Interpellation du général Moussa Diawara sur la disparition de Birama Touré : la déclaration de l’UJPLA

30 juillet 2021 à 19 07 32 07327

Dans une déclaration publiée ce vendredi, l’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA) a exprimé son soutien à la justice malienne, suite à l’interpellation hier, jeudi 29 juillet 2021, à Bamako, du Général Moussa Diawwara, ancien directeur de la sécurité d’Etat, du lancement par Interpol d’un mandat d’arrêt international contre Karim Keita, fils de l’ancien Président Ibrahim Boubacar Keita et ancien Président de la commission Défense de l’Assemblée nationale du Mali. 

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la déclaration signée du président de l’UJPLA, Yao Noël

Déclaration de l’UJPLA   à la suite  de l’interpellation le 29 juillet 2021 à Bamako du général Moussa Diawara dans le cadre de l’affaire de la disparition du journaliste malien Birama Touré

L’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA), créée pour la promotion de la liberté de la presse et la sécurité des journalistes partout sur le continent africain, suit avec une grande attention l’évolution judiciaire de l’affaire du journaliste malien Birama Touré  disparu depuis le 29 janvier 2016.

L’UJPLA réaffirme son soutien à la justice malienne et l’encourage à aller jusqu’au bout pour la manifestation de la Vérité. 

L’UJPLA prend acte de l’interpellation , le jeudi 29 juillet 2021 à  Bamako,  du Général Moussa Diawwara, ancien directeur de la sécurité d’Etat, du lancement par Interpol d’un mandat d’arrêt international contre Karim Keita, fils de l’ancien Président Ibrahim Boubacar Keita et ancien Président de la commission Défense de l’Assemblée nationale du Mali. 

L’UJPLA réitère son soutien sans réserve à la justice malienne et souhaite que cette action conduise à l’indispensable manifestation de la vérité .

Fait à  Abidjan,  le vendredi 30 juillet 2021

Pour l’Union des journalistes de la presse libre Africaine ( U.J.P.L.A), le Président 

Yao Noël

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Traite d’êtres humains en Guinée et dans le monde : un fléau à combattre

30 juillet 2021 à 9 09 21 07217
Dr. Thierno Souleymane Barry, avocat

Libre Opinion : 30 juillet 2021 : Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains. La traite d’êtres humains est un phénomène à la fois vaste et complexe. Il est présent dans tous les pays du monde. Ainsi, importe-t-il de définir le phénomène de traite d’êtres humains, de présenter le cadre conventionnel de la lutte pour sa suppression dans le monde et en Guinée.

L’appréhension du phénomène de trafic d’êtres humains

La traite d’êtres humains est aussi ancienne que le monde et constitue une des violations les plus abjectes des droits humains. On a encore en mémoire le triste souvenir de la traite négrière. Il en est de même des cas insidieux plus récents comme la vente des migrants en Lybie. Le phénomène englobe des aspects divers comme la servitude pour dettes, le trafic des migrants, travail forcé et toutes les autres pratiques analogues. La traite d’êtres humains est définie comme : « […] le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes.» (Protocole de Parlerme). Ainsi, la communauté internationale a-t-elle fait de cette lutte une absolue priorité.

Le cadre conventionnel de lutte contre le trafic d’êtres humains

Le cadre conventionnel est gouverné par la Convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale, encore appelée Convention de Palerme et ses protocoles additionnels, dont le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Au plan institutionnel, les Nations Unies ont mis en place un bureau spécialisé, l’Office des Nations Unies pour la lutte contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Ce cadre universel a son pendant régional au niveau africain notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et celle sur les droits et bien-être de l’enfant. Il se déploie aussi dans le cadre sous-régional, avec la Déclaration de la CEDEAO et son Plan d’Action en la matière. Les Etats ont l’obligation d’adopter des mesures législatives et réglementaires pour combattre la traite d’êtres humains. Qu’en est-il de la prévention et de la répression de la traite d’êtres humains en Guinée ?

La lutte contre le trafic d’êtres humains en Guinée

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, n’est pas exempte de la traite d’êtres humains. Pour la prévenir et la combattre, la Guinée s’est dotée d’un arsenal juridique normatif et institutionnel. Au plan normatif, la Guinée est partie à presque toutes conventions internationales réprimant la traite d’êtres humains. Elle a adopté un Code pénal réprimant le phénomène. Au plan institutionnel, la Guinée a mis en place un cadre multisectoriel de lutte : le Comité National contre la Traite des personnes et des Pratiques Analogues (CNLTPPA). Il faut noter aussi l’implication des ONGs dans cette lutte. Cependant, en sus de ce cadre existant et des efforts menées, il est nécessaire d’accentuer les actions en renforçant l’arsenal juridique, la formation des acteurs et accroitre leur collaboration et la répression des auteurs et la réhabilitation des victimes.

En somme, la prévention et la répression du trafic d’êtres humains couplée à la réhabilitation des victimes constitue un travail primordial qui doit impliquer tous les acteurs à l’échelon national, subrégional, régional et universel et ce, dans une synergie de collaboration au bénéfice de l’humanité entière.

-Juris Guineensis No 10.                                                            Conakry, le 30 juillet 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Leçon Ouattara-Gbagbo : pourquoi « mourrir pour un leader politique ? »

29 juillet 2021 à 18 06 31 07317

La poignée de mains et la chaude accolade entre l’ancien et l’actuel présidents ivoiriens continue à défrayer la chronique sur le continent. Et plus particulièrement en Guinée. Beaucoup présentent les deux anciens frères ennemis comme un bel exemple de pardon et de réconciliation. D’autres, de loin les plus nombreux, disent que cette image est la preuve, selon eux, que nul ne doit mourir pour la politique. Et par ricochet pour un politicien.

Par ce raccourci facile et simpliste, les gens trouvent que ceux qui sont morts pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire sont morts pour rien. Alassane Dramane Ouattara et Laurent Gbagbo les considèrent comme perte et profit.

Si cette poignée de mains n’a laissé personne indifférent, certains l’exploitent à dessein. D’autres commentent l’image sans aller en profondeur dans la réflexion. En effet, ce n’est pas parce que les deux hommes affichent leur entente qu’il faille estimer que les morts sont morts pour rien. Non. Si, dans le camp Gbagbo, ils sont morts pour rien, en revanche dans celui de Ouattara ils ont fait don de soi pour que l’actuel président soit ce qu’il est aujourd’hui. Et avec lui tout le Nord et même tous les musulmans ivoiriens.

Si Alassane Ouattara, victime d’ostracisme, s’était résigné pour laisser passer le discours selon lequel il était non pas Ivoirien mais Burkinabé, son sort et celui du Nord musulman auraient été scellés. Sachant que nul n’est pas plus ivoirien que lui, il s’est battu. Et la fin a justifié les moyens. Encore une fois ceux qui sont morts pour que tous les Ivoiriens jouissent de leurs droits civils et politiques ne sont pas morts pour rien.

Certains insinuent qu’à l’instar d’Alassane Ouattara et de Laurent Gbagbo, Alpha Condé et Cellou Dalein Daillo devraient faire la même chose en Guinée. Parce que, selon eux, les deux situations sont similaires. Les deux situations ne sont pas similaires. En Côte d’Ivoire la commission électorale avait proclamé l’opposant vainqueur de la présidentielle. C’est le refus du sortant qui avait mis le feu aux poudres. En Guinée, jamais une institution n’a proclamé un opposant vainqueur face au sortant.

En outre, en Côte d’Ivoire les deux hommes ont tous assumé la plus haute responsabilité du pays. La bipolarisation de la situation politique en Guinée est à l’image de ce qui se passait en Côte d’Ivoire avant l’avènement de Ouattara au pouvoir. En réalité, ceux qui appellent les principaux protagonistes guinéens à emboiter le pas à leurs voisins jouent le jeu du pouvoir de Conakry.

Les propos selon lesquels nul ne doit mourir pour la politique n’ont d’autres objectifs que d’emballer et d’émousser les militants de l’opposition. Il est facile aujourd’hui de dire que nul ne doit accepter de mourir pour la politique. Si l’actuel président est au palais présidentiel c’est qu’il a fallu payer le prix fort contre les deux régimes militaires qui se sont succédé au pouvoir.

Pour conclure, si, parce qu’Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo sont en train de faire la paix, il faut arrêter de se battre pour la démocratie, l’alternance et l’Etat de droit, alors, instaurons une monarchie. Comme ça nous allons faire l’économie d’élections et leurs corolaires de division.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Côte d’Ivoire: 10 ans après la crise post-électorale, Alassane Ouattara reçoit Laurent Gbagbo

27 juillet 2021 à 21 09 56 07567
Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo

C’est la première rencontre entre le chef de l’État et son prédécesseur depuis le retour de ce dernier le mois dernier après son acquittement des accusations de crimes contre l’humanité à la CPI. Laurent Gbagbo est arrivé au palais présidentiel mardi 27 juillet en fin d’après-midi. « Comment tu vas Laurent? Content de te voir », a lancé Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo en l’accueillant sur le perron du palais présidentiel à Abidjan.

C’est l’événement que tout le monde attendait en Côte d’Ivoire : les retrouvailles entre le gagnant officiel de la présidentielle 2010, et celui qui déclare encore aujourd’hui que la victoire lui a été confisquée. Cette rencontre est considérée comme une étape essentielle au processus de réconciliation nationale, que tous les bords politiques appellent de leurs vœux.

Dix ans après la terrible crise post-électorale responsable de plus de 3 000 morts selon les Nations unies, Alassane Ouattara reçoit donc Laurent Gbagbo. Jusqu’à présent, les deux hommes ne s’étaient parlé que discrètement au téléphone au début du mois.

La dernière fois que les deux hommes se sont vus, c’est le 25 novembre 2010 à l’occasion d’un inédit débat télévisé d’entre-deux tours, au ton courtois, ne laissant pas présager de la violente crise électorale qui allait suivre. La suite est connue : Laurent Gbagbo est arrêté en avril 2011, transféré à la Cour pénal internationale qui l’acquittera. Durant ces dix années, aucun contact direct n’a eu lieu entre les deux hommes.

Marche vers la réconciliation

Depuis son retour triomphal le 17 juin dernier, le fondateur du FPI s’est d’abord rendu dans son village natal de Mama, s’est envolé pour Kinshasa à l’invitation de l’opposant Jean-Pierre Bemba (son voisin de cellule à la CPI), a dîné avec le président congolais Félix Tshisekedi, avant de rendre visite à l’ancien chef d’État ivoirien Henri Konan Bédié, devenu son allié depuis les législatives de mars dernier.

La rencontre entre les deux présidents Ouattara-Gbagbo fait suite à des déclarations peu amicales issues de leurs camps respectifs ces derniers jours. Lors de la fête de Tabaski, il y a une semaine, le chef de l’État appelait à poursuivre la marche vers la réconciliation. Le lendemain, le gouvernement annonçait une entrevue prochaine avec son prédécesseur. Depuis, les deux camps sont restés discrets sur ce rendez-vous, on n’en connait pas le format exact. Il n’est par exemple pas certain qu’il y ait un tête-à-tête entre les deux hommes.

Plusieurs dossiers possibles au menu

Côté pouvoir, on n’a de cesse de répéter que la rentrée de l’opposant historique en Côte d’Ivoire illustre avant tout le retour d’un citoyen chez lui. Du côté des partisans de Laurent Gbagbo, on définit l’entrevue de cet après-midi de « visite de courtoisie dans une éthique républicaine ». Elle insiste sur la logique d’apaisement de l’ancien chef d’État. En somme, ces retrouvailles s’inscrivent d’abord dans une logique de fraternité africaine.

Pour l’instant, aucun détail ne filtre sur le contenu de l’entretien. Mais ce ne sont pas les sujets d’ordre politique qui manquent. Au début du mois, Laurent Gbagbo annonçait vouloir saluer les prisonniers d’opinion de tout bord politique toujours en détention. La requête, refusée par le ministre de la Justice pour raison de sécurité, pourrait être remise sur la table.

Il y a aussi la situation judiciaire de l’opposant, condamné par la justice ivoirienne durant son séjour à la CPI à vingt ans de prison dans l’affaire dite du « casse de la BCEAO ». Le président Alassane Ouattara avait déjà laissé entendre qu’une amnistie serait possible.

Et puis il y a bien sûr l’avenir politique des deux présidents. On prête au chef de l’État l’intention d’imposer un âge limite de 75 ans aux candidats à la fonction suprême, qui aurait pour effet d’éliminer de fait les deux hommes.

Les deux camps s’évertuent en tout cas à dire que cette première audience joue d’abord en faveur d’une décrispation du climat politique.

RFI

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Mali : l’agresseur du président Assimi Goita est mort en détention

26 juillet 2021 à 8 08 56 07567
Assimi Goita

L’homme qui était accusé d’avoir tenté mardi d’assassiner à l’arme blanche le président de transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, et qui était depuis aux mains des services de sécurité malien, est «décédé», a indiqué dimanche 25 juillet soir le gouvernement malien.

L’assaillant, dont l’identité n’a pas été dévoilée, s’était précipité vers l’homme fort du Mali durant la prière musulmane de l’Aïd al-Adha, à la Grande mosquée de Bamako, et avait tenté de lui asséner un coup de couteau. Assimi Goïta, auteur de deux coups d’État en moins d’un an au Mali, avait reçu immédiatement le soutien de ses gardes du corps, qui ont maîtrisé l’agresseur. Le colonel Goïta était sorti indemne de l’attaque. Son agresseur, un homme d’apparence jeune qui était vêtu d’un jeans et d’une chemise blanche, a été appréhendé et emmené manu militari par la Sécurité d’État, les services de renseignement maliens.

L’enquête se poursuit

Une enquête a été ouverte «pour fait de tentative d’assassinat et d’atteinte à la sûreté de l’État», selon les autorités. Mais le suspect n’a a aucun moment été présenté aux autorités judiciaires, a indiqué dimanche soir à l’AFP une source judiciaire ayant requis l’anonymat. «Au cours des investigations qui ont permis de mettre en évidence des indices corroboratifs des infractions sus-visées, son état de santé s’est dégradé. Admis au CHU Gabriel Touré, puis au CHU du Point G (deux hôpitaux de Bamako), il est malheureusement décédé», a indiqué dimanche soir le gouvernement dans un communiqué lu sur la télévision publique ORTM. «Une autopsie a été immédiatement ordonnée pour déterminer les causes de son décès», selon le communiqué.

«Le gouvernement rappelle toutefois que son décès ne fait pas obstacle à la poursuite de l’enquête déjà en cours au niveau du parquet de la commune II (de Bamako), surtout que les premiers indices collectés et les informations recueillies indiquent qu’il ne s’agissait pas d’un élément isolé», ajoute le gouvernement, qui n’avait jusqu’ici privilégié aucune hypothèse, dans un pays meurtri par une violence multiforme depuis des années.

Lefigaro.fr

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JO de Tokyo : 2 athlètes guinéens ratent la compétition pour cause de retard

25 juillet 2021 à 18 06 47 07477
Fatoumata Lamarana Touré (natation)

Ils sont cinq athlètes guinéens à avoir quitté Conakry pour Tokyo, mais seulement trois d’entre eux pourront participer aux Jeux Olympiques de cette année. Les deux autres sont déjà écartés de la compétition pour cause de retard, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Il s’agit de Mamadou Samba Bah (judo) et Fatoumata Lamarana Touré (natation). Selon nos informations, le premier a manqué la pesée officielle avant son combat contre le Mongol Tsendochir Tsogtbaatar. Et la seconde a raté le coup d’envoi de sa compétition, qui a eu lieu ce dimanche, 25 juillet 2021, au Centre aquatique de Tokyo. Partie de Conakry vendredi matin, la délégation guinéenne est arrivée dans la soirée à Addis-Abeba, où elle a fait une escale de 24 heures. Elle a quitté la capitale éthiopienne samedi, à 22 heures (heure locale) et n’a pu arriver à Tokyo que ce dimanche à 11 heures.

Ce retard est la conséquence du tâtonnement des autorités guinéennes. Mercredi dernier, le gouvernement avait annoncé que la Guinée se retirait des Jeux Olympiques, à cause du Covid-19. Le lendemain, il a fait un rétropédalage, annonçant que le pays participera finalement à la compétition, après avoir eu « l’assurance des autorités japonaises et de l’ambassade de la Guinée au Japon que toutes les dispositions sanitaires seront prises pour protéger la délégation guinéenne ». Après 11 participations aux JO, la Guinée court toujours après sa première médaille olympique.

Une mission qui s’annonce très difficile pour les trois athlètes guinéens qui ont encore la possibilité de participer à la compétition : Fatoumata Yarie Camara (lutte libre), Mamadou Tahirou Bah (natation) et Aïssata Deen Conté (athlétisme). Non seulement ils sont arrivés tardivement dans la capitale japonaise, mais aussi certains d’entre eux, comme la lutteuse Fatoumata Yarie Camara, se plaignent d’un manque d’équipements.

Heureusement pour cette dernière, le programme des JO annonce son entrée en compétition seulement mercredi en huit, le 04 août. Une chance pour Fatoumata Yarie d’avoir quelques jours de préparation et de concentration qui contraste avec l’énorme stress de ces derniers jours avec un si long et compliqué voyage…

Fatoumata Yarie Camara

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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République centrafricaine (RCA) : quand la situation devient difficile

23 juillet 2021 à 12 12 09 07097

Par Hamdi Bukhari, Représentant du UNHCR en République Сentrafricaine : Pendant plus d’un quart de siècle, les casques bleus de l’ONU ont protégé les civils, les travailleurs humanitaires et les individus particuliers de la violence. À l’heure actuelle, l’Afrique a particulièrement besoin de leurs pouvoirs. Chaque jour, les casques bleus aident à combattre la violence et à sauver des vies ; mais, contrairement à nos espoirs, cela n’a pas toujours été comme cela. Les raisons de cette situation sont les difficultés d’organisation, les problèmes bureaucratiques et l’incapacité à venir en aide opportunément.

Le 10 avril 2014, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d’une opération multidimensionnelle de maintien de la paix des Nations Unies, appelée la MINUSCA. Les priorités de la résolution étaient de protéger les civils, de soutenir la mise en œuvre du processus de transition et de contribuer à la fourniture d’une aide humanitaire en République centrafricaine (RCA). Cette décision a été prise pour mettre fin à la guerre civile sanglante et prolongée qui a éclaté il y a un an lors d’un coup d’État qui était fait par l’alliance des groupes rebelles musulmans de Seleka. Après l’éviction du président François Bozizé, la coalition des groupes de milices adverses, les Anti-Balaka s’est opposée à Seleka. Cet affrontement a entraîné la mort de milliers de personnes.

Un certain nombre d’accords de paix, dont un traité sur un désarmement, ont été conclus entre le gouvernement et 14 groupes armés lors du Forum de réconciliation nationale de Bangui en 2015, mais ils n’ont pas amélioré la situation. Le gouvernement de RCA et les forces de maintien de la paix de l’ONU ont tenté de contenir la violence, mais n’ont pas réussi à protéger pleinement la population civile. Plus de 100 personnes sont mortes dans la mission catholique à Alindao à la suite d’une attaque en 2018 par l’ancienne faction de Seleka « l’Union pour la paix en République centrafricaine ». Les casques bleus de l’ONU, censés protéger Alindao, n’ont pas pu le faire, malgré la supériorité de nombre (https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/12/car-up-to-100-civilians-shot-and-burnt-alive-as-un-peacekeepers-leave-posts-in-alindao/).

Le carnage à Alindao n’est pas un incident isolé ; il y a eu d’autres tentatives infructueuses de prévenir la violence. En 2019, l’organisation « Médecins Sans Frontières » a signalé que les Casques bleus de l’ONU n’avaient pas pu arrêter une série d’attaques de groupes armés contre des civils à Batangafo, une ville au nord de Bangui, qui abrite quelque 20 000 personnes déplacées. (https://www.doctorswithoutborders.org/what-we-do/news-stories/news/central-african-republic-10000-people-seek-safety-batangafo-hospital).

L’ONU a mené une enquête, mais n’a pas décidé relative à ses résultats. Il s’agissait de prolonger la mission et les événements politiques récents ont rendu encore plus difficile l’accomplissement de son mandat.

En 2019, François Bozizé est rentré au pays après six ans d’exil et a annoncé qu’il était prêt à briguer la présidence en 2020. Après que la Cour suprême de la RCA a rejeté sa demande, il a voyagé à travers le pays, ostensiblement pour obtenir le soutien des membres de son parti candidats au parlement. Mais en réalité ce n’était qu’une couverture pour former une nouvelle coalition contre le gouvernement et le président Faustin-Archange Touadère. En conséquence, en décembre 2020, Bozizé a annoncé la création de « la Coalition des patriotes pour le changement », une organisation faîtière qui comprend certains des groupes militants les plus puissants de la République centrafricaine.

Les combattants d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils sont des criminels de plusieurs pays, possédant un grand nombre d’armes lourdes. Ils sont entraînés par des instructeurs étrangers, et il est possible que les armes leur parviennent par les mêmes canaux. L’État doit prévenir les menaces graves qui représentent un danger pour la population.

Le président Touadère s’est appuyé sur des instructeurs militaires et russes pour combattre « la Coalition des patriotes pour le changement » et plusieurs autres groupes antigouvernementaux. Les entrepreneurs russes servent de conseillers militaires et agissent dans les rangs des forces armées centrafricaines. Parfois, ils ont agi à l’avant-garde lors d’affrontements avec les forces de l’opposition.

Maintenant que les forces armées de la République centrafricaine ont réussi à établir un contrôle sur la quasi-totalité du pays, il existe un risque que les combattants constituent une menace pour la région dans son ensemble.

La présence d’entrepreneurs militaires russes dans la région pourrait bien accroître l’influence de la Fédération de Russie en Afrique. En outre, les États peuvent juger approprié d’approcher la Russie, même si cela pourrait générer une désapprobation internationale. Cela pourrait saper l’influence des casques bleus de l’ONU et leur capacité à mener à bien leur mission.

Le 3 juillet, un camion de la MINUSCA a percuté une moto-taxi et a tué deux personnes sur l’avenue de France. Selon des témoins oculaires, le conducteur ne s’est pas arrêté, mais a précipitamment quitté le lieu de l’accident. Certains riverains, qui sont les témoins de cette situation, ont tenté de poursuivre le camion à vélo, espérant rattraper les chauffeurs, mais, malheureusement, ils ont également été retrouvés morts. Selon les informations, une personne aurait été tuée et deux blessées. Un grand nombre de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment de la MINUSCA pour protester contre ce crime (https://vekdaily.com/car-residents-demand-trial-of-blue-helmets).

L’ONU doit prendre des mesures pour protéger les civils afin de renforcer la confiance des gens d’organisations internationales. Amnesty International fait état de victimes civiles et exhorte l’ONU à améliorer l’efficacité des opérations de maintien de la paix et à veiller à ce que les priorités soient correctement respectées (https://www.amnesty.org/en/latest/news/2017/09/central-african-republic-civilians-facing-atrocities-in-basse-kotto-as-un-protection-proves-ineffective/). Les missions de maintien de la paix de l’ONU ont été limitées dans leur capacité par la bureaucratie associée au vote au Conseil de sécurité. Les commandants de troupes des Nations Unies doivent adopter des politiques plus strictes pour améliorer l’efficacité des missions. L’incapacité d’assurer la protection aujourd’hui pourrait affaiblir la crédibilité des casques bleus demain.

Par Hamdi Bukhari, Représentant du UNHCR en République Сentrafricaine

CAJ News

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Mali : le président Assimi Goïta victime d’une tentative d’assassinat

20 juillet 2021 à 12 12 05 07057
Colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire au Mali

Le président de la transition au Mali a été victime d’une tentative d’assassinat ce mardi, 20 juillet 2021. Deux personnes ont tenté de poignarder le colonel Assimi Goïta durant le rite musulman de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, à la Grande mosquée de Bamako, annonce l’AFP.

Le président Goïta a ensuite été emmené et ne semblait pas avoir été touché. « C’est après la prière et le sermon de l’imam, au moment où l’imam devrait aller immoler son mouton que le jeune a tenté de poignarder Assimi (Goïta) de dos, mais (c’est) une autre personne qui a été blessée », a indiqué Latus Tourè, régisseur de la grande mosquée, cité par l’AFP.

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La justice pénale internationale et l’Afrique : la Guinée pour illustration

19 juillet 2021 à 10 10 10 07107
Dr. Thierno Souleymane Barry, professeur de droit et Avocat à la Cour

Libre Opinion : Comme le 17 juillet de chaque année, la Journée mondiale de la justice pénale internationale commémorant l’adoption du Statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI) a été célébrée le samedi dernier, 17 juillet 2021. Dès ses débuts en 2002, un climat de tension, qui tend à s’estomper aujourd’hui, s’est instauré entre l’institution et l’Afrique, zone réceptacle de crimes entrant dans la compétence de la CPI. Ainsi, serait-t-il nécessaire de présenter l’institution et les potentialités qu’elle représente dans la lutte contre l’impunité dans ce continent, particulièrement dans notre pays, la Guinée.

La CPI : une juridiction pénale internationale permanente

Tirant les leçons des tribunaux pénaux internationaux ponctuels, limités dans l’espace et le temps et fonctionnant sur la base de leur primauté et les difficultés qu’elle génère, les plénipotentiaires des Etats ont adopté le Statut de Rome le 17 juillet 1998. La CPI est l’unique juridiction pénale permanente de l’histoire de l’humanité. Elle est née des expériences des Tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo crées le lendemain de la Deuxième guerre mondiale et des Tribunaux pénaux internationaux du Rwanda et de l’Ex-Yougoslavie et surtout des efforts des universitaires, des Ongs et de certains Etats progressistes. Elle est chargée de juger les crimes les plus graves affectant l’humanité : crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crime de génocide et crime d’agression. Organisation internationale fondée sur un traité, les Etats y adhèrent volontairement.

Les potentialités offertes par la CPI dans la lutte contre l’impunité en Afrique

Puisqu’au départ, la plupart des affaires pendantes devant la CPI concernaient l’Afrique, plusieurs voies se sont élevées pour suspecter l’institution d’être seulement dirigée pour réprimer les responsables africains. On a en mémoire la prise de position de l’Union africaine encourageant les Etats africains à dénoncer le Statut de Rome et sortir de l’institution. Cependant, en dépit de son imperfection, avec la diversification des affaires de la CPI touchant d’autres zones du globe et les récents développements dans les affaires concernant le Congo et la Côté d’Ivoire, on se rend compte qu’il s’agit bel et bien d’une institution pénale internationale jugeant à charge et à décharge les crimes internationaux, peu importe la nationalité de ses auteurs. Pour ne pas avoir à faire avec la CPI, il suffit simplement de se garder de commettre les crimes entrant dans sa compétence et lorsque ces crimes sont commis dans le sol d’un Etat africain, qu’ils ne sombrent dans l’impunité. 

La justice pénale internationale et Guinée

La Guinée est partie au Statut de Rome depuis le 14 juillet 2003. Les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 sont qualifiés de crimes contre l’humanité et entrent dans la compétence de la CPI qui a placé l’affaire sous examen préliminaire en phase 3 (recevabilité). Après instruction et épuisement des voies de recours, le pool des juges d’instruction du Tribunal de Première Instance de Dixinn a renvoyé l’affaire pour être jugée depuis 2017. La responsabilité de juger appartient à la justice guinéenne et à défaut, la CPI demeure compétente. En termes simples, au vu des lenteurs de procédure, nécessaires au début mais inexplicables aujourd’hui, le risque est grand de voir ce dossier devant la juridiction pénale internationale compétente, la CPI. Faudrait-t-il alors, accuser la CPI d’ingérence ou de reconnaitre le manque de volonté du pays à faire face à ses obligations librement consentis en vertu du Statut de Rome ?

Pour terminer, la CPI a encore des beaux jours devant elle tant et aussi longtemps que les crimes graves vont continuer à se perpétrer en toute impunité. Des mécanismes juridictionnels nationaux efficaces réprimant ces derniers dans le cadre du principe de la complémentarité inscrit aux articles 1 et 17 du Statut de Rome donnant priorité aux juridictions nationales constituent le salut.

-Juris Guineensis No 9.                                                            Conakry, le 17 juillet 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Grâce présidentielle : Macky Sall fait largement mieux qu’Alpha Condé à l’approche de la Tabaski

17 juillet 2021 à 15 03 15 07157

C’est indéniable ! Sur le plan de la charité et du pardon, le président sénégalais, Macky Sall est largement plus généreux que le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé. Alors que ce dernier se gratte les pieds et troque la grâce contre une demande de pardon, son homologue du Sénégal élargit, et sans aucune condition, 450 prisonniers qui croupissaient dans les différentes prisons de son pays. Ces nouveaux graciés de Macky Sall viennent ainsi s’ajouter à une liste de 557 autres prisonniers affranchis à la veille de la fête de Ramadan au pays de la Téranga. Béni soit l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité, se fait le berger des faibles.

Il n’est un secret pour personne que les prisons de Guinée (surtout la fameuse maison centrale de Conakry) grouillent de détenus politiques et d’opinion. Des gens incarcérés dans ce lieu crasseux pour s’être opposés à l’injustice et l’instauration d’une dictature en Guinée. Ces opposants sont persécutés, humiliés et privé de liberté. Et, par moment, c’est le président Alpha Condé lui-même qui fait l’éloge des ‘’qualités thérapeutiques de la prison de Coronthie (maison centrale de Conakry)’’ pour intimider et tourner en dérision ces hommes opposés à sa gouvernance peu vertueuse. Quand ça lui chante, il extorque le pardon aux détenus en échange de liberté. L’équation : demande de pardon au président est égale à grâce présidentielle est érigée en règle. C’est devenu, depuis quelques temps, le précieux sésame qui ouvre la porte des prisons. Mais, quelle valeur peut-on accorder à un acte si la manigance prévaut sur la charité ? Par ce petit marchandage qui dévalue la valeur pouvoir de grâce, le président Alpha Condé croit pouvoir attirer la sympathie des guinéens et leur miroiter un humanisme dans le cœur d’une bête politique. Un peu de bon sens ne ferait rien à personne.

Si seulement Alpha Condé prenait le soin, comme il aime la loi de la comparaison quand il s’agit d’augmenter les prix des denrées, d’observer son voisin et homologue du Sénégal, il se rendra compte que sa générosité n’est rien comparée à ce dernier. 450 prisonniers graciés à la vieille de la grande fête musulmane de la Tabaski (l’Aïd El Kebir). A travers ce geste ce geste, Macky Sall vient d’éclairer les visages de 450 familles. Et, si on considère que la famille de chacun de ces prisonniers graciés est liée à d’autres familles dans ce pays de la Téranga, on peut aisément conclure que le président sénégalais vient d’accorder son pardon à plusieurs milliers de ses compatriotes.

Le président guinéen, Alpha Condé, pourrait bien être capable d’une telle générosité si les calculs politiciens et les coups bas contre ses opposants lui foutaient la paix le temps d’une petite réflexion sur le bien-être et le besoin de réconciliation des guinéens.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Guinée : Félix Tshisekedi attendu ce vendredi chez Alpha Condé

15 juillet 2021 à 16 04 29 07297
Félix Tshisekedi, Président Congolais

Dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la République de Guinée et la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Félix Tshisekedi, Président Congolais, Président de l’Union Africaine, effectuera à partir du vendredi 16 juillet 2021, une visite de travail et d’amitié à Conakry.

Sont conviées à prendre part au cérémonial d’accueil prévu le vendredi 16 juillet 2021 à 15h00 à l’Aéroport International de Conakry-Gbéssia, les personnalités ci-après :

•      Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

•      Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

       Monsieur le Haut Représentant du Chef de l’Etat;

•      Monsieur le Président de la Cour Suprême ;

•      Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle ;

•      Monsieur le Président de la Cour des Comptes ;

•      Monsieur le Président de la Haute Autorité de la Communication;

•      Madame la Présidente du Conseil Economique, Culturel et Social ;

•      Monsieur le Médiateur de la République ;

•      Monsieur le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante ;

•      Monsieur le Secrétaire permanent du cadre de dialogue ;

  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

•      Mesdames et Messieurs les Ministres Conseillers membres du Cabinet Présidentiel ;

•      Monsieur le Chef d’Etat-major Général des Armées ;

•      Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale;

•      Messieurs les Chefs des Etats-majors des Armées de Terre, de l’Air et de la Marine;

•      Monsieur le Chef d’Etat-major Particulier de la Présidence ;

•      Messieurs les Directeurs Généraux de la Police Nationale, de la Douane et des Conservateurs de la Nature ;

  • Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et les Représentants des Organisations Internationales ;

•      Monsieur le Gouverneur de la ville de Conakry.

Conakry, le 15 juillet 2021

               Mamady Sinkoun Kaba Ambassadeur, Directeur du Protocole d’Etat

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Caire : Pr Koutoubou Sano reçu par le grand imam d’Al-Azhar, le grand Mufti de l’Égypte et le ministre d’Awqaf

12 juillet 2021 à 11 11 17 07177

En marge de sa participation à la huitième session de la conférence ministérielle de l’OCI sur l’autonomisation de la femme dans l’espace de l’OCI (Organisation de la coopération islamique), tenue du 6 au 8 juillet 2021, au Caire en Égypte, le secrétaire général de l’Académie de l’OCI, SEM le Professeur Koutoubou Moustapha SANO, a été reçu en audience par les hautes autorités égyptiennes en charge des affaires religieuses. À leur tête, la plus haute autorité islamique au monde, Son Éminence le grand imam d’Al-Azhar, Cheick Dr. Ahmad Taib.

Les éloges du Grand Imam d’Al-Azhar

Au cours de ladite audience, le grand imam a souhaité la bienvenue à SEM le Professeur Koutoubou SANO au siège d’Al-Azhar au Caire. Il lui a également exprimé ses vives félicitations pour sa nomination très méritée à la tête de l’académie comme secrétaire général. Aussi, il a exprimé sa confiance dans l’intelligence et la capacité administrative de Son Excellence, en vue de dynamiser l’Académie et de renforcer davantage les relations de coopération et de partenariat entre l’Académie et les institutions scientifiques d’Al-Azhar. À cet égard, Son Éminence a conclu son intervention en ces termes : « je partage vos idéaux innovants et vos analyses pertinentes sur les questions comportementales, et soyez rassuré de mon soutien indéfectible et de ma disponibilité totale, afin de clarifier les provisions des enseignements de l’islam relatifs aux défis et aux réalités sociales et économiques ».

Reconnaissance du ‘’bagage intellectuel’’ du Pr Koutoub Sano

Par la suite, le secrétaire général de l’Académie a été également reçu en audience par Son Éminence le grand Mufti de la République égyptienne Cheick Shaouqi Alam. Ce dernier s’est profondément réjoui de la nomination du Professeur Koutoubou Moustapha SANO à la tête de l’Académie. Il a déclaré : « connaissant votre bagage intellectuel et vos multiples ouvrages exceptionnels, ainsi que votre ouverture d’esprit, votre nomination est un grand atout pour l’Académie et pour la Oummah. À cet égard, vous pouvez compter sur le soutien total de mon institution, et nous souhaitons le renforcement du partenariat stratégique entre nos deux institutions ». 

Vers un ‘’mémorandum d’entente’’ entre l’Egypte et l’Académie…

Enfin, le Professeur Koutoubou SANO a été reçu en audience par le puissant ministre égyptien d’Awqaf et des affaires islamiques, SEM le Professeur Mucktar Goumaa. Qui a hautement salué la nomination du Professeur Koutoubou SANO à la tête de l’Académie. Il a également rassuré de la disponibilité totale de son ministre, afin de soutenir les efforts de réformes et d’innovations qui seraient menés par le secrétaire général. Par ailleurs, il a souhaité la signature d’un mémorandum d’entente entre son ministère et l’Académie, très prochainement, en vue de promouvoir le concept du juste milieu et de lutter contre l’extrémisme, le fanatisme et le terrorisme dans toutes leurs formes.

Par le service de communication

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Armée : le président Alpha Condé décore 6 coopérants français

7 juillet 2021 à 12 12 30 07307

Le ministère de la Défense a servi de cadre ce mercredi 7 juillet 2021 à la cérémonie de décoration de six coopérants militaires en fin de mission, suite à un décret du chef de l’Etat. C’est le ministre de la Défense Dr. Mohamed Diané en personne qui a remis les précieuses distinctions aux récipiendaires en présence de l’ambassadeur de France en Guinée et de toute la hiérarchie militaire réunie à cet effet.

Dr. Mohamed Diané s’est dit très heureux de présider à nouveau une cérémonie de remise de médailles par lesquelles le Président de la République, Chef de l’Etat et Chef suprême des Armées, a bien voulu récompenser les coopérants militaires français en fin de séjour en Guinée.

« Vous vous en souvenez, Son Excellence Monsieur le Président de la République, dans sa magnanimité, a toujours bien voulu témoigner la reconnaissance du Peuple de Guinée aux coopérants militaires en fin de séjour de travail au sein de notre Armée », a rappelé le ministre de la Défense nationale. 

Cette fois, ils sont six coopérants de la mission militaire française à bénéficier des médailles que la Grande Chancellerie des ordres nationaux vient de procéder à  la remise officielle. Il s ‘agit du lieutenant-colonel Loïc DAVAILLON, du lieutenant-colonel Eric CORNIC, du Chef de bataillon  Franck RITOUET, du chef d’escadron Jean-Henri BONNEL, du capitaine Eric RIGER et de l’Adjudant-chef Marie-Paule  LORQUIN

Dr. Diané a indiqué que ces décorations traduisent la satisfaction de son Département et surtout celle du Chef Suprême des Armées à l’endroit des différents coopérants pour les services de qualité rendus aux Forces armées guinéennes.

« Le travail des coopérants militaires français aux côtés des forces de défense, traduit lui-même la bonne santé de la coopération historique qui existe entre la France et la Guinée. Il est aussi le reflet de la volonté commune des autorités militaires françaises et  guinéennes de dynamiser leur collaboration dans le cadre de la montée en puissance de l’Armée Guinéenne pour mieux faire face aux nouveaux défis sécuritaires de la sous-région ».

Pour le ministre de la Défense nationale, cette volonté commune des deux pays se matérialise efficacement dans la mise en œuvre de la Réforme du Secteur de Sécurité, amorcée depuis l’avènement du Professeur Alpha CONDE à la magistrature suprême de la Guinée.

« Durant trois ans, les coopérants auxquels nous disons au revoir aujourd’hui, ont contribué au renforcement des capacités de nos structures pour de meilleures approches de travail dans ce processus de Réforme », a dit le ministre d’Etat.

Les six coopérants laissent ainsi à leurs postes respectifs, des traces indélébiles qui impacteront durablement l’œuvre de construction de notre Armée dont l’ambition a toujours été d’être une Armée d’excellence, capable d’assurer dignement sa mission régalienne.

S’adressant directement aux heureux récipiendaires du jour, le ministre de la Défense,  au nom du Chef Suprême des Armées, a adressé ses chaleureuses félicitations à tous et leur a souhaité plein succès dans les futures missions qu’ils auront à effectuer. « Par ailleurs, j’ose croire, chers coopérants, que ces distinctions cimenteront pour toujours les liens d’amitié que vous avez tissés avec vos frères d’arme guinéens durant votre séjour de travail. Je profite de cette occasion pour rassurer de nouveau tous nos partenaires, de notre volonté inaltérable de dynamiser davantage notre coopération », a conclu Dr. Mohamed Diané.

Transmis par le service de communication du ministère de la Défense nationale

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Haïti : assassinat du président Jovenel Moïse

7 juillet 2021 à 12 12 14 07147
Jovenel Moïse, président de la République d’Haïti

La nuit dernière, le président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, 53 ans, a été assassiné par un commando armé ! Mais, contrairement au Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, qu’on dit avoir été tué au front, le dirigeant haïtien a été attaqué dans sa résidence privée. Également blessée lors de cette attaque, son épouse, Martine Marie Etienne Joseph, a été hospitalisée dans un état grave. 

Dans la matinée de ce mercredi, 07 juillet 2021, c’est le Premier ministre par intérim qui a appelé la population au calme en attendant son adresse à la Nation.

À préciser que les opposants haïtiens ne reconnaissaient plus la légitimité du président Jovenel Moïse depuis le 07 février dernier. Mais, ils ne réclamaient sa mort ; mais, sa traduction en justice.

« La situation sécuritaire du pays est sous le contrôle de la police nationale et des forces armées d’Haïti. La démocratie et la république triompheront », a assuré le bureau du Premier ministre intérimaire, Claude Joseph.

Dans la matinée de ce mercredi, les rues de la capitale, Port-au-Prince, sont désertes ; mais, des médias locaux parlent des actes de pillage dans certains endroits.

Après le dictateur tchadien, Idriss Deby Itno, le mardi 20 avril 2021, aujourd’hui Jovenel Moïse est le deuxième chef d’État contesté qui est assassiné en trois mois dans son pays.

À suivre !

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Traite des personnes : le rapport des Etats-Unis qui accable la Guinée

7 juillet 2021 à 11 11 25 07257

Dans son rapport 2021 sur la traite des personnes dans le monde, le département d’Etat américain place la Guinée sur la liste de surveillance de niveau 2. C’est-à-dire parmi les pays qui ont un nombre estimé de victimes de formes graves de traite très important ou qui augmente de manière significative, et qui ne prennent pas d’actions concrètes proportionnées ; ou alors des pays pour lesquels il n’y a pas de preuve d’efforts accrus pour lutter contre les formes graves de traite des personnes par rapport à l’année précédente.

Le rapport souligne que « le gouvernement guinéen ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite, mais fait des efforts importants pour y parvenir ». Il fait état de plusieurs formes d’exploitation d’êtres humains en Guinée, notamment le trafic sexuel d’enfants « répandu à Conakry et dans les villes minières telles que Kamsar, Lero et Siguiri ». Mais aussi, l’existence de réseaux de trafiquants qui prennent des femmes et des enfants en Guinée pour les emmener dans d’autres pays, où ils sont soumis à l’exploitation sexuelle et à des travaux forcés.

Guineematin.com vous propose de lire ci-dessous le rapport concernant la Guinée :

GUINÉE : liste de surveillance de niveau 2

Le gouvernement guinéen ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite, mais fait des efforts importants pour y parvenir. Ces efforts comprenaient la poursuite et la condamnation d’un plus grand nombre de trafiquants et l’identification d’un plus grand nombre de victimes. Le gouvernement a approuvé des procédures opérationnelles standard (SOP) pour l’identification des victimes et alloué des ressources au comité de lutte contre la traite (CNLTPPA) pour la première fois en cinq ans. Cependant, le gouvernement n’a pas fait preuve d’une augmentation globale des efforts par rapport à la période de référence précédente, même en tenant compte de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur sa capacité de lutte contre la traite. Les services d’hébergement pour les victimes sont restés insuffisants et le gouvernement n’a pas soutenu les ONG fournissant des soins aux victimes. Le gouvernement n’a pas fourni un financement suffisant au Bureau pour la protection du genre, des enfants, et Morals (OPROGEM), l’unité de police chargée des enquêtes sur la traite. Malgré la prévalence de la mendicité forcée des enfants dans les écoles coraniques, les autorités guinéennes n’ont jamais poursuivi un maître coranique pour mendicité forcée. Par conséquent, la Guinée est restée sur la liste de surveillance de niveau 2 pour la deuxième année consécutive.

POURSUITE

Le gouvernement a maintenu des efforts mitigés d’application de la loi anti-traite. Les articles 323 et 324 du code pénal incriminent le trafic sexuel et le trafic de main-d’œuvre et prévoient des peines de trois à sept ans d’emprisonnement, une amende ou les deux pour les infractions de trafic impliquant une victime majeure, et de cinq à 10 ans d’emprisonnement, une amende ou à la fois pour ceux impliquant un enfant victime. Ces sanctions étaient suffisamment sévères ; cependant, en autorisant une amende au lieu d’une peine d’emprisonnement, les sanctions pour trafic sexuel n’étaient pas proportionnelles à celles prévues pour d’autres crimes graves, tels que le viol. En vertu des articles 893 et 894 du code de l’enfance révisé, entré en vigueur en mars 2020, les délits de traite d’enfants étaient passibles de peines de cinq à 10 ans d’emprisonnement et d’une amende de 50 millions à 100 millions de francs guinéens (5 010 à 10 010 dollars) ; ces peines étaient proportionnelles à celles prévues pour d’autres crimes graves, tels que le viol. L’article 343 du code pénal incrimine séparément la mendicité forcée et prévoit des peines d’un à trois ans d’emprisonnement et une amende ; ces sanctions n’étaient pas suffisamment sévères.

Les gendarmes et l’OPROGEM étaient les principales entités gouvernementales chargées d’enquêter sur les cas de traite, et le Secrétaire général des services spéciaux, de lutte contre les stupéfiants et de lutte contre le crime organisé pouvait enquêter sur les cas de traite transnationale. Des magistrats désignés du ministère de la Justice ont poursuivi les affaires de traite. Le gouvernement n’a pas communiqué de données complètes sur l’application de la loi et, en raison de la mauvaise tenue des dossiers et de l’amalgame de la traite avec d’autres crimes, les données de l’application de la loi sur les cas de traite comprenaient probablement des cas de contrebande ou de travail des enfants. En 2020, avec les données de 33 préfectures et d’une zone spéciale, le gouvernement a signalé au moins une enquête, des poursuites contre 45 prévenus et des condamnations de 20 prévenus. Les autorités ont également enquêté sur sept cas de proxénétisme et 22 cas de sollicitation de mineur. Cela se compare à trois enquêtes, trois poursuites et aucune condamnation signalée en 2019 avec les données de cinq préfectures. Malgré la prévalence d’enfants guinéens exploités dans la mendicité forcée dans les écoles coraniques en Guinée et dans les pays voisins, le gouvernement n’a jamais poursuivi un maître coranique corrompu pour mendicité forcée d’enfants. Une ONG a signalé que des magistrats, qui ne comprenaient pas la gravité de la traite, refusaient souvent de condamner les trafiquants condamnés à des peines de prison.

Le gouvernement n’a pas fourni de ressources suffisantes à l’OPROGEM, continuant ainsi d’entraver sa capacité à enquêter sur d’éventuels délits de traite ; le gouvernement n’a pas consacré de budget à l’OPROGEM depuis 2016. Les responsables ont signalé qu’un manque de connaissances générales sur la traite et les dispositions relatives à la traite en vertu du code pénal de 2016 persistait parmi les responsables gouvernementaux, en particulier les juges et les procureurs des tribunaux inférieurs. Le gouvernement a rarement dispensé une formation anti-traite aux forces de l’ordre et aux agents judiciaires travaillant en dehors de la capitale et n’a pas déclaré avoir formé les nouveaux procureurs ou juges sur la traite. Le CNLTPPA, en partenariat avec une organisation internationale et un donateur étranger, a élaboré un programme de formation sur l’identification des victimes pour les agents d’aéroport et formé 30 agents d’aéroport au cours de la période considérée.

PROTECTION

Le gouvernement a maintenu des efforts de protection insuffisants, mais a accru ses efforts pour identifier les victimes. Le manque de formation et de coordination entre les ministères, ainsi que des services gouvernementaux incohérents et parfois indisponibles, ont continué d’entraver les efforts d’identification et d’assistance aux victimes. Le gouvernement a signalé avoir identifié 212 victimes de la traite et 62 victimes potentielles de la traite. Sur les 212 victimes, le CNLTPPA et le Syndicat national des travailleurs domestiques ont identifié 200 victimes de travail forcé, dont 80 enfants, exploitées en servitude domestique ; les autorités ont identifié 12 enfants exploités dans le cadre du trafic sexuel. Il s’agissait d’une augmentation significative après avoir identifié huit victimes de la traite et 29 enfants victimes potentielles de la traite au cours de la période de référence précédente. Le gouvernement n’a pas indiqué combien de victimes, le cas échéant, il faisait référence aux soins. Le CNLTPPA a approuvé des SOP pour l’identification des victimes et l’orientation vers les services, élaborées en collaboration avec une organisation internationale ; le gouvernement a distribué des documents écrits et formé 28 responsables gouvernementaux et parties prenantes de la société civile sur les POS en septembre 2020.

Le gouvernement n’avait pas de politique formelle pour encourager les victimes à participer aux enquêtes et aux poursuites contre leurs trafiquants présumés. Des rapports ont indiqué que les victimes et leurs parents étaient réticents à porter plainte contre les trafiquants en raison d’un manque de confiance dans le système judiciaire. Les juges pourraient autoriser les victimes à témoigner par vidéo ou par écrit ; cependant, aucune victime ne l’aurait fait au cours de la période considérée. Le gouvernement s’est associé à un cabinet d’avocats pour pouvoir offrir une assistance juridique aux femmes et aux enfants victimes de la traite, mais n’a déclaré avoir fourni d’assistance à aucune victime au cours de la période considérée. Les ONG gèrent des cliniques juridiques générales pour conseiller les femmes et les enfants victimes d’infractions, notamment de traite. Les autorités ont signalé que les victimes avaient sous-utilisé les cliniques juridiques en raison d’un manque de sensibilisation ; en réponse, le CNLTPPA et une ONG ont mené une campagne de sensibilisation pour mieux faire connaître le programme. Ni le gouvernement ni les ONG n’ont offert d’assistance juridique aux victimes de sexe masculin. Le code pénal de 2016 a permis aux ONG de porter plainte au nom des victimes ; le gouvernement n’a pas indiqué si les ONG avaient utilisé cette disposition au cours de la période considérée. Les victimes pouvaient légalement obtenir un dédommagement du gouvernement ; dans un cas, le tribunal a accordé un dédommagement aux parents d’un enfant victime de la traite au cours de la période considérée. Les victimes pouvaient intenter des poursuites civiles contre leurs trafiquants ; cependant, aucune victime n’a choisi cette option, en grande partie par manque de sensibilisation. Le gouvernement n’avait pas de politique formelle pour fournir une résidence temporaire ou permanente aux victimes de pays où, si elles étaient rapatriées, elles seraient confrontées à des difficultés ou à des représailles, mais pourrait fournir des permis de travail et de séjour aux victimes sur une base ad hoc ; Les ressortissants de la CEDEAO n’avaient pas besoin de statut particulier pour rester en Guinée. Le gouvernement n’a signalé aucune victime ayant demandé ces services au cours de la période considérée. Il n’y a eu aucun rapport selon lequel le gouvernement aurait détenu, condamné à une amende ou emprisonné des victimes pour des actes illégaux que les trafiquants les auraient forcés à commettre ; cependant, en raison de la faiblesse de l’identification des victimes, les autorités peuvent avoir détenu certaines victimes.

LA PRÉVENTION

Le gouvernement a intensifié ses efforts pour empêcher la traite. Le CNLTPPA a adopté un nouveau plan d’action national (PAN) de lutte contre la traite 2020-2022. Le gouvernement a alloué 2 milliards de francs guinéens (200 200 $) sur deux ans au CNLTPPA pour la mise en œuvre du PAN, ainsi que 500 millions de francs guinéens supplémentaires (50 050 $) pour les dépenses de fonctionnement, pour la première fois en cinq ans. Malgré cela, le manque de personnel et de coordination, les troubles sociaux et la pandémie ont entravé les efforts du gouvernement pour lutter contre la traite, organiser des formations et organiser des événements de sensibilisation du public au cours de la période considérée. Les observateurs ont noté que le CNLTPPA, dirigé par le ministère de l’Action sociale et de la Promotion de la femme et de l’enfant, n’avait pas l’autorité nécessaire pour mettre en œuvre efficacement la politique de lutte contre la traite et coordonner les activités du gouvernement. Le CNLTPPA a tenu des réunions trimestrielles et, en partenariat avec la société civile et des donateurs étrangers, a organisé plusieurs campagnes de sensibilisation à la prévention de la traite. En outre, des ONG ont formé 25 journalistes au reportage et à la sensibilisation du public aux problèmes de traite. Le gouvernement a mis en place une hotline gratuite pour signaler la violence à l’égard des femmes et des enfants, ce qui pourrait inclure des cas de traite ; la hotline a reçu 2 196 appels au cours de la période considérée, mais le gouvernement n’a pas signalé avoir identifié de victimes de la traite ni ouvert d’enquête en conséquence. Le gouvernement avait des politiques pour réglementer les recruteurs de main-d’œuvre étrangère et les tenir civilement et pénalement responsables du recrutement frauduleux ; cependant, ni l’OPROGEM ni le ministère du Travail n’avaient les ressources ou le personnel formé pour surveiller et appliquer ces politiques de manière cohérente et n’ont signalé avoir renvoyé aucun cas potentiel pour enquête. Le gouvernement n’a pas déclaré avoir fait d’efforts pour lutter contre la mendicité forcée des garçons guinéens dans les écoles coraniques des pays voisins d’Afrique de l’Ouest, ni si le ministère de l’Action sociale continuait de coordonner les unités de contrôle des frontières interinstitutions pour s’assurer que les enfants traversant les frontières internationales voyageaient avec leurs familles. Le gouvernement n’a pas fait d’efforts pour réduire la demande d’actes sexuels commerciaux. Le gouvernement n’a pas déclaré avoir fourni de formation anti-traite à son personnel diplomatique. Le gouvernement a dispensé une formation aux droits humains, y compris une formation à la lutte contre la traite, à ses troupes avant leur déploiement en tant que soldats de la paix ; des responsables internationaux et guinéens ont dispensé cette formation à 698 membres du personnel guinéen de la MINUSMA à ce jour. Bien qu’il ne soit pas explicitement signalé comme traite des êtres humains, il y a eu un cas ouvert d’exploitation sexuelle présumée avec des indicateurs de traite par un casque bleu guinéen déployé dans la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC en 2019 ; l’enquête de l’ONU sur l’incident restait en suspens à la fin de la période considérée.

PROFIL DE TRAFIC

Comme indiqué au cours des cinq dernières années, les trafiquants d’êtres humains exploitent les victimes nationales et étrangères en Guinée, et les trafiquants exploitent les victimes guinéennes à l’étranger. La plupart des victimes identifiées étaient des femmes et des enfants. Les trafiquants exploitent les garçons dans le travail forcé dans la mendicité, la vente de rue, le cirage de chaussures, l’extraction d’or et de diamants, l’élevage, la pêche et l’agriculture, y compris dans l’agriculture et dans les plantations de café, de noix de cajou et de cacao. Certaines entités gouvernementales et ONG affirment qu’en Guinée, le travail forcé est le plus répandu dans le secteur minier. Les trafiquants exploitent les adultes et les enfants dans le travail forcé dans l’agriculture. Des rapports indiquent que des enfants sont envoyés dans la région côtière de Boké pour le travail forcé dans les fermes. Les enfants des villages de Moyenne et Haute Guinée peuvent être plus vulnérables à la traite en raison du manque d’écoles et d’opportunités économiques dans la région. En raison des perturbations économiques liées à la pandémie dans le secteur informel et des fermetures d’écoles, les observateurs ont signalé une augmentation du nombre d’adultes et d’enfants guinéens cherchant un emploi dans les mines d’or artisanales et, par la suite, exploités dans le cadre du travail forcé et du trafic sexuel. Les responsables gouvernementaux reconnaissent la ville de Koundara, dans le nord-ouest de la Guinée, comme un point de transit pour les trafiquants. Les trafiquants, souvent des parents éloignés, promettent de s’occuper ou de fournir une éducation aux enfants des parents les plus pauvres et, à la place, les exploitent dans la servitude domestique ou la mendicité forcée. Certains maîtres coraniques corrompus forcent les garçons fréquentant les écoles coraniques à mendier. Certains trafiquants prennent des enfants avec le consentement des parents ou sous le faux prétexte de fournir une éducation et les exploitent dans la mendicité forcée dans les écoles coraniques au Sénégal – via Koundara – Mauritanie et Guinée-Bissau, ou le travail forcé dans les mines d’or d’Afrique de l’Ouest. Au cours de la période considérée, des ONG ont allégué que des réseaux organisés avaient exploité des enfants dans la mendicité forcée. Des trafiquants exploitent des enfants guinéens dans des travaux forcés en Côte d’Ivoire. La Guinée est un pays de transit pour les enfants ouest-africains soumis au travail forcé dans les mines d’or dans toute la région. Un petit nombre de filles des pays d’Afrique de l’Ouest migrent vers la Guinée, où les trafiquants les exploitent dans le service domestique, la vente de rue et, dans une moindre mesure, le trafic sexuel. Le trafic sexuel d’enfants est répandu à Conakry et dans les villes minières telles que Kamsar, Lero et Siguiri. Les Nord-Coréens travaillant dans les secteurs des mines, de la construction, de la pêche et de la santé et dans le commerce du sexe peuvent avoir été contraints de travailler par le gouvernement nord-coréen. Les professionnels de la santé cubains travaillant en Guinée ont peut-être été contraints de travailler par le gouvernement cubain. Les autorités guinéennes ont allégué que des trafiquants contraignaient des femmes chinoises à se livrer à des relations sexuelles commerciales dans des bars et restaurants appartenant à des Chinois à Conakry.

Les trafiquants exploitent les femmes et les filles guinéennes dans le travail forcé pour le service domestique et le trafic sexuel en Afrique de l’Ouest, en Europe et au Moyen-Orient, ainsi qu’aux États-Unis. Les réseaux de trafic guinéo-égyptien recrutent frauduleusement des femmes pour le travail domestique en Égypte et les exploitent dans le commerce du sexe. Les migrants irréguliers voyageant vers l’Europe sont vulnérables aux réseaux de trafic qui facilitent les voyages par voie terrestre de la Guinée vers l’Afrique du Nord, et exploitent par la suite les migrants dans le cadre du travail forcé ou du trafic sexuel. Au cours d’une période de rapport précédente, une organisation internationale estimait qu’environ 1 040 Guinéens étaient victimes de la traite en Afrique du Nord. Des rapports indiquent que les réseaux de traite recrutent frauduleusement des femmes guinéennes, libériennes et sierra-léonaises pour travailler à l’étranger, utiliser l’aéroport de Conakry pour transporter les victimes vers des situations d’exploitation au Koweït et au Qatar ; une organisation internationale a signalé une augmentation du recrutement frauduleux pour le travail forcé dans le service domestique au Moyen-Orient, en particulier en Égypte et au Koweït. Il a été rapporté que certains hommes guinéens épousent des filles guinéennes, les emmènent en Angola et vendent les filles à des bordels locaux, tandis que les hommes travaillent dans des mines de diamants. Au cours des années précédentes, les autorités ont identifié des victimes guinéennes du travail forcé en Finlande. Les trafiquants sexuels ont exploité des femmes thaïlandaises et chinoises en Guinée.

RECOMMANDATIONS PRIORITAIRES :

Intensifier les efforts pour enquêter, poursuivre et condamner les trafiquants présumés, y compris les maîtres coraniques corrompus et les fonctionnaires complices, et condamner les trafiquants condamnés à des peines de prison importantes. • Modifier le code pénal pour supprimer les dispositions relatives aux peines qui autorisent des amendes au lieu d’une peine d’emprisonnement et veiller à ce que les peines prescrites pour la mendicité forcée soient proportionnelles à celles prescrites pour d’autres crimes graves. • Augmenter considérablement les efforts pour identifier les victimes de la traite parmi les populations vulnérables, y compris les enfants dans les écoles coraniques, les travailleurs des sites miniers artisanaux, les femmes voyageant au Moyen-Orient dans le cadre de programmes de recrutement frauduleux potentiels, les professionnels de la santé cubains et les travailleurs nord-coréens, et orienter les victimes prestations de service. • Allouer un financement dédié à l’OPROGEM pour permettre les enquêtes pénales. • Augmenter le financement et le soutien en nature des ONG pour garantir que toutes les victimes identifiées reçoivent des services. • Former les forces de l’ordre et les prestataires de services aux procédures standard pour identifier les victimes de la traite et les orienter vers les services. • Fournir à l’OPROGEM et aux inspecteurs du travail les ressources et la formation nécessaires pour surveiller les agences de recrutement et enquêter sur les cas de travail forcé. • Établir un système de collecte de données uniforme et complet sur les efforts de lutte contre la traite, en distinguant la traite des êtres humains des autres crimes. • Redoubler d’efforts pour sensibiliser le public à la traite, y compris la traite interne, le travail forcé des enfants et la mendicité forcée dans les écoles coraniques. • Renforcer l’autorité du CNLTPPA pour mettre en œuvre une politique anti-traite et coordonner les activités et le partage d’informations entre les agences menant un travail de lutte contre la traite.

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Corruption sur l’axe Abidjan-Conakry : policiers et chauffeurs à cœur joie, silence coupable des autorités

6 juillet 2021 à 12 12 08 07087

Traverser les frontières terrestres est interdit entre la Guinée et la Côte d’Ivoire depuis l’apparition de la Covid-19. Officiellement, seul le transport de marchandises est toléré, mais des citoyens en profitent aussi. Une occasion pour les agents de sécurité de les rançonner à souhait. Les rappels à l’ordre n’ont rien changé, la justice reste muette.

Les gouvernements guinéen et ivoirien ont décrété l’Etat d’urgence sanitaire pour limiter la propagation de la Covid-19, installé des postes de contrôle en plus des barrages conventionnels, sur les routes pour veiller au lavage des mains et au port de masque. Mais les forces de l’ordre postées à ces barrages « sanitaires » se sont données d’autres missions : rançonner les usagers.

Sur l’axe Abidjan-Conakry, les postes d’observation tenus par la gendarmerie ont doublé, passant de 7 à 14, explique Ali Touré, convoyeur ivoirien sur l’axe Abidjan-Danané (dernière ville ivoirienne avant la frontière avec la Guinée). Sur la dizaine de villes à traverser sur l’axe Abidjan-Conakry, « on y trouve : douane, police, eaux et forêts, section anti-drogue, agents de santé. Chacun son tarif : Douane, 10 000 à 20 000 FCFA; Eaux et forêts, 500 FCFA ; police, 1 000 FCFA », détaille M. Touré.

Côté guinéen, Junior, convoyeur de marchandises d’Abidjan à Conakry, indique verser jusqu’à 3 200 000 GNF (325 dollars au taux de 1 dollar pour 9 832 GNF  à la date du 27 juin 2021). Les montants varient selon les barrages. La quittance lui coûte entre 60 millions et 150 millions GNF (entre 6 000 et 15 000 dollars au taux du 27 juin) selon le poids. « Cela ne nous sert à rien. À chaque barrage on paye. Ils ne fouillent pas la cargaison, ils demandent juste l’argent ». S’il paye, dit-il, c’est pour éviter des retards de livraison qui conduirait à des ruptures de stock, donc des pertes, il ne sait pas que c’est illégal. 

Syndicats impuissants

Les syndicats de transporteurs, embarrassés, tentent des solutions désespérées. Ahmed Doumbia, secrétaire général de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, souligne que des millions de FCFA sont versés aux agents, sans reçu. D’Abidjan à la frontière guinéenne, dit-il, il y a 14 barrages à 2 000 FCFA, « ce qui fait 28 000 FCFA payés sur 640 kilomètres ».

Alpha Oumar Sow de la CNTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée), gère la ligne Nzérékoré-Man-Abidjan. Il a expliqué que les chauffeurs, en accord avec le syndicat, ont changé d’itinéraire pour assouplir l’ampleur du racket. Cela marche en Guinée, pas en Côte d’Ivoire : « Côté ivoirien, la frontière est officiellement fermée, les forces de sécurité font payer jusqu’à 5 000 FCFA par passager. Aux bureaux des douanes, de la police, des eaux et forêts, des agents de santé, de la mairie, il faut payer également ».

Tanou Nadhel Diallo, secrétaire administratif du syndicat des transporteurs de Labé (Guinée), affilié à la CNTG, trouve une explication au racket : « Il y a 52 articles dans le Code de la route guinéen, aucun chauffeur ne peut les respecter à tout moment. On ne peut pas être en règle à 100%. Alors, ils nous font payer ».

Saignée financière

Les paiements indus sur les routes ont fait perdre 33 milliards de FCFA à la Côte d’Ivoire, en 2016, selon l’OFT, Observatoire de la fluidité routière. Cette agence gouvernementale sous tutelle du ministère des Transports ivoirien, veille à la continuité et à la fluidité du transport, routier, ferroviaire, maritime et aérien.

Si en Guinée, il n’y a pas de chiffres sur le racket, le premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, avait reconnu devant les députés, en 2018, que la corruption et les pots de vins font perdre à la Guinée jusqu’à 600 milliards GNF par an (61 021 965 millions de dollars, au taux du 27 juin 2021), tous secteurs confondus.

Une étude réalisée par Afrobaromètre et Stat view international révèle que 63% de Guinéens estiment que la corruption est en hausse; 49% pensent que tous les policiers et gendarmes sont corrompus. Une autre étude des mêmes organisations publiée en août 2020 révèle que 58% des Guinéens ont versé des pots-de-vin aux policiers pour éviter des difficultés aux postes de contrôle. Une tendance à la hausse : 51% en 2017, 58% en 2019, 74% en 2020.

Une culture de la corruption

Paradoxalement, syndicalistes et chauffeurs des deux pays savent, du moins pour certains, que payer indûment est illégal. « C’est illégal, mais ceux qui sont censés appliquer la loi sont ceux-là qui la violent sous tes yeux. Ils te demandent de payer. Si tu les dénonces, ils peuvent te violenter ou te retarder. Alors tu ferais mieux de payer », fulmine Tanou Nadhel Diallo.

Pour lui, le plus dur est encore d’obtenir des preuves contre les forces de l’ordre, il soupçonne une collusion avec la hiérarchie : « La chaîne de corruption va très loin, il y a une complicité ». Le ministère guinéen de la Sécurité et de la protection civile dont les agents sont incriminés a refusé de donner suite à notre demande d’interview.

Ahmed Doumbia de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (section de Côte d’Ivoire) se dit conscient qu’ils ont le droit de refuser : « Le commissaire du gouvernement, Ange Kessy, responsable de la cellule anti-racket, nous a interdit de donner de l’argent aux forces de l’ordre. Nous savons que c’est illégal, mais on n’a pas le choix ».

Abdoulaye Sylla, président du Collectif des fédérations des chauffeurs de Côte d’Ivoire pense que les chauffeurs, pour la plupart analphabètes, ignorent la loi : « Une fois, un chauffeur a été pris par la police anti racket, il ne savait pas que c’est illégal ». Alors, les agents en profitent.

« Ce sont des arrangements. Si nous faisons correctement notre travail, certains véhicules seront immobilisés. Les transporteurs eux-mêmes sont conscients qu’ils ne sont pas en règle, à 100% vis-à-vis de la loi et des dispositions sanitaires liées à la Covid-19 », confie un douanier à l’entrée de la ville de Man.

Quant à ses frères d’armes policiers quand nous nous sommes présentés comme journaliste qui voulait savoir pourquoi il confisque certaines pièces de véhicules contre de l’argent, il nous a demandé de nous référer à sa hiérarchie. Après, « il parlera à la presse ». Les agents des Eaux et forêts nous ont renvoyés à leur hiérarchie aussi.

Me Brahima Coulibaly, avocat au barreau d’Abidjan, vice-président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) milite pour la mise en place d’un mécanisme permettant aux routiers de se plaindre et d’obtenir réparation. Mais il se demande bien si un transporteur peut garer son véhicule et entamer une procédure judiciaire ? « En plus, sur les routes, c’est sa parole contre celle du corps habillé. C’est difficile ».

Des lois… inutiles ?

Pour lutter contre la corruption, la Guinée a voté, en 2017, une loi anti-corruption. En plus, le Code pénal guinéen en son article 771 prévoit des peines d’emprisonnement jusqu’à 10 ans et d’amende jusqu’à 10 000 000 GNF. En Côte d’Ivoire, la corruption est punie pratiquement des mêmes peines suivant les articles 28, 29 et 30 du Code pénal. Mais l’application de ces lois se fait attendre.

En Côte d’Ivoire, suite aux nombreuses plaintes des routiers, le Commandant en second de la gendarmerie ivoirienne, le Colonel Major Vako Bamba, a entamé, en avril 2020, une tournée de sensibilisation. « Le gendarme contrôle les pièces du véhicule, l’identité des usagers, seulement si les conducteurs commettent des infractions. Les postes d’observation ne sont pas des barrages, le gendarme est là uniquement pour prévenir, sécuriser, alerter ou renseigner en cas de besoin », rappelle l’officier.

En mai 2021, le chef du parquet militaire ivoirien, le commissaire Ange Kessy, dans un véhicule banalisé a pris des agents en flagrant délit de racket, à l’entrée de Yamoussoukro. Il s’est juste contenté de les rappeler à l’ordre : « Abandonnez ces vieilles habitudes. S’il vous plaît. L’État vous paye déjà », a-t-il dit aux policiers et gendarmes. Aucune sanction n’a suivi. Même pas disciplinaire.

En Guinée, le gouvernement a reconnu le racket en Conseil des ministres le 6 mai 2021. Le ministre de la Sécurité et celui de la Défense ont signé un communiqué conjoint rappelant les forces de l’ordre. Ici, comme en Côte d’Ivoire, aucune sanction n’a suivi.

Sékou Mohamed Sylla, directeur exécutif de l’ANLC, Agence nationale de lutte contre la corruption (agence gouvernementale), explique que c’est l’application de la loi qui pose problème. Sinon, rappelle-t-il, en 2018, le gouvernement guinéen avait publié le même communiqué. « Il faut appliquer la loi, c’est tout », assène-t-il.

Incompétente ou corrompue ?

Dans les deux pays, les médias dénoncent régulièrement le racket, les citoyens aussi. La justice ne réagit pas pour autant. Aucun procureur de Conakry n’a donné suite à nos demandes d’interview sur le mutisme de l’appareil judiciaire. L’un d’eux a dit tout de même : « C’est difficile pour la justice ». Pourquoi ? Il ne le dira pas.

Un juge guinéen a lui accepté de donner quelques explications, à titre informel : « Il faut des gens pour arrêter la corruption. Mais le système est enraciné au point que ceux qui luttent contre la corruption se prêtent à la pratique. C’est difficile ». Selon le juge, pour réprimer un fait, il faut des acteurs. A leurs côtés, des lanceurs d’alerte comme les médias. Même alerté, si les organes de répression n’ont pas « la main mise (connaissance de la chose) et la main libre (pas d’obstacles politiques), ce sera difficile ».

Cette théorie est corroborée par Dr Aliou Barry, Directeur général de Stat view international, expert en gouvernance, représentant de Afrobaromètre en Guinée, pour qui, l’appareil judiciaire doit être soutenu. « Je ne pense pas qu’il y ait de juges compétents en matière de lutte contre la corruption. Il faut les former. Le secteur judiciaire n’a pas assez de moyens ».

Pour lutter contre la corruption, il faut la prévention, la sensibilisation, l’éducation civique, dit-il. Monsieur Barry préconise même l’introduction dans le cursus scolaire ou universitaire des cours d’éthique ou de morale. Il estime qu’il n’y a pas aussi suffisamment de sensibilisation sur la corruption. Certains citoyens, selon lui, sont tellement habitués à payer, qu’ils oublient qu’ils contribuent à asseoir une culture de la corruption. 

Société civile inefficace

Dans les pays démocratiques, la société civile éduque les citoyens à la bonne gouvernance. En Afrique subsaharienne, elle peine à exister. Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne, soutient que le contrôle de masque est devenu une occasion pour les forces de sécurité de rançonner les citoyens. « Il y a une multiplication des barrages », regrette-t-il. Pour lui, si les citoyens payent, c’est parce qu’ils ne sont pas informés que c’est de la corruption. « La population est vulnérable à la corruption, elle n’est pas informée ».

En Côte d’Ivoire, le président de la Ligue africaine de lutte contre la corruption (Alaco), Alex Nzi Moro Nicaise, trouve que le racket gangrène l’économie, impacte négativement le développement du pays dans la mesure où ce sont des dépenses d’investissement sans reçu : « Ce sont des millions de FCFA qui passent dans les poches des treillis sans traces avec ces centaines de camions qui traversent les corridors au quotidien. Ces passe-droits ne profitent qu’aux forces de l’ordre ».

En ces temps de Covid-19, si la pandémie a cloué nombre de secteurs économiques, envoyé des milliers de personnes au chômage, elle a servi à remplir les poches de certaines personnes. Impunément.

Avec l’appui de la CENOZO (Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest), les journalistes Oumar Tély Diallo et Abou Traoré ont enquêté.

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Mettons fin à la pauvreté énergétique en Afrique : universaliser l’accès à l’électricité grâce aux énergies renouvelables

5 juillet 2021 à 15 03 23 07237
Commissioner Frans Timmermans in Strasbourg

Par Frans Timmermans et Fatih Birol : Près de 800 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité à travers le monde, dont 600 millions en Afrique subsaharienne. C’est une injustice flagrante à une époque où les inégalités entre riches et pauvres ne cessent de se creuser. Et pourtant, grâce à la baisse rapide du coût des énergies renouvelables et aux investissements verts qui devraient faire suite à la pandémie, nous pourrions mettre un terme à la pauvreté énergétique au cours des 10 prochaines années. Donner accès à l’énergie à tous d’ici à 2030 est possible, mais pour cela il faut aller plus vite. C’est pourquoi l’Agence internationale de l’énergie et la Commission européenne invitent leurs partenaires à placer l’accès à l’énergie au cœur de la coopération avec l’Afrique.

Grâce aux avancées technologiques qui ont permis une baisse sans précédent du coût des énergies renouvelables, les prix de l’électricité ont atteint des niveaux historiquement bas. Ces vingt dernières années, ce sont surtout les centrales à charbon qui ont permis la généralisation massive de l’accès à l’électricité. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de raison d’investir dans le charbon. Le continent africain est un champ idéal pour exploiter l’énergie solaire, prouvant déjà aujourd’hui qu’une trajectoire « plus propre » est possible. Entre 2014 et 2019, 20 millions d’Africains ont eu accès à l’électricité pour la première fois. Le plus souvent, c’est grâce à des installations solaires et hydroélectriques de plus en plus compétitives. Ces sources d’énergie abondantes sur le continent peuvent aussi contribuer à développer l’emploi au niveau local tout en évitant de lourdes factures énergétiques liées à l’importation.

Malheureusement, malgré les progrès technologiques, le monde n’est pas en voie d’atteindre l’accès universel à l’énergie en 2030, ainsi que nous nous y sommes engagés et la crise du COVID-19 a causé plus de retards. L’année dernière, le nombre d’habitants d’Afrique subsaharienne sans accès à l’électricité a augmenté pour la première fois en huit ans. Les restrictions dues à l’épidémie ont mis un coup d’arrêt au raccordement de logements, d’entreprises, d’écoles et d’hôpitaux, alors même que le ralentissement de l’économie mondiale faisait peser des contraintes lourdes sur les budgets des États africains. Cela a limité leur marge de manœuvre en matière de financement des investissements dans les énergies propres, faisant basculer des millions de personnes dans l’extrême pauvreté, et les privant aussi de services fondamentaux comme l’accès à l’électricité.

Les coûts initiaux d’installation font partie des obstacles au déploiement du solaire et autres technologies renouvelables en Afrique. En effet, si la matière première énergétique – les rayons du soleil et le vent – est gratuite, cela ne vaut qu’à partir du moment où les centrales solaires et éoliennes sont construites et mises en service. Or, dans les économies en développement, la mise en place de mini-réseaux ou de systèmes solaires individuels autonomes coûte très cher, en particulier dans les communautés rurales dont les moyens financiers sont limités.

En outre, les sociétés prêtes à se lancer dans de nouveaux projets d’énergie renouvelable ne sont pas toujours en mesure de garantir la stabilité immédiate des recettes et ont du mal à attirer les investisseurs. De manière générale, le coût du capital est nettement plus élevé dans les économies en développement, ce qui constitue un obstacle supplémentaire à la réussite de tout projet d’énergie renouvelable. Ces difficultés sont à présent exacerbées par la pandémie qui affecte bien plus durablement les économies de nombreux pays en développement, en Afrique mais aussi ailleurs.

Il existe des solutions : adopter des modèles économiques novateurs fondés sur l’abonnement de services et le crédit-bail (pay-as-you-go) pour échelonner les coûts initiaux ; perfectionner les cadres stratégique et réglementaire en place pour permettre l’avancée d’un plus grand nombre de projets ; et mobiliser davantage les organisations internationales et régionales afin d’accompagner l’essor du secteur et d’amoindrir les coûts de financement des projets d’énergie renouvelable.

Il est urgent que tous les États et organisations internationales concernés réaffirment leur engagement pour mettre un terme à la pauvreté énergétique d’ici à 2030, notamment à l’occasion du Dialogue de haut niveau sur l’énergie que l’ONU s’apprête à tenir. À charge pour nous de soutenir cet engagement par une action plus forte.

L’Union européenne et l’Agence internationale de l’énergie travaillent ensemble afin que l’accès aux énergies propres fasse partie intégrante de l’action internationale pour atteindre la neutralité en gaz à effet de serre. C’est ainsi qu’il sera possible de réduire l’inégalité d’accès à l’énergie sans augmenter les émissions nocives des énergies fossiles. l’AIE et la Commission européenne, à travers de son initiative en faveur des Énergies Vertes, placent l’accès aux énergies propres au cœur de leur collaboration avec les États africains. Nous nous emploierons à accroître le nombre des personnes, entreprises et secteurs ayant accès à des services énergétiques durables et modernes à un prix abordable en Afrique. En 2021, l’Initiative en faveur des Énergies Vertes de la Commission entre dans une nouvelle phase, qui consistera à allouer des fonds, à apporter une assistance technique et à mettre à disposition d’autres instruments financiers pour soutenir l’investissement dans la production d’électricité d’origine renouvelable et pour agir en faveur de l’efficacité énergétique dans toute l’Afrique.

Au cours des sept prochaines années, la lutte contre le changement climatique représentera 30% du budget de l’Union européenne alloué à la coopération internationale. Mais le financement public ne suffira pas. Les investissements du secteur privé seront donc déterminants et de nombreuses entreprises européennes sont déjà prêtes à intervenir. Mais pour que nous réussissions à en finir avec la pauvreté énergétique en Afrique, il faut que le monde agisse de concert : en arrêtant de financer la production d’électricité au charbon, en intensifiant la coopération visant à étendre les filières propres en Afrique et en augmentant l’échelle du soutien financier apporté par les économies avancées.

À l’évidence, l’accès aux énergies propres ne se limite pas au cadre de l’action climatique. Les énergies renouvelables offrent des débouchés intéressants et un moyen de produire de l’électricité à bas coût. Investir dans les énergies propres constitue une véritable stratégie de développement économique. Nous comptons sur tous afin d’agir de manière concrète avec nous et d’en finir ainsi avec la pauvreté énergétique au cours de la décennie à venir.

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Coupure d’internet en Guinée : une autre plainte contre le régime Alpha Condé à la Cour de Justice de la CEDEAO

5 juillet 2021 à 11 11 04 07047

Communiqué : Conakry le 5 juillet 2021 – L’association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI), l’Association Villageois 2.0, la Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO), le Centre Africain de Formation sur les Droits Humains et l’Environnement et un journaliste guinéen ont annoncé aujourd’hui avoir déposé une plainte à la cour de Justice de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre la République de Guinée le 30 juin dernier.

Nos différentes organisations reprochent aux autorités guinéennes d’avoir coupé le réseau Internet et bloqué les plateformes de réseaux sociaux en prélude au double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020 et à la présidentielle d’octobre de la même année.

Nous estimons qu’en agissant ainsi, l’Etat Guinéen a violé les droits à la liberté d’expression de millions de Guinéens et a empêché les journalistes de faire leur travail. Cela a engendré de graves conséquences notamment sur nos activités d’observation électorale et de défense des droits de l’Homme.

Aussi, nous soutenons qu’une interruption complète et indiscriminée d’Internet dans tout le pays a un effet profondément dissuasif et est clairement arbitraire et disproportionnée.

Par cette plainte, nous demandons à la Cour de Justice de la CEDEAO entre autres de prendre une ordonnance obligeant l’Etat guinéen à garantir que de telles graves violations des libertés fondamentales des Guinéens ne se répètent plus.

Dans cette affaire, notre collectif est représenté par Media Defence à travers les avocats Mojirayo Ogunlana-Nkanga, Padraig Hughes, Saba Ashraf et Carlos Gaio.

Le Collectif

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Embaló intransigeant sur la réouverture de la frontière avec la Guinée : « je ne signerai rien »

5 juillet 2021 à 9 09 31 07317

Le président de la Guinée Bissau, Ùmaro Sissoco Embaló, reste intransigeant sur la question de la frontière entre son pays et la République de Guinée. Il a réitéré au président en exercice de la CEDEAO, en visite éclair ce dimanche 4 juillet 2021, à Bissau, qu’il ne signera aucun engagement pour la réouverture de cette frontière, a appris Guineematin.com des médias bissau-guinéens.

En se rendant ce dimanche à Bissau, le président du Ghana, Nana Akoufo-Addo, président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO, espérait pouvoir convaincre son homologue bissau-guinéen à faire comme les présidents sierra-léonais et sénégalais : signer un accord avec la Guinée pour permettre la réouverture de la frontière entre les deux pays.

Mais c’était sans compter sur la fermeté de M. Embaló, qui a réitéré ce qu’il a dit publiquement il y a quelques semaines, à Accra. Il a indiqué que sa position sur cette question est irréversible : Conakry a fermé unilatéralement sa frontière avec Bissau, il n’est pas question de signer un quelconque accord pour sa réouverture.

 « Nous ne sommes pas des pays belligérants, non ! Je ne signerai rien : cette position est irréversible. Je n’ai pas fermé les frontières, alors pourquoi devrais-je signer leur réouverture ? Que ceux qui les ont fermées les rouvrent. La Guinée-Bissau ne fermera jamais ses frontières avec les Républiques sœurs de Guinée et du Sénégal », a déclaré Ùmaro Sissoco Embaló devant les médias, peu après le départ de son homologue ghanéen de Bissau.

Le président bissau-guinéen s’est dit toutefois disposé à dialoguer avec son homologue guinéen, Alpha Condé, avec qui il dit n’avoir pas de problèmes. Une annonce saluée par le président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, à l’issue de cette visite.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 12 43 62

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Facobly (Côte d’Ivoire) : des commerçants guinéens font les frais du crime d’un jeune qui a tué sa copine

1 juillet 2021 à 18 06 44 07447

L’information a été révélée mardi dernier, 29 juin 2021, par Koaci.com (un site d’informations ivoirien). Plusieurs commerces (boutiques et magasins) appartenant à des guinéens ont été attaqués et saccagés en début de cette semaine à Facobly (une ville située dans la partie ouest de la Côte d’Ivoire) par des jeunes en colère. Ils ont agi en représailles à l’assassinat d’une élève en classe de 3ème par un jeune guinéen.

Selon nos confrères de Koaci.com qui citent des sources locales à Facobly, c’est une fille Wobé (autochtone) qui a été étranglée dimanche dernier, 27 juin 2021, par son copain, un jeune guinéen. Ce dernier a pris la poudre d’escampette après son crime ; mais, la nouvelle de son acte ignoble a déchainé la colère des jeunes de Facobly sur la communauté guinéenne vivant sur place.

Très en colère, les jeunes de cette ville ont pris d’assaut les magasins et boutiques tenus par des guinéens. Des affrontements y ont éclaté et y ont duré au moins deux jours (lundi et mardi) avant que les forces de l’ordre ne parviennent avec beaucoup d’efforts à contrôler la situation et rétablir l’ordre.

Pour l’heure, on ignore l’étendue des dégâts enregistrés sur place. Et, une enquête a été ouverte pour retrouver le jeune guinéen accusé du crime à l’origine de ces violents affrontements.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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