« En Guinée, l’histoire de la langue arabe remonte à la pénétration de l’Islam. Dans toutes les régions du pays, des érudits se sont distingués dans l’enseignement et l’éducation en arabe. Il s’agit, en Guinée forestière de Cheick Madifing Kaba, en Haute Guinée de Karamonko Taliby Kaba, en Moyenne Guinée de Thierno Sadou Mo Dalein et en Basse Guinée d’Elhadj Mohamed Fadiga… », a notamment rappelé Elhadj Aly Jamal Bangoura, Secrétaire général des Affaires religieuses, à l’occasion de la journée internationale de la langue arabe.

C’est sous la présidence effective du Secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Aly Jamal Bangoura, que la République de Guinée a célébré la journée internationale de la langue arabe, le vendredi dernier, 18 décembre 2020, au centre islamique de Donka. Outre les enseignants et éducateurs en langue arabe, la cérémonie a mobilisé plusieurs diplomates des pays arabes et musulmans résidants à Conakry, au premier chef, l’Ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite, Amjad Hussien Al-Bedaiwi et le Chargé d’affaires des Emirats Arabes Unis, Khaled Al Hosani et de nombreux leaders religieux de la capitale, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a assisté à la cérémonie.

 

S’adressant à l’assistance, le Secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Aly Jamal Bangoura a rappelé le rôle central qu’occupe la langue arabe dans les civilisations et les cultures de l’humanité.

Elhadj Aly Jamal Bangoura, Secrétaire général des Affaires religieuses

« La langue arabe est un pilier et un solide support de la diversité culturelle de l’humanité. Elle est l’une des langues les plus parlées au monde et est partagée par plus de 280 millions de personnes à travers la planète. A cela, s’ajoute le fait que la langue arabe est le support de la religion musulmane qui compte plus d’un milliard 800 millions de pratiquants dans le monde », a souligné le chef religieux.

 

Le Secrétaire général des Affaires religieuses a rappelé que c’est en 1973 que les Nations-Unies ont adopté la langue arabe comme 6ème langue de travail de l’organisation. Depuis 2012, il est organisé la journée mondiale de la langue arabe. « En Guinée, l’histoire de la langue arabe remonte à la pénétration de l’Islam. Dans toutes les régions du pays, des érudits se sont distingués dans l’enseignement et l’éducation en arabe. Il s’agit, en Guinée forestière de Cheick Madifing Kaba, en Haute Guinée de Karamonko Taliby Kaba, en Moyenne Guinée de Thierno Sadou Mo Dalein et en Basse Guinée d’Elhadj Mohamed Fadiga. Toutes ces figures et bien d’autres se sont illustrées dans l’enseignement et la culture de la langue arabe. Ils ont véhiculé la langue et les écritures en arabe. Et, depuis, ils ont été suivis par d’autres qui continuent de soutenir, d’enseigner et de communiquer en arabe. Dans tout le pays, il y a de nous jours des écoles franco-arabes, des branches techniques et le département de l’éducation nationale en fait un de ses véritables supports », a précisé Elhadj Aly Jamal Bangoura.

 

Pour sa part, Dr Nourdine Fadiga, le Directeur Général des affaires économiques et socioculturelles au Secrétariat général des affaires religieuses, est revenu sur la portée de la journée mondiale de la langue arabe, proclamée en 2012 par les Nations Unies, avant d’expliquer l’évolution de cette langue en Guinée, à travers l’enseignement dans les medersas et les écoles franco-arabes, les établissements d’enseignement techniques jusqu’à l’université.

Dr Nourdine Fadiga, Directeur Général des affaires économiques et socioculturelles au Secrétariat général des affaires religieuses

« L’enseignement de la langue arabe est très influencé par les études islamiques et les religieuses ont vite œuvré pour son apprentissage, sous forme de medersa. Ainsi en 1925, Cheick Oumar Camara a ouvert la première école à Kankan. Il sera suivi en 1940 par Sidiki Kaba. A Kindia, la 1ère medersa a été créée en 1944 par Cheick Mohamed Fadiga. A Mamou, et N’Zérékoré, ces écoles ont été l’œuvre de Cheick Ahmed Tidiany Sall et de Fodé Soriba Camara, ancien Ministre des affaires islamiques suivis d’Elhadj Mory Doukouré Soumaoro en 1957. Et en 1965 à Labé, Cheick Abdoulaye Tall Diallo a initié la première medersa », a rappelé cet expert religieux.

 

Pourtant, « il aura fallu attendre 1977 pour l’intégration de l’arabe dans l’enseignement général. En août 1988, un programme national de l’enseignement arabe a été élaboré, grâce à l’appui de l’ISESCO. En 1990, les premiers examens en langue arabe ont été organisés », a souligné le Cheick.

 

Actuellement, l’arabe est enseigné en Guinée depuis le primaire dans les écoles franco-arabes qui réunissent, selon des statistiques réalisées en 1996, plus de 180 mille élèves, répartis dans 988 écoles et encadrés par 4 741 enseignants. Au secondaire, l’effectif est estimé à plus de 29 mille élèves dans les 127 établissements avec 1 332 encadreurs, a ajouté le Directeur général des affaires économiques et socioculturelles au Secrétariat général des affaires religieuses.

 

Dr Nourdine Fadiga a précisé qu’avec cet effectif qui a sûrement augmenté, voire doublé depuis 14 ans, les pratiquants de la langue arabe, confrontés à de sérieux problèmes, ont saisi cette occasion pour formuler des doléances dont entre autres : la création d’une Direction nationale de l’enseignement franco-arabe au ministère de l’éducation nationale, dirigée par un arabophone, la création d’un poste de Conseiller chargé de l’enseignement Franco-arabe auprès du ministre de l’enseignement supérieur, augmenter le budget de l’enseignement Franco-arabe, accentuer la formation des formateurs pour les enseignants Franco-arabe, ériger le département de Langue et civilisations arabes de l’Université Général Lansana Conté en Faculté, mettre fin à la discrimination à l’endroit des étudiants franco-arabes dans l’octroi des bourses d’études à l’étranger…

 

Des doléances bien enregistrées par les diplomates des pays du Golf, qui ont pris la parole et promis d’accentuer leurs efforts pour le rayonnement de l’arabe et de l’Islam à travers le monde.

 

A rappeler que cette cérémonie a connu la présence de Fadamou Kaba, l’un des responsables de Waqf Bid-Guinée, une des structures caritatives basées en Guinée qui soutiennent l’éducation et l’enseignement en arabe.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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