Un vibrant hommage a été rendu ce vendredi, 29 novembre 2019, à l’ancien Premier ministre, feu Eugène Camara. Né le 23 janvier 1943 à N’zérékoré monsieur Eugène Camara a, après avoir occupé plusieurs postes de responsabilité en Guinée, a tiré sa révérence le 22 novembre dernier en Tunisie des suites d’une longue maladie. A l’occasion du symposium organisé pour lui rendre un dernier hommage ce vendredi 29 novembre au Palais du Peuple, parents, amis et connaissances n’ont pas tari d’éloge à son endroit, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Mansa Bory Camara, fils d’Eugène Camara

Mansa Bory Camara, fils ainé du défunt, a dit que son père était un travailleur incorruptible. « Mon père était un homme intègre, qui aimait beaucoup ce pays, qui a donné à fond son énergie pour travailler dans ce pays. Il était un homme travailleur et incorruptible. La présence des membres du gouvernement, les parents, amis proches et collaborateurs et tout ce monde aujourd’hui, est un signe qui prouve quel genre de personne il était ».

Michel Labila Sonomou, avocat

Pour maître Michel Labila Sonomou, le défunt était un bon cadre, un travailleur assidu qui est à l’écoute de tout le monde. « Eugène Camara a servi cette nation à la mesure de toute sa force, de tout le pouvoir que Dieu lui a donné. J’ai été son avocat, et je puis vous confirmer que chaque fois qu’Eugène me saisissait d’un problème en tant que son avocat, chaque fois que je lui donnais des conseils, il suivait scrupuleusement mes conseils. Eugène n’a jamais fait du mal à quelqu’un. Il est arrivé même à Eugène de prendre la décision de porter plainte contre un citoyen pour une cause qui était largement à sa faveur. Mais, dès que je lui ai donné les conseils pour lui dire que vous avez été un grand commis de l’Etat, il a abandonné la procédure. Donc, je l’ai connu honnête, courageux et travailleur ».

Docteur Edouard Niankoye Lamah, ancien ministre de la santé

De son côté, Docteur Edouard Niankoye Lamah, ancien ministre de la santé, a laissé entendre qu’Eugène Camara a été un rassembleur. « Au tour de lui, il avait beaucoup d’amis. Malheureusement, beaucoup sont décédés et ceux qui sont en vie, la plupart son fatigués. Malgré sa retraite, notre regretté a continué à bénéficier de beaucoup d’emprise sur sa communauté. Il a aimé ce pays et il a servi ce pays avec beaucoup d’amour ».

Pour Elhadj Bah Ousmane ministre d’Etat, ministre conseiller à la présidence et président de l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR), Eugène Camara fait partie des gens qui l’ont encadré. « C’est toujours difficile de prendre la parole en ces circonstances douloureuses. Monsieur Eugène Camara, je dis un mot en ta qualité de collaborateur, en ta qualité d’amis, mais aussi, en ta qualité de beau frère. Fraîchement sorti de l’université Gamal Abdel de Conakry, moi-même et ma promotion Mao, nous qui avions été affectés au ministère de l’industrie et de l’énergie d’alors, nous avions donc besoin d’un encadrement. Et, cet encadrement, nous l’avons trouvé à travers nos aînés que nous avons trouvés en place, dont Eugène Camara.

Elhadj Bah Ousmane ministre d’Etat, ministre conseiller à la présidence et président de l’UPR

Mes premiers pas au ministère de l’industrie, je les ai faits au bureau d’Etude. Et, après le ministère de l’industrie et de l’énergie, dirigé par feu Mamady Kaba, nous sommes allés aussi au ministère de l’industrie. A ce niveau, j’ai été chargé de la division des industries chimiques et textiles avec comme charge de coordonner les activités des unités industrielles comme l’Entreprise Nationale des Tabacs et Allumettes, la Société Guinéenne des Plastiques, le complexe textile de Sanoyah…

Monsieur Eugène Camara était le directeur financier des projets. A cette période, notre pays a bénéficié de concours financiers importants de la commission des Etats Européens en ce moment. Et monsieur Eugène Camara, moi-même et d’autres anciens du ministère de l’industrie, avions la responsabilité de travailler à la réhabilitation de la Société Guinéenne de Plastique du complexe textile de Sanoyah. C’est dans le cadre de l’exécution de ces missions là que j’ai connu monsieur Eugène Camara, travailleur. Comme on le disait, il arrivait premier au bureau, partant le dernier du bureau. Nous avons gardé ce souvenir, et, jeune que nous étions, nous nous sommes inspirés de son ardeur au travail pour arriver à exécuter les missions qui nous étaient confiées. Je suis resté avec Eugène Camara dans ce département jusqu’en juillet 1986. A cette date, un certains nombre de cadres du ministère de l’industrie, nous avons été injustement mis à la disposition de la fonction publique pour la simple raison que nous avions dit qu’il n’était pas opportun en ce moment de procéder à la privatisation des industries que nous avions mises en place… Nous avons été taxés d’anciens dignitaires et nous avons été mis à la disposition du ministère de la fonction publique. Nous avons continué nos relations dans la vie, et c’est là que Eugène Camara, ancien collaborateur, devient mon ami avec Germain, le Colonel Fassou , le ministre Richard Haba et biens d’autres. Nous avons donc été des grands amis, nous avons fait beaucoup de choses ensemble ; et, par la suite, avec l’évolution des choses, monsieur Eugène Camara a été nommé Premier ministre, certes de courte durée. Il m’a fait la confiance de relire son discours à la nation, de donner mon point de vue sur le gouvernement qui allait être mis en place… Que son âme repose en paix, amine ! ».

A préciser que l’enterrement de monsieur Eugène Camara a eu lieu ce vendredi au cimetière de Cameroun.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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