Les impacts négatifs de la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus n’épargnent quasiment personne en Guinée. A Labé, les mendiants font partie de ceux qui sont les plus affectés par cette situation. Depuis la fermeture des mosquées, ils ont du mal à se trouver à manger, a appris un correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Devant la grande mosquée Karamoko Alpha Mo Labé, campent plusieurs mendiants, désespérés. Ils sont pour la plupart des personnes handicapées, qui ne comptent que sur les aides des bonnes volontés pour vivre. Mais, depuis un peu plus de deux semaines, leur situation s’est compliquée davantage. Cela, en raison de la fermeture de tous les lieux de culte du pays. Une décision qui s’inscrit dans le cadre de l’état d’urgence, décrété par le président Alpha Condé afin de stopper la propagation du coronavirus en Guinée. Plus de prière à la mosquée et plus de dons pour eux.

« C’est aux devant les mosquées que nous gagnons notre quotidien grâce aux personnes de bonne volonté. Mais, depuis que cette mosquée est fermée, notre situation est de plus en plus compliquée. Car, nous les personnes qui souffrons de handicap physique, il est difficile pour nous de faire une quelconque activité pour subvenir à nos besoins. Au moins si la mosquée est opérationnelle, les vendredis par exemple, les gens viennent de partout. Et, ce que nous obtenons dans la seule journée du vendredi peut nous suffire pour quelques jours. Mais maintenant, tout est arrêté », se lamente l’un d’entre eux.

Une autre vieille dame renchérit : « la vie devient de plus en plus difficile pour nous les mendiants depuis que la grande mosquée de Labé est fermée. Même les bonnes volontés qui passaient de souvent pour nous offrir des cadeaux et autres nourritures se font rares maintenant. Certains parmi nous sont là avec toute leur famille, ils passent toute la journée ici. D’autres sont des nourrices mais elles arrivent difficilement à trouver à manger pour eux et leurs enfants. C’est vraiment pitoyable », regrette-t-elle.

Elle alerte que si rien n’est fait pour leur venir en aide, certains mendiants risquent de mourir de faim. « C’est pourquoi nous sollicitons auprès des autorités et des personnes de bonne volonté de penser à nous surtout en cette période difficile où tout le monde souffre, particulièrement nous les personnes handicapées. Sinon, si demain on apprend demain qu’un mendiant est mort de faim devant la grande mosquée de Labé, que cela ne surprise pour personne parce que nous souffrons énormément », a prévenu cette vieille, porteuse de handicap physique.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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