Comme annoncé, les travaux du cadre de dialogue politique et social ont débuté ce mercredi, 16 juin 2021, à Conakry. Cette première journée a été consacrée à la problématique du transport routier, avec la participation de l’ensemble des acteurs concernés par la question. Tous les problèmes qui gangrènent ce secteur ont été débattus et des engagements ont été pris en faveur de leur résolution, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Ces discussions ont réuni autour de la table, les syndicats des transporteurs, la police, la gendarmerie, le ministère de la sécurité et celui des travaux publics. Selon le secrétaire permanent de ce cadre de dialogue politique et social, Elhadj Fodé Bangoura, l’objectif était de donner la parole aux acteurs sur le terrain, en vue de faire un diagnostic réel et prendre les dispositions nécessaires pour résoudre les problèmes qui gangrènent le transport routier.

Fodé Bangoura, secrétaire permanent du cadre de dialogue social et politique

« Tous ceux qui interviennent dans le réseau du transport terrestre étaient présents en face de faitière de transport. Les problèmes ont été posés dont certains ont pu être résolus, selon les concernés, et d’autres méritent des réflexions. Parce qu’au finish, ce qui doit être réglementé, doit être réglementé par des textes. Si c’est des lois, on prendra des lois ; si c’est d’autres réglementations, on le fera pour l’intérêt de tous les Guinéens. Car nous sommes tous intéressés par le transport.

Nous nous sommes réunis pour cela. Nous n’avons pas voulu d’intérimaires, nous avons voulu que les acteurs eux-mêmes viennent expliquer leurs problèmes et que ceux qui doivent résoudre ces problèmes soient aussi là », a-t-il indiqué, ajoutant que ce dialogue sera inclusif et thématique. « Chaque fois qu’il y aura un secteur, on prendra les acteurs concernés par ce secteur et les intervenants qui doivent règlementer ce secteur. Ensemble, on trouvera la solution », a laissé entendre Elhadj Fodé Bangoura.

Ces travaux ont permis aux transporteurs d’exprimer leurs préoccupations et de solliciter l’intervention de l’Etat guinéen pour y faire face. Ce qui réjouit Elhadj Ousmane Horoya Sylla, secrétaire général de la fédération nationale des transporteurs routiers de Guinée.

Elhadj Ousmane Horoya Sylla, secrétaire général de la fédération nationale des transporteurs routiers de Guinée

« Ce qu’on voulait, on ne l’a pas obtenu aujourd’hui, mais on a l’espoir de l’obtenir. Parce que tous les acteurs du transport sont des Guinéens. S’il y a un avantage aujourd’hui dans le secteur du transport, il faut que nous bénéficiions de cet avantage. Nous avons sollicité des autorités entre autres, la réglementation des transports en République de Guinée. Parce qu’ici, n’importe qui peut se lever pour faire le transport. Donc, le transport doit être laissé aux transporteurs. Nous avons sollicité aussi l’appui du gouvernement au secteur du transport, notamment pour obtenir le crédit automobile. Nous croyons que cela est tombé dans de bonnes oreilles. (…) Pour ce qui est de la routière, la police et la gendarmerie, nous sommes des frères. Il y a des défaillances de part et d’autre des fois, mais on accepte de céder. Mais si on dit aux conducteurs de respecter la loi, la police et la gendarmerie aussi doivent savoir qu’avant tout, nous sommes Guinéens. Il faut d’abord aller à la sensibilisation avant d’aller à la répression. Nous, à notre niveau, on est prêt à être corrigé pour se développer », a dit le syndicaliste.

De leur côté, les services de sécurité, chargés de réguler la circulation routière, ont pris l’engagement de faire face aux problèmes relevant de leur compétences. La gendarmerie promet notamment de traquer les coupeurs de routes qui terrorisent les transporteurs et leurs passagers.

Général Ibrahima Baldé, Haut commandant de la gendarmerie nationale

« La gendarmerie ne s’occupe que de la rase campagne. C’est-à-dire que chaque 5 km après ou avant une ville, la gendarmerie est présente. Cela veut dire que la gendarmerie nationale occupe 75% du territoire national en matière de transport routier. Alors, en compensation de ces barrages, il doit y avoir des équipes mobiles qui vont naturellement prévenir les accidents sur la route sans compter toute la stratégie opérationnelle qu’on ne dévoile pas ici sur les coupeurs de routes. Aujourd’hui, les stratégies ont changé, vous verrez dans les 48 heures, ceux-là que nous allons mettre devant vous pour identifier clairement les bandes qui obstruent la route entre Kindia-Mamou-Labé-Kouroussa et Faranah. Donc il y a tout un ensemble d’opérations sous la coupe naturellement des actions que nous menons en matière de contrôle routier.  On a souvent parlé aussi de tracasseries. Là aussi, avec vous, nous allons travailler, parce qu’il est formellement interdit de réclamer de l’argent aux usagers de la route, en dehors des amandes qui sont souvent demandées aux contrevenants du Code de la route à savoir, ceux qui sont dans les excès de vitesse, ceux qui sont dans l’alcool, la drogue, donc les états pervers qui amènent les gens à des accidents farfelus », a indiqué le général Ibrahima Baldé, Haut-commandant de la gendarmerie nationale.

Général Ansoumane Bafoé Camara, directeur général de la police

Pour sa part, l’inspecteur de police Ansoumane Camara « Baffoé », directeur général de la police nationale, annonce des actions à mener pour mettre fin aux arnaques dont les policiers sont souvent accusés. « Nous avons quatre barrages dans le cadre sanitaire (Yoropoguiya, Coyah, Kountia et de Keïtaya). A ces niveaux-là, en plus du contrôle sanitaire, les transporteurs se plaignent par endroits. Nous avons demandé aux syndicalistes de désigner deux personnes qui vont rester à côté des policiers pour qu’on travaille ensemble pour éviter les arnaques.

Parce qu’il y a des transporteurs qui vont se faire établir des faux certificats de négativité pour sortir, on a pris des cas qui sont sortis à la télévision. Mais pour une question de transparence, nous souhaitons désormais qu’ils viennent à nos côtés, on va travailler ensemble. En ce qui concerne aussi les arnaques à travers les carrefours de Conakry, tout le monde dit que c’est les policiers qui créent les embouteillages. Nous avons aussi demandé aux syndicalistes à travers notre hiérarchie, qu’on se donne la main pour qu’il y ait la fluidité de la circulation dans la ville de Conakry et que les arnaques par endroits cessent.

J’ai dit maintes fois que tout policier qui n’a pas de badge numéroté, ne lui donnez pas vos papiers. Tout élément de la CMIS qui demande un document à un usager de la route, ne lui donnez pas vos papiers. Mais jusqu’à présent, les gens continuent à se plaindre. Donc nous souhaitons désormais que les syndicalistes travaillent avec les policiers, et c’est ce qui va être fait les jours à venir », a déclaré le premier responsable de la police nationale.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin