Echanges entre l’Union des consommateurs de Guinée et les responsables d’Orange money

La société de téléphonie mobile Orange Guinée a réagi suite à la grève de trois jours lancée ce lundi, 8 février 2021, par le mouvement des points de vente Orange money. Au cours d’une rencontre avec l’Union des consommateurs de Guinée, tenue ce lundi à Conakry, le directeur général du service de transfert d’argent Orange money s’est prononcé sur ce mouvement de protestation. Même s’il dit n’avoir pas saisi par les grévistes, il a répondu tout de même à leurs revendications publiées dans les médias, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Déclenchée ce lundi 8 février, la grève du mouvement des points de vente Orange money est prévue pour 72 heures (jusqu’au 10 février prochain). Pendant ces trois jours, ce mouvement qui regroupe les gérants des kiosques de transfert d’argent Orange money, appelle l’ensemble de ses membres à suspendre toutes les transactions (dépôt et retrait) liées à Orange money. Une façon pour eux de mettre la pression sur la société de téléphonie mobile Orange Guinée pour qu’elle accède à leur plateforme revendicative publiée récemment dans les médias.

Ousmane Keïta, président de l’Union des consommateurs de Guinée

Et, pour éviter que ce débrayage n’affecte les citoyens, l’Union des consommateurs de Guinée est allée à la rencontre des responsables du service Orange money pour échanger sur la question. « Nous avons été saisis par voie de presse d’une grève des points de vente Orange money. Inquiets de l’impact que cela aura sur nos consommateurs, nous avons adressé un courrier au directeur d’Orange money, qui a bien voulu nous recevoir pour effectivement donner quelques explications sur le chapelet de revendications des grévistes.

Nous, nous pensons pour le moment, qu’il serait sage de s’asseoir autour d’une table et ensemble trouver une solution. C’est pour cela nous avons entrepris de venir ici pour pouvoir échanger sur tous les aspects. La démarche que nous mettons, c’est de rencontrer tous les belligérants pour joindre toutes les idées et dégager une solution afin que les consommateurs ne soient pas affectés », a déclaré Ousmane Keïta, président de l’Union des consommateurs de Guinée.

Au cours de cette rencontre, le directeur général d’Orange money a expliqué tout d’abord qu’il n’a pas été saisi de cette grève du mouvement des points de vente. Selon Sékou Amadou Bah, c’est à travers la presse qu’il a été informé de cette démarche. « Comme vous, on a appris par voie de presse qu’il y a un mouvement dénommé mouvement des points de vente de Guinée Orange money, qui aurait des reproches vis-à-vis d’Orange money et qui envisagerait de perturber nos réseaux de distribution.

Sékou Amadou Bah, Directeur Général d’Orange Finance Mobile Guinée

Moi, je ne peux pas répondre à une déclaration faite par voie de presse. Si la déclaration avait été déposée chez mon assistant, j’aurais répondu. Mais on ne m’a jamais adressé un courrier », a-t-il indiqué, précisant que cette grève n’a aucunement affecté le service Orange money. « On a eu plusieurs réunions d’informations aujourd’hui (lundi). Tous les distributeurs sont opérationnels, et on n’a pas un point de vente inactif », a assuré M. Bah.

Par ailleurs, le directeur général d’Orange money s’est prononcé sur la plateforme revendicative que les grévistes ont publiée dans la presse. Il a commencé par le premier grief relatif à la baisse des commissions des points de vente. « On a lancé Orange money en 2012. Et, de cette période à aujourd’hui, le volume de transaction a été multiplié par mille. Donc, le taux de commissionnement qu’on avait en 2012 autour de 70%, naturellement ne peut pas être le même qu’aujourd’hui.

Si je vous donne 70% de 1 million et je vous offre 25% de 1 milliard, alors pour parler de taux de commissionnement, il faut parler de la valeur absolue qui est derrière. Donc, en 2018, on a appelé nos partenaires, on leur a expliqué qu’on a investi, le business à évolué, il faut nous permettre d’optimiser le taux de commissionnement, ils l’ont accepté. Et, pour ne pas impacter les points de vente des agents sur le terrain, on a même modifié la clé de répartition entre eux et les distributeurs.

Les distributeurs prennent 30% et eux ils prennent 70%. La seule différence entre 2018 et 2020, c’est qu’il y a une loi de finances qui nous a demandé de précompter 5% sur toutes les commissions que l’on paie aux partenaires qui n’ont pas de clé TVA. On nous reproche aujourd’hui d’avoir fait deux ou trois baisses, alors qu’il n’y en a eu qu’une. La baisse liée au précompte n’est pas due au fait d’Orange, c’est la loi qui nous l’impose », a-t-il dit.

Parlant du point concernant l’insécurité des gérants des kiosques Orange money, Sékou Amadou Bah a indiqué que cette question ne relève des compétences de sa société, mais plutôt du rôle régalien de l’Etat guinéen. Et en ce qui concerne la prise en charge des erreurs de transfert, qui est une autre revendication des grévistes, il rappelle que l’erreur incombe à celui qui l’a faite. « On traite quand c’est possible. Mais, pour traiter une erreur de transfert, il faut s’assurer qu’elle est fondée. On nous parle aussi des arnaques. Oui, il y a des arnaques, c’est pourquoi nous menons quelques sensibilisations au niveau de la télévision et à travers des SMS.

On a même fait des séminaires pour en parler. Alors, si une personne est arnaquée, c’est d’abord toi qui n’as pas fait attention. Et vous êtes victime d’une telle situation, portez plainte. Si les autorités judiciaires viennent nous demander des informations, on va les fournir. On fait de la pédagogie, on sensibilise, mais on a notre limite en termes de responsabilité. On nous dit également de séparer le compte client et les commissions qu’on leur paie. Je vous dis, c’est un projet qu’on a entamé avant même qu’on nous dise cela. Ce qui veut dire que dans une semaine, on va le mettre en œuvre », a laissé entendre M. Bah.

Ismaël Diallo pour Guinéematin.com

Tel. +224 624693333

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