Dr Alpha Amadou Diallo, médecin en service à Paris et membre du bureau exécutif de l’UFDG

Comme annoncé précédemment, Dr Alpha Amadou Diallo, ancien ami du président Alpha Condé et aujourd’hui membre du bureau exécutif de l’UFDG, a accordé une interview à Guineematin.com récemment. Après la première partie dans laquelle nous avons parlé essentiellement du débat en cours autour du projet de nouvelle constitution visant à offrir un troisième mandat au président Alpha Condé, nous vous livrons aujourd’hui la deuxième partie de cet entretien.

Dans cette partie, notre invité qui est médecin en service à Paris (France), revient entre autres sur ses anciennes relations avec l’actuel chef de l’Etat guinéen auquel il s’oppose farouchement aujourd’hui.

Décryptage !

Guineematin.com : aujourd’hui, vous êtes très dur à l’égard du président Alpha Condé. Pourtant, c’était un ami à vous. Un ami de longue date.

Dr Alpha Amadou Diallo : oui, Alpha Condé est un ami. On se voyait avec qu’il n’accède à la présidence. C’est un ami, je le conteste pas en tant qu’individu. Mais, vu la façon dont il a traité ce pays, je pratique la ligne Paris-Conakry depuis plus de 30 ans, il faut voir le couvert végétal dès qu’on franchit le cap de Koundara jusqu’à Dubréka, tout est comme un bombardement. Il y a des cratères partout, de la terre rouge, le couvert végétal a presque disparu et même les bordures de l’Atlantique sont rouges de latérites. Des milliers de tonnes de bauxite par jour, on est allé à des millions de tonnes. Mais, où va l’argent ? Monsieur Alpha Condé, je ne vois pas comment il va se prévaloir le titre de présidence à vie.

On a vu ce qui ça a donné dans le passé : Sékou Touré, Lansana Conté jusqu’au 28 septembre avec le CNDD. Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, à chaque fois qu’il y a alternance, c’est un coup d’Etat militaire, on veut que cela s’arrête. Qu’on arrive à faire des élections à l’image du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire sans coup d’Etat. Il faut que les Guinéens viennent aux urnes pour désigner leurs dirigeants. Monsieur Alpha Condé qui prétend s’être battu pour la démocratie en Guinée devait accepter ça. S’il m’entend en tant qu’ami, je lui dirais d’accepter cela. Il aura droit à tous les honneurs de la République, tous les honneurs de la nation. Ce n’est pas un mérite exceptionnel puisqu’il y a eu des démocrates avant lui et il y aura des démocrates après lui.

Guineematin.com : parlez-nous un peu plus des relations qui existaient entre vous et le président Alpha Condé. On apprend que vous vous étiez battu pour sa libération de la prison au temps du général Lansana Conté ?

Dr Alpha Amadou Diallo : monsieur Alpha Condé, je l’ai connu à Paris en 1988 par le biais de son jeune frère, Malick Condé. Lui-même (Malick Condé) m’a été présenté par un médecin biologiste malien du nom de Modibo Traoré qui travaillait dans le même hôpital que moi. A l’époque, monsieur Malick Condé travaillait à la Montparnasse à Paris, donc à côté de nous. On s’est fréquenté comme ça, il m’a présenté Alpha Condé qui, à l’époque, habitait la résidence universitaire d’Antony avec Kory Kondiano, l’actuel président de l’Assemblée nationale. C’est là que j’ai connu ces deux personnes. Et lui Alpha était très sympathique, très patriote, quelqu’un qui avait des idées révolutionnaires, qui pensait du bien de la Guinée et de l’Afrique toute entière.

Il était même plus panafricaniste que nationaliste. Donc, cet Alpha Condé a disparu maintenant depuis qu’il est devenu président, il n’existe plus. De par ça, avec l’avènement du multipartisme, c’est Dr Kandia Barry qui est l’un de ses amis de longue date qui m’avait demandé d’introduire Alpha Condé à ma famille. C’est ainsi que je l’ai présenté à mon père qui habitait chez moi à Kipé.

Guineematin.com : votre père, c’est Elhadj Boubacar Biro Diallo qui a été président de l’Assemblée nationale au temps du président Lansana Conté.

Dr Alpha Amadou Diallo : oui, mon père qui était président de l’Assemblée nationale lors de l’arrestation de monsieur Alpha Condé, s’était opposé à cette décision du pouvoir. Bien qu’il soit membre du parti au pouvoir, il a défendu monsieur Alpha Condé qui était opposant. Mais, je précise qu’il ne l’avait pas fait parce qu’il était de monsieur Alpha Condé, mais parce que ce dernier était député et lui il était président de l’Assemblée nationale. En principe, pour que monsieur Alpha Condé soit mis aux arrêts, sauf en cas de flagrant délit, il fallait que son immunité parlementaire soit levée. Ce qui n’a pas été respecté.

Donc, pour nous, Alpha Condé a été kidnappé, il a été arrêté alors que n’importe quel citoyen a le droit de circuler librement à l’intérieur du territoire guinéen. Donc, s’il a été arrêté sans la levée de son immunité parlementaire, et après on monte un complot sur son dos, franchement, on ne comprenait pas. C’est pourquoi, on a dénoncé son arrestation. Maintenant, pour cette parenthèse, seul Alpha Condé peut dire pourquoi on l’a arrêté à Pinè. La veille de son arrestation, on était lui à sa résidence à Donka. Comment il a pu rouler toute la nuit pour être arrêté à plus de 600 km de Conakry ? Lui seul peut savoir ça.

Guineematin.com : j’imagine qu’à ce moment-là, vous estimiez que monsieur Alpha Condé était innocent parce que vous n’étiez pas député, ni acteur politique, mais vous aviez pris position pour lui. Aujourd’hui, est-ce que c’est le même sentiment que vous avez encore ou bien votre position a évolué au fil du temps ?

Dr Alpha Amadou Diallo : vous savez, le parcours politique de monsieur Alpha Condé est très troublant. Si je me souviens bien, j’ai entendu le nom d’Alpha Condé dans les années 1970. Il avait été condamné à mort par contumace pour participation à l’agression du 22 novembre 1970. Mais, puisqu’on sait aujourd’hui que tous ces complots, c’était du faux, c’est une manière de satisfaire une dictature sanguinaire, on ne peut pas valider cela au risque de banaliser tous nos martyrs, toute l’élite du pays qui a été décimée dans ce pays. Encore plus troublant, les agressions rebelles le long de la dorsale guinéenne, le nom d’Alpha Condé circulait avec un certain Fofana.

Donc, tout ça c’est troublant. Et encore pire, tout récemment au stade du 28 septembre, bon nombre de victimes disaient que franchement on avait des gens qui ne parlaient ni français, ni soussou, ni peulh, ils nous donnaient de coups de couteau et de coups de flèche. Et plus troublant encore, tout le monde a vu des Donzos sillonner les routes de Conakry et c’est les même Donzos qui sont partis faire les tueries au Mali. Tout cela c’est troublant. Donc, monsieur Alpha Condé ne doit pas se définir, s’il prétend être toujours un leader historique, dans cette démarche-là.

Guineematin.com : vous dites que le Alpha Condé que vous connaissiez n’est plus le même aujourd’hui. Est-ce que vous n’êtes pas contre lui tout simplement parce qu’il ne vous a pas fait appel dans ses différents gouvernements ?

Dr Alpha Amadou Diallo : non ! Ce n’est pas ça. Dieu merci, il ne l’a pas fait. S’il l’avait fait, j’allais l’accepter, il faut être honnête. S’il m’avait fait appel, j’aurais essayé de faire le maximum de moi-même pour l’aider à présenter mieux les choses. Mais, ce n’est pas à cause de ça. Actuellement, tout le monde est concerné par cette mauvaise gouvernance. On parlait des routes, s’il n’y a pas de routes, vous êtes concernés et je suis concerné. S’il n’y a pas d’eau, nous sommes tous concernés. Tout le monde est concerné par le sous-développement, le chômage endémique des jeunes qui n’ont pas de débouchés, cette tendance d’Alpha Condé à prendre toute la région de la Haute Guinée en otage. Il fait croire que les seules compétences de la Guinée se trouvent là-bas. C’est faux ! Il y a des compétences à N’zérékoré, à Koundara, à Boffa et dans toute la Guinée.

Ils peuvent aider ce pays, ils peuvent travailler et ils ne demandent que ça. Ils ne demandent que la justice. Or, Alpha Condé a fini de balkaniser ce pays. Et, ce n’est pas parce qu’il ne m’a pas nommé dans son gouvernement ou dans un tel poste. La seule chose que j’avais demandée à Alpha Condé et ça il l’avait acceptée, il faut le dire, c’était l’installation d’un centre de diagnostic en Guinée. A l’époque, il avait accepté parce que j’avais un prêt concessionnel d’un consortium Autrichien, et c’est l’ancien ambassadeur de la Guinée, André Lewin, qui m’avait introduit. Lui (Alpha Condé), il avait accepté et il a donné des instructions dans ce sens. Mais, ses faucons n’ont pas voulu. C’est par après que j’ai vu qu’ils ont voulu s’accaparer du financement pour faire ce qu’ils veulent. Et, c’est ainsi que les ont installé le centre de diagnostic à Dakar. Aujourd’hui, les Guinéens vont à Dakar pour faire leurs diagnostics.

Guineematin.com : vous dites que ce sont ses faucons qui ont empêché l’installation de ce centre en Guinée. Vous parlez de qui exactement ?

Dr Alpha Amadou Diallo : il y avait à l’époque le ministre des Finances, monsieur Kerfalla Yansané. C’est lui qui devrait traiter le dossier, mais il a mis pied dessus.

Guineematin.com : aujourd’hui, est-ce que vous croyez que le combat du FNDC contre un troisième mandat pour aboutir ?

Dr Alpha Amadou Diallo : il faut faire confiance au peuple de Guinée. C’est vrai que tout le monde parle de ce peuple, même monsieur Alpha Condé, mais le peuple de Guinée, c’est vous, c’est moi, c’est le citoyen lambda, et c’est toute la Guinée entière. Ce projet de troisième mandat ne va pas réussir pour la simple raison que monsieur Alpha Condé a montré ses limites, le masque est tombé. Le Alpha Condé que j’ai connu patriote, panafricaniste, lui, il n’existe plus. C’est un autre Alpha Condé, président dictateur qui est à la tête de l’Etat, qui n’hésite pas à faire tirer sur les enfants qui manifestent dans la rue, qui refuse de permettre aux gens d’accéder à la justice. Combien de meurtres et d’assassinats sont là, y compris le crime du 28 septembre qui n’a pas été jugé ?

Guineematin.com : on sait que les manifestations de rue ne sont plus possibles depuis l’installation des PA à Conakry. Quelles marges de manœuvres disposent alors les anti-troisième mandat pour faire plier le pouvoir ?

Dr Alpha Amadou Diallo : Je vais vous dire, aucune armée au monde ne peut affronter le peuple. Pour preuve, vous avez vu l’Algérie, le Soudan, pourtant des pays où l’armée était au pouvoir pendant des décennies. Notre armée, est une armée républicaine, il faut le dire. C’est un militaire, Sékouba Konaté, qui a passé le relai à un civil qui est élu. Il l’a fait facilement sans chercher à tripatouiller la constitution et les accords. Et pourtant, il avait l’armée, il est lui-même général d’armée, il pouvait le faire mais il ne l’a pas fait. C’est dire que notre armée est républicaine malgré que parmi eux, il y a de petits faucons qui peuvent faire l’excès de zèle. Vous parlez des PA mais, ces PA ne peuvent rien devant le peuple de Guinée. Vous avez 100 mille personnes devant un PA, ils ne vont pas résister. Ils ne vont pas tirer. Le 28 septembre, il y a avait des militaires, ils ont tiré mais est-ce que c’est pour autant dire que le régime n’est pas tombé ?

Dadis était parti, Sékouba Konaté, fort de ça, est venu transmettre le pouvoir à un civil, démocratiquement élu. Pourquoi alors monsieur Alpha Condé, connaissant tout ça, va rester et dire que les militaires vont l’aider à rester au pouvoir contre le peuple de Guinée ? Donc, le front national pour la défense de la constitution n’est pas une institution partisane. C’est une institution nationale qui concerne toute la Guinée, les Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur, ça concerne tout le monde parce qu’il s’agit de défendre la constitution qui nous permet de vivre ensemble, de gérer la police, d’avoir de la justice et de gérer tout ce qui est sur l’espace territorial guinéen. Et actuellement, ce qui domine, c’est le départ d’Alpha Condé au pouvoir. Une fois qu’il est parti, les Guinéens vont se retrouver et ils vont désigner leur dirigeant.

Est-ce que le bilan de monsieur Alpha Condé est positif ? Non ! Sur le plan économique, social, judiciaire et sur le plan politique, c’est une catastrophe. A Alpha Condé seul, il incarne une catastrophe nationale, c’est une calamité, une tempête qui passe. Voyez toutes ces mascarades dans la gestion des ordures : on dit qu’on assainit le dernier samedi de chaque mois. La semaine dernière, c’était le ramassage, et la semaine qui a suivi, les ordures ont tué dans le quartier Dabondy 3. Pourquoi ? C’est parce que c’est de la mascarade. Tous les projets d’Alpha Condé, que ça soit les barrages hydroélectriques ou les travaux publics, tout est électoraliste et politique. Alpha Condé, depuis qu’il est pouvoir, il n’a fait que de la politique. Comment débaucher un responsable ou un militant chez Cellou, il n’a fait que ça. Et l’UFDG, en tant que parti politique, lui a donné de quoi s’occuper. Il n’a fait que de la politique et il n’a pas pu gérer la Guinée.

D’un côté, on dit que tout le gouvernement sort pour le ramassage des ordures et de l’autre côté, les mêmes ordures tuent la population. Ils disent qu’ils vont faire les voiries, mais voyez les embouteillages. Alors, le bilan de monsieur Alpha Condé est hautement négatif. Il faut qu’il sache qu’il est l’incarnation de la mauvaise gouvernance et il est l’incarnation du mal en Guinée.

Guineematin.com : si on vous demande aujourd’hui qu’est-ce que vous aimez chez Alpha Condé président de la République, qu’allez-vous dire ?

Dr Alpha Amadou Diallo : il y a deux Alpha Condé. Alpha Condé que j’ai connu sympathique, charismatique que j’appréciais beaucoup et Alpha Condé, président de la République, qui est l’incarnation du mal. Il n’hésite pas à ordonner de tirer à balles réelles sur les jeunes manifestants. J’ai entendu dire par un général de pacotille qu’il faut que l’Etat leur donne des armes pour leurs interventions publiques. Mais, est-ce qu’un officier de son rang peut se prévaloir d’avoir des armes de guerre pour réprimer une manifestation pacifique ? Est-ce que vous avez vu des armes dans les manifestations des gilets jaunes en France ? Non !

C’est des véhicules de maintien d’ordre face à des manifestants violents, mais personne n’est mort par balle. On encadre les manifestants et on envoie à l’hôpital ceux qui sont blessés. Ici, on met des PA parce que des guinéens ont manifesté pour réclamer leur droit. Ce n’est pas que les Guinéens sont contre Alpha Condé en tant que président, s’il avait bien géré le pays, et ça je le lui avais dit lors d’une de nos rencontres je crois il y 5 ou 6 ans, j’ai dit si jamais tu gères bien le pays, je ne pense pas que les gens vont demander des alternances à l’américaine. Mais, si tu vas avec cette idée de balkaniser la Guinée, de diviser les ethnies, de faire la promotion de ceci ou de cela, tu vas sortir par la petite porte.

Guineematin.com : pensez-vous que s’il avait bien travaillé, il allait s’offrir un 3ème mandat ?

Dr Alpha Amadou Diallo : s’il avait bien travaillé, il n’aurait même pas voulu avoir un second mandat parce qu’il aurait préparé une nouvelle génération pour l’alternance démocratique. Ce n’est pas parce qu’Obama a travaillé qu’il va se maintenir au pouvoir, ce n’est pas parce que Hollande a travaillé qu’il n’y aura pas d’alternance en France et ce n’est pas parce que Ouattara a travaillé qu’il ne va pas partir et laisser les nouvelles générations à la tête de l’Etat. Pourquoi Alpha veut se maintenir ? S’il avait travaillé, a été républicain, il a été le Mandela qu’il a voulu, il allait transmettre le pouvoir pacifiquement et de façon automatique puisqu’il y a les lois qu’on respecte. Il y a la législation qu’on respecte et il y a le peuple qu’on respecte.

Mais, si on ne respecte pas tout cela, et c’est ce qu’il est en train de faire, il est obligé de se maintenir contre la volonté du peuple en tuant les gens, en nageant sur le sang des guinéens et en prétendant être patriote avec cela, non ! Ceux qui disent qu’il faut qu’Alpha Condé termine son œuvre, cette œuvre c’est quoi ? C’est le détournement des fonds publics, c’est le FMI qui le dit. Souvenez-vous, à Dakar, on a pris une valise d’argent, on ne sait combien il y avait dedans. A cela on ajoute ce qui se passe ici, toujours on dit que c’est la Guinée, la République bananière. Il faut qu’Alpha Condé arrête sa mascarade électorale et qu’il tire sa révérence et qu’il parte.

Guineematin.com : nous sommes au terme de cet entretien, quel message avez-vous à lancer à l’endroit de tous les Guinéens ?

Dr Alpha Amadou Diallo : d’abord, je souhaite bon ramadan à tous les musulmans. Que Dieu bénisse la Guinée et qu’il nous débarrasse de monsieur Alpha Condé. Ensuite, je dirais aux guinéens de mettre à profit leurs différences culturelles qui sont une valeur. Je suis fier de savoir que N’zérékoré est la capitale de la forêt, je suis fier d’avoir des amis forestiers, des amis malinkés, soussous et de savoir que Conakry est la capitale de la Guinée. Donc, qu’on se réunisse pour qu’il y ait une alternance démocratique en Guinée. Si on fait ça, la justice va parler. Prenez l’exemple au niveau local, si un élu travaille mal, la prochaine élection, il sera sanctionné, il y aura un autre élu à sa place. Donc, si je sais que c’est le peuple qui renouvelle mon contrat, je suis obligé de faire le meilleur de moi-même pour mériter la confiance du peuple.

Si cela n’est pas fait, je suis obligé de m’imposer par la force. Et si cela arrive, je serai obligé de faire violence aux gens. C’est ce cycle infernal qu’il faut rompre en Guinée. Tous les régimes qui se sont succédé en Guinée ont fait violence au peuple pour se maintenir au pouvoir. Sékou Touré l’avait fait, Lansana Conté à ses derniers jours l’a fait et Dadis a voulu le faire, il faut que ça s’arrête une bonne fois pour toutes.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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