Le déguerpissement des emprises de la voie publique, en cours depuis quelques jours à Conakry, ne laisse pas indifférent le Bloc Libéral. Au cours de son assemblée générale d’hier, samedi 6 février 2021, la formation politique a déploré le caractère inhumain de l’opération, a constaté à Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le Bloc Libéral n’est pas contre le déguerpissement des « encombrants physiques » aux abords de la voie publique lancé il y a quelques jours dans la capitale guinéenne, mais ce parti d’opposition désapprouve la façon dont est menée l’opération. Le président de la formation politique, Dr Faya Millimouno, souhaite que le gouvernement mette un peu de « contenu humain » et de pédagogie dans ce travail.

« Nous savons que tous ceux qui occupent les trottoirs le font en violation de la loi. Mais, quand on doit appliquer la loi, il faut aussi mettre un continu humain. Nous avons condamné par exemple la destruction de Koloma, non pas par ce que Koloma ne devait pas être déguerpi. Mais parce qu’il a manqué un contenu humain et donc, c’est un peu ce que nous dénonçons aujourd’hui.

Je crois qu’on peut prendre le temps d’informer les gens, leur donner du temps. Il faut un peu de pédagogie dans la façon de faire les choses. C’est surtout ce que nous dénonçons et ce que nous condamnons. Et, nous pensons que la gouvernance peut s’améliorer sur ce plan.

Dès lors qu’un Guinéen a occupé une portion de terre avec aussi la complicité de certains commis de l’Etat, parce qu’il y en a qui ont des papiers qui prouvent que ces domaines qu’ils occupent, ils les ont achetés, si ces papiers ont été signés par l’Etat, ça veut dire que l’Etat a contribué à cet état de fait. Donc, s’il faut corriger ça, il faut mettre un peu de contenu humain », estime le président du BL.

De son côté, Néma François Chérif, vice-président du Bloc Libéral, a indiqué que les abords de la voie publique ne sont pas les seuls qui ont besoin d’être déguerpis. L’opposant rappelle que plusieurs autres endroits publics sont illégalement occupés par des citoyens. « L’Etat guinéen, par sa faiblesse, a laissé les lieux publics occupés illégalement par certains citoyens au vue de tout le monde. On se demande si les différentes villes du pays ont des administrateurs.

 C’est comme si nous n’avons pas un texte de loi qui interdit l’occupation illégale des espaces publics par certains citoyens pour leurs propres intérêts. La lutte que mène le BL, c’est de faire en sorte que demain, tous les lieux qui appartiennent à tout le monde ne soient pas occupés par certains citoyens. Nous avons vu les bas-fonds qui sont pris en otage par certains citoyens simplement parce qu’au cours de leur histoire, ils ont eu la chance ou les privilèges d’avoir de l’argent et ils s’accaparent de tout ce qui  appartient à tout le monde », regrette Néma Chérif.

Foko Millimouno pour Guineematin.com

Tél: 620 933 446 / 666 111 726

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