France : ces présidents agressés avant Emmanuel Macron

10 juin 2021 à 10 10 05 06056

Le chef de l’État français a reçu une gifle de la part d’un jeune homme, le mardi dernier, 08 juin 2021, à Tain l’Hermitage dans la Drôme. Une agression rare mais pas inédite envers un président ou un Premier ministre en exercice.

La scène a eu lieu durant un déplacement d’Emmanuel Macron à Tain l’Hermitage, dans la Drôme, nouvelle étape de son déplacement accompagnant la reprise du pays, post-Covid-19.

Macron s’approche d’un groupe de personnes massées derrière des barrières, puis échange brièvement avec un homme. Saisissant l’avant-bras du président, l’individu lui assène une gifle, ou « une tentative de gifle », préfère l’entourage du président, qui a poursuivi sa visite, a priori donc, sans séquelle physique. L’agresseur, un Drômois de 28 ans, a été interpellé avec un accompagnant du même âge. De Marine Le Pen (RN) à Fabien Roussel (PCF), en passant par Gérard Larcher (LR), Olivier Faure (PS) ou encore François Hollande, l’intégralité de la classe politique française a fustigé l’acte commis contre le président. 

Et pourtant ce n’est pas première fois qu’un président de la République française est agressé par un citoyen. Même si certains pensent à tort que cela n’est possible que depuis la démystification voire la banalisation de la fonction présidentielle par un certain François Hollande. Avant Macron, Nicolas Sarkozy avait été agressé le 30 juin 2011 à Brax (Lot-et-Garonne). Un homme de 32 ans, employé municipal d’Agen, agrippe la veste du président Sarkozy en train de saluer des habitants rassemblés derrière une barrière de sécurité. Regrettant son geste par la suite, il déclare avoir voulu dire au chef de l’Etat qu’il faut « écouter les gens qui l’ont élu ». Il sera condamné à six mois de prison avec sursis. 

Le 23 juin 2010, au cours d’une visite de Nicolas Sarkozy dans des quartiers sensibles de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), un jeune homme de 21 ans lui lance : « Va te faire enculer connard, ici t’es chez moi ». L’homme est blessé lors de l’interpellation et condamné à 35 heures de travaux d’intérêt général pour outrage au chef de l’Etat. 

Comme nous l’avons dit, il n’y a pas que les derniers chefs d’Etat français qui ont fait l’objet d’agression physique. Le très charismatique Jacques Chirac a essuyé une tentative de meurtre et crachats. Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, 25 ans, tente d’atteindre M. Chirac avec un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare lors du défilé présidentiel sur les Champs-Elysées. Le tir est dévié par un spectateur. Brunerie est condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. Il est libéré en août 2009. 

Le 4 mars 2002, le même président Chirac, qui effectue son deuxième déplacement sur le thème de la sécurité durant la campagne présidentielle, est la cible de crachats à Mantes-la-Jolie (Yvelines), en pleine affaire sur les marchés publics d’Ile-de-France, tandis que fusent quelques « Chirac voleur ». 

Même le héros de Seconde Guerre mondiale a échappé à des tentatives d’assassinat. En effet, le Général de Gaulle a été victime d’une des plus graves atteintes à un président de la République en exercice. A cinq reprises, entre 1961 et 1965, des attentats ont visé le héros de la Seconde Guerre mondiale. Le plus grave ayant été celui du « Petit-Clamart« , organisé par une douzaine de partisans de l’Algérie française de l’OAS armés jusqu’aux dents. Heureusement, sans faire de victimes. 

Plus récemment encore, Lionel Jospin a été aspergé de ketchup. Le 17 avril 2002, venu à Rennes pour son dernier meeting de campagne présidentielle, le Premier ministre-candidat est aspergé de ketchup par deux jeunes mineurs alors qu’il remontait l’allée centrale du Parc des expositions où il devait prendre la parole devant 7000 personnes. 

Pour revenir à Emmanuel Macron, quand il était ministre de l’Economie, il avait été pris pour cible le 6 juin 2016 par des manifestants hostiles à la loi duTravail, qui lui avaient jeté des œufs lors d’un déplacement à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en lui criant « casse-toi ! ». 

Comme on le voit, ce n’est ni la banalisation de la fonction présidentielle ces dernières années ni l’âge de Macron encore moins le manque de charisme de l’actuel président français qui lui a valent la paire de gille qu’il a reçue. Avant lui beaucoup d’autres, et non des moindres, avaient été pris pour cible. Y compris l’un des plus hommes politiques que la patrie des droits de l’homme a connus. En l’occurrence le général De Gaulle. C’est donc une triste tradition française que de s’en prendre à un chef d’Etat. Une situation inimaginable sur le continent noir. D’ailleurs beaucoup d’internautes ironisent en disant qu’il faut d’avance présenter les condoléances aux familles d’éventuels candidats pour la gifle présidentielle. Les exemples pris ci-haut constituent, s’il en était besoin, qu’en dépit de tout, la France reste un modèle. Car aucun agresseur d’un président n’a pris la perpétuité. A plus forte raison d’être abattu par la garde rapprochée du président victime d’agression. Si c’était sous les tropiques, celui que notre confrère Mamane de RFI appelle « sergent s’en fou la mort » aurait logé une balle dans la tête de l’agresseur.

A cette exécution sommaire, l’opposition aurait été accusée d’être en connivence avec l’agresseur. Ou encore les puissances étrangères. Car si, comme nous l’avons dit, les fonctions présidentielles sont banalisées de nos jours en France, ce n’était pas le cas sous le règne de De Gaulle. C’est comme si quelqu’un tentait d’assassiner Sékou Touré. Contrairement à l’agresseur de De Gaulle, si l’agressé était un africain son agresseur n’aurait jamais eu la chance de passer devant un juge.

C’est cela la démocratie, la vraie. Autant elle vous met à l’abri d’un coup d’Etat militaire, avec à la clé l’assassinat du président avec parfois femme et enfants, autant elle vous fragilise. Si vous n’êtes pas un citoyen comme un autre, vous n’êtes pas non plus un demi-dieu.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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3ème mandat d’Alpha Condé : Mme Bangoura Hadja Fatou Doumbouya du RPG condamnée pour « offense au chef de l’Etat »

10 juin 2021 à 8 08 20 06206
Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya

« J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile… ».

Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya, une militante du RPG arc-en-ciel (parti au pouvoir en République de Guinée depuis plus de dix), a été condamnée à 18 mois de prison dont 14 assortis de sursis par le tribunal de première instance de Mafanco. Elle était poursuivie pour « offense sur la personne du président de la République (Alpha Condé), production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par le biais d’un système informatique ». Des faits que la prévenue a reconnus dès l’ouverture de son procès, rapporte le journaliste que Guineematin.com avait dépêché au tribunal pour suivre ce procès.

C’est une condamnation synonyme de remise en liberté pour Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya. Incarcérée à la maison centrale depuis le 29 janvier dernier, cette militante très engagée du RPG arc-en-ciel a été condamnée à une peine de prison assortie de sursis pour les faits qui lui sont reprochés. Des faits qu’elle avait reconnus devant le tribunal correctionnel de Mafanco où elle s’était confondue en excuses à la barre à l’ouverture de son procès, le 03 juin dernier.

« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais, ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement », avait dit Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya devant cette juridiction de première instance.

Visiblement, son appel au pardon a été entendu par le tribunal correctionnel. Car, bien qu’elle a été déclarée coupable d’offense au chef de l’Etat, Madame Bangoura Fatou Doumbouya n’a été condamnée qu’à 18 mois de prison dont 14 mois assortis de sursis. En termes clairs, elle vient de recouvrer sa liberté, même si l’épée de Damoclès reste suspendue sur sa tête pour au moins 5 ans…

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Dialogue politique : l’UFDG prend une nouvelle décision ferme

10 juin 2021 à 7 07 44 06446

Au terme d’une réunion de son conseil politique tenue ce mercredi, 9 juin 2021, l’UFDG a pris une nouvelle décision par rapport au dialogue politique en perspective. Le principal parti d’opposition du pays annonce qu’il ne parlera plus de ce sujet qui fait débat au sein de la classe politique tant que :

« Les cadres et militants de l’UFDG de l’ANAD et du FNDC seront maintenus en prison ; les bâtiments de l’UFDG abritant son siège et ses bureaux seront fermés et occupés par les forces de défense et de sécurité ; le président du parti (Cellou Dalein Diallo), son épouse et ses proches collaborateurs seront arbitrairement privés de leurs droits et libertés de voyager ».

Guineematin.com vous propose ci-dessous le communiqué du parti :

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Nana Akufo-Addo du Ghana attendu à Conakry : Mamadou Sylla n’est pas invité… (Communiqué)

9 juin 2021 à 19 07 45 06456
Alpha Condé et Mamadou Sylla

Dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la République de Guinée et la République sœur du Ghana, Son Excellence Monsieur Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, Président Ghanéen, effectuera à partir du jeudi 10 juin 2021, une visite de travail et d’amitié à Conakry.

Sont conviées à prendre part au cérémonial d’accueil prévu le jeudi 10 juin 2021 à 15h00 à l’Aéroport International de Conakry-Gbéssia, les personnalités ci-après :

•       Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

•       Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

         Monsieur le Haut Représentant du Chef de l’Etat ;

•       Monsieur le Président de la Cour Suprême ;

•       Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle ;

•       Monsieur le Président de la Cour des Comptes ;

•       Monsieur le Président de la Haute Autorité de la Communication ;

•       Madame la Présidente du Conseil Economique, Culturel et Social ;

•       Monsieur le Médiateur de la République ;

•       Monsieur le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante ;

•       Monsieur le Secrétaire permanent du cadre de dialogue ;

  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

•       Mesdames et Messieurs les Ministres Conseillers membres du Cabinet Présidentiel ;

•       Monsieur le Chef d’Etat-major Général des Armées ;

•       Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale ;

•       Messieurs les Chefs des Etats-majors des Armées de Terre, de l’Air et de la Marine ;

•       Monsieur le Chef d’Etat-major Particulier de la Présidence ;

•       Messieurs les Directeurs Généraux de la Police Nationale, de la Douane et des Conservateurs de la Nature ;

  • Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et les Représentants des Organisations Internationales ;

•       Monsieur le Gouverneur de la ville de Conakry.

Conakry, le 09 juin 2021

Mamady Sinkoun Kaba, Ambassadeur, Directeur du Protocole d’Etat

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Guinée : la COREDE, une nouvelle alliance politique, voit le jour

9 juin 2021 à 19 07 13 06136
Elhadj Mamadou Sylla, président de l’UDG

La Convergence pour la Renaissance de la Démocratie en Guinée (COREDE), une nouvelle alliance politique créée autour du chef de file de l’opposition, Mamadou Sylla, a officiellement vu le jour ce mercredi, 9 juin 2021, à Conakry. 17 partis politiques ont signé la charte de cette nouvelle coalition, qui entend fonder un nouvel ordre politique en Guinée, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

« Construire une majorité politique suffisamment représentative des sensibilités qui structurent la société guinéenne pour atteindre nos objectifs politiques est nécessaire. Ceci est valable aussi bien pour gagner les élections que pour faire aboutir des revendications en usant de pressions appropriées. La Guinée, caractérisée par l’existence de plusieurs diversités régionales, ethniques, culturelles et sociales, a besoin de chercher l’intégration des points de vue du plus grand nombre pour forger un consensus fort et stable dans la durée », souligne cette charte, lue par le président du PLP, Laye Souleymane Diallo.

La COREDE estime qu’il est dans l’intérêt de tous de rassembler et de fédérer les partis politiques qui convergent dans la même démarche de faire prospérer une opposition crédible, constructive et responsable. « Pour ce faire, nous devons recréer la confiance en surpassant les divergences et animosités personnelles et en maîtrisant le choc des ambitions individuelles pour y parvenir. En effet, l’issue de notre combat dépend avant tout, de notre capacité à faire émerger un pôle politique structuré, innovant et efficace. Notre ultime objectif à cet égard, est de mobiliser les citoyens épris de changement autour d’un projet global alternatif qui a pour finalité de fonder un nouvel ordre politique dont la Guinée a besoin », mentionne le document.

Selon Laye Souleymane Diallo, cette nouvelle alliance politique entend « engager la Guinée dans des réformes institutionnelles visant une relégitimation des institutions de la République pour leur conférer une crédibilité et une solidité,  rénover le système électoral aussi bien les organes de gestion du processus que la constitution d’un fichier électoral exhaustif et sincère de la totalité du corps électoral de l’intérieur comme de l’extérieur du pays, rendre l’administration publique et territoriale neutre et républicaine pour une meilleure organisation des élections transparentes et équitables, promouvoir les fondements de l’État de droit et de la justice ».

Les partis signataires de cette charte sont : l’UDG de Mamadou Sylla, la GéCi de Fodé Mohamed Soumah, l’UFD de Baadiko Bah, l’UDRG de Bah Oury, le PACT de Dr Makalé Traoré, le FAN de Hadja Makalé Camara, le BL de Dr Faya Millimouno, le MPDG de Siaka Barry, l’UDIR de Bouya Konaté, GDE d’Aboubacar Soumah, l’ARN de Me Pépé Koulémou, le PLP de Laye Souleymane Diallo, le PNP de Mamadou Saliou Diallo, PDTG de Dr Taliby Dos Camara, NG deMohamed Cissé, ADPG de Boubacar Bah, et PRD de Thierno Mamadou Bah.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Procès de l’opposante Marie Madeleine Dioubaté : la partie civile fait une nouvelle demande

9 juin 2021 à 17 05 53 06536
Marie Madelaine Dioubaté

Le procès de Marie Madeleine Dioubaté, présidente du Parti des Ecologistes de Guinée, s’est poursuivi ce mercredi 9 juin 2021, au tribunal de première instance de Dixinn. Cette audience, tout comme la précédente d’ailleurs, s’est tenue en l’absence de l’opposante guinéenne, résidant en France, et sa sœur Nana Martine Dioubaté, qui réside au Mali.

Les sœurs Dioubaté sont poursuivies pour abus de confiance et complicité d’abus de confiance portant sur un diamant d’une valeur de 45 millions de dollars américains. Au cours de cette audience, la partie civile a demandé au tribunal de faire une jonction de procédures entre ce dossier et celui concernant deux autres citoyens poursuivis dans le cadre de cette même affaire, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Il y a un premier dossier dans lequel le ministère public a poursuivi Thierno Algassimou Diallo et Mamadou Lamarana Diallo pour abus de confiance et complicité. Le second dossier a été introduit sur l’initiative de ma cliente Mlle Djéïnabou Diallo, victime d’abus de confiance. Elle a cité Marie Madeleine Dioubaté et sa sœur Nana Martine Dioubaté. Cette affaire a été évoquée la semaine dernière, la consignation a été fixée, et nous avons versé ce montant.

Aujourd’hui, nous avons demandé la jonction de la procédure puisque les faits ont été commis par plusieurs personnes, résidant dans divers lieux. Il y a des faits qui ont été commis en Guinée, d’autres au Mali et d’autres en France. Mais la loi guinéenne, notamment l’article 12 du Code pénal, indique que lorsque des Guinéens commettent des infractions, même s’ils se trouvent à l’étranger, les juridictions guinéennes sont compétentes pour les juger. C’est pourquoi nous avons demandé cette jonction, parce qu’on ne peut pas juger les uns et laisser les autres.

Imaginez-vous que nous plaidions le dossier de Mamadou Lamarana et de Thierno Algassimou, qu’une décision soit rendue et que nous soyons obligés encore de plaider le second dossier. S’il y a deux décisions contradictoires dans cette affaire, en ce moment, on va parler de mal jugé. C’est pourquoi, il est logique et légales que les deux affaires soient jointes pour en faire une seule affaire pour que toutes ces personnes soient jugées par la même juridiction », a expliqué Thierno Amadou Oury Diallo, avocat de la partie civile.

Le tribunal a renvoyé l’audience au 23 juin prochain pour se statuer sur cette demande de la partie civile.

A rappeler que le diamant dont il est question dans cette affaire a été ramassé par la ménagère Djéïnabou Diallo, à Lambanyi, un quartier de la banlieue de Conakry. Par le biais d’un démarcheur, elle a remis la pierre précieuse à Nana Martine Dioubaté, qui l’a ensuite donnée à sa sœur Marie Madeleine Dioubaté. Peu après, cette dernière a déclaré que le diamant a été volé en France. Une version à laquelle ne croient pas la plaignante et son avocat. C’est pourquoi, ils ont porté plainte contre les sœurs Dioubaté pour « abus de confiance et complicité d’abus de confiance ».

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Guinée : retour au bercail de Soulay Thiâ’nguel à quel prix ?

9 juin 2021 à 17 05 22 06226
Souleymane Thiâ’nguel Bah

Depuis quelques jours, certains militants du principal parti de l’opposition envoient des flèches à des responsables dudit parti. Lesquels sont soupçonnés de connivence avec l’adversaire. C’est dans ce contexte de suspicion qu’un responsable du  parti et non des moindres revient de son exil. Ce qui conforte ceux qui pensent que le pouvoir est en train de négocier avec certains responsables et militants du parti pour, sinon anéantir tout au moins affaiblir ce parti qui reste toujours une épine dans le pied du régime.

Comme par coïncidence, le retour de l’ancien responsable de communication de l’UFDG de ses longues années d’exil en France intervient au moment où trois cadres du parti, détenus à la maison centrale de Conakry, ont lancé un appel au dialogue. Cela veut dire que, d’une manière ou d’une autre, cet appel n’est pas tombé dans des oreilles sourdes. Le retour de Souleymane Bah, connu sous le nom de Soulay Thiâ’nguel, ne peut être que le fruit d’une négociation entre l’intéressé et les autorités guinéennes, estime-t-on.

Ces négociations incluraient-elles le départ de cet intellectuel de son parti et par ricochet son adhésion au parti au pouvoir ? Les jours et semaines à avenir nous édifieront. Il faut noter toutefois qu’au plan juridique, la Guinée avait déjà déclaré que le Soulay Thiâ’nguel qui a fait l’objet de condamnation n’est pas le responsable de la communication de l’UFDG. Mais l’histoire ressemble fort à celle de l’hyène que la légende nous raconte : « alors que tout le monde était réuni quelque part, quelqu’un a crié attrapez-le. L’hyène a immédiatement détalé de toutes ses forces. Interrogé quelques jours plus tard pourquoi elle a fui, elle a demandé si, après sa fuite, on a attrapé un autre à sa place. La réponde fut négative. L’hygiène a conclu alors qu’elle avait eu toutes les bonnes raisons de détaler.

Soulay Thiâ’nguel sait qu’il ne doit son salut qu’à son départ du pays à l’époque. Aujourd’hui la donne a changé. Le troisième mandat a été obtenu. Les pressions externes s’intensifient. Le régime a besoin de montrer sa volonté de décrisper la situation. C’est ce contexte qui a favorisé le retour en exil de Souleymane Bah.

Pour revenir aux soupçons et à la suspicion qui règnent au sein du principal parti de l’opposition, ce retour négocié n’est pas de nature à apaiser l’esprit de ceux qui sont tombés dans un état paranoïaque dans ce parti. Mais il existe un précédent qui pourrait les rassurer. En l’occurrence le cas Bah Oury. Pour beaucoup d’observateurs, après la grâce accordée à M. Bah et son retour d’exil, l’ancien ministre devait être nommé par Alpha Condé. Cela ne s’est jamais produit. Tout en prenant ses distances vis-à-vis de son ancien parti, il a gardé une certaine indépendance critique dans la gestion des affaires publique du pays.

Comme le premier Bah, on peut penser que le second n’a pas marchandé son retour. Surtout pas pour confirmer tous les soupçons qui hantent actuellement les esprits dans son parti. Dans tous les cas, et quelle que soit la décision que le revenant va prendre, ce dernier a déjà subi un préjudice irréparable. Il pourrait certes pardonner, mais jamais oublier la douleur qui fut la sienne de perdre son père quand il était contraint à tort à vivre loin des siens.

Avant même le mea culpa des autorités guinéennes, l’accusation portée contre Souleymane Bah avait laissé nombre de Guinéens incrédules. Cet intellectuel étant tout sauf un criminel.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Retour de la peine de mort en Guinée ? « C’est une régression… », dit l’OGDH

9 juin 2021 à 13 01 43 06436
Me Alpha Amadou DS Bah, vice-président de l’OGDH

Depuis quelques jours, le vice-président de l’UFC (union des forces du changement), l’honorable Kaly Bah, plaide pour le retour de la « peine de mort » en Guinée. Ce parlementaire brandit la peine de mort comme une arme très efficace pour lutter contre la criminalité sans cesse grandissante dans le pays. Mais, sont plaidoyer ne trouve visiblement aucun écho favorable dans les rangs des organisations de défense des droits humains.

A l’OGDH (organisation guinéenne de défense des droits humains) on promet déjà torpiller ce projet qui représente « une régression » des droits humains en Guinée. Cette structure qui s’est durement battue (aux côtés d’autres) pour l’abolition de la « peine de mort » dans le pays en 2016 dénonce également une idée irréaliste et inenvisageable.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, mardi 08 juin 2021, le vice-président de l’OGDH, Me Alpha Amadou DS Bah, a laissé entendre que la peine de mort ne constitue pas une garantie à la fin de la criminalité (comme tente de le faire croire le député Kaly Bah).

« C’est une régression qu’il veut faire. Parce que les droits humains ont tellement évolué dans notre pays, qu’on n’a pas besoin de la peine de mort pour faire appliquer la loi. La question ce n’est pas la sévérité des peines, mais l’inapplicabilité des peines. Si les peines qui existent actuellement sont mises en application, cela va réduire drastiquement la violence et les infractions dans notre pays. Donc, la peine de mort n’est pas la solution. La solution c’est d’appliquer les peines qui sont prévues par rapport aux infractions qui sont concernées. Par exemple, l’assassinat peut être puni de la peine de réclusion à perpétuité. Nous estimons que cette peine est largement suffisante. En fait, notre arsenal juridique est suffisant pour mettre fin aujourd’hui à l’impunité. Donc, le retour à la peine de mort n’est pas réaliste et n’est pas envisageable dans notre pays, parce que ça constitue une régression pour les droits humains. Et mieux, aux États-Unis, la peine de mort est appliquée dans plusieurs Etats; mais, cela n’a pas réduit le taux de criminalité. Ces Etats ont le plus fort taux de criminalité dans le monde. Même si la peine de mort est appliquée, cela ne constitue pas une garantie qu’il n’aura pas de criminalité. Donc, cela n’est pas une solution que nous nous envisageons et nous pensons que notre arsenal juridique est largement suffisant. Il faut tout simplement que cela se passe au niveau des parquets pour que ceux-ci requièrent des peines conséquentes à la hauteur des forfaitures des criminels. Et mieux, pour éviter des erreurs judiciaires. Parce qu’on dit souvent qu’il vaut mieux libérer mille coupables que de condamner un innocent. C’est évident que quand quelqu’un est exécuté, on ne peut plus revenir, même s’il y avait eu erreur de jugement », a indiqué Me Alpha Amadou DS Bah.

Pour ce défenseur des droits humains, la Guinée a actuellement d’autres défis à relever qui ne soient pas un projet de retour à la peine de mort. Et, aux promoteurs de ce projet, Me Alpha Amadou DS Bah prévient que l’OGDH en fera obstacle.

« Nous allons nous lever contre et faire un plaidoyer au niveau de l’Assemblée pour ne pas qu’un tel projet aboutisse. On a d’autres défis à relever que de se lancer dans la modification du code de procédure qui a été révisé en 2016. Même la peine de mort qui existait dans l’ancien code n’a presque jamais été appliquée. Pendant presqu’une décennie, il n’y a pas de peine de mort, excepté le procès des gangs de 1996. C’était déjà une loi déjà désuète à l’époque, parce qu’on n’a jamais eu recours à la peine de mort dans notre pays. Donc, nous ne sommes pas favorables à une telle démarche », a tranché le vice-président de l’OGDH.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Dialogue politique : Biro Soumah exige la présence de l’ONU pour diriger les discussions

8 juin 2021 à 19 07 52 06526
Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement

Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) est prêt à participer à un dialogue politique avec le pouvoir guinéen, à une seule condition. Il faut que les discussions soient présidées par les Nations Unies, qui veilleront aussi à l’application des conclusions qui en sortiront. L’opposant l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 8 juin 2021.

A l’image de ses collègues de l’ANAD (Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie), Aboubacar Biro Soumah n’est pas enthousiasmé par le cadre de dialogue politique permanent, mis en place récemment par le président Alpha Condé. Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) trouve que l’histoire récente de la Guinée ne plaide pas en faveur d’un nouveau dialogue politique inter-guinéen, tel que voulu par le pouvoir. Il se demande d’ailleurs si certains Guinéens sont amnésiques pour inciter l’opposition à participer à ce dialogue.

« Nous avons à faire à un régime qui a un système communiste, où la communication communiste prend le dessus. On nous parle de ce fameux cadre de dialogue politique permanent, comme si on avait oublié notre passé récent. Nous savons qu’Alpha Condé a fait 10 ans au pouvoir, mais la Guinée n’a jamais eu un cadre de dialogue sincère et réaliste. Malgré tout, on fait aujourd’hui encore un débat dans la cité autour de ce fameux dialogue. Je me demande qu’est-ce qui ne va pas avec la mémoire de certains Guinéens. Sinon, si quelqu’un gère un pays pendant 10 ans sans respecter même sa propre signature, pourquoi inciter les gens à aller au dialogue avec lui ? » S’interroge l’opposant.

Pour expliquer son étonnement, cet allier de Cellou Dalein Diallo rappelle que depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, « nous avons fait 5 dialogues, dont les conclusions n’ont jamais été appliquées.  On a même vu des cadres du RPG Arc-en-ciel (le parti au pouvoir) et des membres du gouvernement nier avoir apposé leurs signatures sur un accord conclu au siège de l’UFDG. Or, Amadou Damaro Camara et Bouréma Condé avaient signé cet accord. Cela s’est passé devant moi. Mais après, ils ont nié carrément avoir apposé leurs signatures sur cet accord. Comment un pays peut aller de l’avant si ses dirigeants se comportent de la sorte ? ».

Le président du PPC précise que son camp n’est pas opposé à l’idée de dialoguer avec le pouvoir. Cependant, il n’est pas prêt à participer à un nouveau dialogue sans avoir la garantie que cette fois, l’accord qui sera obtenu sera appliqué. Et pour cela, l’opposant indique qu’il faut faire appel aux Nations Unies pour diriger les discussions et veiller à la mise en œuvre des conclusions qui en sortiront.

« Personne ne refuse le dialogue. Même au sein d’une famille, entre la femme et son mari, il y a le dialogue. Mais il faut que le dialogue soit sincère et que ce qui est conclu soit mis en application, au bénéfice de tout le monde. Mais si tel n’est pas le cas, je pense bien que le dialogue n’a pas sa place. Aujourd’hui, tout le monde a besoin de dialogue. Mais il faut que ce soit un dialogue sincère et honnête, qui sera piloté cette fois-ci par la communauté internationale, en l’occurrence les Nations Unies. On ne peut pas trouver un Guinéen qui pourra diriger ce cadre de dialogue et faire appliquer ses conclusions, car toutes les institutions sont inféodées au pouvoir exécutif », estime Aboubacar Biro Soumah.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Crise politique en Guinée : Sidya Touré au Quai d’Orsay…

8 juin 2021 à 19 07 44 06446
Sidya Touré et Mohamed Sall au sortir du Quai d’Orsay ce mardi, 08 juin 2021

Accompagné de son Directeur Cabinet, Mohamed Tall, le Président Sidya Touré a été reçu au Quai d’Orsay ce  mardi, 8 juin 2021, par le Directeur Afrique du département, M Christophe Bigot, rapporte la cellule de communication de l’UFR, le parti de l’ancien Premier ministre guinéen.

Pendant une heure et demi, les deux personnalités ont échangé sur la situation socio-politique de la Guinée. Le Président Sidya Touré a parlé à ses interlocuteurs de la précarité qui prévaut dans le  pays due à la mauvaise gouvernance et la corruption, l’absence de l’administration (l’État Néant), l’insécurité, le cas des prisonniers politiques, la liberté pour les partis politiques d’exercer leurs activités, le manque de liberté de circuler des acteurs socio-politiques…

Au sortir de  cette rencontre, le Président Sidya Touré s’est dit très satisfait des échanges avec Monsieur Bigot.

Par la Cellule de communication de l’UFR

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Ouverture du dialogue, bisbilles au sein de l’UFDG : ce qu’en dit Jacques Gbonimy

8 juin 2021 à 14 02 44 06446

Depuis quelques jours, le débat sur l’ouverture d’un dialogue pour décrisper le climat politique en Guinée focalise l’attention et fait couler assez d’encre et de salive dans le pays. Ce débat, alimenté par la demande d’aller au tour de la table formulée par certains cadres de l’UFDG (Ousmane Gaoual Diallo, Chérif Bah, Cellou Baldé) écroués à la maison centrale de Conakry depuis le lendemain de la présidentielle du 18 octobre dernier en Guinée. Cette demande des prisonniers politiques est largement commentée par l’opinion ; et, au sein de l’UFDG elle est même sujet de division. Certains cadres de ce parti d’opposition tiennent à clouer le bec à d’autres du même bord et qui n’ont pas l’air d’accepter d’aller dans le sens du dialogue en ces moments de tempêtes éprouvantes pour l’UFDG. Mais, pour le président de l’UPG (union pour le progrès de la Guinée), nul ne refuse d’aller au dialogue s’il y a la sincérité et la bonne foi des acteurs.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, lundi 07 juin 2021, l’opposant Jacques Gbonimy a laissé entendre que tout le monde reconnaît la vertu du dialogue ; mais, dans le cas guinéen, il faut des préalables.

Jacques Gbonimy, président de l’UPG

« Si nous prenons un peu l’historique, le 22 mars 2020 il y a eu des élections couplées : législatives et référendum. Ce qui s’est passé, ce qu’il y a eu des gens qui ont perdu la vie, certains ont été emprisonnés et il y a eu beaucoup de blessés. Nous sommes arrivés à la présidentielle du 18 octobre avec un certain nombre de candidats. Au sortir, il y a eu une crise réelle parce qu’un candidat a gagné dans les urnes et un autre a été déclaré par la CENI et la Cour constitutionnelle. Donc, si aujourd’hui, il doit y avoir débat, le débat doit être sur le contentieux électoral ; parce que toute la crise que nous vivons est partie de ce contentieux électoral. Tout le monde parle de dialogue ; mais, beaucoup ne savent pas sur quoi on va dialoguer et quels sont ceux qui sont concernés par ce dialogue. Aujourd’hui, il faut définir ce cadre de dialogue et à l’intérieur de ce cadre, définir ceux qui sont concernés et les thèmes à débattre », a indiqué Jacques Gbonimy.

Parlant de la tribune des trois opposants qui appellent au dialogue, le président l’UPG invite à faire la part des choses.

« Concernant nos collègues qui sont en prison, c’est vrai aujourd’hui c’est le souci de tous les Guinéens ; mais, il faut aussi faire une différence entre les thèmes du dialogue et les préalables. Leur libération constitue pour nous un préalable pour aller à ce dialogue et non un thème à aller débattre pendant le dialogue. Donc, nous nous demandons aujourd’hui la libération de nos collègues ; et si encore on ne veut pas les libérer, puisque le dossier est vide, qu’on les juge et qu’on les libère à partir de la justice parce que depuis plusieurs mois ils sont incarcérés. Ils ne peuvent pas continuer à vivre en prison. On sait qu’au niveau de la justice même, c’est devenu une patate chaude dans ses mains. Mais, si cette justice est impartiale comme les magistrats le disent, qu’on juge nos collègues et qu’on les libère ; mais, pas sur la base du compromis ou des négociations. Il faut que la justice soit impartiale par rapport au dossier », a martelé Jacques Gbonimy.

A en croire l’ancien commissaire de la CENI et actuel président de l’UPG, c’est le manque de confiance entre les acteurs qui empêche encore la tenue d’un dialogue pour décrisper la sphère politique. Car, les mauvaises souvenirs des dialogues antérieurs et dont les conclusions n’ont jamais été appliquées sur le terrain hantent encore les esprits et aliment suspicions et méfiances entre les acteurs politiques.

« Personne n’est fermé au dialogue. Mais, il s’agit de voir de quoi on va dialoguer et qui sont ceux qui sont concernés. Puisque de par le passé, les dialogues n’ont jamais eu de suite, sans que les résolutions ne soient appliquées. C’est ce manque de confiance qui fait qu’on a des difficultés pour aller autour de table. On ne croit pas à la sincérité de ceux qui veulent qu’on aille au dialogue, sans quoi personne ne s’oppose à un dialogue s’il est sincère et que les résultats qui en sortiront vont être appliqués. Il faut aussi un dialogue entre ceux qui ont des contentieux ; mais, on ne peut pas se lever un bon matin et dire que ça ne va pas en Guinée, on va aller au dialogue. Nous nous pensons que le conflit part des élections du 18 octobre et ceux qui doivent aller au  dialogue ne sont que ceux qui sont concernés par les résultats de ces élections », a fait savoir Jacques Gbonimy.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Le fédéral de l’UFR à Washington nommé par Alpha Condé : « une surprise pour nous », dit le parti de Sidya Touré

8 juin 2021 à 12 12 12 06126
Saîkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Le président Alpha Condé vient de piocher encore dans les rangs de l’union des forces républicaines (UFR) de l’ancien Premier ministre Sidya Touré. Dans un décret rendu public les ondes des médias d’Etat hier, lundi 07 juin 2021, le chef de l’Etat guinéen a nommé Lamine Sununu Kaba, jusque-là fédéral de l’UFR à Washington (aux Etats-Unis), au poste de « premier conseiller du Premier ministre Kassory Fofana ». Cette nomination ce cadre de l’UFR serait vraisemblablement une « surprise » pour les dirigeants du parti républicain. Et, le secrétaire exécutif dudit parti ne cache pas son étonnement.

Dans un court entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce mardi, 08 juin 2021, Saïkou Yaya Barry a évoqué « une regrettable perte » qui prouve une fois de plus que « le RPG n’a pas de ressource » en son sein.

« Monsieur Sununu était notre fédéral à Washington. Ça a été une surprise pour nous d’entendre ce décret de nomination. Mais, j’avoue que la lutte politique, c’est la lutte politique. Il y a certains qui descendent, il y en a d’autres qui montent. C’est vrai que c’est regrettable de perdre un cadre qui était avec nous depuis le début de ce combat. Mais, il faut encore retenir qu’on se rend compte définitivement que le RPG n’a pas de ressource, que pendant 30 ans ils sont en train de se battre pour le pouvoir ; mais, c’est d’autres personnes qui en bénéficient. Et, le seul orphelin dans cette affaire, c’est le RPG », a dit Saïkou Yaya Barry.

Poursuivant son speech, le secrétaire exécutif de l’UFR a laissé entendre que « ceux qui peuvent changer la Guinée sont actuellement à l’opposition ». Il a également souhaité bon vent à Lamine Sununu Kaba.

« Nous nous réjouissons de faire savoir au monde que les cadres compétents sont avec nous. Même si certains quittent le parti, aujourd’hui il faut reconnaître que l’essentiel de ceux qui peuvent changer ce pays se trouvent à l’opposition ; et donc à l’UFR. C’est la raison de ce comptage à la recherche de recrutement de nos responsables. Je dis bon vent à monsieur Sununu qui a quand-même lutté pendant des années avec nous. Et, aujourd’hui, tout ce que nous pouvons dire c’est qu’il est rentré dans un système qui ne peut lui permettre de faire un travail sérieux », a indiqué Saïkou Yaya Barry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : ce qui a favorisé le retour d’exil de Soulay Thiâ’nguel…

8 juin 2021 à 11 11 45 06456
Souleymane Thiâ’nguel Bah

Retour au bercail pour Souleymane Bah, plus connu sous le nom de Soulay Thiâ’nguel. L’ancien directeur de la communication de l’UFDG est rentré en Guinée dans la soirée du lundi, 7 juin 2021, après cinq ans d’exil en France. Son retour fait suite à des négociations qu’il a menées avec l’aide de certains de ses amis autour du président Alpha Condé, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est en 2016, après le meurtre du journaliste Mohamed Koula Diallo devant le siège de l’UFDG, à Conakry, que les ennuis ont commencé pour Souleymane Thiâ’nguel Bah. Alors directeur de la cellule de communication du principal parti d’opposition du pays, cet écrivain et metteur en scène, qui donnait des cours dans plusieurs universités du pays, a dû quitter la Guinée pour éviter de se faire arrêter. Il était déjà en France lorsque le procès des auteurs présumés de ce crime s’est tenu.

A l’issue du procès, le Tribunal de Première Instance de Dixinn (Conakry 2) a condamné par contumace un certain Thiâ’nguel, sans donner plus de détails sur son identité, à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais lorsque l’affaire est arrivée devant la Cour de justice de la CEDEAO, basée à Abuja (Nigeria), l’Etat guinéen a précisé que le nommé Thiâ’nguel qui a été condamné n’est pas Souleymane Thiâ’nguel Bah de l’UFDG. Un soulagement pour l’opposant qui, normalement, avait désormais la latitude de rentrer dans son pays, sans crainte.

Mais malgré son envie de revenir en Guinée, Soulay Thiâ’nguel est resté sur ses gardes pour éviter de tomber dans un piège. Selon nos informations, il a mené des démarches, avec l’aide de certains de ses amis autour du président Alpha Condé pour réparer l’injustice dont il a été victime : celle de vivre en exil pendant cinq ans pour un crime qu’il n’a pas commis. Ce qui l’a empêché même d’assister aux obsèques de son père, décédé pendant qu’il était en exil. Ayant su tous les détails sur l’affaire, Alpha Condé aurait donné des instructions pour que le jeune opposant puisse rentrer en Guinée, en toute sécurité́, en toute sérénité́.

Comment réagira l’UFDG face à cette situation ?

Pour l’instant, le principal parti d’opposition du pays, qui ne reconnaît pas la réélection du président Alpha Condé pour un troisième mandat, n’a pas fait de réaction officielle. Mais selon des indiscrétions, certains membres de la formation politiques accusent Soulay Thiâ’nguel d’avoir négocié son retour pour aller au gouvernement. Ce que dément catégoriquement une source du dossier, qui assure que cette question n’a jamais été́ abordée au cours des discussions qui ont permis le retour de M. Bah.

« Espérons seulement que les militants et responsables de l’UFDG ne jetteront pas Souleymane Thiâ’nguel Bah en pâtures. Car sa loyauté́ n’a jamais fait défaut. Au moment où on a pensé́ qu’il allait se retourner contre son parti, il est resté droit dans ses bottes. Il a continué́ à défendre l’UFDG malgré́ son exil », rappelle notre source.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : le député Kaly Bah appelle au rétablissement de la peine de mort

8 juin 2021 à 9 09 28 06286
Mamadou Kaly Bah, premier vice-président de la Commission Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’Assemblée nationale

Le député Mamadou Kaly Bah, premier vice-président de la Commission Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de l’Assemblée nationale, souhaite le rétablissement de la peine de mort en Guinée. Ce haut responsable du parti UFC (Union des Forces du Changement) estime qu’une telle décision permettrait de réduire de façon drastique les crimes (assassinats, viols, etc.) dans le pays. Il l’a fait savoir au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com le samedi dernier, 5 juin 2021.

« Aujourd’hui, en Guinée, il y a beaucoup de tueries. Si ce n’est pas les accidents de circulation, ce sont des criminels qui tuent de façon impunie. Chaque jour qui passe, nous apprenons qu’il y a au moins quatre viols sur l’étendue du territoire guinéen. Des viols sur mineures, sur des bébés de 6 à 7 mois même. Tous ces violeurs sont parfois appréhendés et envoyés dans les prisons et libérés en un laps de temps. Ceux qui tuent, ils tuent de façon impunie. Même si on les emprisonne, puisque nous savons que nos prisons sont moins sûres, ils sont soit libérés ou ils s’évadent pour commettre les mêmes crimes. Ils récidivent en quelque sorte. C’est pourquoi, moi, je propose qu’on rétablisse la peine de mort », a expliqué le parlementaire.

Pour lui, même la réclusion criminelle à perpétuité, prévue par la loi guinéenne, a montré ses limites. « Même ceux qui sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité parviennent à sortir. Et lorsqu’ils sortent, le plus souvent, ils récidivent en tuant des personnes. Mais, les personnes tuées n’ont-elles pas droit à la vie ? Celles qui sont violées : les jeunes filles, les mineures, les bébés qui sont violées, elles deviennent malades. C’est pourquoi il faut sévir. Et pour servir, il faut rétablir la peine de mort », estime le vice-président de l’UFC, parti dirigé par Aboubacar Sylla, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Mamadou Kaly Bah annonce qu’il va mobiliser les députés qui ont la même position que lui sur cette question pour mener ce combat au parlement. « Je suis sûr et certain qu’il y a beaucoup de députés qui vont me soutenir dans ce combat. Et je suis sûr qu’au sein de la population, il y a beaucoup qui soutiennent le rétablissement de la peine de mort dans ce pays. Parce que ce pays doit être géré avec la plus grande rigueur pour éviter de laisser s’installer le désordre. Ceux qui tuent et violent, ils le font parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas tués. Mais, s’ils savent qu’en le faisant ils seront tués, ils vont cesser », soutient le député.

Saïdou Hady Diallo Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Retour de la peine de mort en Guinée ? « Ce serait très imprudent de revenir sur cet acquis »

7 juin 2021 à 19 07 26 06266
Dr Mamadi Kaba, président pour la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDDA)

Comme annoncé précédemment, le député Mamadou Kaly Bah, premier vice-président de la Commission Nouvelles technologies de l’information et de la communication à l’Assemblée nationale, souhaite le rétablissement de la peine de mort, abolie il y a quelques années en Guinée. Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction, en fin de semaine dernière, le vice-président du parti UFC (Union des Forces du Changement) a annoncé son intention de mener un combat dans ce sens, avec l’appui de certains collègues députés.

Et cette sortie ne laisse pas indifférent Dr Mamadi Kaba, président de la ligue pour les droits et la démocratie en Afrique (LIDDA). Interrogé par un journaliste de Guineematin.com, ce lundi 7 juin 2021, ce défenseur des droits humains a exprimé son opposition à cette idée. Pour lui, il n’est pas question de remettre en cause cet acquis, obtenu au prix d’une longue lutte. Car contrairement au parlementaire, l’ancien président de l’INIDH est convaincu que la peine de mort ne peut pas contribuer à réduire la criminalité.

« Nous sommes totalement opposés à la peine de mort. Si la peine de mort a été supprimée, c’est en partie à cause de notre activisme. On s’est longtemps battu pour ça, et c’est devenu un acquis. Donc, ce serait très imprudent de vouloir revenir sur cet acquis. Nous allons nous mobiliser pour empêcher que la peine de mort soit rétablie, parce qu’elle crée beaucoup plus de problèmes que de solutions. Beaucoup d’erreurs de justice sont commises même dans les grandes démocraties. Et après, quand on se rend compte que les gens ne sont pas coupables de ce qui leur est reproché, on peut réparer.

Mais quand vous l’avez déjà tué, ce n’est plus possible de réparer. La Guinée n’a pas les moyens de s’assurer que tous ceux qui sont condamnés à la peine de mort sont coupables de ce qu’on leur reproche. Nous avons beaucoup de faiblesses au niveau des moyens d’action de notre système de justice. Et en dehors de ça, même les grandes démocraties ont constaté que la peine de mort ne réduisait ou bien n’avait pas d’impact sur la criminalité sanglante. Et donc, ce n’est pas utile de revenir à ça, la Guinée a déjà dépassé cette étape », soutient-il.

Le président de la LIDDA indique que ce qu’il faut aujourd’hui, c’est d’aller de l’avant, en corrigeant les insuffisances du système judiciaire guinéen et en améliorant ses prestations. Il pense d’ailleurs que l’honorable Kaly Bah fait une erreur, en pensant qu’il y a une recrudescence de certains crimes, comme le viol, ces dernières années en Guinée. « Ce qu’il (le député Kaly Bah, ndlr) dénonce, c’est une réalité. Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que c’est une recrudescence. Je pense plutôt que les langues sont en train de se délier.

Par exemple, vous avez de petites filles qui dénoncent les abus qu’elles ont subies de la part d’autres personnes, ce n’était pas le cas hier. Ce n’était pas possible qu’une fille puisse aller si loin, donc notre société est en train de s’ouvrir et les langues sont en train de se délier. Ce qui était tabou hier est en train d’être connu aujourd’hui et donc, ce ne sont pas des faits nouveaux. Et ce n’est pas par la peine de mort qu’on peut résoudre les problèmes de viols qui existent toujours dans notre société.

C’est maintenant qu’ils sont dénoncés, mais ils ont toujours existé. Il faut que la justice fasse correctement son travail et ceux qui sont condamnés, même à une année, qu’ils purgent toute leur peine avant de se retrouver dehors. Par ce seul moyen, nous sommes capables de réduire la grande criminalité surtout celle sanglante », a laissé entendre Dr Mamadi Kaba.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41    

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Dialogue politique en Guinée ? La CARP exige la libération des détenus politiques

7 juin 2021 à 19 07 03 06036
Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP

La convergence des acteurs pour la relève politique (CARP) est favorable au dialogue politique en perspective. Cette coalition de partis politiques estime qu’il est impératif de mettre le pouvoir et l’opposition autour d’une même table en vue d’aplanir leurs divergences et décrisper la situation sociopolitique du pays. Mais pour cela, elle pose quelques conditions préalables, notamment la libération des détenus politiques, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Depuis quelques semaines, le débat fait rage au sein de la classe politique guinéenne autour de la nécessité d’aller au dialogue annoncé par le pouvoir. La convergence des acteurs pour la relève politique (CARP) a donné sa position sur cette question au cours d’une conférence de presse, tenue ce lundi 7 juin 2021, à Conakry. La coalition, composée de plusieurs petits partis d’opposition, trouve qu’il est indispensable de mettre en place un cadre de discussions qui permettra de résoudre les problèmes que connaît le pays.

Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP

« Il y a des problèmes aujourd’hui, parce que des responsables du principal parti d’opposition sont en prison. Il y a des problèmes parce que l’UFDG n’est pas à l’Assemblée nationale. Il y a des problèmes parce que le siège de l’UFDG est fermé depuis plusieurs mois. Le principal parti d’opposition ne reconnaît pas le président de la République. Est-ce qu’on peut dire qu’il n’y a pas de problèmes ? Ceux qui disent qu’il n’y a pas de problèmes, ce sont des démagogues », estime Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP.

Mais, avant d’aller à ce dialogue, la convergence des acteurs pour la relève politique indique qu’il faut d’abord réunir un certain nombre de conditions préalables. Il s’agit notamment de la libération des nombreux opposants arrêtés lors de la crise post-électorale d’octobre-novembre 2020, qui sont toujours détenus à la Maison centrale de Conakry. « Nous saluons la nomination de Fodé Bangoura (comme secrétaire permanent du cadre de dialogue politique et social, ndlr). La première des choses que M. Bangoura doit faire, c’est d’aller vers les partis concernés.

C’est dans ce cadre que nous, nous avons été consultés, et les conseils qu’on lui a donnés, c’est d’aller aussi vers les autres. Nous invitons le premier ministre et M. Fodé Bangoura de faire en sorte que le dialogue soit inclusif. C’est ce qui nous a poussés à demander une libération sous conditions des détenus politiques parce que c’est une condition pour aller au dialogue. Vous ne pouvez pas aller au dialogue pendant que votre siège est fermé, vous ne pouvez pas aller au dialogue pendant que vos cadres sont en prison (…). La justice doit faire son travail, on ne s’oppose pas à ça. Mais si le travail de la justice va enfreindre la mise en place du cadre de dialogue, nous lui demandons de trouver des mesures pour permettre la tenue de ce dialogue », a lancé Dr Ibrahima Sory Diallo. 

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tel. 621686148

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Mali : Choguel Maïga nommé Premier ministre !

7 juin 2021 à 16 04 29 06296
Choguel Maïga

Quelques heures après l’investiture du colonel Assimi Goïta comme président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, ce dernier a nommé officiellement Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, Premier ministre.

Son nom circulait depuis plusieurs jours. Le colonel Assimi Goïta, tout juste investi président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, a officiellement nommé, lundi 7 juin, Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, selon un décret lu à la télévision publique.

En la personne de Choguel Koballa Maïga, ministre à plusieurs reprises et trois fois candidat à la présidentielle (2002, 2013 et 2018), le colonel Goïta a choisi l’un des chefs de file du collectif qui a mené en 2020 la contestation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Le colonel Goïta satisfait ainsi à une exigence des partenaires du Mali qui réclamaient que le poste soit confié à un civil.

Un vétéran de la politique nationale

Maïga, dont le parcours a épousé les soubresauts de la politique nationale depuis plus de 30 ans, devra former une équipe qui gouvernera pendant la période de transition ouverte après le coup d’État d’août 2020 et jusqu’à des élections présidentielle et législatives prévues le 27 février 2022.

Il succède à Moctar Ouane, premier chef de gouvernement de transition après le putsch de 2020, que le colonel Goïta a fait arrêter le 24 mai en même temps que le président de transition, Bah Ndaw, au cours d’un deuxième coup de force en neuf mois.  

Avec AFP

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Urgent : l’avocat Me Pépé Antoine Lama arrêté par la police

7 juin 2021 à 14 02 00 06006
Me Antoine Pépé Lama

Me Pépé Antoine Lama, membre du collectif des avocats de l’UFDG et du FNDC, a été arrêté ce lundi, 7 juin 2021, à Conakry.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, l’avocat se trouve actuellement à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ).

Pour l’heure, on ignore où il a été arrêté, ni pour quelles raisons. Ses confrères ont boudé les audiences dans les tribunaux pour protester contre son arrestation.

Nous y reviendrons !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Crise politique en Guinée : l’UDRP demande aux Etats-Unis de sanctionner le régime Alpha Condé

7 juin 2021 à 12 12 54 06546
Dr Edouad Zoutomou Kpoghomou et le secrétaire d’Etat américain

L’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP) souhaite l’intervention des Etats-Unis dans la crise sociopolitique guinéenne. Une crise née du changement de la Constitution, qui a permis au président Alpha Condé de s’octroyer un troisième mandat à la tête du pays. Dans un mémorandum adressé récemment au Département d’Etat américain, ce parti d’opposition, dirigé Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou (dont la candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020 avait été recalée par la Cour constitutionnelle), a interpellé Washington sur cette situation. Il appelle les autorités américaines à prendre des sanctions contre le régime Alpha Condé et à soutenir les efforts « pour reconnaître la victoire de Cellou Dalein Diallo », à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le mémorandum : 

21 mai 2021

 M. Antony J. Blinken

 Secrétaire d’État

 Département d’État américain

 2201, rue C NO

 Washington, DC 20520

 Objet : Crise constitutionnelle et poursuite de l’instabilité socio-politique en Guinée

 Cher Monsieur le Secrétaire,

 Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), ses alliés l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD), j’écris cette lettre pour appeler le leadership moral des États-Unis d’Amérique, chef de file de la défense de la démocratie dans le monde, pour aider à éteindre une situation potentiellement explosive qui se profile en Guinée. Au mépris total du droit constitutionnel en vigueur, M. Alpha Condé a poursuivi avec persistance et illégalement la modification de la constitution guinéenne pour forcer son chemin lors de la dernière élection présidentielle tenue le 18 octobre 2020.

 Au terme de son deuxième mandat, par des tactiques qui rappellent davantage une dictature qu’une démocratie, M. Alpha Condé a modifié illégalement et unilatéralement la constitution pour permettre un troisième mandat présidentiel. Cet amendement lui a permis de participer illégalement à l’élection susmentionnée et de rester au pouvoir. Au cours de ce processus, des meurtres, des affrontements politiques, des altercations physiques, des arrestations arbitraires et des attaques barbares contre des opposants politiques et des innocents ont été exposés partout et sont devenus de plus en plus violents. Sans l’aide des États-Unis, les escarmouches qui se poursuivent dégénéreront en affrontements civils et ethniques de grande ampleur aux conséquences imprévisibles qui pourraient malheureusement reproduire d’horribles précédents tels que le génocide au Rwanda. Par son mépris total de la loi, M. Alpha Condé est sur le point de mettre le feu à la nation guinéenne;  la communauté internationale avec la direction des États-Unis, doit l’arrêter.

 Permettez-moi de vous présenter le contexte historique qui a conduit aux transgressions de M. Alpha Condé. La Guinée a obtenu son indépendance de la France par un référendum national le 28 septembre 1958, avec M. Sékou Touré devenant son premier président. Depuis lors, malheureusement, seuls des dictateurs à la main de fer, qui ont tous un fil conducteur – l’institutionnalisation de la terreur, de l’intimidation, de l’anarchie et de la corruption endémique – ont gouverné la République de Guinée.  Successivement, Ahmed Sékou Touré (1958-1984), le général Lansana Conte (1984-2008) et maintenant Alpha Condé (2010-présent) ont tenu la barre de cette nation, interrompue seulement par le bref intermède du capitaine Moussa Dadis / général Sékouba Konaté  transition militaire de 2008 à 2010. Cette transition a conduit à la première élection véritablement démocratique de l’histoire de la Guinée.

    Au cours des 26 premières années de pouvoir absolu et non partagé, M. Sékou Touré n’a jamais introduit le multipartisme en Guinée. Au lieu de cela, M. Sékou Touré a mis en place une dictature impitoyable qui a fini par purger le pays de ses intellectuels et professionnels. Ce despotisme a privé le pays de la possibilité de favoriser des réformes politiques, économiques et sociales significatives.

 La Guinée a vu une lueur d’espoir en mars 1984 lorsque Sékou Touré est décédé après 26 ans de pouvoir oppressif et non partagé. Une semaine après sa mort, une junte militaire, dirigée par le colonel Lansana Conté, a pris le pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang. Le colonel Lansana Conté a apporté un message d’espoir pour l’institution d’une vraie démocratie, qui a bien résonné auprès du peuple guinéen. Malgré la mise en œuvre immédiate de l’économie de marché libre, les réformes politiques ont dû attendre encore plusieurs années, tandis que Conté a consolidé le contrôle total sur le système politique. Avec le vent des démocraties émergentes à travers le monde et dans la plupart des pays africains, y compris la Guinée, un projet de nouvelle Constitution rédigé en 1990 a promu le multipartisme et l’économie de marché libre et a été adopté par référendum.

 Lors des élections présidentielles de 1998, le président Lansana Conté devait se présenter à la réélection et exercer sa dernière candidature légale à la présidence conformément à la Constitution.  Sans surprise, Lansana Conté a été réélue présidente, grâce à l’ingérence d’une administration corrompue, d’un parlement obéissant et d’un système judiciaire passif. Les chefs de l’opposition et les observateurs internationaux ont remis en question la transparence des élections et la validité des résultats. Ayant perdu l’élection au profit de Lansana Conté, M. Alpha Condé a sans succès déclenché une rébellion armée pour chasser M. Lansana Conté du pouvoir.

 Le président Lansana Conté a illégalement modifié à nouveau la Constitution en 2001 pour supprimer les contraintes juridiques liées au nombre de mandats présidentiels, à la limite d’âge des candidats à la présidentielle, et a fait passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.  Le président Conté a conçu ce coup d’État constitutionnel pour qu’il puisse se présenter et rester en fonction aussi longtemps qu’il vivra.  Sous Lansana Conté, le bilan du gouvernement en matière de droits humains est resté très médiocre et la corruption, l’anarchie et l’impunité sont devenues plus omniprésentes.

   En janvier 2007, deux des principaux syndicats, avec le soutien tangible de plusieurs autres syndicats et des principaux partis d’opposition, ont appelé à une grève générale pacifique pour protester contre le comportement autoritaire du président Lansana Conté.  Le mouvement de protestation s’est rapidement transformé en une évaluation généralisée du général Lansana Conté et de son administration dans tout le pays.  Le peuple a exigé un changement de gouvernement et le mouvement a paralysé tout le pays. Le président Conté a tenté de réprimer le mouvement en ordonnant aux militaires et aux membres de ses forces de sécurité de tirer sur des manifestants pacifiques et non armés. Selon Human Rights Watch, Amnesty International et des sources diplomatiques occidentales, plus de deux cents civils innocents ont été tués et des milliers d’autres ont été blessés lors des manifestations.

 Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008. Avant sa mort, de profondes divisions dans son entourage avaient déjà compromis le cadre constitutionnel destiné à assurer la survie de son système.  D’une part, le président du parlement illégitime, le président de la Cour suprême et le premier ministre étaient engagés dans une lutte pour le pouvoir.  En revanche, l’environnement politique n’était plus propice à un transfert de pouvoir constitutionnel et pacifique, en raison de tensions ethniques qui divisaient. Cette atmosphère précaire a conduit à une nouvelle prise de contrôle militaire le 23 décembre 2008 par une junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara. Avec l’aide de la communauté internationale, y compris des États-Unis d’Amérique, le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté ont réalisé collectivement une transition de deux ans qui a abouti à la première élection véritablement démocratique remportée par M. Alpha Condé en 2010.

 La contribution la plus importante de la deuxième transition militaire a été l’élaboration d’une nouvelle Constitution, qui a confirmé l’intérêt supérieur de la nation et a servi de loi fondamentale et de référence qui réglementait les procédures structurelles de supervision de l’administration de l’exécutif, du judiciaire et du parlement.  Puissance. De plus, la nouvelle Constitution a rétabli l’équilibre des pouvoirs entre les trois branches du gouvernement, redéfini la durée du mandat présidentiel, le nombre de mandats, la règle d’éligibilité et réglementé tous les aspects du développement de la nation guinéenne ainsi que les activités de son peuple. Le général Sékouba Konaté, alors chef de l’Etat, a promulgué cette nouvelle Constitution, qui définissait le cadre juridique des deux dernières élections présidentielles de 2010 et 2015, toutes deux remportées par M. Alpha Condé sur les accusations de fraude électorale.

 De l’enthousiasme suscité par la première élection véritablement démocratique, le peuple guinéen avait enfin espéré l’instauration d’une véritable démocratie avec l’élection de M. Alpha Condé.  Malheureusement, il n’a pas fallu longtemps aux gens pour se réconcilier avec la réalité. Avec la déception et la peur pour son avenir politique, économique et social, les gens comprennent maintenant que M. Alpha Condé a passé 50 ans de sa vie non seulement à dénigrer ses adversaires, mais aussi à affiner ses stratégies pour mettre en place des stratagèmes de corruption plus sophistiqués, ethnocentrisme, dictature, impunité et incompétence, la critique même qu’il avait adressée à tous ses prédécesseurs.

 L’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation pure et simple et la discrimination à l’encontre des communautés pour la plupart privées de leurs droits dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont été à l’épicentre de la gouvernance du Président Alpha Condé. Human Rights Watch et Amnesty International, entre autres groupes de défense des droits humains, ont largement documenté de nombreuses violations. Je ne reproduirai ni n’énumérerai ici la documentation exhaustive facilement disponible.

 Menant à l’imposition d’une présidence à vie en République de Guinée, M. Alpha Condé a poursuivi sans relâche la modification de la Constitution guinéenne. Il a attribué à lui-même et à son parti, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), des sièges de maire et de conseil qu’ils n’ont pas remportés aux urnes lors des dernières élections communales intentionnellement retardées, tenues en février 2018. Ces actions provocantes et exaspérantes  sont conçues pour irriter et pousser l’opposition politique à réagir de manière excessive, lui donnant le subterfuge nécessaire pour mettre en œuvre brutalement ses plans trompeurs de se maintenir au pouvoir après 2020. En limogeant illégalement le président de la Cour constitutionnelle, qui s’est opposé à ses projets de rester au pouvoir  au-delà de 2020, et en forçant la démission de son ministre de la Justice, M. Cheick Sacko, M. Alpha Condé n’a fait que suivre la voie des autres dictateurs africains.  Néanmoins, le peuple guinéen vigilant dans son écrasante majorité s’oppose toujours résolument à ce troisième mandat illégal.

 Dans un pays à court d’argent comme la Guinée, M. Condé n’a pas cligné des yeux en déboursant impulsivement deux millions d’euros le 16 avril 2019, pour contribuer à la reconstruction de l’église Notre-Dame incinérée à Paris, en France.  Derrière cet acte de compassion apparent, un plan cynique était en cours pour racheter le soutien de la France à ses efforts de troisième mandat. Dans l’intervalle, le peuple guinéen a continué d’étouffer sous le fardeau exaspérant d’une pauvreté abjecte et d’une misère omniprésente. Il est devenu très clair qu’en opposant les partisans et les opposants du troisième mandat selon des critères ethniques, M. Alpha Condé a continué à semer les graines d’affrontements explosifs qui détruiront la République de Guinée, telle que nous la connaissons, et pour des générations à venir.

 Comme indiqué dans la liste à puces partielle ci-dessous, l’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation et la discrimination flagrantes contre les communautés majoritairement minoritaires dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont favorisé les affrontements ethniques et la violence politique, maintenant fréquente en Guinée. Je ne reproduirai pas la documentation exhaustive facilement disponible et publiée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.  Parmi les plus significatifs, veuillez noter:

  Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants à Conakry le 27 septembre 2011, entraînant la mort d’au moins trois manifestants.

  En août 2012, dans la petite ville minière de Zogota située dans la région de la Guinée forestière, les forces de sécurité ont tué cinq villageois dont le chef du village.  Sous le couvert de l’obscurité, ces forces avaient pris d’assaut et attaqué le village où les gens avaient protesté contre les pratiques d’embauche discriminatoires de la société brésilienne d’extraction de fer Vale.

 Au moins trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre des partisans du gouvernement et des partisans de l’opposition dans le sud de la Guinée les 10 et 11 décembre 2012.

 Des groupes d’opposition ont protesté contre le gouvernement à Conakry du 27 février au 6 mars 2013, entraînant la mort de neuf personnes, aux mains des forces de sécurité gouvernementales.

 Les forces gouvernementales ont tué au moins trois personnes lors de manifestations électorales à Conakry les 2 et 3 mai 2013.

 Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants de l’opposition à Conakry du 23 au 27 mai 2013, entraînant la mort d’au moins 12 personnes.

 Plus de 50 personnes ont été tuées à Conakry dans des violences politiques au cours de la période de trois mois se terminant en mai 2013.

 En raison de la politique discriminatoire défendue par M. Alpha Condé, près de 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Kpelle (majoritairement chrétiens et animistes) et la tribu Konia (mandingue ou Maninka, majoritairement musulmane) du 15 au 24 juillet, 2013, dans la commune urbaine de N’Zérékoré.  Selon des sources hospitalières, ce nombre n’inclut pas les dizaines de corps retrouvés dans les puits de certains quartiers, ainsi que ceux du village de Koulé Yakéta et de la préfecture de Beyla. Des dizaines sont toujours portés disparus.

 En raison de la précarité du système de santé guinéen, en raison d’une mauvaise gestion systémique, les épidémies d’Ebola ont tué environ 2500 personnes en Guinée entre 2013 et 2015.

 La mauvaise gestion de l’épidémie d’Ebola en 2014 a conduit au massacre d’une équipe d’agents de santé, déclenchant le siège militaire de Womey, une communauté pacifique du sud-est de la Guinée.  Des dizaines de villageois en fuite sont morts de famine, de morsures de serpents et de maladies dans les forêts environnantes où ils se sont réfugiés.

 Le 14 avril 2015, au moins deux gendarmes ont arrêté une femme de 26 ans, l’ont forcée à monter dans leur véhicule, l’ont emmenée dans un immeuble, lui ont bandé les yeux et l’ont violée.  Elle a déposé une plainte judiciaire peu de temps après, mais elle n’a jamais été contactée par la justice ou la police pour fournir des preuves supplémentaires.

En avril et mai 2015, pendant et après les manifestations de rue, des policiers et, dans une moindre mesure, des gendarmes opérant à Bambeto, Hamdallaye, Koloma, Matam et Wanindara ont fait irruption dans des maisons et volé des téléphones portables, de l’argent, des articles ménagers et des marchandises.

Le 7 mai 2015, des gendarmes en patrouille à Hamdallaye auraient tué un soudeur de 34 ans près de son domicile. Le 8 mai, sa famille a déposé une plainte auprès du Tribunal de Dixinn. À ce jour, aucune information n’est disponible sur l’état d’avancement de l’enquête.

Le 10 octobre 2015, un chauffeur de 24 ans a été abattu à Sonfonia Gare Il alors qu’il se rendait chez son frère, par les forces de sécurité chargées de lever les blocus érigés par les manifestants.  Quatre autres hommes ont été blessés lors du même incident.

En raison de la politique discriminatoire de M. Alpha Condé, environ 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Loma (principalement chrétiens et animistes) et de la tribu Konia (Mandingo ou Maninka, principalement musulmans) à Koyamah et Macenta, dans le sud-est de la Guinée dans la période de mars à septembre 2020.

 M. Alpha Condé a procédé à un coup d’État constitutionnel le 22 mars 2020 en imposant au peuple guinéen un référendum non seulement pour changer la Constitution, mais aussi pour élire un parlement sans la participation de la véritable opposition politique.  Ce processus, auquel se sont opposés la majorité des Guinéens, a été entaché d’une extrême violence de la part des forces de défense et de sécurité, avec une contribution significative des «DONZOS», la milice privée de M. Alpha Condé.  Les événements importants suivants ont eu lieu:

Tout au long de la lutte pour empêcher le troisième mandat de M. Alpha Condé, des militants de l’opposition politique et du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été régulièrement soumis à la répression avec la participation des groupes ULIMO et DONZOS, notamment dans la forêt  Région (en particulier à N’Zérékoré) Plutôt que les forces de police et de gendarmes typiques, le groupe DONZOS a patrouillé les bureaux de vote sous prétexte d’assurer la sécurité alors qu’en réalité leur présence parfois, intimidait les civils pour les empêcher de voter;  à d’autres moments, ils protégeaient simplement la fraude organisée de RPG.

 Comme l’ont rapporté plusieurs ONG et l’opposition politique, les forces de sécurité ont commis des crimes lors de manifestations pour protester contre le changement constitutionnel.  Les massacres qui ont suivi du 22 au 24 mars 2020 à N’Zérékoré ont fait près de 98 personnes tuées par les forces de sécurité. Le jour de ce meurtre de masse, des affrontements ont éclaté entre les défenseurs de la Constitution de mai 2010 et les promoteurs de la nouvelle constitution contestée. L’implication dans les affrontements des milices ULIMO et DONZOS a transformé le conflit en une violence interethnique entre les Koniankés et les Malinkés d’une part et les Guerzes, Manons et Konos, d’autre part. Cinq églises ont été vandalisées et incendiées.

À la tombée de la nuit du 23 mars 2020, les forces de sécurité ont récupéré plusieurs corps à la morgue de N’Zérékoré pour être ensevelis dans une fosse commune, sur injonction des autorités.  À ce jour, aucune enquête n’a été ouverte pour aider à élucider les circonstances de ces meurtres et mettre fin à leurs familles.  Plusieurs personnes sont toujours portées disparues, des centaines de personnes ont été blessées, plusieurs dommages matériels ont été enregistrés et plusieurs arrestations ont été effectuées.  À ce jour, près de 400 militants sont toujours en prison suite à la manifestation, y compris des mineurs.

Outre le braquage qui a suivi l’élection du 18 octobre 2020, les violations des droits et libertés ainsi que les crimes commis comprennent:

L’assassinat de 51 citoyens membres de la coalition électorale UFDG et ANAD par les forces de défense et de sécurité.  Le gouvernement a catégoriquement refusé d’ouvrir des enquêtes pour identifier les auteurs et les traduire devant les tribunaux, conformément à la loi.

 La mort de quatre prisonniers politiques par manque de soins dans un centre de détention surpeuplé. Le gouvernement a refusé de lancer une enquête sur ces décès, principalement en raison du manque de conditions sanitaires dans ces établissements pénitentiaires, qui abritent aujourd’hui plus de trois fois plus de prisonniers qu’ils étaient censés accueillir à l’origine.

L’arrestation et la détention arbitraires de centaines de membres de l’UFDG, de l’ANAD et de civils pour leur opposition au troisième mandat illégal de Condé et pour avoir exigé le respect des véritables résultats des urnes.

La poursuite de la fermeture et de l’occupation du siège et des bureaux du Président de l’UFDG, sans aucune base légale, par les forces gouvernementales de défense et de sécurité.

L’interdiction de voyager imposée à M. Mamadou Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, à son épouse et à ses proches collaborateurs, sans aucune base légale.

La destruction, sans préavis ni compensation, des habitations et des commerces des citoyens le long des voies d’accès publiques, alors que le gouvernement n’a pas de programme pour de telles routes ou pour l’aménagement des terres libérées par ce déplacement forcé.

 La fermeture unilatérale des frontières avec certains pays voisins qui fait peser une charge excessive sur la population qui souffre déjà d’exactions brutales des forces de sécurité gouvernementales.

La flambée des prix des produits de base, en partie due à la hausse des impôts, à la forte inflation monétaire, à la dépréciation de la monnaie nationale, à la dilapidation des ressources et à la fermeture des frontières, contribuant à la misère des populations.

L’augmentation annoncée des prix des carburants, qui ne manquera pas d’aggraver cette crise et de réduire encore le pouvoir d’achat des ménages.

Enfin, l’effort tacite du gouvernement pour répercuter sur le peuple le coût de la campagne du troisième mandat d’Alpha Condé au cours de laquelle les maigres ressources du pays ont été utilisées de manière irresponsable en lieu et place des offres de financement des institutions internationales.

 En raison d’une dictature institutionnalisée sophistiquée et de la mauvaise gouvernance d’Alpha Condé, l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de la Guinée est paradoxalement parmi les plus élevés au monde malgré l’énorme richesse minérale du pays.  Sans aucun doute, la Guinée et la communauté internationale s’en tireront mieux avec un environnement plus stable et pacifique, sous une nouvelle direction patriotique, qui supervisera la reconstruction d’un paysage politique plus favorable, pour donner au pays un cadre démocratique solide et inviolable, et favoriser un processus électoral transparent et acceptable propice à une paix durable et à la prospérité économique. Plus important encore, les preuves montrent que M. Alpha Condé n’a pas remporté l’élection présidentielle du 18 octobre 2020. Il est un président imposé et soutenu par l’armée, les forces paramilitaires et les institutions soumises sans la légitimité accordée uniquement par le peuple guinéen à travers le scrutin. 

Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès UDRP et ses alliés, je tiens à remercier les États-Unis d’Amérique pour leur position exprimée par l’ambassade des États-Unis en Guinée, contre la modification inutile et énergique de la constitution, uniquement pour satisfaire M.  Les ambitions égoïstes d’Alpha Condé d’une présidence à vie en Guinée.  À l’appui de l’instauration de la démocratie en Guinée, le Parti politique UDRP, que j’ai le privilège de diriger, a joué un rôle central lors de l’élection présidentielle, après l’élimination injustifiée de son candidat par la Cour constitutionnelle de M. Alpha Condé.  Dans une quête pour aider à reconquérir et à consolider la démocratie détournée, l’UDRP et ses alliés UFDG / ANAD, demandent au gouvernement des États-Unis, ses institutions, le président Joe Biden et tous leurs alliés à travers le monde:

Renforcer les efforts du Front national de défense de la Constitution (FNDC) et des autres partisans de l’opposition politique et des intérêts civils en appelant les partenaires techniques et financiers, et les organisations sous-régionales, régionales et internationales à mener des enquêtes  missions sur les crimes commis lors de leurs manifestations et les massacres qui ont suivi les 22, 23 et 24 mars 2020 à N’Zérékoré.

Demander que les milices ULIMO, DONZO et CHEVALIERS soient déclarées groupes terroristes au même titre que la secte BOKO HARAM, DAECH, ISIL et autres groupes similaires, et leurs sponsors traités comme tels.  Si elles ne sont pas définitivement démantelées, les milices ULIMO et DONZO sont susceptibles de se réinstaller au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone, entre autres, d’où elles continueront de propager la terreur et l’instabilité dans la sous-région ouest-africaine.

Soutenir les efforts pour reconnaître la victoire de leur candidat, Mamadou Cellou Dalein Diallo, incontestable vainqueur de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 aux urnes;  Alpha Condé a volé illégalement et sans scrupules cette victoire avec l’aide d’institutions administratives et électorales soumises.

Utiliser le Global Magnitsky Human Rights Accountability Act pour sanctionner M. Alpha Condé et ses 25 dignitaires inscrits au Parlement européen comme violateurs et délinquants des droits humains;  Les États-Unis ont utilisé avec succès et unilatéralement cette loi de lutte contre la criminalité pour traquer et sanctionner les auteurs de violations des droits de l’homme et les criminels du monde entier, geler leurs avoirs et les empêcher d’entrer aux États-Unis d’Amérique.

 L’UDRP et tous ses alliés continuent de croire que les États-Unis, en tant qu’incarnation de la paix, de la démocratie et de la justice dans le monde, ne laisseront pas la Guinée s’effondrer et brûler sous la dictature barbare et impitoyable de M. Alpha Condé.  L’histoire et le peuple guinéen vous en seront profondément reconnaissants !

Respectueusement vôtre,

Edouard Zoutomou KPOGHOMOU, PhD.  Président de l’UDRP

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Hadja Fatoumata Bangoura-Doumbouya du RPG au tribunal : « c’est mon affection pour Alpha Condé qui m’a valu la prison »

7 juin 2021 à 9 09 20 06206

« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il  soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile ».

En prison à la maison centrale de Conakry depuis janvier dernier, madame Bangoura Hadja Fatoumata Doumbouya, a comparu le jeudi dernier, 03 juin 2021, au tribunal correctionnel de Mafanco. Cette militante du RPG arc-en-ciel (l’actuel parti au pouvoir en Guinée) est poursuivie pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par les biais d’un système informatiques ». A l’ouverture de son procès, la prévenue a plaidé coupable des faits mis à sa charge et a demandé pardon. Elle a laissé entendre que c’est son « affection pour le président Alpha Condé » et son « amour pour le RPG » qui lui ont valu ses présents ennuis judiciaires, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Hadja Fatoumata Doumbouya a été arrêtée le 28 janvier dernier et conduite à la DPJ (direction centrale de la police judiciaire) pour être entendue sur des faits d’offense au chef de l’Etat. Quelques heures plus tard, elle avait été déférée au parquet de Mafanco où elle a finalement a été placée sous mandat de dépôt le 29 janvier (soit le lendemain de son arrestation) conduite à la maison centrale de Conakry.

Depuis cette date, la pauvre femme est en détention provisoire dans la plus grande prison de la Guinée pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par les biais d’un système informatiques ». Son procès s’est ouvert le jeudi dernier au tribunal correctionnel de Mafanco ; et, à la barre, elle a reconnu avoir commis les infractions articulées à son encontre.

« C’est mon affection pour le président de la République Alpha Condé et l’amour que j’ai pour le parti RPG qui m’ont valu la prison que je vie actuellement. Tout ça c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle. J’ai regretté ce que j’ai dit, je demande pardon. J’ai dit que la route qui relie le chef-lieu de ma préfecture (Siguiri) à  mon village (Norassoba) n’est pas goudronnée. J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé, mais il n’a pas été enrôlé. Au contraire on l’a plutôt fait souffrir pour rien. De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il  soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement », a expliqué Hadja Fatoumata Doumbouya.

Après cette déposition de la prévenue et la séance de questions-réponses qui a suivi, le ministère public a sollicité un renvoi d’audience pour lui permettre de préparer ses réquisitions dans cette affaire. Mais, les avocats de la défense se sont très vite insurgés contre cette demande.

« Je vois que le ministère public n’est pas prêt à présenter ses réquisitions… Cependant, notre cliente est en prison. Elle est vraiment malade. Actuellement, elle est en train de se faire soigner à l’hôpital national Ignace Deen. Donc, si vous allez renvoyer le dossier,  nous demandons de bien vouloir mettre en liberté provisoire notre cliente. A la prochaine que vous allez fixer, elle viendra tranquille se présenter devant votre tribunal », a dit Me Mamady Doumbouya.

Finalement, le tribunal a rejeté la demande formulée par les avocats de la défense et a renvoyé l’audience à une date ultérieure pour les plaidoiries et réquisitions.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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