 à 2020 en particulier.

L’Association des Victimes des Camps Boiro « AVCB », créée en 1985, et regroupant les guinéens de tous horizons politiques, et de toutes ethnies, salue ce changement et s’engage à vous accompagner dans la mesure de son objet social qui vise principalement à obtenir la réhabilitation et la justice pour les victimes des différentes républiques.

Pour rappel, l’année 1971 a été une année sombre pour la Guinée. Ainsi, le 25 janvier 1971, furent exécutés (dont des dizaines de pendus à travers tout le pays) tous ceux qui avaient été accusés à tort pour la plupart d’avoir été impliqués dans l’agression de la Guinée par les mercenaires portugais en 1970, ainsi que ceux qui étaient déjà en prison au moment de l’agression. Les nuits du 31 juillet et du 18 octobre 1971 resteront gravées aussi dans nos mémoires par l’ampleur et la cruauté des exécutions de militaires et de civils.

Mon Colonel, nous remercions Dieu qui seul a permis votre avènement à la tête de la Guinée. Vos premières décisions en faveur des Droits humains sont salutaires. Et ainsi, le plus grand acte symbolique à poser pour apaiser des milliers de familles victimes des crimes d’État était de se recueillir au camp Boiro. En effet, de 1958 à 1985, des milliers de guinéens périrent dans les camps de Guinée, et le camp BOIRO fut le transit mouroir, de diète noire et de tortures à mort pour toutes ces victimes. Ce fut un cauchemar pour tout un pays embrigadé et soumis au règne de la délation. Ainsi, le camp BOIRO et cette politique généralisée de violences ont enfanté les crimes de 1985, les crimes de 2006 et 2007, les crimes de 2009 et les crimes pendant les 11 ans de Alpha CONDÉ. Tous les crimes trouvent leur origine dans les pratiques de torture, d’avilissement de la personne humaine pratiqués pendant 26 ans au camp BOIRO. Il ya même des fosses communes à l’intérieur, dans la partie carcérale.

Mon Colonel, votre recueillement ce jour au camp BOIRO pour apaiser des milliers de familles qui n’ont pas encore fait leur deuil restera gravé à jamais dans les mémoires en Guinée. En effet, c’est la première fois, qu’un Président de la République daigne s’intéresser aux victimes des violences d’État en Guinée. De ce fait, vous rentrez dans l’histoire de la GUINÉE comme un grand Président. Vous posez aujourd’hui un acte inestimable allant véritablement dans le sens de la refondation. Et nous, enfants de toutes les victimes vous soutenons dans cette quête de justice. Nous vous encourageons à poursuivre et faire aboutir les conclusions de la commission de réflexion sur la Réconciliation Nationale mise en place en 2015, présidée par Mgr Vincent Koulibaly et Elhadj saliou Camara et qui est le résultat de 5000 enquêtes de terrain, 730 entrevues personnelles, 104 focus groups, 56 rencontres communautaires. Ce rapport reflète ce que les guinéens entendent par réconciliation nationale. Ce rapport devait être transmis à l’assemblée nationale pour légiférer. Il pourrait être transmis au futur organe CNT.

M. le Président, depuis 1985 l’AVCB se bat pour la réconciliation des guinéens et ses revendications entièrement reprises par le rapport, se résument ainsi :

1- La réhabilitation des victimes des différents camps de torture ; ce qui signifie notamment, mais non exclusivement, l’annulation solennelle des « jugements de condamnation » à l’encontre des personnes concernées, et le rétablissement de la vérité sur les conditions d’obtention des aveux, et d’exécution des détenus ;

2- La sécurisation (clôture) des charniers où sont ensevelis nos parents, ainsi que la construction de sépultures dignes, permettant aux familles de s’y recueillir ;

3- La restitution par un acte officiel à l’AVCB de la partie carcérale du Camp Boiro que le général Lansana Conté nous avait déjà restituée en 1993, mais dont l’accès nous a été interdit depuis 2020;

4- La déclassification des archives officielles de l’Etat concernant les camps de torture ;

5- La restitution des biens saisis par le régime de Sékou Touré, et non encore restitués aux victimes aux termes de l’arrêté de restitution édicté par le CMRN.

Monsieur le Président, nous formulons nos meilleurs vœux pour la réussite de votre combat. Vous pouvez nous consulter à tout moment et nos experts seront heureux de vous prodiguer tous les conseils pouvant faciliter votre présidence, notamment dans le domaine de la recherche de la vérité, la justice et la réconciliation.

Veuillez accepter Excellence M. le Président nos respectueuses salutations.

Abdoulaye Conté, Secrétaire Exécutif de l’Association des victimes du camp Boiro

Lire

AVCB sur l’hommage rendu à Kaman Diaby par le CNRD : communiqué

18 octobre 2021 à 13 01 37 103710
Abdoulaye Conté, Secrétaire Exécutif de l’Association des victimes du camp Boiro

Merci Monsieur le Président !

L’Association des Victimes des « Camp Boiro AVCB », créée en 1985, et regroupant les guinéens de tous horizons politiques, et de toutes ethnies, salue l’hommage rendu ce vendredi 15 octobre 2021 par le CNRD à l’ex chef d’état-major adjoint de l’armée guinéenne en 1969, le colonel Kaman Diaby. Ce dernier fut arrêté le 26 mars 1969 et rayé de l’armée à compter du 1er mai 1969 en même temps que 23 autres militaires, par décret signé du président Sékou Touré le 7 juin 1969. 

Le colonel Kaman Diaby a fait toutes ses études primaires chez son père adoptif Fodé Bokar Maréga, avant de se rendre à Bamako (enfant de troupe) puis en France à l’École de l’Air. En 1952 et 1953, il avait défilé le 14 juillet sur les Champs- Élysées avec l’École de l’Air, juste derrière l’École Polytechnique et Saint-Cyr.

Premier aviateur d’Afrique francophone, le colonel Kaman Diaby a fait les guerres d’Indochine et d’Algérie. En 1959, il démissionne de l’armée française pour rentrer en Guinée. Il avait alors le grade de capitaine. Il est d’abord nommé auprès du président de la République, puis comme chef d’état-major adjoint de l’armée, sous les ordres du colonel Kéita Noumandian, chef d’état-major général. Ce dernier aussi sera arrêté en 1970 et exécuté en 1971. Ces deux hommes, ainsi que le commandant Barry Siradiou furent les principaux concepteurs de l’armée guinéenne. Ils furent tous exécutés dans des conditions atroces et sans aucun jugement préalable. Ce 15 octobre 2021, soit 52 ans après son exécution, le lieu où le Colonel Kaman Diaby fut enseveli nuitamment est enfin connu.

L’AVCB souhaite profondément remercier le CNRD et le Président de la Transition pour cet hommage et surtout pour avoir publiquement dévoilé le lieu où le colonel Kaman Diaby a été enseveli après avoir été sauvagement exécuté. L’AVCB se bat depuis 1985 pour que l’Etat s’engage officiellement à protéger ces charniers que l’AVCB a identifiés et cartographiés par ses propres moyens (Camp Boiro, Nongo, Kakoulima, Sangoyah, Kindia, Dubréka, Kankan, Nzérékoré) et où des milliers de nos parents ont été jetés. En effet, l’AVCB souhaite que l’Etat poursuive la démarche de saisine des Nations-Unies aux fins d’aider la Guinée à ce que des sépultures dignes y soient réalisées et que des milliers de familles commencent enfin leur deuil, 37 ans après la mort du dictateur.

Nous encourageons le Président de la Transition à permettre aux autres victimes d’avoir la même reconnaissance de la Nation que celle dont le colonel Kaman Diaby vient de bénéficier.

Abdoulaye Conté, Secrétaire Exécutif de l’Association des victimes du camp Boiro

Lire

Abdoulaye Bah à Guineematin : « le RPG n’a jamais été un parti démocratique, Alpha Condé était un dictateur… »

18 octobre 2021 à 10 10 25 102510

Connu pour sa résistance dans la lutte pour l’instauration de la démocratie en Guinée, l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, Abdoulaye Bah, était l’invité de ‘’La Grande Interview’’ de Guineematin.com vendredi dernier, 15 octobre 2021. Et, au cours de cet échange, le Secrétaire national chargé d’animation et de marketing politique de l’UFDG a révélé le « réel motif » qui a conduit Alpha Condé à emprisonner çà et là des adversaires politiques.

Abdoulaye Bah, ancien maire de la commune de Kindia

« On avait à faire à une dictature. Alpha Condé, c’est parce qu’il a peur qu’il mettait les gens en prison. Et, malheureusement, il est aujourd’hui privé de liberté. Donc, il n’utilisait pas les règles et principes de démocratie qui consistent à une compétition électorale… Le RPG n’a jamais été un parti démocratique, parce qu’il a peur des élections. D’où les manigances, les accusations, les tueries, les arrestations. On a été amené en prison parce que tout simplement Alpha Condé estimait, dans sa volonté de faire taire les Guinéens, que l’UFDG avait quatre cadres (Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah, Chérif Bah) qui pouvaient absolument, volontairement, de façon acharnée et déterminée, défendre notre victoire du 18 octobre 2020 », a indiqué Abdoulaye Bah.

Pour ce proche collaborateur de Cellou Dalein Diallo, l’ancien chef de l’Etat guinéen a perpétré « le plus gros complot contre les Guinéens » quand il s’est engagé sur le chemin de la dictature à travers son troisième mandat tâché de sang.

Abdoulaye Bah, ancien maire de la commune de Kindia

A la question de savoir pourquoi ce sont eux qui ont été arrêtés, l’ancien maire de Kindia rappelle que l’ancien chef de l’Etat n’était qu’un dictateur. « C’est par la dictature. Alpha Condé ne devrait pas être candidat. Son mandat prenait fin légalement le 21 décembre 2020. Il a fait deux mandats même s’ils sont bancals. Il était mal élu en 2010 et en 2015, il s’est installé en utilisant l’argent public volé et la force publique brutale. C’est le plus gros complot contre les Guinéens. Une ramification de la présidence jusque dans les carrés, dans les familles. En fonction de ton statut, tu avais un sac de riz, une moto, une voiture, ou bien un milliard, deux milliards. Et, il a mis en mouvement toutes les structures de l’Etat (gouvernement, entreprise publique, les religions, certains médias). Bref, Alpha était dans un emballement psychologique incontrôlable », a martelé Abdoulaye Bah.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Siguiri : 2 personnes blessées dans un affrontement entre deux villages

18 octobre 2021 à 10 10 23 102310

Un affrontement a opposé hier, dimanche 17 octobre 2021, des habitants de deux villages, à Siguiri. Les violences se sont soldées par deux blessés graves, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

Depuis cinq ans, les habitants du district de Kökoun, dans la sous-préfecture de Koumandjanbougou, et ceux de la commune rurale de Banko, tous dans la préfecture de Siguiri, se disputent la paternité d’une mine d’or. Selon nos informations, la justice a donné raison aux citoyens de Kökoun, mais ceux de Banko ont rejeté cette décision. C’est ainsi que les deux parties se sont affrontées ce dimanche, 17 octobre 2021, faisant deux blessés graves.

« Dimanche matin, j’ai reçu un appel téléphonique de monsieur le sous-préfet de Koumandjanbougou. Il m’a instruit d’arrêter le travail sur le domaine conflictuel, en disant que l’ordre est venu de monsieur le préfet de Siguiri. J’ai appelé le préfet, je lui ai dit que le problème est fini, parce que la Cour d’appel de Kankan a tranché en notre faveur et un huissier de justice a signifié aux différentes autorités la grosse de jugement. Le préfet m’a répondu au téléphone qu’il n’a reçu la grosse de jugement.

Il m’a ordonné de faire quitter les gens sur les lieux. Donc, j’ai demandé aux travailleurs de quitter les lieux. Et c’est au moment où les gens quittaient les lieux pour rentrer que des jeunes de Banko, armés de fusils de chasse et de cailloux, et qui avaient monté des embuscades, nous ont attaqués. Deux jeunes orpailleurs ont été gravement blessés : l’un a reçu une balle au niveau de sa cuisse et l’autre a reçu un caillou sur la figure », a expliqué Balla Diakité, le président du district de Kökoun.

Les deux blessés ont été admis à l’hôpital préfectoral de Siguiri. Toutes nos tentatives de joindre les autorités de Banko sont restées vaines. 

De Siguiri, Bérété Lancéi Condé pour Guineematin.com 

Lire

Cellou et Sidya ou ce duo qui dérange tout le temps

18 octobre 2021 à 10 10 15 101510

Quand Alpha Condé déclare pendant sa campagne pour le troisième mandat qu’il ne laissera pas le pays entre les mains des bandits, nul ne pouvait imaginer que ce discours du vieil homme était prémonitoire. Au moment où l’ancien président a fait cette déclaration beaucoup de personnes avaient estimé qu’il faisait allusion aux anciens Premiers ministres. Plus particulièrement au duo Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré. Avec le recul, on se rend compte que, sans le savoir, les hommes auxquels il faisait allusion n’étaient d’autres que ses propres compagnons.

Les anciens Premiers ministres ont donné de l’insomnie au vieil homme jusqu’à sa chute. Cette chute était censée mettre fin à l’hostilité entre les protagonistes. Et pourtant, même après leur descente aux enfers, les partisans du régime déchu continuent à combattre les anciens Premiers ministres. C’est dans cette logique qu’il faudrait voir le débat autour de deux sujets qui défraient actuellement la chronique.

Le premier sujet est relatif à la durée de la transition. Pour les partisans de l’ancien régime, plus la transition dure plus les portes du palais Sékoutouréya se ferment pour les deux anciens Premiers ministres. Ils pensent que le temps va défavoriser les deux hommes qui seront devenus tous septuagénaires. Pour ce premier groupe, éliminer des adversaires politiques par les textes de loi serait moins facile que par leur état physique et mental. D’où, pour eux, la nécessité de faire durer le plus longtemps possible la transition afin que la nature fasse son travail.

Le deuxième sujet qui polarise l’attention est le rajeunissement de la classe politique. Mais l’objectif est le même. Ce sont les approches qui sont différentes. Contrairement au premier groupe, qui souhaite éliminer les adversaires de manière plus subtile, le deuxième ne va pas par quatre chemins pour atteindre son objectif. Pour cet autre groupe, il faut tout simplement rajeunir la classe politique. Autrement dit voter des lois qui limitent l’âge pour être candidat à une élection. Notamment une présidentielle.

C’est cette fonction qui cristallise le débat. Pour ceux qui veulent empêcher les anciens Premiers ministres de diriger la Guinée, tous les moyens sont bons pour arriver à leurs fins. Reste à savoir si, l’autre duo, Doubmouya et Béavogui, va céder aux caprices des gens qui n’ont d’autres programmes de société que l’élimination des adversaires politiques plutôt gênants par leurs expériences, leurs compétences et leur rigueur dans la gestion de la chose publique.

Et pourtant, les soucis de Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo ne commencent pas avec Alpha Condé. Les deux hommes furent la bête noire des caciques du PUP durant le règne du président Conté. Devant les difficultés auxquelles il fait face après la mutinerie de 1996 qui l’a fortement fragilisé, le président Conté cède devant les pressions des partenaires de la Guinée et nomme Sidya Touré Premier ministre. Lequel contrôle en même temps les finances et le budget.

Les caciques sont furieux. L’homme, venu d’Abidjan, a mis en place un système de gestion et de contrôle qui met à l’abri l’arent public. Ils s’agitent et disent à Conté que s’il ne fait pas attention son Premier ministre prendra sa place. La réaction de l’officier est immédiate. Il dépouille Sidya de l’essentiel de ses prérogatives avant de le limoger.

Les mêmes causes entrainant les mêmes effets, le chef de l’Etat est toujours acculé par les partenaires pour nommer un technocrate à la tête du gouvernement. Entre temps, Cellou Dalein a fait ses preuves à la tête de certains départements ministériels. Le choix de Conté porte sur lui. Mais le pouvoir de nuisance de l’entourage a plus qu’augmenté. Cet entourage n’entend pas obéir au nouveau Premier ministre. Ce dernier subira le même sort que Sidya. Surtout quand il a la témérité de faire signer un décret au chef de l’Etat lui donnant les pleins pouvoirs. Conté, qui a commencé à faire une chose le matin et son contraire le soir, revient sur son décret. Il va plus loin en limogeant son Premier ministre pour « faute lourde ».

Il est inutile de dire qu’Alpha Condé, en tant que principal opposant au régime, a suivi toute cette situation de très près. A sa prise du pouvoir, il savait qui, dans l’entourage de Conté, est à même de l’aider à neutraliser voire déstabiliser les anciens Premiers ministres. C’est principalement à cause du duo Cellou et Sidya que certains responsables du PUP se sont fait une place au soleil durant le règne du RPG qu’ils ont réprimé autrefois. Et parfois dans le sang. Pour Alpha Condé c’était la fin qui justifiait les moyens.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Lire