En détention à la maison centrale de Conakry depuis le mois de mai 2020, Mamadi Diaby a comparu le jeudi dernier, 17 juin 2021, devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Il est poursuivi pour « abus » de confiance portant sur 200 mille dollars et 9 000 euros au préjudice de Hady Kaba et Mory Kaba (deux guinéens résidents en Angola). Le ministère public a requis 2 ans de prison à son encontre.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, les faits reprochés à Mamadi Diaby remontent au mois de mai 2020 au grand marché de Madina, dans la commune de Matam. A l’époque, le prévenu était gestionnaire de fonds dans une agence de transfert d’argent appartenant à Hady Kaba et Mory Kaba. Une fonction qu’il a occupé au sein de cette agence pendant 4 années.

Seulement, au cours du mois de mai 2020, la disparition d’importantes sommes d’argent a été constatée dans les fonds mis à sa disposition. Et, après vérification, il s’est avéré que 200 mille dollars et 9000 mille euros manquent dans le coffre fort de l’agence. C’est suite donc à cette disparition d’argent qu’il (Mamadi Diaby) a été interpellé et conduit à la brigade de recherche de Kipé. Il a ensuite été déféré au parquet du tribunal de première instance de Dixinn où il a finalement été placé sous mandat de dépôt et conduit en prison à la maison centrale de Conakry.

A l’ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel le jeudi dernier, Mamadi Diaby a très vite reconnu les faits mis à sa charge. Cependant, pour sa défense, il a confié que c’est dans un restaurant à Madina qu’il a oublié l’argent (200 mille dollars et 9000 euros) qu’on lui reproche d’avoir détourné.

« J’ai pris cet argent, je l’ai mis dans un sac noir. Je suis allé prendre mon déjeuner dans un restaurant à Madina. Après avoir fini de manger, j’ai laissé le sac dans le restaurant », a expliqué Mamadi Diaby.

Cependant, cette déposition du prévenu n’a pas suffit pour rassurer le conseil de la partie civile de son innocence. L’avocat l’a accusé d’avoir « une mauvaise foi » dans cette affaire. Car, il estime que ce fonds détourné se trouve encore dans un compte privé du prévenu ou bien quelqu’un d’autre, avec qui le prévenu est en complicité, est en train de travailler avec cet argent.

« Diaby a agi en toutes connaissance de cause. Il avait l’intention de porter préjudice à l’agence. Sa mauvaise foi apparaît clairement. Il n’a jamais oublié son téléphone, il n’a jamais oublié son salaire, il n’a jamais oublié son argent de poche. Pourquoi c’est seulement le fonds de l’agence qu’il a oublié dans le restaurant. A cause de ces actes, il a freiné aujourd’hui l’avenir de plusieurs jeunes qui travaillaient dans cette agence. Aujourd’hui, par ses faits, l’agence est au point de fermer ses portes. C’est pourquoi, la partie civile que nous sommes, vous demande de le condamner à titre principal le paiement des montants de : 200 000 dollars et 9000 euros puis 500 millions de francs guinéens de dommages et intérêts. De prononcer la contrainte par corps ; qui veut dire que tant qu’il ne paie pas l’argent, il ne va pas sortir de la prison », a sollicité l’avocat de la partie civile.

S’inscrivant dans la même logique, le ministère public a qualifié les arguments du prévenu de « légers ». Et, dans ses réquisitions, le procureur audiencier, Boubacar 1 Bah, a demandé 2 ans de prison contre Mamadi Diaby.

« Le prévenu a donné un argument léger en disant qu’il a oublié ce montant dans un restaurant. Le ministère public ne croit pas à cet argument. Ce montant a été détourné… Je vous demande de condamner Mamadi Diaby à 2 ans d’emprisonnement. Pour les intérêts civils, vous allez le condamner au paiement de 200 000 dollars et 9000 euros à titre principal et 500 000 millions francs guinéens de dommages et intérêts », a requis le procureur Boubacar I Bah.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 1er juillet prochain.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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