En Guinée, les constructions (maisons, bâtiments à étages…) sont généralement faites avec des briques (en terre cuite ou en ciment). Mais, très souvent, ceux qui confectionnent ces briques travaillent dans des conditions misérables. Ils sont très mal payés (pour ceux qui sont embauchés) et le prix de la brique est dérisoire. Cependant, à Conakry, ces confectionneurs de brique rencontrent d’autres difficultés supplémentaires. Il s’agit notamment du manque d’eau (en saison sèche) et du manque d’endroits appropriés pour malaxer les briques et les conserver en toute sécurité (surtout en saison pluvieuse).

Faire des briques avec les mains est un travail de longue haleine. Il faut concilier la force, le sens de la mesure, la patience et une petite dose d’ingéniosité. Mais, ce qu’il faut avoir par dessus tout, c’est un lieu propice et de l’eau pour ce travail manuel. Et pourtant, c’est ce qui manque le plus à Conakry, surtout en période de saison sèche…

Il y a quelques jours, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de Fodé Camara, récemment déguerpi du Centre Emetteur (Kipé). Il confectionne actuellement des briques au pied du mur de la cour du cimetière de Kipé. Et, il ne lui manque pas de plainte.

Fodé Camara

« Ce qui nous fatigue beaucoup, surtout en saison sèche, c’est d’abord le problème d’eau. Il y a un forage dans le quartier où on vient souvent nous approvisionner en eau. Des fois, quand on vient tôt là-bas, on peut avoir six bidons ; et, cela peut mélanger un sac de ciment. Si nous décidons de faire trois sacs de ciment, il nous faudrait alors payer et envoyer certains jeunes du quartier vers les points disponibles ou encore déplacer une citerne à eau pour aller nous puiser de l’eau dans un marigot contre trois cent mille francs guinéens (300 000 GNF). En plus, nous avons des difficultés dans l’acheminement des graviers. On les achète jusqu’à Dubréka, un chargement nous coûte 2 600 000 GNF, hors mis le transport. Pour transporter un chargement de Dubréka à Kipé, cela nous coûte 800 ou même 850 000 francs. Le sac de ciment aussi que nous utilisons est acheté à 80 000 francs. Mais, l’autre gros souci du moment, c’est un manque criard de travailleurs. Ceux-là qui confectionnent les briques pour nous sont difficiles à trouver. Et, même si vous fixez un rendez-vous avec eux, ils ne viennent pas. Ça trouvera qu’ils sont occupés dans un autre chantier. Ce qui nous amène à confectionner nous-mêmes, selon nos capacités physiques. Un sac de ciment peut donner 75 briques des fois. On vent une brique de 3 000 ou 3 800 francs, selon le numéro de la brique. Vous comprendrez donc que nous n’avons pratiquement pas de gain en fin de compte avec tout ce qui entre dans la fabrication », a expliqué Fodé Camara.

Vendeur de briques à Kaporo-rail, Yacine Souaré gère quelques jeunes qui confectionnent des briques pour lui. Et, il a également raconté ses difficultés au reporter de Guineematin.com qui est également allé à sa rencontre.

Yacine Souaré, vendeur de brique à Kaporo rail

« Nous ici, c’est surtout au mois de Ramadan qu’on rencontre quelques difficultés liées au fait que le soleil est ardent. Ceux qui font les briques pour nous n’acceptent pas, pour la plus part, de passer toute la journée sous le soleil. Également, pendant la saison sèche, il n’est pas du tout facile pour nous d’avoir de l’eau. On loue une citerne qui va nous chercher de l’eau dans un marigot à Démoudoula ; et, nous l’achetons par bassin. Un bassin rempli nous est vendu de 250 à 300 000 francs guinéens. Or, cela ne peut durer qu’une semaine à deux », a indiqué Yacine Souaré.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626–66-29-27

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