Mamadi Kaba, consultant en Digitalisation/TELECOM

Par Mamadi Kaba, consultant en DIGITALISATION/NTIC/TELECOM : La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunication (ARPT), les deux institutions publiques en charge de la supervision et la régulation des activités liées aux Etablissements de Monnaie Electronique (EME) doivent assumer leurs responsabilités face à cette situation qui affecte les consommateurs Guinéens et fait perdre le gagne-pain de ces jeunes agents des PDV-OrangeMoney sans emplois fixes pour la plupart.

L’absence de supervision et régulation efficace des établissements de monnaie électronique EME est le fruit de l’impasse actuelle.

La cause principale de la grève des agents des points de vente Orange Money étant la diminution des commissions qui font office de source de revenu, il est important de savoir que le métier d’agent de points de vente ou agent intermédiaire est un boulot non rémunéré et autorisé via instruction de la BCRG sur les Etablissements de monnaie électronique.

Déjà, 72 heures de négociation sans issue, on se demande que font la BCRG et l’ARPT qui ont la responsabilité de superviser et de réguler ce secteur à la fois financier et numérique. A noter qu’il existe une loi relative aux transactions électroniques mais malheureusement insuffisante.

A mon avis, l’existence d’une réglementation et d’une supervision plus dynamique et adaptée à l’environnement actuel aurait permis d’éviter que les sociétés soient maitresses du secteur en fixant exclusivement les commissions que doivent percevoir ces agents laisser pour compte par la loi en vigueur et par les pouvoirs publics garants du secteur. Les lois et les décisions liées aux services de monnaie électronique se limitent à la définition et attribution des agents intermédiaires (agents PDV) sans prendre en compte le droit lié à l’exercice de leurs activités. Je rappelle une fois de plus la mise en place d’une autorité de régulation des marchés et activités découlant des services de monnaie électronique, particulièrement ceux liés aux Mobiles Money et Mobiles Banking.

La grève actuelle affecte bien évidemment le business de plus d’un ! Me concernant, je comprends la frustration de ces agents (hommes et femmes) qui peinent à s’en sortir économiquement. En faisant une analyse des commissions actuelles chez l’opérateur contre qui la grève a été déclenchée, on se rend compte qu’il est très difficile pour un PDV-orange Money d’encaisser 20 000 GNF par jour comme bénéfice. Sans oublier le risque de perdre ce bénéfice une fois que l’agent se trompe de destinataire lors d’un transfert d’argent ou autres.

Comme on le sait, les agents des points de vente Orange Money revendiquent : la remise à la normale des commissions sur les opérations de retrait, l’identification du client lors d’un transfert/Dépôt et la comptabilisation des commissions journalières permettant à l’agent de faire la différence entre son fonds et son bénéfice de façon systématique.

A mon avis, il est techniquement possible de satisfaire les deux derniers points plus vite pour apaiser les ardeurs. Et, concernant l’identification, il est bien plus facile car l’ouverture d’un compte mobile money se fait avec une pièce d’identité enregistrée comme ID du client dans la base de données de la société. Et pour la séparation des commissions du fonds de base, l’utilisation d’un code USSD spécifique aux commissions à chaque transaction rend exécutable cette requête car la société est déjà exploitante dudit code. Pour la première réclamation, il est nécessaire que les pouvoirs publics prennent en main la situation comme je le disais tantôt.

Il faut savoir que cette impasse entre Orange Guinée et ses points de vente est une alerte avertissant les autorités sur la nécessité de superviser et de contrôler cette nouvelle aubaine économique tant pour le produit intérieur brute que pour les caisses de l’Etat.

Mamadi Kaba, consultant en DIGITALISATION/NTIC/TELECOM

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