Une dure vie, c’est ce que mènent aujourd’hui de nombreux habitants du quartier Dar-Es-Salam, dans la commune de Ratoma. En effet, leur environnement est fortement pollué par la fumée qui se dégage régulièrement de la décharge publique située dans cette localité. Ces citoyens se disent asphyxiés par cette fumée et appellent les autorités à leur venir au secours, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A Dar es-salam, le temps passe mais les problèmes demeurent. Après l’éboulement survenu en 2017 au niveau de la décharge publique et qui avait fait une dizaine de morts, un autre drame a eu lieu dans ce quartier en 2019. Il s’agit du déguerpissement de nombreux citoyens qui habitaient tout près de cette montagne d’ordures, dont les maisons ont été démolies sans aucune mesure d’accompagnement.

Après cette opération, qui a été fortement dénoncée par les défenseurs des droits de l’homme, le gouvernement a transformé la zone déguerpie en dépotoir d’ordures, agrandissant ainsi la plus grande décharge publique de la capitale guinéenne. Et, cette situation crée aujourd’hui un autre problème dans le quartier. Car les ordures brûlées dégagent régulièrement une grande fumée, qui se propage dans tout le voisinage. Un quotidien difficile pour certains habitants du quartier, à l’image du boutiquier Thierno Boubacar Diallo.

Thierno Boubacar Diallo, boutiquier

« La fumée nous fatigue beaucoup ici. En plus des ordures, il y a des gens qui brûlent aussi des pneus ici, ce qui intensifie la fumée. A la tombée de la nuit, les gens sont obligés de rester dans leurs maisons parce qu’il est impossible de rester dehors. Mais la journée, les gens n’ont pas le choix, on est obligés de respirer l’air pollué par cette fumée. Malheureusement, on n’a pas où aller se plaindre parce que cette situation est bien connue des autorités. A cause de cette fumée, certains ont déménagé ailleurs. Mais, d’autres sont obligés de rester ici malgré cette souffrance parce qu’ils ont leurs maisons ici », a expliqué ce citoyen.

Adama Condé, habitant de Dar-Es-Salam

En plus d’avoir du mal à respirer, les riverains de la décharge publique de Dar es-salam se plaignent aussi de maladies qui seraient causées par cette fumée. « Souvent, quand quelqu’un tombe malade ici, une fois à l’hôpital, les médecins disent que c’est la cigarette qui est à l’origine de sa maladie. Et, il se trouve parfois que c’est une personne qui ne fume pas du tout, mais cette fumée qu’elle aspire au quotidien qui l’a rendu malade. Nous sommes vraiment ici. Nous ne pouvons malheureusement rien faire pour sortir de cette souffrance », a dit Adama Condé, un autre habitant de la localité.

Face à cette situation, Yansané Keïta, également habitant de Dar-Es-Salam interpelle les autorités. Il appelle le gouvernement à déplacer cette décharge pour permettre aux habitants du quartier de mieux vivre.

Yansané Keïta, habitant de Dar-Es-Salam

« Tout ce que nous voulons, c’est que l’Etat nous vienne au secours. Les autorités doivent tout faire pour déplacer cette décharge. C’est anormal, dégoutant et même dangereux de laisser un tel dépotoir d’ordures en pleine capitale. Si l’Etat maintient cette décharge ici, cela ne fera que créer des problèmes aux habitants de la zone. Ce n’est vraiment pas une bonne chose », a laissé entendre ce citoyen.

Ismaël Diallo pour Guineematin.com

Tél.: 624693333

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