Diabaty Doré, président du parti Rassemblement Pour la République

« Dans ce dossier puisqu’il n’y a pas de preuve, ils ne peuvent pas les juger. C’est pourquoi, nous condamnons ces arrestations et détentions ; et, c’est pour cela que nous interpellons la communauté nationale et internationale de tout faire pour que la lumière soit faite. Si on ne parvient pas à les juger, qu’on les libère ; même si c’est de façon provisoire pour qu’ils regagnent leurs familles. Au moment où la justice sera prête, qu’on les appelle. Parce que quoi qu’on dise, ce sont des Guinéens, ils ne vont pas fuir. Je rappelle que Cellou Baldé était à Labé. Il pouvait fuir pour aller même si c’est au Sénégal ; mais, il a dit non, il faut qu’il se présente devant la justice parce qu’il est respectueux de la loi…», a notamment dit Diabaty Doré, le président du parti Rassemblement Pour la République.

Depuis près de six mois, plusieurs opposants politiques et des acteurs de la société civile guinéenne croupissent à la maison centrale de Conakry. Ils sont détenus sans aucun procès ; et, aucune condamnation ne pèse à leur encontre. C’est le cas du président du mouvement ‘’Nos valeurs Communes’’, Etienne Soropogui. De même que plusieurs hauts cadres de l’UFDG (Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah…), d’Oumar Sylla (Fonikè Menquè) du FNDC, de l’imam de Wanindra, Elhadj Abdoulaye Baldé…

Aujourd’hui, ces détenus politiques sont pour la plus part malades. Nombreux d’entre eux ont choppé la COVID-19 entre les murs de cette prison extrêmement surpeuplée de la capitale guinéenne. Malheureusement, en dépit de tout, le régime Alpha Condé préfère encore les garder en détention. Cette attitude du pouvoir de Conakry est vivement critiquée par les défenseurs des droits humains et les acteurs politiques de l’opposition, au rang desquels Diabaty Doré, le président du rassemblement pour la république (RPR).

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce samedi, cet opposant au régime Alpha Condé a dénoncé la caporalisation des institutions de la république par l’actuel locataire du palais Sékhoutouréyah. Il a aussi pointé du doigt l’immixtion du président Alpha Condé dans les affaires judiciaires concernant les détenus politiques.

« Nous avons toujours dit que ces détenus politiques sont innocents. Mais, comme vous le savez, M. Alpha Condé veut gérer la Guinée comme une propriété privée. Ces acteurs ont été arrêtés arbitrairement, sans preuve. Mais, ce qui préoccupe M. Alpha Condé, c’est comment décapiter l’UFDG et l’ANAD et il ne pourra pas. Jusqu’à présent, il (Alpha Condé : ndlr) n’a pas digéré sa défaite lors des élections présidentielles. Il ne pouvait pas imaginer un seul instant que M. Cellou Dalein Diallo et ses alliés pouvaient le battre dans les urnes et il le dit dans les coulisses. Même ses accotés savent que nous avons gagné cette élection du 18 octobre. Maintenant, comment faire payer à l’UFDG et ses alliés, il a commencé les arrestations. Si non, pour un problème de justice, est-ce que le président de la République doit s’y mêler  pour dire que ce ne sont pas des détenus politiques, c’est des gens qu’on a pris parce qu’ils fabriquaient des armes. Qu’on nous montre les usines de fabrication de ces armes », a indiqué Diabaty Doré.

Pour le président du RPR, si la justice peine encore à se défaire du carcan de l’assujettissement que lui impose l’exécutif et tenir le procès de ces détenus d’un autre rang, elle ferait mieux de les libérer. L’opposant estime d’ailleurs qu’il n’y a aucune preuve pour confondre aujourd’hui ces détenus politiques.

« Dans ce pays, depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, il est tout. C’est lui le président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le chef suprême des armées, le procureur, le juge, le gouverneur et même le préfet. Comment voulez-vous que la justice fonctionne. Dans ce dossier puisqu’il n’y a pas de preuve, ils ne peuvent pas les juger. C’est pourquoi, nous condamnons ces arrestations et détentions ; et, c’est pour cela que nous interpellons la communauté nationale et internationale de tout faire pour que la lumière soit faite. Si on ne parvient pas à les juger, qu’on les libère ; même si c’est de façon provisoire pour qu’ils regagnent leurs familles. Au moment où la justice sera prête, qu’on les appelle. Parce que quoi qu’on dise, ce sont des Guinéens, ils ne vont pas fuir. Je rappelle que Cellou Baldé était à Labé. Il pouvait fuir pour aller même si c’est au Sénégal ; mais, il a dit non, il faut qu’il se présente devant la justice parce qu’il est respectueux de la loi. Malheureusement, dans ce pays, les trois types de pouvoir (l’exécutif, le législatif et le judiciaire : ndlr) ne sont pas séparés. Malgré tout, nous demandons à la justice guinéenne de montrer pour une fois qu’elle est au service de tous et non une justice partiale », a dit Diabaty Doré.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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