Quelques jours après la signature de l’accord politique obtenu mercredi dernier entre le pouvoir et l’opposition républicaine sur le contentieux électoral, le sujet a été évoqué à l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel, ce samedi, 11 août 2018. Amadou Damaro Camara, l’un des négociateurs du pouvoir lors des discussions qui ont abouti à cet accord, a reconnu que cette solution de sortie de crise n’est pas parfaite, mais qu’elle est importante pour la paix dans notre pays, rapporte un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

S’il a permis de mettre fin au contentieux électoral ayant résulté des élections locales du 04 février 2018, l’accord politique signé mercredi soir entre le RPG Arc-en-ciel, l’opposition république amenée par l’UFDG et le gouvernement n’a pas fait l’unanimité au sein de la classe politique. Plusieurs acteurs politiques ont dénoncé un arrangement entre les deux plus grandes formations politiques du pays en violation flagrante de la loi. Amadou Damara Camara, qui est l’un des artisans de cet accord, a tenu donc à répondre à ses critiques venant jusque dans les rangs de son propre camp.

Mais avant, il s’est félicité encore une fois, du déroulement des élections locales du 04 février 2018, malgré la crise politique qui a suivi le scrutin : « Il n’y a jamais eu d’élections locales en Guinée dans le vrai sens du mot sauf cette année. Parce que la dernière fois que nous avons connu des élections locales, le président de la République d’alors a clairement dit, je ne veux pas d’opposition à Conakry et le Premier ministre d’alors a tellement bien exécuté les recommandations du Général Lansana Conté qu’il a donné 30 préfectures sur 33 au PUP.

Et c’est ce monsieur, aujourd’hui devenu chef de file de l’opposition, qui veut donner des leçons de démocratie, comme les protestants et les catholiques auraient dit Alléluia. Nous avons eu les élections communales, sur les 342 circonscriptions, 330 n’ont pas eu de problèmes. Sur d’autres cieux on devait s’en féliciter qu’il n’y ait eu que 6 à 8 % qui ont eu des problèmes », a rappelé le responsable du parti au pouvoir.

En ce qui concerne l’accord politique, le président du groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel à l’Assemblée nationale reconnait qu’il n’est pas parfait, mais il estime qu’il était nécessaire pour la paix dans notre pays : « Cet accord n’est pas parfait, mais ça permet d’avoir la paix. Monsieur Kamissoko a dit tout à l’heure que la paix n’a pas de prix mais elle a un coût. Ce coût là c’est sur ça que vous nous demandez aujourd’hui. J’ai eu des appels de Guéassou, des appels de Bignamou, de Bissikirima où ça a été compris comme s’ils sont abandonnés par le RPG. Non ! On n’a abandonné personne mais je dois avouer qu’il y a eu une erreur dans tous les camps. On a fait des élections qui sont des élections communales, qui sont des élections de proximité, qui sont des élections entre voisins et cousins mais on a donné un enjeu national. C’est vrai que c’est important mais ce n’est pas aussi important jusqu’au point où nous l’avons mis. Et quand il y a aussi un accord politique, personne ne gagne totalement et personne ne perd totalement », a laissé entendre Amadou Damaro Camara.

A rappeler que le président Alpha Condé s’est rendu ce samedi aux sièges du RPG Arc-en-ciel après celui de l’UPR. Mais le chef de l’Etat ne s’est pas prononcé sur cet accord politique devant ses partisans.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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