Qu’un coup d’Etat militaire soit perpétré en Afrique, ce n’est pas une nouveauté. Surtout au Mali. Mais qu’un gouvernement de transition, formé après un autre coup d’Etat soit renversé, cela constitue une innovation malienne. D’où l’intransigeance de la communauté internationale. Notamment la CEDEAO qui s’était montrée plutôt conciliante voire complaisante lors du premier coup d’Etat de l’année dernière.

Cette fois l’organisation ouest africaine a décidé de suspendre le Mali jusqu’au rétablissement de la légalité. Une décision prise sans doute en concertation avec le reste de la communauté internationale. Plus particulièrement la France dont le Mali doit la survie en tant qu’Etat indépendant et souverain.

En effet, sans l’intervention de la France on aurait assisté depuis plusieurs années à la « somalisatoin » du Mali. Ou tout au moins à une situation similaire à celle qui prévaut en Libye voisine dont la désintégration est à l’origine de la crise malienne. C’est pourquoi, les militaires maliens, outrés par le deux poids deux mesure entre leur premier coup d’Etat et celui que le Tchad a enregistré récemment, ont décidé de revenir aux affaires. Pour les Maliens tout comme beaucoup d’Africains, la France a donné un quitus aux militaires tchadiens tandis qu’elle a été intraitable avec ceux du Mali.

Pourquoi alors deux poids deux mesures entre le Tchad et le Mali ? En donnant son feu-vert pour la succession de père en fils et surtout la prise du pouvoir par un militaire au détriment de ce que prévoit la constitution tchadienne, la France a cautionné un coup d’Etat militaire. Mais elle ne veut pas le faire au Mali. Ce qui irrite les officiers putschistes. La violation de la constitution tchadienne avec l’aval de l’Elysée, au nom d’une prétendue stabilité du Tchad, a profondément indigné les Africains. Et en premier lieu les auteurs du coup d’Etat au Mali.

Mais ce que les mêmes militaires feignent ignorer, ce que leur armée est différente de celle du Tchad. Les soldats tchadiens peuvent défendre la partie. Ce qui n’est pas le cas de l’armée malienne. Sans la présence française au Mali, les anarchistes, qu’on appelle à tort des djihadistes, seraient aujourd’hui à Bamako. Or, Emmanuel Macron, qui essaie de recoller les morceaux déchirés par François Mitterrand au Rwanda, n’est pas prêt à accompagner les militaires maliens dans leur aventure. La France l’a dit clairement qu’elle ne cautionnera pas le coup d’Etat au Mali.

Cela veut dire que, comme Jeo Biden s’apprête à quitter l’Afghanistan, Emmanuel Macro pourrait lui emboiter le pas en quittant le Mali. Dans l’un ou l’autre pays, ce départ pourrait être une aubaine pour les groupes armés pour conquérir ou reconquérir le pouvoir à Kaboul et Bamako.

Le moins que l’on puisse dire est la bande à Assemi Goita n’a rendu service à personne. Ni à la France, ni à la sous-région encore moins au Mali. Car aussitôt le dernier soldat français quittera Bamako aussitôt le premier terroriste entrera dans la capitale malienne. Car l’armée de malienne est capable de tout sauf de défendre l’intégrité du territoire national.

Habib Yembering Diallo pour guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47.

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