Souleymane Thiâ’nguel Bah

Depuis quelques jours, certains militants du principal parti de l’opposition envoient des flèches à des responsables dudit parti. Lesquels sont soupçonnés de connivence avec l’adversaire. C’est dans ce contexte de suspicion qu’un responsable du  parti et non des moindres revient de son exil. Ce qui conforte ceux qui pensent que le pouvoir est en train de négocier avec certains responsables et militants du parti pour, sinon anéantir tout au moins affaiblir ce parti qui reste toujours une épine dans le pied du régime.

Comme par coïncidence, le retour de l’ancien responsable de communication de l’UFDG de ses longues années d’exil en France intervient au moment où trois cadres du parti, détenus à la maison centrale de Conakry, ont lancé un appel au dialogue. Cela veut dire que, d’une manière ou d’une autre, cet appel n’est pas tombé dans des oreilles sourdes. Le retour de Souleymane Bah, connu sous le nom de Soulay Thiâ’nguel, ne peut être que le fruit d’une négociation entre l’intéressé et les autorités guinéennes, estime-t-on.

Ces négociations incluraient-elles le départ de cet intellectuel de son parti et par ricochet son adhésion au parti au pouvoir ? Les jours et semaines à avenir nous édifieront. Il faut noter toutefois qu’au plan juridique, la Guinée avait déjà déclaré que le Soulay Thiâ’nguel qui a fait l’objet de condamnation n’est pas le responsable de la communication de l’UFDG. Mais l’histoire ressemble fort à celle de l’hyène que la légende nous raconte : « alors que tout le monde était réuni quelque part, quelqu’un a crié attrapez-le. L’hyène a immédiatement détalé de toutes ses forces. Interrogé quelques jours plus tard pourquoi elle a fui, elle a demandé si, après sa fuite, on a attrapé un autre à sa place. La réponde fut négative. L’hygiène a conclu alors qu’elle avait eu toutes les bonnes raisons de détaler.

Soulay Thiâ’nguel sait qu’il ne doit son salut qu’à son départ du pays à l’époque. Aujourd’hui la donne a changé. Le troisième mandat a été obtenu. Les pressions externes s’intensifient. Le régime a besoin de montrer sa volonté de décrisper la situation. C’est ce contexte qui a favorisé le retour en exil de Souleymane Bah.

Pour revenir aux soupçons et à la suspicion qui règnent au sein du principal parti de l’opposition, ce retour négocié n’est pas de nature à apaiser l’esprit de ceux qui sont tombés dans un état paranoïaque dans ce parti. Mais il existe un précédent qui pourrait les rassurer. En l’occurrence le cas Bah Oury. Pour beaucoup d’observateurs, après la grâce accordée à M. Bah et son retour d’exil, l’ancien ministre devait être nommé par Alpha Condé. Cela ne s’est jamais produit. Tout en prenant ses distances vis-à-vis de son ancien parti, il a gardé une certaine indépendance critique dans la gestion des affaires publique du pays.

Comme le premier Bah, on peut penser que le second n’a pas marchandé son retour. Surtout pas pour confirmer tous les soupçons qui hantent actuellement les esprits dans son parti. Dans tous les cas, et quelle que soit la décision que le revenant va prendre, ce dernier a déjà subi un préjudice irréparable. Il pourrait certes pardonner, mais jamais oublier la douleur qui fut la sienne de perdre son père quand il était contraint à tort à vivre loin des siens.

Avant même le mea culpa des autorités guinéennes, l’accusation portée contre Souleymane Bah avait laissé nombre de Guinéens incrédules. Cet intellectuel étant tout sauf un criminel.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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