Kaba Mamadi, Consultant, spécialiste en Digitalisation/NTIC/TELECOM

Par Kaba Mamadi, Consultant, spécialiste en Digitalisation/NTIC/TELECOM : Les investissements publics perdus, la précarité des emplois, l’absence de supervision totale du flux économique du secteur, ainsi que l’insuffisance de la réglementation sont en bref l’héritage légué au nouveau leader des postes et télécommunications.

L’amélioration des recettes actuelles est à mon avis le premier défi que doit relever la future équipe du Ministère de l’économie Numérique et l’autorité de régulation des postes et télécommunications. Il est vrai que la mobilisation des recettes issues du secteur n’est pas que de la responsabilité du Ministère de l’économie numérique et ses tutelles. La responsabilité de la douane (Contrôle des certificats d’homologation des équipements de Télécommunication entrants sur le territoire guinéen) et celle de la direction nationale des impôts (TVA sur les services) sont aussi primordiales dans les différentes assiettes de recette du secteur.

Pour améliorer le niveau actuel des recettes, je propose la mise en place d’une synergie entre les quatre institutions précitées. Une réadaptation de la règlementation actuelle est nécessaire dans ce sens afin de permettre le recouvrement du manque à gagner actuel.

Parallèlement, un bilan de ces douze (12) dernières années est nécessaire afin de situer les problèmes qui assaillent le secteur. Cela ne sera possible que par un audit technique de l’ensemble des investissements, initiatives et agences sous tutelles du Ministère des postes et Télécommunications.

Le deuxième défi est la réorganisation technique et la redéfinition des attributions et objectifs des agences sous tutelles dudit Ministère particulièrement celle en charge de la gouvernance électronique et informatique de l’Etat (ANGIE). Aujourd’hui, la dématérialisation et l’informatisation de l’administration publique ne sont pas que de simples besoins, elles sont une nécessité. Les infrastructures sous la responsabilité de l’ANGIE pouvant pallier en partie à cette problématique peine à être exploitées, une raison de plus pour la mise en place d’une nouvelle approche.

Le troisième défi est la relance de la société historique Guinée Télécom (Ex Sotelgui) ; il est vrai que l’Etat déplorable   actuel des investissements dans ladite société rend plus complexe sa mise en marche. Comme je le rappelais dans un article précèdent, une ouverture des actions aux concessionnaires ainsi que le démarrage entant que FAI, pourront être des solutions de démarrage des activités de ladite société qui est tant attendue par la population guinéenne.

Le Quatrième défi est l’ouverture du secteur aux investissements privées, il est vrai que les investissements publics à elles seules ne pourront pas pallier aux problèmes en infrastructures et systèmes numériques dont a besoin l’Etat et la population guinéenne. Pour ce faire, une chasse aux investisseurs privés dans le secteur doit être enclenchée au sommet de la pyramide. Une première opportunité à saisir est le prochain forum des investisseurs initié par l’APIP et ses partenaires.

Le cinquième et dernier défi à mon avis est celui lié aux législations actuelles !  Si en 2015 la loi L/018 de 2005 était inadapté à l’environnement des télécommunications de l’époque, je dirais que de nos jours, l’apparition de nouvelles innovations telles que les services Mobiles Money rendent imparfaite ladite loi amendée en 2015. A mon avis, les Lois L/018 et L/037 doivent prioritairement être amendées pour plus de cohérence avec le nouvel environnement actuel.

Pour enfin réussir le pari d’un secteur assaini et utile, la future équipe doit être composée d’hommes et femmes du domaine et avertis des obstacles et problèmes qui freinent le développement inclusif du secteur de l’Economie numérique dans notre Pays.

Par Kaba Mamadi, Consultant, spécialiste en Digitalisation/NTIC/TELECOM

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