Afrique du Sud : l’ancien président Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison

29 juin 2021 à 11 11 57 06576
ancien président Jacob Zuma

La Cour constitutionnelle sud-africaine a condamné ce mardi, 29 juin 2021, l’ancien président Jacob Zuma à 15 mois de prison pour outrage à la justice. Cela fait suite à son refus de comparaître devant une commission anti-corruption, lui ordonnant de se rendre dans « les 5 jours ».

Saisie par une commission anti-corruption, la plus haute juridiction a rendu ce verdict « à la majorité de ses membres », a précisé la juge Sisi Khampepe.

« La Cour constitutionnelle n’a pas d’autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d’outrage à la justice », a déclaré la magistrate avant l’énoncé de la sentence.

« Ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni », a déclaré Mme Khampepe. « Je n’ai pas d’autre choix que d’emprisonner M. Zuma, dans l’espoir que cela envoie un message sans équivoque ( …) l’Etat de droit et l’administration de la justice prévalent ».

Depuis la création en 2018 de la commission chargée d’enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manœuvres pour éviter d’avoir à s’expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.

Après une énième convocation à laquelle il ne s’est pas présenté fin février, la commission a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l’ancien chef d’Etat. L’ex-président cette fois-là avait non seulement ignoré la commission mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l’obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence.

Lors d’une audience virtuelle en mars, l’avocat de la commission, Tembeka Ngcukaitobi, a estimé que la question n’est plus de savoir si l’ex-président doit aller en prison, mais « combien de temps il doit y rester ». Le statut d’ancien président de M. Zuma « ne le protège pas de la loi », a-t-il martelé.

Quelques semaines plus tard, dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l’ex-président de déterminer lui-même « la sanction appropriée », en prévision de l’audience de mardi.

Jacob Zuma, 79 ans, n’a témoigné qu’une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s’offusquant d’être traité comme un « accusé ».

Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission en 2018. Il a été remplacé par l’actuel président, Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille mais a lui-même été appelé à témoigner devant la commission.

Avec AFP

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Procès des leaders du FNDC contre l’État guinéen à Abuja : la décision attendue le 21 octobre

25 juin 2021 à 11 11 27 06276

Le procès des leaders du FNDC Abdourahamane Sanoh, Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno et 5 autres personnes du mouvement contre l’Etat guinéen s’est ouvert ce vendredi, 25 juin 2021, à la cour de justice de la CEDEAO qui siège à Abuja, au Nigéria. 

On apprend que ce procès fait suite à une plainte déposée à la cour de justice de la CEDEAO par les avocats du FNDC (Front national pour la défense de la constitution) suite aux arrestations musclées et violentes des leaders du mouvement en octobre 2019. 

Après les phases de plaidoirie par Maître Pépé Antoine Lama, l’avocat du Front national pour la défense de la constitution Guinéenne FNDC, la cour a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 21 octobre 2021.

À préciser que c’est maître Pépé Antoine Lama qui a représenté les avocats des demandeurs et que l’avocat de l’État guinéen, maître Joachim GBILIMOU (non présent) a fait parvenir ses commentaires à la cour.

Source FNDC

À suivre !

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Conférence de Moscou sur la Sécurité internationale : le discours de Dr. Mohamed Diané

24 juin 2021 à 9 09 43 06436
Dr. Mohamed Diané, ministre d’État, ministre de la Défense

« Nous sommes aujourd’hui dans un ordre mondial où les menaces sont diffuses et imprévisibles, marqué par un environnement de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté », a rappelé le ministre guinéen de la Défense, dans son discours prononcé ce vendredi, 24 juin 2021, à Moscou, en Russie, à l’occasion de la IXème conférence sur la sécurité internationale.

Parlant de la sécurité en Afrique, Dr. Mohamed Diané a planté le décor avant de préciser que les ensembles sous-régionaux sont confrontés chacun à un ou plusieurs défis sécuritaires spécifiques.

« En Afrique, la sécurité globale de nos États est de plus en plus menacée par les crises politiques liées au processus démocratique, à l’exacerbation de la pauvreté et du chômage qui favorisent les revendications sociales, la radicalisation religieuse, le terrorisme et l’extrémisme violent, les rebellions armées, les conflits communautaires et séparatistes, la criminalité organisée, les épidémies et  pandémies qui viennent s’ajouter aux calamités naturelles, occasionnant très souvent des déplacements massifs de populations ».

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de ce discours :

DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE D’ETAT CHARGE DES AFFAIRES PRESIDENTIELLES, MINISTRE DE LA DEFENSE NATIONALE

(MOSCOU 24 JUIN 2021)

Monsieur le Président de séance ;

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi de participer à la IXème conférence de Moscou sur la sécurité internationale et surtout un privilège de prendre la parole à cette tribune pour intervenir sur « La coopération militaire et militaro-technique entre la Russie et les pays d’Afrique et du Moyen-Orient, facteur principal de renforcement de la sécurité régionale », cas des pays africains.

Au demeurant, je remercie S.E.M. le Général d’Armée Serguëi CHOÏGOU, Ministre de la défense de la Fédération de Russie, pour l’opportunité que son invitation m’offre de prendre part avec ma délégation à ce forum international qu’il a bien voulu organiser encore cette année, malgré la conjoncture sanitaire internationale toujours très éprouvante.

J’en profite pour m’acquitter d’un devoir, celui de transmettre les chaleureuses salutations de S.E.M le Président de la République de Guinée, Chef de l’Etat et Chef Suprême des Armées, Pr Alpha CONDE, à son frère et ami S.E M. Vladimir POUTINE, Président de la Fédération de Russie.

En effet, l’honneur qui est fait à mon pays d’être de nouveau représenté à cette plateforme d’échanges, témoigne de l’excellence des relations d’amitié et de coopération qui existent entre nos deux Etats depuis l’accession de la Guinée à l’indépendance nationale, le 02 Octobre 1958.

C’est pourquoi, S.E.M. le Président de la République m’a particulièrement chargé de réaffirmer à S.E.M. le Président de la Fédération de Russie, sa volonté ardente de perpétuer ces relations en vue du progrès de nos deux pays.

Mesdames et Messieurs,

Pour revenir à l’objet de notre rencontre, je voudrais exprimer ici toute ma reconnaissance au Ministère de la défense de la Fédération de Russie pour l’opportunité que nous offre la Conférence de Moscou d’échanger périodiquement sur la problématique de la sécurité internationale qui se pose toujours au monde avec plus d’acuité, malgré les initiatives et les efforts des Etats, les progrès scientifiques et technologiques.

Nous sommes aujourd’hui dans un ordre mondial où les menaces sont diffuses et imprévisibles, marqué par un environnement de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté.

 En Afrique, la sécurité globale de nos Etats est de plus en plus menacée par les crises politiques liées au processus démocratique, à l’exacerbation de la pauvreté et du chômage qui favorisent les revendications sociales, la radicalisation religieuse, le terrorisme et l’extrémisme violent, les rebellions armées, les conflits communautaires et séparatistes, la criminalité organisée, les épidémies et  pandémies qui viennent s’ajouter aux calamités naturelles, occasionnant très souvent des déplacements massifs de populations.

Nos ensembles sous régionaux sont confrontés chacun à un ou plusieurs de ces défis sécuritaires spécifiques.

Depuis la déstabilisation de la Lybie, l’instabilité contagieuse dans la bande sahélo-saharienne et la persistance de Boko-haram dans le bassin du lac Tchad, ont internationalisé le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique occidentale et centrale.

La bande Sahélo-saharienne est devenue un sanctuaire des Groupes Armés terroristes (GAT) et du trafic de tout genre, une zone infréquentable, d’où les djihadistes veulent partir pour étendre leur empire jusqu’au golfe de Guinée.      

La corne de l’Afrique, toujours en proie à la piraterie maritime, est un autre foyer de tensions entretenues par les Chebabs qui déstabilisent la Somalie et le Kenya. Plusieurs autres pays de la côte Est de l’Afrique comme la Tanzanie et le Mozambique sont aussi victimes d’attaques terroristes.  

La prolifération et la circulation illicite des armes légères et  de petit calibre résultant des différents conflits, favorisent la récurrence des rébellions fratricides avec leur massacre de civils dans les pays des grands lacs et dans le bassin du lac Tchad.

Plus récemment, en plus des crises post-électorales qui ont secoué certains pays de l’Afrique de l’Ouest, la guerre de sécession en Ethiopie et la rébellion au Tchad ayant coûté la vie au Président Idriss Deby ITNO, constituent des motifs de préoccupation dont les effets risquent de faire basculer ces parties du continent dans une insécurité généralisée.

Au-delà des pays du G-5 Sahel, le Cameroun et le Nigéria sont périodiquement victimes d’attaques meurtrières qui endeuillent les pays et provoquent des déplacements massifs de populations.

Tous ces foyers de tensions et de guerres qui sèment la terreur, rendent les Etats de plus en plus instables et compromettent la mise en œuvre des programmes de développement socioéconomique. Cet état de fait augmente les taux de pauvreté et de chômage, exacerbe les tensions sociales et fait de l’Afrique un réservoir potentiel de candidats à la migration clandestine dont l’ampleur devient incontrôlable.

La Russie, il faut s’en féliciter, appuie les pays africains dans la gestion de ces conflits dans le cadre de ses relations de coopération militaire bilatérale, mais aussi dans celui de l’intervention de la communauté internationale à travers les Nations Unies.

Depuis la création de son armée le 1er novembre 1958, la République de Guinée entretient une coopération militaire privilégiée avec la Russie.

Cette coopération militaire, aux côtés des autres partenaires techniques et financiers, accompagne le processus de la Réforme du Secteur de Sécurité enclenchée sous la conduite du Président de la République, Pr Alpha CONDE, depuis son accession à la magistrature suprême du pays.

L’un des avantages de cette Réforme de l’armée guinéenne est la reprise de la place de notre pays sur la scène internationale dans le domaine des opérations de maintien de la paix, avec l’envoie de contingents militaires depuis plusieurs années au sein de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) et d’observateurs militaires ou de Sécurité au compte des Nations Unies.

Pour maintenir l’élan de cette participation, notre pays dispose d’un centre d’Entrainement aux Opérations de Maintien de la Paix qui ambitionne de devenir un Centre Sous Régional avec l’appui technique et financier de nos partenaires.

Mesdames et Messieurs ;

La construction des armées nationales fortes en Afrique se heurte au contraste existant entre la volonté politique des dirigeants et les capacités économiques des Etats.

Cette situation est aggravée par les crises de tous genres qui agitent le monde, d’autant plus que l’adaptation des équipements des armées au nouveau contexte sécuritaire souffre de l’insuffisance de moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre des Lois de Programmation Militaire élaborées à cet effet.

En conséquence, de nombreuses armées africaines sont dans l’incapacité de gérer par elles-mêmes les moindres menaces sécuritaires, compromettant ainsi la stabilité socio-économique et politique de leurs pays, avec des incidences dommageables à l’ensemble de la communauté internationale.

D’où l’obligation de la mutualisation plus accrue des efforts de toute la communauté internationale au-delà des idéologies et de la géopolitique.

Ceci est la seule alternative qui peut amener le monde à vaincre les forces du mal qui s’identifient par la radicalisation, la guerre, la violence, la terreur, le trafic de tous genres.

C’est pourquoi l’Afrique, en plus de la nécessité de la montée en puissance des armées nationales, a une préoccupation longtemps exprimée, de création et d’opérationnalisation d’une force en attente de l’Union Africaine avec des composantes sous régionales.

Il est évident que la montée en puissance d’une telle force permettrait au continent africain de disposer des unités d’intervention capables de prévenir ou de gérer efficacement toutes les situations de conflits qui déstabilisent nos Etats.

La matérialisation de telles initiatives nécessite une coopération militaire multidimensionnelle plus renforcée entre les pays africains et les puissances militaires comme la Russie en termes de renforcement de capacités en matière de  formation et surtout d’équipements majeurs adaptés au contexte sécuritaire actuel.

Cette approche permettrait aux grandes puissances d’économiser les moyens mobilisés pour leurs interventions militaires d’urgence visant à sauver les Etats africains du péril terroriste, tel que l’opération Serval’’ au Mali.

Cette nouvelle forme de coopération militaire appelée de tous les vœux par l’Afrique, devrait trouver aujourd’hui un écho favorable auprès des puissances militaires à travers des rencontres comme la conférence de Moscou sur la sécurité internationale.

Mesdames et Messieurs,

Au regard de tous les facteurs qui génèrent les conflits,la restauration de la sécurité internationale et la consolidation de la paix doit aussi inclure une nouvelle forme de coopération internationale axée sur l’accroissement de l’appui au développement économique et technique aux Etats africains.

C’est dire que la coopération avec les puissances militaires doit tendre désormais vers cette réalité implacable, pour que les efforts de lutte pour la consolidation de la paix revêtent un caractère efficace et durable.

L’amélioration des conditions de vie des populations par la réduction des disparités et le partage de la prospérité sont autant de facteurs qui peuvent empêcher les couches défavorisées de se radicaliser, de se masser aux portes de l’Europe ou de s’enrôler dans des confits qui ne sont souvent pas les leurs.

Sans avoir été exhaustif, je voudrais terminer mon intervention sur une note d’espoir en faveur de la prise en compte de cette nouvelle conception de la coopération en vue de mieux faire face aux défis sécuritaires contemporains.

Je réaffirme ici, la disponibilité de mon pays à dynamiser chaque jour davantage cette coopération avec la Fédération de Russie dans le cadre de la préservation de la paix, de la stabilité et de la sécurité internationale pour l’intérêt supérieur des Etats et des Peuples.

Vive la coopération internationale,

Vive la paix et la sécurité internationale,

Je vous remercie, pour votre aimable attention !

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Mauritanie : coup de semonce contre l’alternance !

24 juin 2021 à 7 07 08 06086
Mohamed Ould Abdel Aziz

Comme dit l’adage, nul n’est au-dessus de la loi. Et nul n’a le droit de faire la promotion de l’impunité. Ce fléau étant la porte ouverte à la récidive. Cependant, l’arrestation de l’ancien président mauritanien constitue une chasse aux sorcières qui est de nature à compromettre les alternances politiques en Afrique. Plus particulièrement au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.

Il est évident que si le nouveau prisonnier voulait, il pouvait s’accrocher au pouvoir. Il est aussi évident que s’il savait le sort qui lui serait réservé par son successeur, il aurait préféré, comme beaucoup d’autres de ses pairs, mourir au pouvoir. Nombre de chefs d’Etat du continent veulent bien quitter le pouvoir. Mais ils sont hantés par l’idée de « l’après pouvoir ».

Le harcèlement de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a finalement abouti à son arrestation, constitue, à n’en pas douter, un élément dissuasif pour les chefs d’Etat en exercice de quitter le pouvoir. C’est pourquoi, il est impérieux de défendre l’ancien président dont la place n’est pas en prison mais plutôt dans les tribunes d’honneur. Parce que le courage dont il a fait preuve est celui des grands hommes.

Encore une fois, il faut combattre l’impunité. Même si ce sont les hommes politiques, et en premier lieu les chefs d’Etat qui commettent les délits ou les crimes. Mais certaines infractions sont plus graves que d’autres. Un homme coupable d’un délit économique ne doit pas être traité au même titre qu’un autre qui a commis un crime. Or pour le cas d’espèce, l’infortuné est accusé de corruption.

Pendant ce temps, un autre ancien chef d’Etat, celui-là soupçonné de crime contre l’humanité, est acquitté par la plus haute juridiction internationale. Et au nom de la réconciliation nationale, son pays s’apprête à emboiter le pas à la CPI pour le blanchir. Voilà pourquoi les démocrates africains doivent défendre l’ancien président mauritanien. Même si ce dernier n’est pas blanc comme neige, la chasse aux sorcières engagées contre lui va dissuader nombre de chefs d’Etat à réfléchir deux fois avant d’abandonner le pouvoir.

C’est autant dire que, comme Mohamadou Issoufou du Niger, Mohamed Ould Abdel Aziz doit être protégé par la loi. Si les présidents en exercice savent qu’après la présidence c’est la prison, il faut dire adieu à l’alternance. Ils préféreront mouvoir l’arme à la main que l’humiliation.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Non-paiement des bourses d’entretien : les étudiants guinéens au Maroc manifestent à Rabat

22 juin 2021 à 11 11 58 06586

Les étudiants guinéens au Maroc ont mis à exécution leur menace. Ils se sont rassemblés ce mardi matin, 22 juin 2021, devant l’ambassade de Guinée au Maroc, à Rabat, pour se faire entendre. Ils manifestent contre le non-paiement de leurs bourses d’entretien des deux premiers trimestres de l’année en cours, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon nos informations, les boursiers guinéens au Maroc n’ont pas reçu leurs bourses d’entretien des six derniers mois (de janvier à juin 2021). Après avoir mené plusieurs démarches pour rentrer en possession de leur dû, sans succès, l’association des stagiaires, élèves et étudiants guinéens au Maroc a décidé de recourir à la rue pour se faire entendre. C’est ainsi qu’à l’appel de l’ASEGUIM, plusieurs boursiers se sont rassemblés ce mardi 22 juin devant l’ambassade de Guinée, à Rabat, pour réclamer le paiement de leurs bourses. Mais la police ma

« Depuis le 4 juin dernier, nous sommes rentrés en grève. Et puisque nous n’avons eu aucune réaction de la part de nos autorités, nous avons décidé de venir sur le terrain aujourd’hui. Ils sont en train de faire la sourde oreille. Nous n’avons pas d’armes, nous ne sommes pas venus ici pour faire ici pour attaquer l’ambassade ni pour faire de la violence. Nous sommes venus tout simplement pour chercher à accéder à l’ambassade et exprimer notre cri de cœur dans les règles de l’art », a expliqué Souleymane Sidibé, président de l’association des stagiaires, élèves et étudiants guinéens au Maroc.

Les étudiants guinéens déplorent la réaction des autorités de l’ambassade de Guinée au Maroc face à leur mouvement de protestation. « Nous avons trouvé 2 véhicules de la police devant l’ambassade. Après, il y a eu 3 autres qui sont venus, portant à 5 le nombre de véhicules de policiers. Au lieu de nous recevoir, les autorités de l’ambassade mettent des étrangers devant nous pour bloquer l’accès à notre ambassade, notre propre territoire.

Il y a même certaines filles parmi nous qui ont déjà été violentées par la police. Des pauvres étudiants se font tabasser par la police sous l’ordre de l’ambassadeur guinéen. Nous sommes prêts à passer toute la journée et même la nuit ici s’il le faut, mais nous allons rentrer dans cette ambassade dans la paix et la sérénité », assure Souleymane Sidibé.

A rappeler que les mouvements de protestation sont devenus une coutume pour les boursiers guinéens au Maroc. Chaque année, ces étudiants sont obligés de manifester dans la rue pour réclamer le paiement de leurs bourses d’entretien.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Sécurité internationale : Dr. Mohamed Diané à la 9ème Conférence de Moscou

21 juin 2021 à 18 06 37 06376
Dr. Mohamed Diané, ministre de la Défense nationale

La Russie voit grand en invitant près de 130 pays à participer à la 9ème Conférence de Moscou sur la sécurité internationale qui s’ouvre ce mercredi 23 juin 2021 dans la capitale russe. 

La délégation guinéenne à cet important sommet est conduite par le ministre de la Défense nationale, Dr. Mohamed Diané. Il profitera de l’occasion pour s’entretenir avec certains de ses homologues autour des enjeux sécuritaires du moment. 

La Guinée, engagée militairement au Mali sous bannière onusienne dans la lutte contre le terrorisme, apporte son expertise à la conférence de Moscou pour discuter avec ses partenaires des modalités de renforcement de la sécurité pour tous.

Par le service de communication du ministère de la Défense nationale

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Retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire : réactions de quelques ivoiriens vivants en Guinée

20 juin 2021 à 10 10 28 06286
Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien

Définitivement acquitté par la Cour pénale internationale, l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, est rentré en Côte d’Ivoire le jeudi dernier, 17 juin 2021, après 10 ans d’absence. Ce retour, interprété par certains comme un pas décisif vers la réconciliation nationale dans ce pays, a été largement suivi et commenté en Guinée par les ivoiriens qui y vivent. Et, Guineematin.com a donné la parole à des ivoiriens qui vivent à Conakry pour commenter cette importante actualité sous-régionale. Parmi nos interlocuteur, certains ont quitté leur pays depuis 2002. Ils connaissent les épreuves de l’exil et sont heureux de voir leur ancien chef d’Etat regagner le bercail. Mais, ils précisent aussi que le retour de Laurant Gbagbo ne règle pas tous les problèmes de la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Décryptage !

Aboubacar Bamba, styliste modéliste est ressortissant ivoirien en Guinée

Aboubacar Bamba, alias ‘’Bamba Création’’, styliste modéliste, réside en Guinée depuis 12 ans : « C’est avec beaucoup de joies qu’on a accueilli son retour ; parce que hors politique, c’est un citoyen ivoirien qui a eu des difficultés à un moment donné. Aujourd’hui il a été innocenté par la cour pénale internationale, donc il est important qu’il rentre chez lui. Ceux qui suivent l’actualité à distance pourraient penser à un éventuel trouble à l’ordre public ; mais, ceux qui connaissent le terrain, je ne pense pas si sa venue pourrait être source de tension. Moi je suis né dans le même village que Gbagbo, à Gagniwa précisément. Je crois que le pouvoir en place a bien stabiliser les choses ; et, la Côte d’Ivoire est dans une stabilité aujourd’hui. Il pourra peut-être mener sa vie politique, mais il ne pourra pas déstabiliser le pouvoir actuel à mon avis. Je ne pense pas que cela soit même l’intention de Gbagbo. En plus, je ne suis pas trop d’accord avec ceux qui pensent que son arrivée pourrait réconcilier les ivoiriens. Parce que la crise qui est là est vraiment profonde. Il va falloir que chacun y mette de la volonté pour aller vers cette réconciliation tant attendue. Mais, ce n’est pas un seul individu qui va tout changer en un clin d’œil. Sinon, la population elle-même fait tout ensemble, mais ceux qui sont politiquement engagés peuvent avoir des problèmes, parce qu’ils trouvent que  leur mentor est en dehors du pays. L’arrivée de leur champion pourrait décrisper un peu la situation politique, mais cela ne saurait être la solution pour la réconciliation ».

Dimitri Diomandé, ressortissant ivoirien en Guinée

Dimitri Diomandé a quitté de la Côte d’Ivoire suite à la guerre avec la rébellion en 2002 : « C’est une bonne nouvelle et je pense que c’est un pas pour la démocratie. Parce que Laurent Gbagbo est l’un des rares présidents qui ont mis pieds à la Haye et s’en sortir. Sinon, la plus part des présidents qui vont là bas ne viennent pas. Donc, il faut se réjouir de cet acquittement. Mais, la question que nous nous posons aujourd’hui, si Gbagbo est déclaré non coupable, qui est alors le coupable ? Parce que vous n’êtes pas sans savoir que c’est une guerre qui a causé la mort de plus de 3 mille personnes sans compter les déplacés (refugiés) que nous nous sommes. Il faut qu’ils nous disent aujourd’hui qui exactement a fait qu’on a abandonné nos parents pour venir vivre ailleurs. Aujourd’hui, les jeunes ivoiriens sont versés partout à travers le monde. Sinon, avant 2002, les jeunes ivoiriens ne sortaient pas. C’est Gbagbo qui a été accusé d’être à la base de cette rébellion ; alors, comme il est acquitté devant le monde entier, ils doivent se battre pour terminer le travail. On a besoin du coupable, parce que les gens ne sont pas descendus du ciel pour tuer, les armes n’ont pas poussé sur terre. C’est les gens qui ont pris les armes pour tuer d’autres. C’est une rébellion qui a été financée par quelqu’un. C’est pourquoi il est important qu’on sache qui a divisé les ivoiriens et a poussé les ivoiriens à sortir. Nous nous sommes venus en Guinée depuis 2004, près de 20 ans loin de mes parents. À mon avis pour qu’il y ait la paix définitive en Côte d’Ivoire, il faut qu’ils nous sortent le ou les coupables de ces crimes et les punir ».

Amara Bamba, agent orange money ressortissant

Amara Bamba, agent d’orange money : « L’arrivée de l’ancien président Laurent Gbagbo au bercail, je trouve ça salutaire. Puisqu’il a été extradé de la Côte d’Ivoire vers la Haye, après tout il a été acquitté par cette juridique par rapport à son inculpation. Donc, nous sommes vraiment contents de le voir rentrer libre dans son pays. D’une part, ce retour peut être un facteur de réconciliation. En tant qu’ancien président, faire 10 ans en dehors de son pays doit être une leçon pour lui. On souhaite que ses partisans aient l’esprit de la paix dans le pays pour ne pas que ce retour bascule dans le désordre. D’ailleurs, en Afrique on est fort lorsqu’on est au pouvoir. Même s’il a la possibilité d’appeler à la marche qui pourrait créer une instabilité politique. C’est ce que nous nous craignons, parce que cela pourrait nous retourner en arrière. Le président Gbagbo doit faire une prise de conscience qu’il est venu pour son pays et non contre son pays. Mais, si ses partisans trouvent que aujourd’hui Gbagbo est rentré au pays et il faut que demain qu’il soit encore président, là c’est ce qui ne va pas marcher ».

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-6629-27

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Sissoko Embalo en colère contre Alpha Condé : « il n’avait pas le droit… »

19 juin 2021 à 21 09 32 06326
Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo, président de Guinée Bissau

Le président de la Guinée Bissau n’a pas du tout apprécié la signature d’un accord de défense entre la Guinée et le Sénégal, visant la réouverture de la frontière entre les deux pays. Et il a tenu à l’exprimer haut et fort et sans langue de bois au cours de la cérémonie qui s’est tenue en marge du 59ème sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, ce samedi 19 juin 2021, à Accra (Ghana).

Dans un ton ferme, Umaro Sissoko Embalo a demandé à l’organisation sous régionale de dire la vérité à son homologue guinéen, Alpha Condé, qui a décidé en octobre 2020, de fermer les frontières de son pays avec ses voisins du Sénégal, de la Guinée Bissau et de la Sierra Léone. Il a annoncé dans le même temps que son pays n’acceptera jamais de signer un accord pour la réouverture de sa frontière commune avec la République de Guinée.

« Je suis en train d’assister ici à une cérémonie que personne ne comprend. Nous ne comprenons pas, parce qu’il n’y a pas de guerre entre le Sénégal et la Guinée. En se basant sur l’esprit de la CEDEAO, nous devons dire la vérité au président Alpha Condé. Il n’avait pas le droit de fermer les frontières avec la Guinée Bissau, le Sénégal et la Sierra Léone. Moi, je n’enverrai jamais des ministres pour signer ce type d’accord », a dit Sissoko Embalo, dont l’intervention a été interrompue par son homologue ghanéen, qui est le président en exercice de la CEDEAO.

Les relations entre les présidents guinéen et bissau-guinéen n’ont jamais été au beau fixe. Umaro Sissoko Embalo a toujours accusé Alpha Condé (médiateur dans la crise en Guinée Bissau) d’avoir effectué des manœuvres, visant à l’empêcher de gagner l’élection présidentielle qui l’a porté à la tête de son pays. Il ne cache pas aussi sa proximité avec Cellou Dalein Diallo, le principal opposant d’Alpha Condé, qu’il considère comme un frère.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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Pr. Koutoubou Sano à Djakarta : l’Indonésie en phase avec l’Académie de l’OCI

19 juin 2021 à 21 09 17 06176

Sur invitation du gouvernement indonésien, à travers le ministre des affaires religieuses et celui des finances, le secrétaire général de l’Académie internationale de la jurisprudence islamique de l’OCI, SEM le Professeur Koutoubou Moustapha SANO, a effectué une visite de travail à Djakarta du 8 au 13 juin 2021.   

*Les réformes de l’Académie saluées par l’Indonésie* 

Dès le lendemain de son arrivée dans la capitale indonésienne, il a été reçu en audience par le ministre indonésien des affaires religieuses, qui a exprimé la gratitude et le remerciement du gouvernement indonésien pour cette visite qu’il a qualifiée d’historique. En effet, c’est la première visite d’un secrétaire général de l’Académie en Indonésie depuis des décennies. De plus, il a exprimé la satisfaction et l’appréciation des autorités indonésiennes par rapport aux réformes qualitatives que cette institution de l’OCI est en train de connaître depuis la nomination du Professeur Sano. À cet égard, le ministre indonésien des affaires religieuses a exprimé le souhait ardent de son département de signer un accord de partenariat avec l’Académie. 

De son côté, SEM le Professeur Koutoubou SANO, a remercié le gouvernement indonésien pour l’invitation et pour l’accueil si chaleureux. Il a également renouvelé l’engagement de l’Académie à renforcer davantage les liens de coopération et de partenariat stratégique avec ce pays de 300 millions de musulmans. Aussi, il a confirmé l’accord de l’Académie de signer incessamment le mémorandum de coopération souhaité par SEM le ministre indonésien des affaires religieuses.  

*Séance fructueuse au Ministère des Finances* 

Ensuite, le secrétaire général de l’Académie a été reçu, au deuxième jour de sa visite en Indonésie, au ministère des finances par le secrétaire général et les conseillers principaux de Madame la ministre, qui était en mission à l’étranger. Au cours de l’entretien très fructueux qui a eu lieu entre la délégation du Pr Sano et ces hauts cadres indonésiens, le ministère a sollicité le soutien intellectuel de l’Académie en faveur de la promotion et le développement de la finance islamique en Indonésie.  

En effet, les institutions de la finance islamique se basent sur les résolutions de l’Académie pour l’exercice de leurs activités quotidiennes. Autrement dit, ce sont les résolutions issues de cette institution qui servent de références aux banques et institutions de la finance islamique. 

De son côté, SEM le Professeur Koutoubou SANO a remercié madame la ministre des finances et les hauts cadres du ministère indonésien des finances, pour l’invitation et la confiance placée en sa personne, ainsi qu’en l’Académie. Il a également exprimé la disponibilité de l’institution qu’il dirige, à soutenir les efforts inlassables du gouvernement indonésien pour le développement des institutions de la finance islamique. Le Professeur Sano a aussi exprimé l’engagement de l’Académie à soutenir au niveau de l’Organisation de la coopération islamique, OCI, la désignation de l’Indonésie comme la plaque tournante du monde islamique pour la promotion et le développement du concept de la finance sociale islamique.

En effet, ce type de finance islamique mérite d’être développé et structuré, à travers la rédaction et l’adoption des législations et institutions devant permettre aux deux milliards de musulmans de la planète, d’en tirer des retombées énormes. Notamment sur le front de la lutte contre la pauvreté dont souffrent beaucoup de pays musulmans.

Le Professeur Koutoubou Sano a conclu son intervention devant les hauts cadres du ministère des finances et ceux de la banque centrale indonésienne, en insistant sur la nécessité impérieuse de développer la finance sociale islamique, qui devrait permettre une gestion meilleure de la zakat, du waqf, du testament, des expiations, etc.En fin, le secrétaire général de l’Académie a promis d’examiner, très prochainement, la doléance du gouvernement indonésien liée à l’ouverture d’un bureau régional de l’académie à Djakarta.  

*Pr Sano anime une conférence publique*

..Par ailleurs, il est à noter, qu’au cours de son séjour à Djakarta, le secrétaire général de l’Académie a été reçu en audience par les présidents des deux grandes associations musulmanes en Indonésie. Ils s’agissent de l’association appelée Nahdadutul Oulémas, qui a 92 millions de membres titulaires et de l’association de Muhamadiyah, qui, elle, compte 40 millions de membres titulaires. Le Professeur Koutoubou SANO a animé une conférence publique au siège de la première association. Cette conférence a été largement diffusée en direct par les chaînes de télévisions appartenant à l’association. Elle a surtout été suivie par une audience estimée à des centaines de milliers de personnes qui variaient entre 15 et 20 millions d’abonnés.

À la fin de sa visite de travail en Indonésie, le Pr Sano a signé trois (3) mémorandums d’entente et de partenariat stratégique avec le ministre des affaires religieuses, le conseil suprême des Oulémas de l’Indonésie et la plus grande université islamique de pays appelée « Shérif Hidayatullah University ».

Transmis par le service de la communication

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Guinée-Sénégal : bientôt la réouverture de la frontière

19 juin 2021 à 18 06 42 06426

La frontière entre la Guinée et le Sénégal sera rouverte très prochainement. Les deux pays ont signé un accord dans ce sens ce samedi, 19 juin 2021. Cette signature a eu lieu à Accra (Ghana) sous l’égide de la CEDEAO, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Il s’agit d’un accord de défense visant à sécuriser la frontière commune entre les deux pays, avant sa réouverture. Il a été signé par le ministre guinéen de la Défense, Mohamed Diané, et son homologue sénégalais, Sidiki Kaba, en marge du 59ème sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.

Cet accord est le fruit de négociations menées entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, avec l’implication du président ghanéen et président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, du président gambien, Adama Barrow, et du président de la commission de la CEDEAO, Jean Kassi Brou.

En octobre 2020, alors que le pays s’apprêtait à organiser une élection présidentielle dans un contexte tendu, la Guinée a décidé de fermer ses frontières avec le Sénégal, la Guinée Bissau et la Sierra Leone. Cette dernière a été rouverte il y a quelques mois, tandis que les deux autres restent encore fermées.

Les autorités guinéennes ont toujours invoqué des problèmes sécuritaires pour justifier cette décision.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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Maroc : les étudiants guinéens décident de paralyser l’Ambassade de Guinée

15 juin 2021 à 11 11 51 06516

Deux semaines après le déclenchement d’une grève générale et illimitée, les étudiants guinéens au Maroc décident de passer à la vitesse supérieure. Ils annoncent qu’ils vont paralyser les activités de l’Ambassade de la République de Guinée au Maroc à partir du 22 juin 2021. L’association des stagiaires, étudiants et élèves guinéens au Maroc (ASEGUIM) a annoncé cette décision dans un courrier publié ce mardi 15 juin.

« Depuis la grève médiatique pour les revendications mentionnées dans l’avis de grève du 1er juin 2021, l’ASEGUIM n’a eu aucun retour, ni le moindre agissement des autorités à faire considération de ce qui nous est de droit. Sur ce, l’ASEGUIM décide qu’à partir du 22 juin 2021, une suspension de tous les services consulaires de l’Ambassade de la République de Guinée au Maroc, à Rabat, et ce jusqu’à ce que les étudiants boursiers soient rétablis dans leurs droits », indique la note.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le courrier de l’ASEGUIM :

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France : l’homme qui a giflé Emmanuel Macron condamné à 4 mois de prison ferme

10 juin 2021 à 16 04 40 06406

Damien Tarel, l’homme qui a agressé le président de la République, Emmanuel Macron, lors d’une visite dans la Drôme, dormira en prison, jeudi 10 juin. Il a été condamné à dix-huit mois de prison dont quatre ferme (les 14 autres sont assortis de sursis). Il était jugé à Valence en comparution immédiate deux jours après les faits, qui ont suscité un soutien unanime des responsables politiques.

Il se voit en outre privé de droits civiques pendant trois ans, interdit d’exercer toute fonction publique à vie, interdit de détenir des armes durant cinq ans, et il devra se soumettre à un suivi psychologique. Il a dix jours pour faire appel de sa condamnation. Le parquet avait requis une peine de dix-huit mois de prison, sans aménagement de peine, contre le jeune homme, âgé de 28 ans, qui a reconnu à l’audience avoir giflé le chef de l’Etat. Le procureur avait aussi réclamé un mandat de dépôt à son encontre.

Cette gifle, « parfaitement inadmissible », est un « acte de violence délibérée », a soutenu le représentant du ministère public face au prévenu. « Il n’y a pas d’ITT (incapacité temporaire totale) mais il y a un acte violent », a ajouté le magistrat, soulignant que le président « n’a pas souhaité voir un médecin ».

« Je ne demande pas d’amende mais je vous demande d’envisager de prononcer à son encontre une interdiction définitive d’exercer une fonction publique », ainsi qu’une interdiction du droit de vote pour cinq ans maximum et une interdiction de détention d’arme pour la même durée, a déclaré le magistrat, qui avait rappelé que Damien Tarel encourait trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Le procureur s’est inquiété d’un possible risque de récidive, disant percevoir « une sorte de détermination froide » chez cet homme inconnu de la justice.

Avant les réquisitions, l’interrogatoire de Damien Tarel avait pris un tour politique envers le chef de l’Etat : il a estimé qu’Emmanuel Macron symbolisait la « déchéance » de la France et que son geste, « regrettable » et asséné sous le coup de l’impulsivité, visait à mettre en exergue le sentiment d’« injustice » des « gilets jaunes », mouvement social né en France à l’automne 2018, qui ne sont pas « écoutés ».

Un deuxième homme interpellé, Arthur C., « va se voir délivrer une convocation en justice pour la fin du second semestre 2022 pour répondre des infractions en lien avec les armes détenues illégalement », a déclaré mercredi, dans un communiqué, le procureur de la République Alex Perrin.

Les faits se sont déroulés, mardi après-midi, après la visite du lycée hôtelier de Tain-l’Hermitage (Drôme). Alors que le président de la République allait à la rencontre de la foule, un homme l’avait giflé au cri d’un slogan royaliste « Montjoie ! Saint-Denis ! » et « A bas la Macronie ». Il a ensuite été plaqué au sol par plusieurs membres du service de sécurité.

Résidant à Saint-Vallier, au nord de Valence, les deux hommes avaient été arrêtés tout de suite après l’incident. Ils sont « tous deux inconnus des services judiciaires et des services de renseignement ». Lors de son audition, Damien T., « en couple, sans enfant, sans profession », a reconnu « avoir porté un coup au chef de l’Etat et avoir prononcé des paroles dénonçant la politique ». Les deux camarades sont membres d’associations de leur commune « en lien avec les arts martiaux, le Moyen-âge et l’univers mangas », a précisé le magistrat.

Avec lemonde.fr

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Congo : au pays de « l’Empereur » Sassou, triste anniversaire pour la conférence nationale

10 juin 2021 à 14 02 13 06136
Sassou Nguesso

BRAZZAVILLE, 10 JUIN 2021 (AFP) – « On peut dire que la déception est totale »: plus qu’ailleurs en Afrique, les opposants au Congo-Brazzaville célèbrent avec amertume le 30e anniversaire de leur « conférence nationale » vers la démocratie, quelques semaines après la réélection écrasante de l’indéboulonnable président Sassou Nguesso.

C’était en 1990-91, dans la foulée de la chute des dictatures soviétiques. Le président français François Mitterrand mettait en garde les autocrates africains -dont Denis Sassou Nguesso- au sommet de la Baule: sans démocratie, moins d’aide.

Du Bénin au Zaïre (actuelle RDC), en passant par le Gabon et la Côte d’Ivoire, des « conférences nationales » ouvertes aux opposants ont tenté d’écrire les règles du multipartisme.

Le succès a été foudroyant à Brazzaville. Un an après la fin de la conférence le 10 juin 1991, le président Denis Sassou Nguesso était battu par Pascal Lissouba aux élections.

Encore aujourd’hui, il s’agit du seul exemple d’alternance en Afrique centrale, mis à part le compromis politique qui a conduit à la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo en janvier 2019.

Trente ans et quatre guerres civiles plus tard, le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 37 au pouvoir, a été réélu en mars pour un quatrième mandat avec plus de 88% des voix. Son fils a été nommé ministre.

Né de la conférence nationale, le principal parti d’opposition UPADS a boycotté le scrutin du 21 mars, en dénonçant ses conditions d’organisation.

Fils d’une figure de 1991, le candidat de l’opposition Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé du Covid le lendemain du scrutin. Il a été crédité de 7,84% des voix selon le résultat officiel.

Les opposants du précédent scrutin de 2016 (Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa) sont en prison, condamnés à des peines de 20 ans pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ».

Dans ce pays où l’opposition est décapitée, l’esprit de la « conférence nationale » s’est largement dissipé.

« On peut constater avec regret que la plupart des acquis de la conférence ont été remis en cause », affirme à l’AFP l’opposant Clément Miérassa.

– Espoirs déçus –

La promotion de la démocratie, la lutte contre la corruption, la réconciliation nationale étaient entre autres valeurs prônées par la conférence nationale, se souvient M. Muiérassa, 72 ans, un économiste qui a joué un rôle actif à l’époque.

Fondateur du Parti social démocrate congolais (PSDC) il a fait partie du gouvernement de transition (1991-1992) avec un Premier ministre, André Milongo, disposant des prérogatives d’un chef d’Etat.

La lutte contre la corruption passait par « la Commission des biens mal acquis », ajoute Clément Miérassa.

« Aujourd’hui l’indice de perception de la corruption est de 19/100, faisant apparaître le Congo comme l’un des pays les plus corrompus du monde, dans le top 10 des pays les plus corrompus d’Afrique », constate-t-il. 

Des enquêtes ont été ouvertes en France sur les « bien mal acquis » de la famille présidentielle.

« La Conférence a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population », se rappelle Grégoire Lefouoba, un autre ancien de 1991.

La conférence voulait débarrasser le Congo de tous ses vieux démons, ajoute-t-il: « le tribalisme, le clanisme, le favoritisme, le clientélisme et surtout la violence politique érigée en art politique ».

Participant à la conférence nationale, M. Lefouoba a été ministre du président Lissouba. Il milite aujourd’hui au PCT, le parti au pouvoir.

– Des regrets –

En 30 ans de démocratie, le Congo a enregistré au moins quatre guerres civiles, dont celle de 1997 qui a permis le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso.

« L’histoire politique du Congo depuis l’indépendance n’est qu’une succession de violences », remarque Ulrich Stevio Baralangui, enseignant d’histoire à l’université Marien Ngouabi.

Dans son dernier discours d’investiture, le président Sassou Nguesso a parlé de « rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé », dont « la corruption, la fraude » et « le népotisme et la tendance à la gabegie ».

Ailleurs en Afrique, les « conférences nationales » ont connu des fortunes diverses, des alternances au Bénin au maintien de la famille Bongo au pouvoir au Gabon, en passant par des épisodes de violence en Côte d’Ivoire et en RDC.

Quant au président Sassou Nguesso, ses homologues de Guinée et de Côte d’Ivoire l’appellent désormais « l’Empereur ».

AFP

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France : ces présidents agressés avant Emmanuel Macron

10 juin 2021 à 10 10 05 06056

Le chef de l’État français a reçu une gifle de la part d’un jeune homme, le mardi dernier, 08 juin 2021, à Tain l’Hermitage dans la Drôme. Une agression rare mais pas inédite envers un président ou un Premier ministre en exercice.

La scène a eu lieu durant un déplacement d’Emmanuel Macron à Tain l’Hermitage, dans la Drôme, nouvelle étape de son déplacement accompagnant la reprise du pays, post-Covid-19.

Macron s’approche d’un groupe de personnes massées derrière des barrières, puis échange brièvement avec un homme. Saisissant l’avant-bras du président, l’individu lui assène une gifle, ou « une tentative de gifle », préfère l’entourage du président, qui a poursuivi sa visite, a priori donc, sans séquelle physique. L’agresseur, un Drômois de 28 ans, a été interpellé avec un accompagnant du même âge. De Marine Le Pen (RN) à Fabien Roussel (PCF), en passant par Gérard Larcher (LR), Olivier Faure (PS) ou encore François Hollande, l’intégralité de la classe politique française a fustigé l’acte commis contre le président. 

Et pourtant ce n’est pas première fois qu’un président de la République française est agressé par un citoyen. Même si certains pensent à tort que cela n’est possible que depuis la démystification voire la banalisation de la fonction présidentielle par un certain François Hollande. Avant Macron, Nicolas Sarkozy avait été agressé le 30 juin 2011 à Brax (Lot-et-Garonne). Un homme de 32 ans, employé municipal d’Agen, agrippe la veste du président Sarkozy en train de saluer des habitants rassemblés derrière une barrière de sécurité. Regrettant son geste par la suite, il déclare avoir voulu dire au chef de l’Etat qu’il faut « écouter les gens qui l’ont élu ». Il sera condamné à six mois de prison avec sursis. 

Le 23 juin 2010, au cours d’une visite de Nicolas Sarkozy dans des quartiers sensibles de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), un jeune homme de 21 ans lui lance : « Va te faire enculer connard, ici t’es chez moi ». L’homme est blessé lors de l’interpellation et condamné à 35 heures de travaux d’intérêt général pour outrage au chef de l’Etat. 

Comme nous l’avons dit, il n’y a pas que les derniers chefs d’Etat français qui ont fait l’objet d’agression physique. Le très charismatique Jacques Chirac a essuyé une tentative de meurtre et crachats. Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, 25 ans, tente d’atteindre M. Chirac avec un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare lors du défilé présidentiel sur les Champs-Elysées. Le tir est dévié par un spectateur. Brunerie est condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. Il est libéré en août 2009. 

Le 4 mars 2002, le même président Chirac, qui effectue son deuxième déplacement sur le thème de la sécurité durant la campagne présidentielle, est la cible de crachats à Mantes-la-Jolie (Yvelines), en pleine affaire sur les marchés publics d’Ile-de-France, tandis que fusent quelques « Chirac voleur ». 

Même le héros de Seconde Guerre mondiale a échappé à des tentatives d’assassinat. En effet, le Général de Gaulle a été victime d’une des plus graves atteintes à un président de la République en exercice. A cinq reprises, entre 1961 et 1965, des attentats ont visé le héros de la Seconde Guerre mondiale. Le plus grave ayant été celui du « Petit-Clamart« , organisé par une douzaine de partisans de l’Algérie française de l’OAS armés jusqu’aux dents. Heureusement, sans faire de victimes. 

Plus récemment encore, Lionel Jospin a été aspergé de ketchup. Le 17 avril 2002, venu à Rennes pour son dernier meeting de campagne présidentielle, le Premier ministre-candidat est aspergé de ketchup par deux jeunes mineurs alors qu’il remontait l’allée centrale du Parc des expositions où il devait prendre la parole devant 7000 personnes. 

Pour revenir à Emmanuel Macron, quand il était ministre de l’Economie, il avait été pris pour cible le 6 juin 2016 par des manifestants hostiles à la loi duTravail, qui lui avaient jeté des œufs lors d’un déplacement à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en lui criant « casse-toi ! ». 

Comme on le voit, ce n’est ni la banalisation de la fonction présidentielle ces dernières années ni l’âge de Macron encore moins le manque de charisme de l’actuel président français qui lui a valent la paire de gille qu’il a reçue. Avant lui beaucoup d’autres, et non des moindres, avaient été pris pour cible. Y compris l’un des plus hommes politiques que la patrie des droits de l’homme a connus. En l’occurrence le général De Gaulle. C’est donc une triste tradition française que de s’en prendre à un chef d’Etat. Une situation inimaginable sur le continent noir. D’ailleurs beaucoup d’internautes ironisent en disant qu’il faut d’avance présenter les condoléances aux familles d’éventuels candidats pour la gifle présidentielle. Les exemples pris ci-haut constituent, s’il en était besoin, qu’en dépit de tout, la France reste un modèle. Car aucun agresseur d’un président n’a pris la perpétuité. A plus forte raison d’être abattu par la garde rapprochée du président victime d’agression. Si c’était sous les tropiques, celui que notre confrère Mamane de RFI appelle « sergent s’en fou la mort » aurait logé une balle dans la tête de l’agresseur.

A cette exécution sommaire, l’opposition aurait été accusée d’être en connivence avec l’agresseur. Ou encore les puissances étrangères. Car si, comme nous l’avons dit, les fonctions présidentielles sont banalisées de nos jours en France, ce n’était pas le cas sous le règne de De Gaulle. C’est comme si quelqu’un tentait d’assassiner Sékou Touré. Contrairement à l’agresseur de De Gaulle, si l’agressé était un africain son agresseur n’aurait jamais eu la chance de passer devant un juge.

C’est cela la démocratie, la vraie. Autant elle vous met à l’abri d’un coup d’Etat militaire, avec à la clé l’assassinat du président avec parfois femme et enfants, autant elle vous fragilise. Si vous n’êtes pas un citoyen comme un autre, vous n’êtes pas non plus un demi-dieu.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Crise politique en Guinée : Sidya Touré au Quai d’Orsay…

8 juin 2021 à 19 07 44 06446
Sidya Touré et Mohamed Sall au sortir du Quai d’Orsay ce mardi, 08 juin 2021

Accompagné de son Directeur Cabinet, Mohamed Tall, le Président Sidya Touré a été reçu au Quai d’Orsay ce  mardi, 8 juin 2021, par le Directeur Afrique du département, M Christophe Bigot, rapporte la cellule de communication de l’UFR, le parti de l’ancien Premier ministre guinéen.

Pendant une heure et demi, les deux personnalités ont échangé sur la situation socio-politique de la Guinée. Le Président Sidya Touré a parlé à ses interlocuteurs de la précarité qui prévaut dans le  pays due à la mauvaise gouvernance et la corruption, l’absence de l’administration (l’État Néant), l’insécurité, le cas des prisonniers politiques, la liberté pour les partis politiques d’exercer leurs activités, le manque de liberté de circuler des acteurs socio-politiques…

Au sortir de  cette rencontre, le Président Sidya Touré s’est dit très satisfait des échanges avec Monsieur Bigot.

Par la Cellule de communication de l’UFR

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Mali : Choguel Maïga nommé Premier ministre !

7 juin 2021 à 16 04 29 06296
Choguel Maïga

Quelques heures après l’investiture du colonel Assimi Goïta comme président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, ce dernier a nommé officiellement Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, Premier ministre.

Son nom circulait depuis plusieurs jours. Le colonel Assimi Goïta, tout juste investi président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, a officiellement nommé, lundi 7 juin, Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, selon un décret lu à la télévision publique.

En la personne de Choguel Koballa Maïga, ministre à plusieurs reprises et trois fois candidat à la présidentielle (2002, 2013 et 2018), le colonel Goïta a choisi l’un des chefs de file du collectif qui a mené en 2020 la contestation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Le colonel Goïta satisfait ainsi à une exigence des partenaires du Mali qui réclamaient que le poste soit confié à un civil.

Un vétéran de la politique nationale

Maïga, dont le parcours a épousé les soubresauts de la politique nationale depuis plus de 30 ans, devra former une équipe qui gouvernera pendant la période de transition ouverte après le coup d’État d’août 2020 et jusqu’à des élections présidentielle et législatives prévues le 27 février 2022.

Il succède à Moctar Ouane, premier chef de gouvernement de transition après le putsch de 2020, que le colonel Goïta a fait arrêter le 24 mai en même temps que le président de transition, Bah Ndaw, au cours d’un deuxième coup de force en neuf mois.  

Avec AFP

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Aliou Barry sur la situation au Mali : « Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le Sahel »

6 juin 2021 à 23 11 35 06356
Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES)

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé la « suspension des opérations militaires conjointes » avec le Mali. Cette suspension fait suite au coup d’Etat de mai dernier dans ce pays en proie à des groupes djihadistes depuis près d’une décennie maintenant. Cette suspension des opérations militaires pourrait se solder par un retrait de la France du Mali où elle intervention depuis 2012 dans le cadre de l’opération Barkhane. Avec plus de 5000 hommes sur le terrain, la France est aujourd’hui un partenaire stratégique majeur dans la lutte contre le djihadisme au Mali et au Sahel. Son départ subite du Mali, si on en arrivait là, pourrait avoir des répercutions sur la situation sécuritaire dans la région Sahel. C’est du moins ce que pense Aliou Barry, le directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES).

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, samedi 05 juin 2021, ce chercheur a prévenu sur les risques de faire du Sahel un autre Afghanistan. « Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le Sahel », a-t-il prévenu.

Décryptage !

Guineematin.com : quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du Mali ?

Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES)

Aliou Barry : pour le moment, c’est une menace de retrait qui n’est pas encore mise en exécution. En fait, la situation du Mali s’adosse sur l’instabilité politique. Vous ne restez pas sans savoir que depuis un an c’est le deuxième coup d’Etat ; et, les gens appellent cela un coup d’Etat dans un autre, dans un contexte sécuritaire d’instabilité politique qui ne permet pas aux forces françaises de travailler de façon commode. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il faut savoir que la France est intervenue au Mali à la demande des autorités maliennes, c’est-à-dire en vertu des accords de défense signés entre les deux pays. Cette menace de retrait était prévisible, parce qu’à mon avis, depuis un an, il y a une véritable instabilité politique dans ce pays. Et, la France ne souhaite pas intervenir au moment où le gouvernement malien envisagerait de négocier avec les djihadistes.

Guineematin.com : si ce retrait se réalise, quelles pourraient être les conséquences pour ce pays et le reste de la sous-région ?

Aliou Barry : si ce retrait se réalise, il y aura des véritables conséquences sur la stabilité à la fois du Mali et du G5 sahel, c’est-à-dire le Burkina Faso, le Mali, le Niger et voir plus loin la Mauritanie. Ce qui est clair, c’est qu’aujourd’hui la France a fait une première étape. Elle a mis fin à ce qu’on appelle les programmes militaires opérationnels. Jusqu’à maintenant, Barkane, en plus d’intervenir pour la stabilité du Mali, accompagne les forces armées maliennes en les renforçant dans leur capacité de lutter contre les djihadistes. Donc, en fait, aujourd’hui la France retire d’abord ses assistants militaires, arrête toute coopération de manœuvre commune avec les forces armées maliennes. Et, je pense que la prochaine décision du gouvernement malien, c’est-à-dire la nouvelle équipe qui va être mise en place, si elle s’achemine vers une négociation avec les djihadistes, je pense que la France va se retirer du Mali.

Guineematin.com : mais comment comprenez-vous que cette armée française, avec tout son arsenal, se retrouve au Mali et qu’on ne puisse pas en finir avec ces groupes djihadistes qui opèrent en pleine journée avec des colonnes de véhicules et des motos ?  

Aliou Barry : il faut savoir qu’aujourd’hui, les menaces ont changé de forme. Aujourd’hui, au Mali, on assiste à une guerre asymétrique. On est plus à l’époque où c’est deux armées qui s’affrontent. C’est des gens qui, à bord de motos, de pick-up, se mêlent à la population. Donc, une armée conventionnelle n’est pas outillée pour lutter contre cette menace. Aujourd’hui, tout le monde se rend compte que la réponse militaire n’est pas la plus appropriée pour venir à bout de ces personnes. Il y a encore à côté les problèmes de gouvernance, des problèmes d’instabilité politique. La force Barkane, aujourd’hui tout le monde se rend compte que la réponse militaire n’est plus la seule adéquate. La menace étant asymétrique, il faut que les réponses soient plurielles. C’est-à-dire qu’il faut jouer à la fois sur la sécurité en luttant contre les djihadistes, mais il faut aussi répondre aux problèmes de gouvernance locale. Dans beaucoup de parties de ce territoire, l’Etat est absent depuis des années, c’est-à-dire tout le Nord du Mali. Ce qui explique d’ailleurs qu’à la place de l’Etat, c’est des mouvements djihadistes et des associations religieuses qui ont pris le pas sur l’Etat.

Guineematin.com : beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur le fait que la France dise ne pas soutenir le putsch au Mali, alors qu’elle a eu une position contraire au Tchad où un groupe de militaire s’est emparé du pouvoir suite à la mort du Président Idriss Deby. Ils dénoncent « du deux poids, deux mesures ». S’agit-il de cela vraiment ?

Aliou Barry : il faut savoir qu’au Tchad, la France s’est retrouvée devant une situation très complexe ; parce que si vous observez bien ce qui se passe dans la sous-région, le Tchad est vraiment le centre pivot de la stratégie de lutte contre les djihadistes. Et si vous prenez tous les contingents qui sont au Mali, les tchadiens sont les plus nombreux et les plus efficaces sur le terrain. La France s’est appuyée et continue à s’appuyer sur le Tchad pour la lutte contre le djihadisme. Donc, le fait que le président du Tchad, Idriss Déby, a été tué, ça a été un coup très dur dans la stratégie mise en place contre le terrorisme. A mon avis, les deux problèmes sont plus ou moins différents et c’est pourquoi d’ailleurs que la junte au Mali, vu le silence de la France sur le coup d’Etat qui a eu lieu au Tchad, a fait un autre coup d’Etat en disant qu’au Tchad il y a eu une succession de Deby par des militaires alors pourquoi pas nous. Mais, moi je suis très inquiet de ce risque de ce qui pourrait se passer dans cette région. Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le sahel. Parce que le Tchad va rentrer en instabilité avec ce qui se passe en Centrafrique, le Mali est dans une instabilité politique et si vous prenez un pays comme le Burkina, pratiquement une partie du pays est envahie par les problèmes djihadistes. Donc, la situation sécuritaire dans le Sahel devrait interpeller à mon avis plus d’un, notamment l’Union africaine qui est très en retrait et même mal outillée par rapport à cette menace.

Guineematin.com : la Guinée étant voisine du Mali, est-ce qu’il y a des risques que la Guinée aussi soit une cible de ces mouvements si toutefois des solutions ne sont pas trouvées ?

Aliou Barry : à mon avis, il n’y a aucun pays de la sous-région qui est à l’abri de cette menace, notamment un pays comme la Guinée qui connaît une instabilité politique aussi depuis les dernières élections et où il y a eu le changement constitutionnel. Vous avez vu que la situation politique est bloquée. Plus on lutte contre le djihadisme dans le Sahel, plus ces gens-là sont très organisés. Vous avez vu récemment des attaques qui ont eu lieu en Côte d’Ivoire. Donc, la menace commence à se diluer vers les pays côtiers. Il n’y a pas longtemps, le Bénin a été victime et à mon avis, des pays comme la Guinée Bissau, la Guinée Conakry devraient ouvrir les yeux, assurer une stabilité politique dans le pays pour ne pas mettre en place un terreau favorable aux djihadistes. La Guinée est loin d’être à l’abri des menaces terroristes. C’est très clair et je pense que tous les ingrédients sont réunis en Guinée pour une instabilité politique.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Burkina Faso : plus de 100 morts dans une attaque terroriste

5 juin 2021 à 15 03 22 06226
Des soldats burkinabè en patrouille dans le nord du pays

Au moins 114 civils ont été tués en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi, lors de deux attaques dans le Nord du Burkina Faso, dont l’une a fait une centaine de morts, la plus meurtrière dans ce pays depuis le début des violences jihadistes en 2015.

Ces attaques ont été commises dans la zone dite « des trois frontières » entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de jihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique contre des civils et des militaires.

« Dans la nuit de vendredi à samedi, des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Le bilan, toujours provisoire, est d’une centaine de personnes tuées, des hommes et femmes », a indiqué une source sécuritaire.

L’attaque et le bilan « provisoire » ont très vite été confirmés par le gouvernement qui précise dans un communiqué que les victimes sont des « civils sans distinction d’âge, tués par les terroristes » et que « plusieurs habitations et le marché (de Solhan) ont été incendiés ».


Deuil national

« Face à cette tragédie des forces obscures, un deuil national de 72 heures, à compter de ce jour 5 juin à 00H00 au lundi 7 juin à 23H59, est décrété », ajoute le gouvernement qui affirme que « les forces de défense et de sécurité sont à pied d’oeuvre pour neutraliser ces terroristes et ramener la quiétude au sein des populations ».

Dans un message de condoléances aux familles des victimes, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé « cette attaque barbare » et « ignoble ». « Nous devons rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes », a-t-il ajouté.

Selon une source locale, « l’attaque, qui été signalée aux environs de 02H00 (locales et GMT), a d’abord visé le poste des Volontaires pour la défense de la Patrie », les VDP, des supplétifs civils de l’armée, et « les assaillants ont ensuite visité les concessions (maisons) et procédé à des exécutions ».

Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré de nombreuses attaques attribuées à jihadistes ces dernières années.

Le 14 mai, le ministre de la Défense Chériff Sy, et des membres de la hiérarchie militaire s’étaient rendus à Sebba, assurant que la situation était revenue à la normale, après de nombreuses opérations militaires.

14 morts dans un autre village

Cette attaque massive en a suivi de près une autre, menée tard vendredi soir, sur un village de la même région, Tadaryat, au cours de laquelle au moins 14 personnes, dont un supplétif civil, ont été tuées.

Ces attaques surviennent une semaine après deux autres attaques dans la même zone, au cours desquelles quatre personnes, dont deux membres des VDP, avaient péri. Créés en décembre 2019, les VDP interviennent aux côtés des forces armées pour des missions de surveillance, d’information et de protection, après une formation militaire de 14 jours. Ils font également office de pisteurs et combattent souvent avec l’armée, au prix de lourdes pertes, avec plus de 200 morts dans leurs rangs depuis 2020, selon un décompte de l’AFP.

Les 17 et 18 mai, quinze villageois et un soldat avaient déjà été tués lors de deux assauts contre un village et une patrouille dans le Nord-Est du pays, selon le gouverneur de la région burkinabè du Sahel.

Depuis le 5 mai, face à la recrudescence des attaques jihadistes, les forces armées ont lancé une opération d’envergure dans les régions du Nord et du Sahel. Malgré l’annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1.400 morts et déplacé plus d’un million de personnes, fuyant les zones de violences.

Jeuneafrique

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Interconnexion électrique : le président Adama Barrow salue les travaux effectués à Souapiti

5 juin 2021 à 12 12 13 06136

En séjour de travail en Guinée depuis jeudi dernier, 03 juin 2021, le président gambien, Adama Barrow, a effectué une visite guidée sur les installations du barrage hydroélectrique de Souapiti. Il était accompagné par le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, de la ministre de l’Energie, ainsi que plusieurs personnalités. Le chef de l’Etat gambien a mis à profit cette occasion pour appeler les chefs d’Etat des pays membres de l’OMVG à « libérer leurs contributions » pour faire de l’interconnexion électrique une réalité au bénéfice des populations de cette zone d’intégration, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Avant de se rendre sur le chantier de Souapiti, l’hôte de marque de Conakry depuis quelques jours et président de l’OMVG (organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie) a eu droit à un briefing sur les objectifs de l’interconnexion électrique entre la Guinée, la Guinée Bissau, le Sénégal et la Gambie. A travers le haut-commissaire de l’OMVG, Elhadj Lansana Fofana, le président Adama Barrow a été informé que le projet d’interconnexion est de 183 kilomètres en haute tension dans pays (la Gambie) et deux postes y seront installés (un à Soma et un autre à Birikama). « Ces deux postes pourront couvrir une bonne partie des besoins électriques de la Gambie », a laissé entendre le haut-commissaire de l’OMVG.

Sur le terrain, le président Adama Barrow a été impressionné par la qualité de ce gigantesque barrage hydroélectrique de Souapiti qui suscite déjà beaucoup d’espoir en Guinée et dans la sous région ouest-africaine. Le chef de l’Etat gambien, visiblement très satisfait des travaux effectués sur ce site, a exprimé tout l’importance et l’attention qu’il accorde à cette infrastructure qui s’inscrit dans le cadre de l’ambitieux projet d’interconnexion dont son peuple se sent hautement concerné.

«Je profite de cette visite pour remercier le Président de la République de Guinée et son gouvernement pour m’avoir donné l’opportunité de venir sur ce site et voir ce projet. Personnellement, je ne suis pas quelqu’un qui ose l’hélicoptère ; mais, compte tenu de l’importance de ce projet, j’ai voulu prendre le risque parce qu’il fallait que je vienne voir le site et pouvoir rendre compte. En tant que Président, je suis le représentant du peuple gambien et ce projet intéresse socialement tout mon peuple et ça m’intéresse à plus d’un titre », a dit le Président Adama Barrow.

En sa qualité de président en exercice de l’OMVG, le chef de l’Etat gambien a profité de cette visite pour appeler ses homologues des pays membres de l’OMVG à libérer leurs contributions pour la réalisation du projet d’interconnexion. Adama Barrow aussi félicité le président guinéen Alpha Condé qui a payé toutes les contributions de la Guinée qui couvrent jusqu’à l’année 2021.

« Je lance un appel aux présidents des autres pays, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau et la Guinée, que tout le monde libère leurs contributions pour faire en sorte que ce projet livre sa promesse. Je sais que le problème budgétaire est un défi pour l’organisation. Et, c’est pour ça que je fais appel à tous les chefs d’Etat pour qu’on accorde la priorité à ce projet compte tenu de son utilité sociale… J’exhorte aussi les populations à s’approprier de ce projet. C’est un projet social qui est bénéfique pour toutes les populations de notre pays. Donc, j’exhorte tout le monde de faire en sorte qu’on puisse réussir ces travaux pour qu’ils soient aux bénéfices des populations », a indiqué Adama Barrow, tout en émettant l’espoir de pouvoir inaugurer le projet d’interconnexion dans son pays au plus tard en octobre prochain.

De retour de Souapiti, Alpha Assia Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Bah Oury aux maliens : « évitez de faire entrer le diable par la petite porte »

4 juin 2021 à 18 06 31 06316
Bah Oury, président du parti UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé hier, jeudi 03 juin 2021, la suspension à titre conservatoire des opérations militaires conjointes avec le Mali. Cette décision fait suite au coup d’Etat perpétré en mai dernier dans ce pays de l’Afrique de l’ouest en proie au djihadisme depuis près d’une décennie. Cependant, cette suspension des opérations militaires conjointes intervient aussi à un moment où le sentiment anti-français est très répandu au sein de l’opinion malienne. Aujourd’hui, beaucoup souhaitent le départ de la force française Barkhane du Mali et déroulent, dans les discours, le tapis rouge pour la Russie et la Turquie. Mais, pour l’opposant Guinéen, Bah Oury, les maliens doivent faire très attention pour « ne pas faire rentrer le diable par la petite porte » au risque de voir leur pays exploser et se disloquer.

En tant que panafricaniste convaincu, Bah Oury rappelle que la France est « un partenaire majeur du Mali » et demande aux autorités actuelle de ce pays à faire preuve d’intelligence pour savoir conjuguer de la manière la plus optimale une coopération renforcée avec la France, tout en coopérant avec les autres pays comme la Russie ou la Turquie.

« Les contradictions entre blocs extérieurs au continent ne devraient pas s’infiltrer dans les contradictions que les maliens ont déjà en leur sein, du fait d’une incapacité d’assurer une totale souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Donc, il faudrait qu’ils fassent très attention… Il est très facile de mettre tous les torts sur l’extérieur en disant que nous sommes ceci parce que la colonisation, parce que la France… Mais, il faut être suffisamment responsable. Nos États sont indépendants depuis plus de 60 ans. Considérer que tout le mal c’est l’extérieur est une position qui n’est pas défendable, surtout quand on voit la mauvaise gouvernance, les incuries des gouvernants, l’incapacité d’avoir une vision qui unifie son pays et assure la stabilité. Il faut qu’on se remette en cause et qu’on se rende compte que nous sommes en partie les problèmes qui font que nos pays ne sont pas tout à fait viables. Nos populations sont désespérées, la pauvreté s’amplifie alors que de l’autre côté une petite poignée de gens s’enrichit de manière ostentatoire », a indiqué Bah Oury, tout en laissant entendre que la suspension des opérations militaires conjointes est une mise en garde de la France à la junte militaire au pouvoir à Bamako.

Décryptage !

Guineematin.com : La France a annoncé la suspension de la coopération militaire conjointe avec le Mali, un pays en proie au djihadisme depuis près d’une décennie maintenant. Alors, quelles conséquences peuvent avoir cette décision de l’Etat Français sur la situation actuelle de la république du Mali ?

Bah Oury : D’abord il faut préciser les choses. La décision française est une mise en garde pour rappeler la junte sur ses obligations qui doivent cadrer avec les recommandations de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) et de l’Union africaine. Donc, si dans les prochains jours la junte s’inscrit dans le cadre de la direction que les instances régionales et continentales africaines ont mis en relief, il va de soi que la France reconsidérera sa position pour continuer, comme par le passé, à mener des opérations conjointes avec l’armée malienne et à donner une assistance en termes de renseignement et de logistique à l’armée malienne qui en a besoin. En d’autres termes, dans le contexte actuel, c’est pour dire que la France ne cherche pas coûte que coûte à s’incruster au Mali. Il faut rappeler que sa présence est consécutive à l’appel des autorités de la transition malienne en 2012 qui étaient en proie à une situation désastreuse avec la vague djihadiste qui déferlait du nord. De l’autre côté, il faut que la junte au Mali se rende compte qu’une transition a des objectifs très limités et ne peut pas résoudre les problèmes stratégiques majeurs d’un pays. Ce sont des autorités légitimes, démocratiquement installées qui peuvent mettre le Mali dans une voie qui puisse remettre en cause des engagements fondamentaux. Ceci dit, il faut que l’expérience syrienne nous serve de leçon. La Syrie est avec des millions de réfugiés de par le monde, avec des centaines de milliers de morts, avec une destruction de l’économie et des infrastructures du pays. Aujourd’hui, la junte, aussi bien que la classe politique malienne, doit étudier ces expériences pour ne pas engager le Mali dans des voies sans issues. Les contradictions entre blocs extérieurs au continent ne devraient pas s’infiltrer dans les contradictions que les maliens ont déjà en leur sein, du fait d’une incapacité d’assurer une totale souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Donc, il faudrait qu’ils fassent très attention.

Guineematin.com : Peut-on interpréter cette suspension des opérations militaires comme une réponse pratique de la France contre le coup d’Etat de mai dernier au Mali ?

Bah Oury : Non, c’est une mise en garde. Cela veut dire : je suis là dans la mesure où nous pouvons continuer à avancer ensemble, la main dans la main. Si vous relâchez ma main et que vous considérez que je suis de trop, je suis disposé à vous laisser seul faire votre combat. C’est clair. Mais, vous savez, il faut que nous africains que nous soyons beaucoup plus responsables que cela. Très souvent, il est très facile de mettre tous les torts sur l’extérieur en disant que nous sommes ceci parce que la colonisation, parce que la France… Mais, il faut être suffisamment responsable. Nos États sont indépendants depuis plus de 60 ans. Il est inadmissible, dans le contexte actuel, que même pour assurer la souveraineté de nos Etats les gouvernants en sont incapables. Ce sont les autorités nationales qui doivent privilégier l’intérêt national et coopérer en conséquence et au regard des intérêts de leur pays avec tous les pays susceptibles de leur apporter une aide pour résoudre les problèmes de nos Etats. Considérer que tout le mal c’est l’extérieur est une position qui n’est pas défendable, surtout quand on voit la mauvaise gouvernance, les incuries des gouvernants, l’incapacité d’avoir une vision qui unifie son pays et assure la stabilité. Il faut qu’on se remette en cause et qu’on se rende compte que nous sommes en partie les problèmes qui font que nos pays ne sont pas tout à fait viables. Nos populations sont désespérées, la pauvreté s’amplifie alors que de l’autre côté une petite poignée de gens s’enrichit de manière ostentatoire.

Guineematin.com : Cette décision de la France intervient à un moment où le sentiment anti-français est très répandu au Mali. Aujourd’hui beaucoup de maliens veulent le départ de la France de leur pays et réclament inlassablement une arrivée de la Russie ou de la Turquie sur place. Ce scénario est-il vraiment envisageable aujourd’hui, quand on sait que la France est un partenaire stratégique historique du Mali ?

Bah Oury : Vous savez, il y a des guerres d’influence, des guerres de position, il y a un retour en première ligne d’une confrontation Est-Ouest avec des changements tels que nous le voyons ; mais, je dois dire qu’il faut faire preuve de responsabilité et avoir une vision longue et ne pas se contenter de vision à court terme. La France, dans le contexte actuel de nos Etats, est à l’heure actuelle un partenaire stratégique majeur. Mais, avoir une relation avec un partenaire stratégique majeur ne veut pas dire en faire une exclusivité. Donc, il est demandé à la junte et à la classe politique malienne de faire de ce point de vue d’intelligence et de sens d’opportunité pour savoir conjuguer et faire consider de la manière la plus optimale une coopération renforcée avec la France, tout en coopérant avec les autres pays comme la Russie ou la Turquie. Mais, il faut faire attention à ne pas faire rentrer le diable par la petite porte, au risque de voir le pays exploser et se disloquer totalement. La Syrie en est un exemple. Une bonne partie du territoire syrien est aujourd’hui sous d’autres dominations. Donc, tout ce qui brille n’est pas or. Donc, je dois dire à nos compatriotes et frères du Mali, faites preuve de beaucoup plus de sens d’à-propos et de responsabilité pour ne plonger votre pays dans une spirale où on n’en sortira pas de si tôt et qui risque de rejaillir sur l’ensemble de l’Afrique de l’ouest. Il faut que les gens prennent garde d’aller dans cette direction là.

Guineematin.com : A quoi pourrait-on vraiment s’attendre d’une éventuelle intervention de la Russie ou de la Turquie au Mali ?

Bah Oury : Je ne pense pas que ces deux pays, officiellement, vont avoir des politiques offensives pour essayer de prendre la place de la France dans le Sahel. La France, du fait de l’histoire et des intérêts géostratégiques, a une position et une longueur d’avance extrêmement importante au Sahel. Et, même nos États n’ont pas intérêt que cette situation géostratégique soit perturbée comme certains le prétendent. Vous voyez la Libye aujourd’hui, l’implication de beaucoup de puissances sur le théâtre libyen est un frein à l’entente des Libyens entre eux. Donc, si d’autres acteurs viennent pour bousculer les acteurs traditionnels, je pense que cela contribuera beaucoup plus à l’intensification des conflits, à la destruction de l’Etat malien, au lieu de conforter la stabilité, le retour à la paix et à la concorde nationale.

Guineematin.com : Au du ‘’Panafricanisme’’, beaucoup d’africains estiment aujourd’hui que la France doit maintenant se retirer du Mali. Apparemment, ces gens font beaucoup plus confiance à la Russie qui, il faut le rappeler, n’est pas un exemple de démocratie et de respect de droits dans le monde. Mais, est-ce vraiment cette substitution de puissances étrangères que réside le salut du Mali ?

Bah Oury : Vous savez, il y a des lobbies qui existent, il y a des idées comme ça qui existent. Paradoxalement, je vois des idées d’extrême droite d’Europe qui appuient ces genres d’idées. Donc, ne soyons pas naïfs, regardons les choses par nous-mêmes et sachons où sont les intérêts de notre continent. Personnellement, je suis profondément panafricaniste, je suis pour une émancipation et un renforcement de la coopération entre les Etats et une plus grande intégration. Donc, au lieu de chercher midi à quatorze heures, regardons d’abord comment mutualiser les forces de défense et sécurité au niveau de la CEDEAO. Ça permettra de contribuer avec plus d’efficacité à renforcer la sécurité dans le Sahel. Il doit y avoir un champ de réflexion de ce côté-là pour avoir une défense commune ouest-africaine qui permettrait, quels que soient les intérêts d’ailleurs, que nous puissions assurer la sécurité de nos Etats. Deuxièmement, en ce qui concerne les politiques de développement, de conforter le vivre ensemble dans l’ensemble de nos Etats. Parce que la question sécuritaire ne suffit pas à résoudre et à répondre aux questions auxquelles les pays sont confrontés. La pauvreté, l’absence de l’Etat dans beaucoup de zones fait que le désert politique a donné la possibilité à d’autres terreaux de prospérer. Donc, nous devons remettre en cause la gouvernance locale, la gouvernance de nos Etats, changer de paradigme pour faire émerger une idée de construction ouest-africaine plus conforme à nos intérêts. Et, dans ce cadre, il y a des partenaires stratégiques majeurs avec lesquels nous devons faire chemin ensemble pour pouvoir aller de l’avant. Mais, si on préfère l’aventure, certains de nos Etats risquent d’être comme la Libye actuelle, la Somalie, l’Afghanistan.

Entretien réalisé par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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