Le centre de recherche et d’action sur les droits économiques, sociaux et culturels (CRADESC) basé à Dakar, avec l’appui de la fédération international du travail (FIT) et la fondation pour une société juste (FJS), a organisé ce samedi, 1er mai 2021, un « forum communautaire d’évaluation » du niveau de respect des droits des travailleuses domestiques. Cette rencontre d’échange s’est tenue dans un réceptif hôtelier à Conakry. Et, elle vise à évaluer la situation des travailleurs domestiques afin de produire un plaidoyer en leur faveur, a appris un reporter de Guineematin.com qui a suivi la rencontre.

Le CRADESC est un centre de recherche basé à Dakar et qui évalue la situation des domestiques dans six pays d’Afrique francophone. Il s’agit notamment du Sénégal, de la Guinée, du Mali, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie. Son objectif est de renforcer la connaissance sur la situation des travailleurs domestiques, mais surtout de produire une connaissance qui va servir à renforcer les plaidoyers pour la protection de ces couches vulnérables. Et, le forum de ce samedi à Conakry (et qui coïncide à la célébration de la fête internationale du travail)  s’inscrit dans cette dynamique.

« Comme on le sait tous, les travailleurs domestiques, surtout les travailleuses domestiques, sont dans des situations d’extrêmes vulnérabilité dans nos pays. Il est important donc d’avoir un document de contribution qui couvre la situation de point de vue régional en faisant ressortir non seulement les spécificités, mais aussi les similitudes, en essayant de voir des synergies de campagnes surtout par rapport à la ratification de la convention 189 qui protège les travailleurs domestiques à travers le monde », a indiqué Dr Fatima Diallo, la directrice du CRADESC.

Selon les informations, la Guinée est l’un des premiers pays d’Afrique francophone à avoir ratifié la convention 189 qui protège les travailleurs domestiques. Et, pour la directrice du CRADESC, il est important de connaitre le chemin parcouru depuis cette ratification.

Docteur Fatima Diallo, Directrice du Centre de Recherche et d’Action sur les Droits Economiques Sociaux et Culturels (CRADESC)

« Où est-ce qu’on en est par rapport à la mise en œuvre et le respect de cette convention? Il est important de voir dans quel sens la législation guinéenne, tout comme la législation dans nos autres pays d’intervention, protège effectivement les travailleurs domestiques ; mais surtout comment ces législations sont mises en œuvre, quelle est la situation des organisations et des associations des syndicats qui travaillent dans ce domaine pour protéger les travailleurs domestiques, quelles sont les limites dirimantes qu’on devraient regarder et qu’on essaye de les résoudre. S’il y a possibilité de solutions, quel type de solution ça devrait être ? S’il y a synergie d’action, comment ça devrait se dessiner ? En fait, c’est ce que nous sommes en train de faire à travers la région francophone de l’Afrique de l’ouest. Tout cela pour offrir aux travailleurs domestiques des conditions plus descentes », a expliqué Dr Fatima Diallo.

Prenant la parole à cette rencontre d’échange et de partage d’expérience, la secrétaire générale du syndicat national des employés de maison de Guinée, et présidente du réseau africain des travailleurs domestiques, madame Doukouré Asmaou Bah, a laissé entendre que des avancées ont été enregistrées ces dix dernières années en Guinée dans le respect des droits des travailleurs domestiques. Mais, elle a aussi précisé qu’il reste du chemin à faire pour effectivement valoriser le niveau de vie des travailleurs domestiques. Car, ces travailleurs domestiques (notamment les femmes) sont encore très vulnérables et sont souvent victimes de violences.

Madame Doukouré Asmaou Bah, Secrétaire générale du syndicat national des employés de maison, présidente du réseau africain des travailleurs domestiques

« Depuis 2011, nous sommes en train de travailler pour valoriser ces personnes qui exercent ce métier. J’avoue, il y a un grand changement dans notre pays. C’est une occasion pour nous de féliciter les autorités guinéennes qui nous ont facilité certaines tâches en ratifiant surtout la convention 189. Aujourd’hui, c’est le 1er mai, fête internationale du travail. Nous sommes réunis ici aujourd’hui en tant que représentant du syndicat des travailleurs domestiques en étroite collaboration avec nos partenaires pour trouver une solution qui pourra faire avancer ce métier dans notre pays. Nous allons partager notre expérience avec eux. Nous allons travailler ensemble, partager nos expériences pour que ces travailleurs domestiques retrouvent leur dignité humaine en ayant une vie descente… Nous travaillons avec les forces de sécurité de notre pays, en l’occurrence la brigade spéciale qui est chargée de la protection des personnes vulnérables telle que les enfants et les femmes. Les femmes et filles sont violées et violentées dans les maisons, mais elles n’en parlent pas surtout. Parce que quand une femme est violée dans notre société africaine, si elle parle, elle risque d’être rejetée par la société. Donc, nous travaillons étroitement avec les services de sécurité pour sauver ces personnes vulnérables », a indiqué madame Doukouré Asmaou Bah.

Présent à ce forum, le commandant adjoint de la brigade spéciale de protection des personnes vulnérable, l’adjudant-chef Thierno Hamidou Diallo, a confié que les violences à l’égard des femmes et des enfants sont encore récurrentes en Guinée. Et, le pire dans cette situation est le fait que dans les familles la majorité des gens ignorent les dangers de ces violences.

Adjudant chef Thierno Hamidou Diallo, commandant adjoint de la brigade spéciale des protections des personnes vulnérables

« Ces violences sont devenues de plus en plus récurrentes à l’endroit des femmes et des enfants qui travaillent dans le secteur domestique. Mais, nous sommes avec l’association de madame Doukouré Asmaou Bah. Le plus souvent, quand il y a des situations de ce genre, elle vient vers nous pour ensemble on cherche à régler le problème. Mais, il y a un problème qui se pose. Dans certaines familles, les gens ne sont pas conscients de ce danger. Vu qu’il y a la précarité dans les villages, quand ils envoient les enfants en ville, pour eux,  c’est une façon de les aider. Or, ces enfants ont besoin d’éducation pour assurer leur avenir. Chaque fois nous recevons ces cas des enfants assimilé à la traite, on les réfère à madame Asmaou Bah en attendant de voir si on peut mettre main sur les auteurs », a dit l’adjudant-chef Thierno Hamidou Diallo.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel :620589527/664413227

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