Au lendemain de leur prestation de serment, les nouveaux membres de la Haute Autorité de la Communication (HAC) ont été installés dans leurs fonctions ce mardi, 1er septembre 2020. C’est le ministre conseiller du président de la République chargé des relations avec les institutions de la République qui a présidé la passation de service entre la présidente sortante, Martine Condé, et son successeur, Boubacar Yacine Diallo. La cérémonie a connu la présence de quelques membres du gouvernement et de représentants des organisations des médias, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

A cette occasion, Martine Condé a remercié le président Alpha Condé pour la confiance qu’il a placée en l’envoyant comme sa représentante dans cette institution républicaine. Elle a salué également la bonne collaboration des commissaires sortants et du personnel de la Haute Autorité de la Communication. Ce qui a permis à l’équipe qu’elle dirigeait pendant les cinq dernières années d’avoir un bilan, à ses yeux, positif.

« Durant ce quinquennat, nous avons pu atteindre quelques objectifs, dont entre autres, une visite de travail dans les quartiers généraux des partis politiques pour leur accessibilité aux médias publics et privés dans l’intérêt d’organiser des élections apaisées ; l’édition de cartes de presse sécurisées pour les journalistes ; une mission mixte dans les sièges des radios et télévisions privées sur l’ensemble du territoire national… ».

Mais le plus grand succès de la HAC, ajoute-t-elle, est la mise en place d’un système de monitoring des radios et télévisions, grâce à un système dénommé SIXMAPY, mis en place par le commissaire Mamady Keïta. « Grâce à ce système, nous avons révolutionné la régulation de l’audiovisuel en république de Guinée. Ce système, reconnu comme léger, innovant et unique en Afrique, permet d’enregistrer les sons en heure et en date de toutes les émissions », s’est félicitée Martine Condé.

La présidente sortante a regretté par ailleurs, de nombreux dérapages enregistrés au niveau des médias, avant de suggérer au président entrant d’utiliser la pédagogie pour faire face à cette situation, tout en appelant à la prise de conscience des journalistes.

De son côté, le président entrant, Boubacar Yacine Diallo, a adressé exprimé sa reconnaissance au président de la République, qui l’a nommé à ce poste, et ses sincères remerciements à l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTELGUI), qui l’a désigné comme son représentant à la HAC. Il a promis d’assainir la presse mais également de travailler à l’amélioration des relations de confiance entre les citoyens et les usagers de la communication.

Boubacar Yacine Diallo, nouveau président de la HAC

« Ayons le courage de le dénoncer ici et maintenant. Une meute d’individus se présentant comme des journalistes et qui n’y vient que pour chercher de l’argent, a fini par nous envahir. La collaboration de tous les journalistes qui se reconnaissent comme tel est souhaitée… Une des tâches du nouveau collège, c’est d’assainir la presse », a-t-il annoncé, tout en soulignant que la carte de presse sera l’arme du nouveau collège de la HAC. Le fondateur de la radio Horizon FM a appelé également les patrons de presse à mieux traiter les journalistes pour leur permettre de faire correctement leur travail.

L’autre urgence soulevée par le Boubacar Yacine Diallo, est l’autorégulation de la presse. Pour y réussir, il encourage les patrons et le syndicat de la presse, à parachever le document sur les Convention collective, qui énumère à la fois les droits et les devoirs des journalistes. Si le nouveau collège de la Haute Autorité de la Communication privilégie le dialogue dans la régulation des médias, il n’exclut pas aussi des sanctions.

Avant de finir, le nouveau Président de la HAC a envoyé un message fort aux adversaires de la dépénalisation des délits de presse qui constitue, selon lui, un facteur important de l’Etat de droit. « Je voudrais dire, puisque j’entends beaucoup de voix qui s’élèvent et qui souhaitent qu’on mette fin à cette dépénalisation. Je leur dit que c’est un mauvais combat et qu’ils doivent l’abandonner. Parce que la presse est un bien commun. Ce sont les citoyens eux-mêmes qui ont confié aux journalistes la mission de les informer objectivement. Je vous invite à le faire », a-t-il conclu.

Boubacar Yacine Diallo n’est pas à sa première expérience dans le domaine de la régulation des médias. En 2005-2006, il avait dirigé le Conseil National de la Communication, devenu aujourd’hui la Haute Autorité de la Communication. Reconnu pour son professionnalisme, ce journaliste-écrivain a une grande expérience dans le monde de la presse. Il dirige un nouveau collège de 13 membres, dont 7 femmes, issus des médias, de la présidence de la République, de l’Assemblée nationale et d’autres organisations professionnelles.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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