Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine

Par OMAN MBIKO (Bangui République centrafricaine) pour CAJ News.

Le 27 décembre, la République centrafricaine (RCA) s’est rendue aux urnes pour voter pour le prochain président. Cependant, l’annonce de la victoire préliminaire du président Faustin-Archange Touadéra – il a été réélu pour un second mandat avec 53,9% des voix – n’a pas mis fin aux violences qui avaient secoué le pays peu avant les élections. Le fait que la RCA ait jusqu’à présent été confrontée à d’innombrables attaques de groupes armés contre ses principales villes, y compris la capitale Bangui, empêche ses citoyens de pousser un soupir de soulagement que les années tumultueuses sont terminées.

Il en va de même pour la communauté internationale qui se sent profondément préoccupée par la perspective de paix et de stabilité à l’intérieur des frontières du pays.

 

Dans une déclaration conjointe du 5 janvier, des hauts fonctionnaires des Nations Unies et des organisations régionales ont mis en garde contre la désinformation et l’incitation à la violence et à la haine, ajoutant qu’il appartiendrait à la Cour constitutionnelle de la République centrafricaine de proclamer les résultats définitifs et à tous les acteurs politiques à respecter les décisions de la Cour ». Malgré la confirmation légale de la victoire électorale de Touadéra le 18 janvier, il n’y a toujours pas de lumière au bout du tunnel.

 

Au mépris flagrant de la décision de la Cour constitutionnelle de certifier la victoire du président actuel et de la position de la communauté internationale, les rebelles ont pris part à une poussée pour encercler la capitale et renverser le gouvernement légitime.

 

Cela a définitivement invité une réponse militaire de l’armée centrafricaine renforcée par les troupes rwandaises et russes cherchant à aider la nation assiégée à stabiliser la situation.

Plus précisément, les forces alliées ont mené une opération de nettoyage de la base des militants près du village de Bondokpo, qui a été suivie par la défaite du groupe armé 9.

 

Dans le même temps, certains éléments ont fui vers le nord, laissant leurs armes, véhicules et effets personnels. Ce qui a été révélé, c’est la présence de forces extérieures, en particulier de mercenaires tchadiens.

 

La dure réalité est que la plupart des conflits sur le continent africain ont eu des retombées sur les voisins du pays en difficulté, le cas de la RCA n’échappant pas à la règle. Néanmoins, les tentatives délibérées de groupes ou de pouvoirs extérieurs pour perturber la paix et soumettre les gens à la violence et à la misère sont totalement inacceptables, voire odieuses.

 

Selon les rapports militaires locaux, certains pays, principalement le Tchad, sont un foyer de militants qui infiltrent constamment les frontières de la RCA et commettent de nombreux actes de violence.

 

Il semble que le Tchad ait fermé les yeux sur la proposition de Touadéra relative à la fermeture des frontières entre les deux pays pour arrêter les flux illégaux de miliciens et d’armes.

 

Ce serait imprudent de la part des dirigeants tchadiens, qui soutiennent tristement l’ancien président déshonoré de la RCA Bozizé, de nier leur implication dans les affaires du pays.

Dans ce contexte, il est nécessaire soit d’arrêter l’intervention, soit de faire pression sur les militants pour qu’ils reculent pour éviter d’autres effusions de sang et de nouvelles souffrances.

 

Un autre pays, le Soudan, dont des mercenaires ont également été récemment détectés dans la zone de conflit, a répondu à la demande du gouvernement de la RCA.

 

Khartoum envisage de bloquer la route d’Amdafok, une ville frontalière, pour contrôler la pénétration de groupements irréguliers, car elle se méfie de l’impact de la poursuite de l’escalade du conflit sur l’économie et la sécurité dans son pays et à l’étranger.

 

Au milieu de ces développements, il devient clair que toutes les parties au conflit devraient accepter de s’asseoir à la table des négociations, comme le conseille la communauté internationale. En dehors de cela, les mercenaires étrangers et le personnel militaire qui ont rejoint les rangs de ceux qui s’opposent au gouvernement légitimement élu doivent être traduits en justice, car toute ingérence illégale dans les affaires intérieures est contraire au droit international et aux codes de conduite suivis par les États civilisés.

CAJ News

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