Même si les stations-service ont repris le travail, avoir du carburant n’est toujours chose aisée à Conakry. De longues files indiennes sont visibles ce lundi matin, 31 mai 2021, devant ces lieux de vente d’essence. Bien qu’ils soient pressés de rallier leurs lieux de travail, ces nombreux citoyens sont obligés de s’armer de patience pour être servis, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Depuis samedi soir, les Guinéens sont confrontés à une crise d’essence. Une crise créée par la fermeture de toutes les services-service, qui fait suite à l’annonce du gouvernement relative à une augmentation très prochaine du prix du carburant à la pompe. Face à cette situation, le ministre des Hydrocarbures a tapé sur la table. Dans un communiqué publié hier, dimanche 30 mai 2021, Diakaria Koulibaly a menacé de sévir contre les propriétaires de stations-service qui ne vont pas reprendre le travail. Suite à cette sortie du ministre, les stations ont été rouvertes ce lundi matin, mais la galère des citoyens n’est pas encore terminée.

Fodé Amara Diaby, chauffeur

Car pour être servi, il faut patienter pendant des heures pour certains devant une station-service. C’est le cas de Fodé Amara Diaby, rencontré devant une station d’essence de Kipé. « Je n’ai rien compris de cette crise. Je suis là depuis 8h30’ et il est 10h15′, je suis toujours à la rentrée de cette station. Et mon tour n’est pas arrivé parce qu’il y a encore près de 7 véhicules devant moi, sans compter ceux qui viennent avec des bidons et qui vont pour revendre au marché noir. C’est vraiment compliqué de vivre cette situation. Les autorités doivent revoir leur façon de faire parce que les populations souffrent actuellement », a dit ce citoyen.

Même son de cloche chez M. Touré, fraîchement rentré de Paris. Il trouve cette situation insupportable. « J’ai fait plus d’une heure d’attente ici, parce que les autres stations sont fermées. C’est la seule que j’ai vu ouverte d’abord. Et depuis tout ce temps, je suis là dans une attente qui ne finit pas. C’est décourageant, surtout par le fait qu’on ne peut rien faire. Si le gouvernement veut augmenter le prix du carburant, qu’il le fasse directement pour situer les gens parce que chaque année, c’est comme ça. Les gens vont pleurer, mais il (le gouvernement, ndlr) ne va rien diminuer. Alors, qu’il augmente et qu’il arrête d’entretenir ce genre de situation », a-t-il lancé.

La fermeture des stations-service depuis samedi soir jusqu’à ce lundi matin a entraîné une véritable spéculation sur le prix du carburant. Le litre d’essence a été vendu jusqu’à 15.000 francs au marché noir. Une situation que regrette Amadou Diallo, président des conducteurs de taxis motos basé au centre émetteur de Kipé.

Amadou Diallo, président des conducteurs des moto-taxis au centre émetteur de Kipé

« C’est dommage pour notre pays. Cette crise impacte déjà notre travail. On souffre beaucoup de cette situation qui est entretenue par certains citoyens guinéens. Aujourd’hui, dans les stations-services, vous pouvez attendre 2 à 3 heures pour avoir du carburant. Dans d’autres stations, ils vous disent carrément qu’ils n’ont pas d’essence. Au marché noir, le prix a revu nettement à la hausse. Il se négocie entre 13.000 et 15.000 francs guinéens. A partir du moment où le gouvernement n’a pas encore fixé le prix à la pompe, le prix du litre ne devrait pas augmenter de cette façon. Mais la Guinée étant ce qu’elle est, chacun fixe son prix comme il veut et c’est les citoyens pauvres qui vont souffrir », a déploré Amadou Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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