Jacques Gbonimy, président de l’UPG

Comme annoncé précédemment, le président Alpha Condé a annoncé hier, mercredi 27 janvier 2021, la mise en place d’un « cadre permanent de dialogue politique et social » en Guinée. Selon le décret, ce cadre sera une plateforme permanente de concertation et d’échanges entre les partis politiques, les organisations sociales, les collectivités et le gouvernement autour des questions d’intérêt national.

Depuis son annonce, cette décision du Chef de l’Etat suscite une vague de réactions au sein de la classe politique guinéenne. Interrogé sur le sujet par un journaliste de Guineematin.com, ce jeudi 28 janvier 2021, le président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) se montre prudent. Jacques Gbonimy dit ne pas savoir pour l’heure les motivations réelles de la mise en place de ce cadre de concertation et attend d’en savoir davantage avant de juger l’initiative.

« Je ne sais pas quel accueil on va donner à ce cadre, parce que nous ne savons pas ce que ça va donner. De toutes les façons, comme je l’ai toujours dit, personne ne s’oppose à un dialogue en Guinée. Mais, on a besoin que les dialogues soient francs et sincères. Du côté, de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), les conditions ont été avancées par rapport à tout dialogue. Pour l’instant, on ne sait pas qu’est-ce que le gouvernement prévoit. Mais, on attend d’avoir une main tendue franche et réelle. Il faut que les Guinéens se parlent ; mais, comment ils vont se parler, c’est là la question.

Donc, on ne sait pas pourquoi ce cadre de concertation. C’est vrai que le Premier ministre a pour rôle de promouvoir le dialogue politique et social, mais Kassory Fofana n’a jamais eu cette idée de se mettre dans l’esprit du dialogue. C’est plutôt par la force que tout se passe en Guinée. Depuis qu’il est arrivé à la tête de la Primature, il n’a pas cherché à promouvoir le dialogue. Il a plutôt préféré agir par la force pour maintenir l’ordre alors que c’est l’entente qui peut favoriser le dialogue, la paix et la quiétude sociale. Maintenant, on attend de voir comment lui-même il va prendre ce dialogue », a dit l’opposant.

Mais d’ores et déjà, le président de l’UPG rappelle que les conditions d’un dialogue politique sincère ne sont pas réunies actuellement en Guinée. Car de nombreux responsables et militants de l’opposition sont emprisonnés depuis plusieurs mois à Conakry sans jugement. « C’est vrai qu’il y a un manque de dialogue ; mais, au lieu d’instaurer ce dialogue, ceux qui parlent de dialogue prennent les gens et les mettent en prison. Cela fait que personne ne croit plus au dialogue et ça fait que les Guinéens ne vont plus au dialogue parce que personne n’y croit. Maintenant, on ne sait pas ce que ce dialogue va donner. Pour l’instant, rien ne nous présage un dialogue franc et sincère », a fait savoir Jacques Gbonimy.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.Com

Tél : 622 68 00 41  

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