Elhadj Amadou Diouldé Diallo, journaliste-historien

Cela fait bientôt un mois que le célèbre journaliste et historien guinéen, Amadou Diouldé Diallo, est incarcéré à la maison centrale de Conakry pour « outrage au chef de l’Etat ». La privation de liberté à ce professionnel de médias a suscité l’indignation de certaines associations et ONG africaines qui défendent la liberté de la presse. Mais, paradoxalement, on observe quasiment un silence total des organisations professionnelles des médias en Guinée. C’est à croire que les professionnels de médias du pays cautionnent son arrestation et sa détention, en dépit de la dépénalisation des délits de presse en Guinée. Mais, pour l’ancien secrétaire général du SPPG (syndicat des professionnels de la presse en Guinée) et PDG de la radio Fraternité Fm Guinée, il est encore temps pour les professionnels de médias de se bouger pour demander le respect de la loi L002 sur la liberté de la presse en Guinée.

Dans un entretien accordé récemment à un journaliste de Guineematin.com hier, Sidy Diallo a appelé à « l’union sacrée » pour défendre la liberté de la presse et exiger la libération du doyen Amadou Diouldé Diallo.

« Sincèrement, je voudrais appeler humblement aux différentes associations, aux organisations de presse à l’union. Depuis des années, lorsqu’on a eu ce problème du côté du PM3 de Matam, suite à l’interpellation de l’actuel président de l’URTELGUI (Union des radios et télévisions libres de Guinée), monsieur Aboubacar Camara, il y a eu l’union sacrée entre toutes les associations. Et, depuis lors, on n’a jamais scindé pour dire que tel est Paul, tel est Pierre. A chaque fois qu’un journaliste est inquiété, on se lève d’abord pour le respect de la loi L002. Et donc, s’agissant du cas de Doyen Diouldé Diallo, je voudrais lancer un appel à toutes les associations et organisations professionnelles de médias à se lever pour le respect de la loi L002. C’est vrai que d’une part on peut condamner certains passages du doyen ; mais, dans ce pays, il y a des gens qui ont dit pire que le doyen Diouldé. Et, pourtant, ces gens circulent aujourd’hui, ils ne sont pas inquiétés. Mais, aujourd’hui, c’est le doyen Diouldé qui est entre les quatre murs. Il y a RSF (reporter sans frontière) qui a demandé la libération du doyen, l’association internationale de la presse sportive africaine aussi a demandé la libération du doyen. Alors, pourquoi nos structures de presse à l’interne ne réagissent pas aujourd’hui de la même manière pour demander la libération du doyen Diouldé. Ce qu’il a dit, c’est par voie de presse ; et, la loi est claire là-dessus. Donc, là où il est aujourd’hui n’est pas sa place. C’est pourquoi j’interpelle les associations de presse. Et, n’oubliez pas que le doyen Diouldé Diallo, malgré son âge, a participé à tous les mouvements des médias ici. Je me souviens du doyen Diouldé devant la HAC quand nous y sommes allés pour l’affaire du lynx. Il était là sous la pluie, il n’avait pas dit que c’est une histoire de la presse privée. Il était là pour le respect de la loi L002. Et, c’est cette union sacrée que je demande aux différentes associations de presse. Donc, l’heure n’est pas à s’ériger en procureur, battons-nous pour qu’il soit libéré, pour qu’il recouvre sa liberté. J’apprends qu’il est même malade et qu’il est souvent à l’hôpital pour ses soins », a dit Sidy Diallo.

A en croire ce journaliste et patron d’une entreprise de presse, la liberté de la presse est actuellement en danger dans notre pays. Et, il faut l’union des professionnels de médias pour changer la donne pour un exercice libre du journalisme en Guinée.

« La liberté de la presse est aujourd’hui en danger, la loi L002 est piétinée, elle n’est pas respectée. C’est pourquoi j’appelle à l’union sacrée, parce que c’est à nous de nous lever pour le respect de cette loi. Mais, si ceux qui doivent parler sont là, ils ne disent rien, chacun regarde son intérêt, chacun regarde sa relation avec Paul ou Pierre, et bien cette loi va être piétinée au profit de gens qui ne veulent plus voir cette liberté de presse. Si on est là aujourd’hui avec le cas Diouldé, c’est parce que la loi n’est pas respectée. Sinon, tout ce que le doyen a dit, même si nous regrettons certains passages, mais c’est par voie de presse et c’est un journaliste. C’est pourquoi je demande aux acteurs des médias d’arrêter de s’ériger en procureur pour dire tel à raison, tel n’a pas raison. Il faut l’union sacrée pour défendre la loi L002. Et cela, parce que cette loi est sacrée pour l’exercice de notre métier dans ce pays là », a indiqué Sidy Diallo.

Propos recueillis et décryptés par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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