Abdoul Rahimy Diallo, tué par balle le 04 novembre 2019 aux funérailles des onze jeunes à Bambéto

Comme annoncé par une précédente dépêche de Guineematin.com, le jeune tailleur Abdoul Rahim Diallo, a été tué en marge de l’attaque de la procession funèbre du FNDC hier lundi, 04 novembre 2019, à Bambéto, dans la commune de Ratoma. Le plus choquant est que la famille de la victime a été agressée par les agents des forces de l’ordre à leur domicile à Koloma 1, où ils ont vandalisé de meubles et aspergé du gaz lacrymogène sur la foule avant de se retirer.

La tristesse était mêlée à la colère ce mardi, 05 novembre 2019, à Koloma 1, dans la famille du tailleur Abdoul Rahim Diallo, tué par balle hier suite à l’attaque du cortège funèbre du FNDC. Quelques temps après avoir été à l’hôpital Ignace Deen où le jeune homme a rendu l’âme, son tuteur Mamadou Oury Diallo est revenu au domicile familial où de nombreux sages étaient réunis pour compatir à leur douleur.

Mais, une horde d’agents incontrôlés s’est ruée sur l’assistance pour semer la panique dans une famille en deuil. Des images qui rappellent ce qui s’est passé à Wanindara à la mi-octobre où une famille de victimes a été aspergée de gaz lacrymogène et blessé par balles le père d’un enfant tué. « Quand ils ont envoyé mon enfant à la morgue, nous la famille ainsi que d’autres parents, nous sommes revenus à la maison pour les condoléances d’usage. Mais, ce que j’ai vu se passer ici hier m’impressionne. Parce qu’on n’est pas dans un pays agressé par un autre. Quand je suis revenu hier soir, tous les sages de la mosquée étaient réunis chez moi ici, puisqu’ils ont appris qu’on a tué mon enfant. C’est ainsi qu’au moment où on faisait les salutations d’usage, les agents sont encore venus jeter du gaz lacrymogène sur nous pour nous chasser d’ici. Ils nous ont contraint de quitter et d’entrer tous à la maison. Tout le monde est entré se serrer à la maison. Certains sages sont tombés sur place, évanouis. Après, ils ont cassé toutes les chaises. Au moment où ils quittaient les lieux, on ne pouvait même plus recevoir quelqu’un ici : les chaises sont cassées, le gaz était partout. Personne ne savait plus quoi faire et chacun s’occupait de soi-même », a raconté le malheureux.

Mamadou Oury Diallo, tuteur de Feu Abdoul Rahimy Diallo

Devant ce comportement d’un autre âge, Mamadou Oury Diallo lance un appel aux forces de l’ordre qui doivent être au service des citoyens et non d’un système. « Ce que je vais dire au pouvoir, qu’il sache que le temps va passer. Les forces de défense et de sécurité n’existent que pour sécuriser les citoyens que nous sommes. Mais, on n’est pas agressé par un autre pays, nous ne nous battons pas ici, comment peut-on agir comme ça en tuant les citoyens ? Les agents des forces de défense et de sécurité doivent savoir que ce pouvoir va passer et un autre viendra avec lequel ils vont aussi travailler. Qu’ils le sachent et qu’ils fassent leur travail de façon honnête, entre eux et Dieu. Si les armes qu’on leur a données, c’est pour tuer les citoyens dont ils ont la charge de protéger, alors qu’ils sachent aussi qu’ils seront jugés par Dieu tôt ou tard. Ils doivent savoir que ce qu’ils sont entrain de faire n’est pas bon. Tuer des gens pour des fins politiques, qu’ils s’en abstiennent. C’est avec le contribuable guinéen que leurs armes et tenues sont achetées », a laissé entendre monsieur Diallo.

Pour rappel, Abdoul Rahim Diallo était de fils de Mamadou Korka et de Mariama Diallo. Agé de 18 ans, il était originaire du village de Horé Woulloun, dans la préfecture de Dalein, à une dizaine de kilomètres de la commune urbaine de Labé.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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