Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a reçu dans ses locaux ce jeudi, 30 janvier 2020, une délégation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Les échanges entre les deux entités ont porté sur la crise sociopolitique meurtrière qui mine la Guinée, née de la volonté du président Alpha Condé de s’accrocher au pouvoir. La rencontre, tenue au siège de la PCUD, à Kipé Dadya, dans la commune de Ratoma, a regroupé plusieurs acteurs politiques et sociaux, a constaté sur Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A la fin de la rencontre, l’envoyé spécial de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Tchéman Koulibaly, a dit l’objectif de sa visite en Guinée. « Je suis venu surtout écouter, eu égard au processus qui est en cours et aux missions qui sont les nôtres ici. Nous sommes venus écouter le directoire du FNDC par rapport à son appréciation sur la situation, la manière la meilleure de contribuer positivement à l’apaisement politique, à ce qu’un climat plus serein prévale en Guinée. Et puis, j’ai demandé quand même des avis par rapport à la question de l’arrêt des violences, de la meilleure manière de procéder, afin que tout se passe bien, dans un contexte non violent en Guinée. Essentiellement, nous étions là surtout pour écouter et intégrer cela dans nos réflexions pour pouvoir contribuer positivement », a dit le diplomate malien.

De son côté, Abdourahmane Sanoh, Coordinateur National du FNDC, s’est aussi exprimé dans le même sens. « Nous venons d’avoir ce contact avec l’envoyé spécial de la francophonie, qui est venu effectivement demander notre lecture sur la situation qui prévaut dans le pays et surtout savoir comment ou en tout cas quel est notre avis par rapport aux différentes solutions possibles de sortir de crise. On a fait savoir à la mission les préoccupations que nous avons, la lecture que nous avons par rapport à la situation et les grosses inquiétudes que nous portons, les grosses attentes du peuple par rapport à l’engagement de la francophonie ici. Mais aussi, on leur a expliqué aussi comment nous sommes ouverts au dialogue et quels sont nos points de vue, les possibilités qu’il y a, à faire en sorte que la Guinée aille vers l’apaisement. Parce que personne n’a intérêt aux violences. Il est vrai que nous avons porté au niveau du ministre pour la Francophonie nos souhaits de voir cette organisation s’impliquer davantage pour que les violences qui sévissent aujourd’hui dans notre pays de la part des autorités et des forces de sécurités puissent s’arrêter… Ils ne sont pas obligés de venir. S’ils viennent, il faut qu’on croie. Mais, en croyant à la communauté internationale, cela ne veut pas dire que le peuple de Guinée doit baisser les bras par rapport à ce qui relève de son devoir, à ce qui relève de ses responsabilités. Nous devons continuer le combat. Nous sommes sur le front et ce combat va continuer jusqu’à la victoire finale, » a-t-il laissé entendre.

Parlant de l’implication des leaders religieux dans la gestion de la crise sociopolitique, le Coordinateur National du FNDC a annoncé une trêve pour la semaine prochaine. « En ce qui concerne les autorités religieuses, elles nous ont demandé qu’ils se sont mobilisés pour s’engager dans une sortie de crise. Ils ont fait une déclaration dont tout le monde est au courant maintenant. Avec ces appels et la démarche envers nous, nous avons accepté de faire une trêve pour la semaine prochaine. En attendant de voir comment vont évoluer leurs démarches auprès des autorités guinéennes. En tout état de cause, on demande à tout le monde de demeurer mobilisé, de demeurer vigilant, de demeurer prêt pour qu’au cas où les autorités guinéens refuseront d’écouter les autorités religieuses, que nous soyons encore là à continuer à nous battre jusqu’à ce que Monsieur Alpha Condé réalise que le troisième mandat est une tricherie qu’on n’acceptera jamais ».

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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