Le risque est très élevé à Gouéké, sous-préfecture de N’Zérékoré où l’épidémie d’Ebola est réapparue la semaine dernière. Sur place, aucune mesure barrière permettant d’éviter la propagation du virus n’est respectée. La vie continue comme si de rien n’était, ce qui devrait compliquer sérieusement la riposte annoncée par les autorités, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com dans la localité.

Ce samedi, 20 février 2021, c’est jour de marché hebdomadaire à Gouéké. Il y a quelques jours, les autorités ont décidé de fermer ce marché pour limiter le risque de propagation de l’épidémie hémorragique à virus Ebola. Mais, cette décision est restée lettre morte, puisque l’endroit est bondé ce matin. Selon nos informations, les autorités ont tenté de faire respecter cette décision, mais en vain. A N’Zérékoré, le préfet Sâa Yola Tolno a demandé aux transporteurs, à travers leurs syndicats, de suspendre leurs voyages sur Gouéké jusqu’à ce que la situation sous contrôle.

Mais, ce message n’est pas tombé dans de bonnes oreilles. Certains chauffeurs ont quitté N’Zérékoré hier nuit et d’autres à l’aube de ce samedi pour transporter des passagers à Gouéké. D’autres marchands auraient aussi emprunté des taxis motos pour aller assister au marché hebdomadaire de cette sous-préfecture. De son côté, le sous-préfet de Gouéké aussi n’a pas réussi à empêcher l’ouverture du marché, où se rencontrent de nombreuses personnes en provenance de plusieurs localités.

« Ce matin, le sous-préfet est venu au marché pour dire aux gens de ne pas faire sortir leurs marchandises. Cela a irrité ceux qui étaient là, certains ont voulu s’en prendre physiquement à lui. Finalement, le sous-préfet est retourné à son bureau. Les gens ont ouvert leurs places, d’autres ont fait sortir leurs marchandises, et nous voyons des véhicules qui sont venus de N’Zérékoré et de plusieurs autres localités qui ont envoyé des passagers et des marchandises. Donc le marché fonctionne normalement », explique un citoyen de Gouéké.

En plus de l’ouverture du marché hebdomadaire de Gouéké, il faut noter qu’aucune mesure barrière n’est respectée dans cette commune rurale. Certains citoyens interrogés par notre envoyé spécial sur place soutiennent d’ailleurs qu’il n’y a pas Ebola dans la localité et que le gouvernement cherche tout simplement à s’enrichir sur leur dos. Avec une telle situation, le risque de propagation de la maladie reste très grand.

De Gouéké, Foromo Gbouo Lamah, envoyé spécial de Guineematin.com

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